29.07.2009

L'été en Tunisie; tranche de vie

1900541640.jpgDepuis fin mai je suis très prise par une belle aventure éditoriale. Si en octobre dernier; j'avais exprimé le souhait de créer un magazine de décoration en Tunisie car j'en voyais l'utilité...mais qu'hélas je n'avais pas réussi à la faire...grâce à une agence de Com tunisienne Alliance, je participe tout de même à cette nouvelle route...ce nouveau défi ....Dary Magazine sachant que Dar veut dire maison et Dary la maison vous avez compris journal de la maison. Autant je pensais réaliser un trimestriel...autant là le défi est immense nous avons la tâche exaltante et périlleuse d'un mensuel.

Je suis rédactrice principale et le résultat de ce premier numéro me rend fière de ce chemin pris.

voici le contenu de mon dossier principal Thema:

Thema

C’est la rubrique clé de Dary magazine : un thème mensuel à fort intérêt pour les lecteurs est présenté sous différents angles.

 

Le cœur du magazine, un dossier dont j’ai la responsabilité éditoriale. Le thème de ce premier numéro est Tunisie…maisons d’été un thème qui colle à l’actualité

Composé d’

 

Une introduction sur la genèse de la villégiature en Tunisie

Un reportage sur une maison de vacances Design à Djerba

Une composition Couleur et Lumière dans la maison

Un article complet sur le rotin, son origine et son utilisation en décoration

Un reportage sur une maison astucieuse à Sounine

 

 Extrait de mon article sans les illustrations

Les vacances, ce temps du repos, ce temps de rupture avec le quotidien se cristallisent dans une maison où on a le loisir de ne rien faire. Une maison qui est le repère de tous les proches, celle où on aime se réunir avec la parenté, mais également les amis intimes.

La maison de vacances est aussi dans bien des cas, la maison de famille celle de sa région natale, celle de ses origines. Le temps des vacances est un moment fort où le Tunisien retrouve ses racines.

S’il y a une tendance aux retours des valeurs identitaires, à cette nostalgie de la Terre et de ses jardins fruitiers, à ce regard vers le passé qui conduit à alimenter une vogue certaine des produits artisanaux, il y a aussi un besoin d’innovation. Cette opposition entre patrimoine et modernité, entre reproduction et innovation est un enjeu de créativité pour l’architecte et le designer d’intérieur tunisien

En effet, le dilemme est de satisfaire deux aspirations opposées, tout en utilisant un  registre moderne, il y a une demande pour ne pas rompre avec le passé et son vocabulaire architectural. Mais il ya également une volonté de ne pas vivre en dehors de la modernité voire même de la devancer et d’introduire le design.

La maison de vacances se veut moderne par son confort et son équipement, mais cherche à préserver son esthétique tunisienne, alliant des matériaux locaux et les talents des artisans régionaux, même en abordant un registre volontairement design.

1-Le temps des vacances : Les  Tunisiens plébiscitent la Tunisie.

Durant la période estivale, ce sont les villes côtières qui connaissent une activité intense. Touristes et estivants se ruent sur ces destinations, comme Sousse, Nabeul, Hammamet, Tabarka, Bizerte…. Hormis les touristes internationaux, les Tunisiens eux-mêmes se précipitent au bord de l’eau pour trouver la fraicheur et sortir des villes écrasées par le soleil. Les Tunisiens de la classe moyenne y vont quelques jours, louant des chambres d’Hôtel ou  se réservant une villa en location. Les plus aisés des Tunisiens sont eux propriétaires de leurs maisons de vacances et y installent leur famille pendant plusieurs mois en attendant que les chaleurs cessent.

La Tunisie des vacances est rythmée par son calendrier scolaire d’une part et son calendrier religieux d’autre part. N’oublions pas que pour cette année 2009, et l’année suivante, le grand moment du ramadan tombera en pleine période estivale…il viendra se surimposer à une période qui est plus généralement une période de plaisirs extérieurs. Cette année, le dernier tiers du mois d’Août devrait probablement mettre l’emphase sur l’intérieur de la maison, en revanche le mois de juillet sera complètement réservé à l’extérieur…au plaisir de la plage et de la baignade.

Ce temps des vacances suit également une évolution historique qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les Beys, puis les notables de Tunis qui bénéficient les premiers du temps libre, de celui des loisirs où ils s’installent dans la période la plus chaude de l’année, à l’écart de la ville et de ses miasmes dans des lieux de Villégiature.

Ainsi La Marsa, dès le XVIe se transforme en villégiature princière puis  résidence des Beys et des notables tunisois au XVIIIe siècle. Il faut attendre le début du XXe pour voir éclore les villas des bourgeois tunisois qui quittent durant tout l’été la Medina pour leur station privilégiée de Villégiature. Le temps des vacances et de la plage, cette saison de la Khlaâ, s’étalent dans la première moitié du XXe siècle et l’on voit fleurir les cabines de bain à l’européenne et les traditionnelles « Barrakas ». La mode du bain de mer est lancée. Le bord de mer est apprivoisé et peu à peu se diffuse dans toute la société. La corniche joue son rôle de promenade de plaisirs à la fois d’ostentation et de séduction. Ce sont les villas aux façades à vérandas et aux jardins clôturés de la Marsa qui créent la première tendance de la maison de vacances.

Après l’indépendance,  lorsque la Tunisie rentre dans l’ère du Tourisme international, l’influence de ce nouveau tourisme, qui choisit le bord de mer et la création d’un littoral bétonné, laisse des traces dans le paysage, mais aussi dans le choix de l’implantation de sa maison de vacances. Un nombre croissant de Tunisiens construisent des résidences secondaires  au bord de la mer qui sont, selon la chercheure Sondes Zaïer, susceptibles par la suite de devenir des résidences principales.

30.05.2009

Partir

port marseille.jpgS'il vous prenez l'envie de refaire votre vie, parce que vous voyez que le temps passe et que votre compagne ne vous accorde plus autant d'intérêt  ou que votre compagnon ne partage plus vos passions et que peu à peu s'installe le ronron d'une petite vie qui ne vous exalte plus. Que feriez-vous ? Ne me dites pas que cette question ne vous a jamais effleuré ? Je suis sure que certains soirs, au fond de votre lit, vous regrettez le temps qui passe et soudain, parce que vous approchez la quarantaine ou que vous venez juste de la dépasser, vous avez du mal à vous dire que tout va rester ainsi jusqu'à votre retraite. Là l'épouvante vous saisit et  cette nuit-là vous décidez de tout remettre en question.

Ce tournant décisif de votre vie va vous conduire vers les aventures les plus folles car elle va tout d'abord vous donner un second souffle, vous obligeant à vous remettre en question. Elle vous laissera une douce impression de liberté et pour certains elle vous conduira à vous retrouver rapidement  le ou la nouvelle partenaire de votre vie. Pour d'autres un célibat aux aventures multiples et toutes plus insipides vous laissera dans une infinie solitude, à tel point que vous pourriez regretter l'ancienne quiétude ennuyeuse, mais si confortable.

Bien entendu, lorsqu'on choisit de quitter l'Autre, on est dans l'action et il est souvent grisant de remettre à plat ses anciennes habitudes pour s'en forger de nouvelles. Les familles reconstituées si nombreuses sont le reflet de ce constat du mitan de la vie... Comme l'homme possède un instinct grégaire, il reconstruit généralement une deuxième famille...vous êtes-vous jamais posé cette question d'adopter les enfants d'une autre ? De vivre dans un nouveau décor totalement éloigné de tout ce que vous avez connu jusque là ? Avez-vous-même songé à changer de pays et de langue...Partir...Partir...Voyage...Voyage

Peu d'entre nous n'ont assez de cran ou de folie, selon les points de vue, pour une telle échappée! D'ailleurs celui qui est tenu par des enfants, rivé à un lieu, une école ou des parents âgés se risquera moins facilement à cette dérive. Il y aura toujours les baroudeurs et les aventuriers de tout sexe qui quitteront à tout moment le port, mais ceux-là ne sont bien que dans le mouvement, dans l'ailleurs incapables d'affronter réalité et responsabilité.

Celui qui est abandonné, laissé pour compte ne comprend pas tout de suite la chance qui lui sourit car c'est même plutôt le contraire qu'il perçoit. Lui ou Elle n'avait pas envie de se remettre en question et vivait finalement bien cette quotidienneté que vous teniez pour banale et morose comme un bonheur tranquille. Une  fois passé le choc de la rupture de cette séparation inenvisagée car inenvisageable, le délaissé comme l'abandonnée sont contraints de se repositionner par rapport aux autres, à réapprendre à séduire, à se retrouver dans les bras d'une autre ou d'un autre, à oser à nouveau le regard d'un étranger ou d'une étrangère. Une porte se ferme malgré vous et bien sûr une autre s'ouvre...

L'expérience prouve que la vie de nos jours ne nous contraint pas à la solitude, que les occasions de rencontres sont démultipliées par les nouveaux usages sociaux d'Internet et que des sites comme Facebook empêchent bien des gens de sombrer dans une dépression profonde après un choc affectif. Après une rupture non souhaitée, il n'est pas rare de voir celui qui a été plaqué refaire sa vie plus rapidement et avec plus de bonheur que dans sa précédente union.

Je trouve que toute rupture, même la plus poignante, nous fait progresser : dans la connaissance de soi en premier lieu, car nous n'avons plus ni d'écran ni de miroir...et dans la connaissance des autres, tous les témoins de notre chagrin. Pour se reconstruire, il faut du temps et de la patience, du courage et du sang froid pour ne pas céder à la panique première de l'inconnu, de cette incertitude dans laquelle on tombe forcément au début. Et puis la chance tourne forcément en notre faveur, un jour ou l'autre ; parce que ce jour-là  on réalise que le petit vendeur de journaux vous sourie, qu'un merle est  venu vous rendre visite dans votre jardin et que la nouvelle voisine est si jolie... Alors la vie reprend son cours et le monde se recompose sous vos yeux !

La clé pour retrouver le bonheur perdu, c'est de regarder autour de soi ; car la vie ne peut et ne doit pas s'arrêter à une seule personne.

 

Partir Partir
Même loin de quelqu'un
Ou de quelqu'une
Même pas pour aller chercher fortune
Oh partir sans rien dire
Vivre en s'en allant

Chanson de Julien Clerc

 

25.05.2009

Bilan depuis ma réinstallation à Tunis fin janvier 2009


Alors que les marchés économiques sont en berne, je tente de survivre professionnellement, en pleine tourmente, dans un monde qui marche sur la tête. Tous les jours un peu plus, ma petite vie d’Ulysse en jupons m’apporte son lot de déceptions, mais aussi de moments de gentillesse, de très petits bonheurs presqu’inaperçus et qu’on pourrait croire inaccessibles. Discuter avec le vendeur de légumes m’enchantent, non pas pour le contenu de ces mots échangés, mais par le regard souriant de cet homme, né à Jendouba et qui, un soir que j’étais visiblement fatiguée et trop chargée, m’a aidée à porter mes paquets jusqu’à l’ascenseur de mon immeuble.


Car, oui j’ai quitté ce que beaucoup de personnes recherchent, la petite maisonnette au fond d’un parc à Hammamet, pour retrouver mes marques en ville et habiter dans une résidence du nord de Tunis, un immeuble de standing dans un quartier qui ne dort jamais avec ses néons et ses fêtards, un quartier jeune, branché et qui vibre aux cris des supporters des équipes de foot. Oui la Tunisie n’existerait pas sans son football… Et moi je m’amuse de voir toutes les semaines ces hordes de jeunes avec leurs fanfares, leurs hymnes et leurs maillots qui exultent sous mon balcon…La rue Hedi Nouira est sans doute la plus animée en ville, mais je l’adore…Je suis seule la plupart du temps chez moi et je m’aperçois combien cet effervescence, cette jeunesse non seulement me tient compagnie, mais me dynamise. Je suis transformée. Car c’est vrai, je ne peux le nier, je déteste la solitude et le calme qui sont pour moi les ferments de l’angoisse. Ici je passe mon temps dans mon bureau appartement ou de l’autre côté de la rue, à la Phalène, un salon de thé qui possède deux vertus essentielles, un cadre vraiment cosy et un accès Internet permanent… Il a de plus une valeur suprême, il est fortement climatisé et en ce début de saison caniculaire…vous ne vous imaginez pas combien c’est merveilleux…depuis une semaine j’en ai fait mon deuxième bureau.


Après une période un peu difficile en février, durant laquelle j’ai dû prendre en charge ma santé et me reposer car j’étais extenuée, je retrouve non seulement un appétit de vivre mais aussi le goût de créer à nouveau. L’ouverture de Castorama, non loin de chez moi, vient de me donner un grand bonheur : j’ai pu enfin me racheter un chevalet (le troisième, tout un symbole…j’entame ma troisième vie…) et des toiles. J’étais si contente que je parlais à tout le monde dans le magasin, du moins à tous les employés…et même au directeur commercial de la chaine. On m’a souvent reprochée au Québec de prendre trop de place…Combien de fois mon Directeur de Thèse ne m’a-t-il suggéré de faire low profile et bien, figurez-vous que je revendique ce côté too much de ma personnalité, parce que je suis authentiquement un personnage qui ne passe pas inaperçu. Si j’étais si mal dans ma peau au Québec, c’est que j’étouffais littéralement, je n’étais pas à ma place dans cet enfer blanc, glacial et trop ordonné. Car oui j’aime le fouillis, l’esprit souk, les odeurs, les cris et les sirènes…finalement c’est ça pour moi la VIE. D’aucuns diront, c’est le stress, c’est vrai …il me convient…Les psys qu’en pensez-vous ?


Alors ce retour au pays de mes origines, dans un moment où la Tunisie est en pleine transformation, dans une course pour se hisser au niveau des pays occidentaux me semble une grande chance. Après tout, ma situation personnelle après mon départ de Montréal il y a près de trois ans avait pris une tournure catastrophique : vol de mon déménagement, déception à l’arrivée en France, séparation de mon mari non désirée…plus de travail aucune part…plus d’horizon clair fin janvier 2008. Seize mois plus tard, je rebondis. Je négocie en douceur un nouveau virage…j’ai des projets clairs et je me sens bien dans ma tête car je me dis que j’ai beaucoup d’atouts dans mon jeu : j’ai accumulé une expérience internationale énorme, j’ai toujours vécu la tête haute, je peux me regarder dans un miroir et me dire que chaque abandon ou chaque échec ont un sens et m’aident à mieux me comprendre. Je crois à la nécessité d’affronter des épreuves et que la vie est encore plus belle quand on arrive à surmonter ces difficultés…on en ressort plus fort.


Il y a quelques jours, j’ai appris la mort accidentelle d’un collègue français du département de géographie de l’UQAM. Il allait avoir 44 ans et cela a été un vrai choc… Je me souviens encore de notre dernière discussion dans son bureau qu’il quittait alors, las de l’hostilité des personnes rencontrées au Québec. Je me souviens de son envie de retourner en France, de son incompréhension envers une société d’accueil qui l’ignorait… Et puis, il est retourné en France où il poursuivait une fort brillante carrière jamais interrompue et le destin a voulu que cette route s’achève si jeune… Je me suis souvenue qu’il avait plusieurs enfants et que ce drame est atroce pour ces jeunes orphelins. Une fois de plus, avec encore plus d’acuité, j’ai pensé qu’il fallait savourer tous les petits moments de la vie, les plus simples, les plus insignifiants…j’ai le sentiment qu’il faut dire son amour aux gens qu’on aime et que l’instant est la chose la plus précieuse et qu’il nous faut apprendre à le savourer…cet instant … avant qu’il ne soit trop tard.

Cette pensée m’accompagne depuis et je me sens sereine.

16.04.2009

I Have Fantasies Of You

Pour les amoureux de la langue anglaise, pour les amoureux de l'amour...

 

 

I Have Fantasies Of You

 

I have fantasies of you
Every day and every night
My happy thoughts turn blue
Because I know that I might
Have held you in my arms
Like I hold you in my heart
Wrapped up all tight and warm
But those dreams have come apart

I have fantasies of you
All the time and every place
Hoping they’ll come true
Just to caress your tender face
I wish you’d love me back
At least a little now and then
Then love my heart does lack
You have refused to give again

My heart you have caught
And I long to know why
I get these intimate thoughts
Please don’t say good-bye
My body goes numb
And I don’t have a clue
Of where these feelings come from
When I have fantasies of you

M.K. Muldrow

 

Ce poème est dédié à un ami américain qui m'a fait connaître l'expression et du coup a aiguisé ma curiosité légendaire.

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02.03.2009

La destruction créatrice

La destruction créatrice

 

Détournant le concept de Schumpeter et l'appliquant à ma propre vie, je trouve cette expression pleine de sens. L'artiste aime la ligne brisée et vit souvent un équilibre dans un déséquilibre. Vivre c'est se mettre en danger, c'est ne pas être contraint par la routine, ce fameux train-train quotidien. Dans un moment où toutes les certitudes fléchissent, les mieux adaptés sont ceux qui avaient par leur esprit conquis un certain détachement. L'écriture donne cette force-là. La rupture amoureuse donne aussi une créativité renforcée par le sentiment de manque et la souffrance. Depuis quelques jours je n'arrête pas d'écrire...les sentiments contradictoires créent un nouveau souffle, une inspiration...

Alors j'ose encore écrire:

Le vacarme de tes yeux

Assourdit ma mémoire

L'éclair de ton refrain

Chante dans mon miroir


La lumière de ma prison

étreint tous nos espoirs

Le tintamarre de ton vide

Éblouit notre histoire


L'absence est création

et comble le désespoir


Nota bene: pour mes amies et amis, ne pas prendre à la lettre tout ce que j'écris, les mots sont un prétexte à un plaisir indicible, celui de les agencer...la poésie se lit et s'écrit à haute voix et j'en éprouve le rythme et les sonorités...je me libère et suis beaucoup mieux une fois, la dernière ligne posée.

 

28.02.2009

Malentendus

Je veux plus de ces amours cachées parce qu'elles se vivent dans le déséquilibre perpétuel...je sais qui je suis, j'ai le sentiment que lorsqu'on aime, les différences ne comptent pas et, seule, la sincérité doit guider notre chemin. Mais dans notre monde, où que je sois, je ne trouve que mépris, abus et mauvais esprit...l'amour est vénal ou trop souvent se cache sous le masque de la bienpensanse. Et pourtant...

 

Amour Passion : malentendus

UNIQUE je suis

Et telle veux être vue

Et telle veux être aimée

UNIQUE et reconnue

A ton bras, adulée

Dans mon lit, vénérée

Fière de ton regard

Libres face à la foule

Débarrassés des contingences

Admirés et heureux

Enviés et radieux

Se moquant de l'ignorance

Libres face à la houle

Fier de mon regard

A mon bras, admiré

Dans ton lit, passionné

Uniques et reconnus

Tels je veux nous AIMER

 

Je veux plus de ces amours cachées parce qu'elles se vivent dans le déséquilibre perpétuel...je sais qui je suis, j'ai le sentiment que lorsqu'on aime, les différences ne comptent pas et, seule, la sincérité doit guider notre chemin. Mais dans notre monde, où que je sois, je ne trouve que mépris, abus et mauvais esprit...l'amour est vénal ou trop souvent se cache sous le masque de la bienpensanse. Et pourtant...

11.12.2008

Le premier Geronimi en Tunisie: 400ème note

Je sais maintenant combien mes origines sont la source de ma vie nomade. J’ai essayé toute ma vie de me trouver enfin un lieu où me sentir bien et suffisamment calme. Mais à vrai dire j’ai toujours eu la bougeotte et surtout aucun endroit ne pouvait vraiment me combler du plus riche au plus misérable. Je me suis surnommée Ulysse en Jupons. Certains comme mon père m’ont désignée comme La Bohémienne. On peut effectivement dire que je vis La Bohème car je suis vraiment une artiste dans l’âme.

Il y a un mois, j’ai eu la chance de rencontrer Aida Bellagha, à Takrouna dans son antre Le Rocher Bleu. Elle m’a montré une archive très intéressante Le livre d’Or des Français dans les années 30 et j’ai ainsi enfin découvert mon parent, celui qui avait fait venir mon grand-père en Tunisie, son oncle corse de Propriano. Mon grand père, une tête brûlé était arrivé en 1929 à Tunis, un an plus tard, il épousait Anna Palazzolo ma grand-mère, une sicilo tunisienne, une alliance catastrophique pour ma grand-mère qui ne fut jamais aimée. Elle avait 18 ans il en avait 22. Il se casait et entrait dans l’administration coloniale à titre de flic, policier si l’on préfère.


MATHIEU GERONIMI-PHOTO.jpgEt voilà que dans ce livre d’or, je trouvais la photo et un texte relatant la carrière de ce grand Oncle, Geronimi Mathieu. En 1927, il était Vice-Président adjoint de la Commune de la Goulette. Dès 21 il était receveur municipal de la Ville de Tunis. Or il était arrivé en Tunisie en 1884, il avait 16 ans. Il avait 60 ans alors que mon grand père en avait 20 et il était un notable respecté et décoré : grand Officier du Nich-Iftik, Com du Ouissam Alaouite, Officier de l’Instruction Publique et Membre du Conseil de la 2ème région. La Photo montre un homme mince, bel homme, encore dans la petite quarantaine sur le cliché, un homme aux yeux clairs et à l’allure séduisante. Les Geronimi avaient les yeux clairs et le cheveu châtain clair, comme mon grand-père. Mon père a des yeux gris-vert.


Cette photo comble une absence, un grand vide au puzzle personnel. La figure du grand Oncle mythique ressemblait étrangement à la légende de l’Oncle d’Amérique dans bien des familles françaises. Il s’appelait M Geronimi comme moi. Mathieu Geronimi et moi Martine Geronimi. La boucle est bouclée.


La terre de Tunisie m’habitait et je sais que ce n’était pas une lubie, mais l’expression d’un manque. En être privée depuis si longtemps, y être devenue sensible en 95 pour mes 40 ans, l’avoir désirée en 97 et ne m’y installée qu’11 ans plus tard, au moment où je suis seule à nouveau. Quel bonheur.



24.11.2008

Maktoub

 

 

« Comme l'auteur qui ne contrôle pas son personnage, l'homme ne peut totalement contrôler son destin et Daniel (le héros) s’en retourne sur les lieux de ses origines pour ne plus échapper à son histoire et ainsi en terminer avec le mensonge. » Martine Geronimi, critique du film Le Prix du Désir

 

 

Je crois que le destin joue parfois des tours insoupçonnables et quand on se trouve dans le tourbillon de la révolution liée au changement du cours de sa vie, on est submergé par la vague des sentiments qui nous enveloppent alors.

Je dois avouer que le pire et le meilleur peuvent survenir lorsqu’on fait des choix anticonformistes. Les pessimistes diront que seule une issue fatale peut être la conclusion d’un tel choix. Alors laissons parler ces empêcheurs de bonheur! Je suis une optimiste-née et, malgré les vicissitudes de ces deux dernières années, où finalement j’ai réussi à perdre successivement l’intégralité de mon déménagement et l’homme qui partageait ma vie depuis 1994, je n’ai pas perdu l’espoir.

Là où sans aucun doute, d’autres se seraient laissé couler, j’ai affronté avec courage les coups du sort et j’ai pris le parti de continuer à vivre sans me retourner. Et je viens de voir mon choix de vie récompensé. Contre vents et marées, j’ai fermé les portes qui menaient à des voies sans issue. Qu’est-ce qui fait qu’une relation entre un homme et une femme peut aboutir à un grand bonheur…comment tombe-t-on amoureux? Moi qui pensais avoir un cœur rouillé, je le redécouvre s’animer et retrouver sa jeunesse, sans une ride : un sentiment de miel qui coule dans les veines lorsqu’on plonge ses yeux dans les yeux de l’Autre, un éblouissement dans la découverte du monde de l’Autre et de s’apercevoir qu’on partage des valeurs et des passions communes…c’est ce que je vis actuellement.

Bien sûr ce bonheur, vue ma dimension plurielle et originale, se fonde sur une rencontre hors norme et complètement décalée. Je me rends compte que je provoque sans le vouloir consciemment de telles relations par mes fréquentations qui se fichent des barrières de nations, de religions et d’âge. Citoyenne du Monde, électron libre, je me rattache à un capital solide, celui de la culture. Et le mode de sélection premier de mon entourage rapproché est son appartenance au monde de l’Art. Mais plus encore pour toucher mon âme, il est une clé que je n’avais pas franchement définie, qui m’est apparue clairement aujourd’hui, c’est celle de la Philosophie. L’être aimé était comme moi le premier de la classe en philosophie et c’est vrai que nous parlons des Existentialistes et que nous échangeons souvent en lien avec la philosophie. Comme il est un jeune cinéaste tunisien et que je me passionne pour le cinéma depuis longtemps, les discussions sont riches et intellectuellement fécondes. Et aujourd’hui, j’ai vu combien nous avons d’atomes crochus car j’ai découvert qu’il adore l’Opéra. Alors là j’explose de joie, car j’ai vraiment extrêmement peu de relations qui apprécient sincèrement l’Opéra. Finalement l’entente repose sur des sensibilités communes et des rythmes qui s’accordent.

Après, l’amour est une fascination de l’Autre. Cette fascination repose sur une admiration et une recherche réciproque d’un archétype masculin ou féminin. Quand il m’a parlée de sa théorie de la Femme Monde, cette femme totale qui est à la fois la mère, l’amante, la sœur, la fille pour l’homme qu’elle chérit. J’ai compris que c’était avec ses yeux-là qu’il me voyait, il venait de trouver celle qui pouvait incarner toutes ses attentes. Bien sûr, il a des espérances immenses! Pourrais-je toutes les combler? Il sait toutefois qu’il peut me faire confiance, car je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réussir notre défi de vivre de nos talents respectifs et complémentaires.

J’ai déjà dans ma vie fréquenté des artistes, particulièrement des plasticiens et musiciens. Seul un cinéaste est capable de remplir mes attentes intellectuelles aujourd’hui, car dans cet univers mondialisé dans lequel nous vivons, ce créateur passe par un media qui est un formidable langage universel, profondément ancré dans la contemporanéité, le Cinéma.

Le cinéma permet de tout exprimer. Je ne suis pas une technicienne du cinéma mais une cinéphile et j’aime écrire des critiques de film depuis plusieurs années. Le cinéma permet de réunir les talents d’une équipe menée par un authentique chef d’orchestre à la sensibilité aiguisée, le cinéaste, ce créateur qui exprime en images son univers intérieur. Et lorsque je mets en mots mes sentiments après la projection, cette vision personnelle se mêle à celle offerte par le cinéaste. Je tente de comprendre la philosophie de l’auteur, sa perspective et vers quoi il veut nous mener. Je tente d’amener mon lecteur ou ma lectrice à s’intéresser au film qui m’a conquis. Ouvrir une porte d’un univers différent et dans lequel je suis attiré à tel point que j’aie envie de le faire partager. Evidemment je ne m’intéresse pas souvent aux films commerciaux, même s’il m’arrive d’en voir…à l’occasion.

Le cinéma, comme le dit mon ami, doit être loin du théâtre, cet art de la scène et du dialogue avec le public présent dans la salle. Le film n’a pas de filet de protection, une fois mis en boite il ne peut être modifié ni repris, il ne peut être sauvé par le jeu des acteurs. Il est un tout en soi et vit dans le cadre d’une série de films du même auteur qui compose s’il en a le talent, le temps, le souffle et l’argent, une œuvre. Ainsi par le hasard de cette rencontre amoureuse, je me retrouve plongée dans un univers où la genèse du film est tout prêt de moi, ce qui donne une perspective insoupçonnée à ma soif de connaissance.

 

J’ai pensé une scène de film en 1991 alors que je roulais en voiture avec mon copain Christophe sur une route polonaise à la tombée de la nuit à la Toussaint. Cette scène est restée graver dans ma mémoire depuis lors…et j’avais aussitôt exprimé le fait que, si j’avais le talent du cinéaste, je voudrais la reproduire par ce media : une scène sans mots, une scène dramatique, de nuit …une voiture qui roule dans la noirceur de ce mois de novembre lugubre et des petites lucioles qui se balancent au gré du vent …et lorsque l’on se rapproche, on comprend que ce sont des lampions portés à bout de bras par des marcheurs fantômes qui se rendent au cimetière, le long de la route.

 

Une scène qui pourrait être le début d’un film qui s’appellerait : On the Road Polska

Mais voilà je ne suis pas cinéaste, je pourrais être scénariste…je n’y ai pas franchement songé…

 

22.11.2008

Cercle Nature et Culture en Tunisie

 

2037782838.jpgAlors qu’un papillon blanc furète sur le bougainvillée accroché à ma façade, je pense à la rencontre au café d’hier soir entre moi et deux jeunes étudiants présentés par une amie rockeuse dans le cadre du Cercle Nature et Culture en Tunisie. Je ne sais plus si je vous ai parlé de cette initiative que j’ai avancée en Tunisie depuis le début juin et qui semble passionner de nombreuses personnes et particulièrement les Jeunes depuis octobre. Le groupe s’est étoffé grâce à FACEBOOK. Je publicise ce cercle sur cette vitrine accessible aux Tunisiens. Ce cercle d’amis a pour objectif de promouvoir EN MÊME TEMPS, la Nature et la Culture tunisienne dans un même élan de sauvegarde d’un héritage merveilleux à ne pas dilapider. Et il y a du travail…

 

La première mission est de se faire connaître et de faire en sorte que des projets éclosent de la base des Tunisiennes et Tunisiens. Ainsi, la Tunisie pourrait être reconnue à travers ces initiatives privées de mise en valeur du patrimoine naturel et culturel. La jeunesse a besoin de s’exprimer dans des actions bénévoles et en accord avec des valeurs fortes, comme celles du développement durable et de la valorisation des traditions.

 

La culture, souvent malmenée par le monde du Business, est pourtant une richesse. Est-ce parce que certains hommes d’affaire, eux-mêmes peu enclins à perdre une minute de leur précieux temps, reculent devant les efforts pour rentrer dans un monde qui ne peut rapporter que sur du long terme, qu’ils négligent les domaines liés à la Culture??? Ou bien n’est-ce pas plutôt cette déformation longtemps française d’attribuer au terme culture un sens seulement élitiste? Pour moi, la culture est inclusive et non pas exclusive. La Culture est le sel de la vie. Un peuple sans culture ne peut que s’éteindre. Cette culture en marche moderne et fière de son passé demande à être promue à l’International. Bien entendu, il s’agit d’utiliser toutes les bonnes volontés de la jeunesse et les talents de tous les artistes.

 

C’est pourquoi nos premières performances seront artistiques : au programme concert Rock en Mars, Expositions plastiques dans un jardin en mai… Mais, il y a plein d’idées qui germent du « Brain Storming » bouillonnant des amis de Facebook et le chemin le plus plébiscité, et j’en suis extrêmement heureuse, est l’alliance tourisme-culture (mon cheval de bataille au Canada). Ces jeunes hier soir sont prêts à faire « du terrain » et d’aller explorer le pays en traçant les routes culturelles autour des « Maisons d’hôtes » et autres Hôtels dits de Charme. Nous nous préparons à de beaux partages et de belles redécouvertes d’un pays enchanteur par ses paysages, sa lumière et la gentillesse naturelle de ses habitants.

 

Je veux ici souligner le bonheur que m’apportent les poètes, peintres, sculpteurs, cinéastes, auteurs que je rencontre ici. Doucement sans stratégie fixe, je m’approprie cette culture qui aurait pu être la mienne depuis si longtemps et qui m’a échappé par les aléas de l’Histoire. Mais cette dernière ne représente jamais la totalité des histoires individuelles et on peut vivre une grande histoire personnelle dans un parcours de vie riche et volontaire, sans pour autant succomber totalement à l’Histoire des Peuples. Je suis déterminée désormais à retrouver ma citoyenneté tunisienne, moi dont les parents et grands-parents sont nés en Tunisie, originaires de l’Italie ou de la Corse. Pas une goutte de mon sang n’est autre que Méditerranéen et ma beauté est celle d’une Tunisienne multiculturelle…vous ne trouvez pas.

 

Je suis plurielle et fière de l’être,

Un Kaléidoscope de tous mes héritages mêlés,

Ardente et noble, passionnée et déterminée,

Riche d’une culture ancestrale et forte,

Ma mission sera d’être une passerelle

Entre tous mes mondes…

 

 

04.11.2008

Rendez-vous au Paradis

 

Maison-octobre.jpgMa vie est un film. Je vous assure! Ma vie m’apporte les plus grands tours de manège qu’un individu peut souhaiter. Mon décor est celui d’un cinéma. Ma vie amoureuse est celle d’une héroïne. Je suis plongée dans une existence non-conformiste par les rencontres que je fais en lien avec le cinéma tunisien. Où que je sois passée, on me prenait pour une artiste, surtout aux États-Unis, en Pologne également et maintenant en Tunisie. Mais là, je me sens quasiment divinisée, c’est ma terre, mon bonheur, mon paradis.

 

 

Je n’ai pas abordé ce pays en frappant directement à la porte qui me convenait parfaitement et j’ai erré de projet en projet inaboutis, me frottant à la société d’accueil par le biais de rencontres féminines et masculines au gré des voyages et des milieux francophiles sur place. J’ai commencé par ne rencontrer que des Tunisiennes et Tunisiens, maintenant mon monde est plus cosmopolite. Je me suis rapprochée d’une petite communauté française d’Hammamet et j’ai une amie intime française qui, je le souligne, est une femme d’affaires féminine et séduisante, mais au caractère bien trempé. Installée depuis quatre ans ici en Tunisie, elle a su me faire découvrir un bijou de maison bédouine cachée au fin fond d’un parc pour ma plus grande émotion

salon.jpg

Elle est la quintessence de mon concept Nature&culture, un petit dar de 50 m2 à peine, tout en pierres et marbre gris d’El Jem. Un amour de maison dont tous les détails m’enchantent, des murs blanchis à la chaux au trumeau de portes sculptés de symboles aux décorations Hammamètoises sur les murs. Mes deux oliviers dans une cour au sol blanchi sont typiques des maisons tunisiennes d’autrefois. Quand on monte sur la terrasse on aperçoit la mer et tous les champs d’oliviers qui jouxtent la propriété. Si j’ai la chance de vivre dans cet endroit, je ne suis pas la seule, deux autres maisons m’entourent dans la plusporte-entrée.jpg pure tradition arabe, créées par le même amoureux fou de patrimoine tunisien, Helmi le propriétaire de Dar Biba. Chaque maison est un cri d’amour pour la culture tunisienne. C’est magnifique. C’est inspirant. C’est insolite…quand je vous disais que ma vie est du cinéma!

Je vais organiser la terrasse pour qu’au printemps prochain je puisse avoir mon atelier de peinture sur le toit. Le rêve, moi à qui on a volé toutes ses toiles réalisées au Canada avec l’intégralité ducôte cour.jpg déménagement, je me sens pousser des ailes à la perspective de me remettre à peindre. J’ai de vrais sujets ici, je n’ai qu’à tourner la tête et tout m’inspire.

alcove.jpgDerrière les grilles en fer forgé de mes fenêtres, je vois les palmiers de la maison voisine, le dais du patio et le petit mur de pierre de séparation de nos jardins. Et un énorme merle noir picore les olives sur l’olivier qui jouxte la porte d’entrée. Je vois son énorme bec jaune se relever de sa dégustation et chaque instant est une scène photogénique. Je me devais de rencontrer un cinéaste qui sublime cet univers et je l’ai trouvé. Nous verrons ce que nous en ferons, documentaire, court ou long métrage. Tout est possible.

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