28/03/2008
Festival du film documentaire à Tunis
Je pars une nouvelle fois à Tunis et durant la semaine prochaine a lieu une belle aventure Doc à Tunis:
Autre hommage : consacré à Mustapha Hasnaoui, Tunisien résidant en France. 7 films sont proposés dont L’écriture sous surveillance (20’), Des belles étrangères, Palestine (75’), Le Caire mère et fils (55’), Essayad musicien (60’).Du 2 au 6 avril se succéderont:
Dans cette programmation le choix du film d'ouverture est très intéressant:
C'est un film tunisien qui a été choisi et qui nous parle du Liban meurtri a l'été 2006: Mots d’après la guerre, ce documentaire de 58’ du musicien Anouar Braham, nous montre es témoignages d’artistes libanais et arabes recueillis après le cessez-le-feu de la guerre au Liban en été 2006. Ce film a été sélectionn au festival de Locarno en Août dernier.
Le dossier de presse du Festival de Locarno
Parmi les films tunisiens au programme, citons :
- Ouled Lenine de Nadia El Fani (84’),
- Histoires vives de Fitouri Belhiba et Jean Marie Fawer (52’) (Tunisie-France),
- De Casa au paradis de Hend Meddeb (44’),
- Gharsallah, la semence de Dieu de Ridha Béhi (55’). (source Rim Temimi)
Depuis l'ouverture à Tunis de la première salle de cinéma l'OMNIA-PATHE en 1909, le cinéma a droit de cité en Tunisie. C'est en 1937 qu,est tourné le 1er long-métrage Tunisien "Le fou de Kairouan" de Jean André Crezy avec Mohieddine M'Rad (parlant arabe).
C'est la même année qu'on voit éclore la première revue tunisienne de cinéma "Arradio wa Assinima" (Radio et Cinéma).
C'est en 1955 que naît la première société de production (privée) de la Tunisie indépendante El Ahd El Jadid (l'Ere Nouvelle) qui produit les Actualités Tunisiennes.
Et si vous vous intéressez au cinéma Tunisien je vous invite à rejoindre Facebook et la groupe du Monde du Cinéma Tunisien, créé par Rim Temimi
Je sais aussi qu'un portail du Cinéma tunisien est en cours d'élaboration et que la saison sera riche en projection de films tunisiens.
LA PAGE LA DOC A TUNIS
22:55 Publié dans CULTURE, Guerre, SOCIÉTÉ, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, films, documentaires, Varda, Mitterrand, Locarno, Liban
20/09/2007
Rumeurs de Guerre
« Les propos de Bernard Kouchner quant à la possibilité d'une "guerre" contre l'Iran ont provoqué de nombreuses réactions, lundi 17 septembre. Le chef de la diplomatie française, critiqué par l'opposition, a reçu le soutien du premier ministre qui, sans prononcer le mot de "guerre", a souligné que les Iraniens doivent comprendre que la situation dans la région "est à son extrême".
Tout en estimant que M. Kouchner "a raison", François Fillon a indiqué que "tout doit être fait pour éviter la guerre". "Le rôle de la France, a-t-il ajouté, est de conduire vers une solution pacifique une situation qui serait extrêmement dangereuse pour le reste du monde."
A l'étranger, la réaction de la Russie contraste avec celle des Etats-Unis. Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Alexandre Lossioukov, a estimé qu'une éventuelle intervention militaire contre l'Iran serait "une erreur politique" avec "des conséquences catastrophiques". "Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de règlement militaire au problème iranien", a-t-il ajouté.
A Washington, le département d'Etat a observé qu'il "serait faux de parler de menaces de guerre", ajoutant : "Au contraire, nous prenons cela comme la preuve que nos amis français prennent la situation au sérieux." »
Alors que Bernard Kouchner se trouve aujourd’hui à Washington en plein réchauffement des relations irano-américaines, et après avoir soufflé le chaud, il se dit prêt à aller demain en Iran pour négocier.
Dans le Figaro de ces derniers jours, pourtant, j’avais lu que le ton montait et que les patrons français devaient se mettre de la partie : «Le patron du Quai d’Orsay a également souhaité que l'Union européenne prépare des sanctions contre Téhéran. «Nous avons décidé, pendant que la négociation se poursuit -et elle doit s'amplifier- de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l'ONU, qui seraient des sanctions européennes», a-t-il déclaré. «Nos amis allemands l'ont proposé», a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de «sanctions économiques à propos des circuits financiers» visant notamment «les grandes fortunes, les banques» en Iran, pas la population ordinaire.»
Maintenant la baudruche se dégonfle-t-elle... mais à quoi joue Bernard Kouchner?
Il se dit mal compris et joue à la victime :
«J’ai été tellement mal compris qu’il est temps de rétablir l’honnêteté et la transparence de ma démarche. Nous ne sommes pas hostiles au dialogue avec les Iraniens, au contraire. Nous l’avons toujours maintenu. J’ai moi-même reçu à Paris Ali Larijani (président du Conseil de sécurité iranien, patron de la diplomatie et de la défense de l’Iran); à New York, j’ai rendez-vous avec mon homologue iranien; il n’y a pas une semaine qui passe sans que je téléphone à M. Larijani. Nous disons à tous ceux qui ont mal interprété des mots pris hors de leur contexte que nous sommes prêts à continuer à dialoguer avec acharnement avec les Iraniens, sans craindre les échecs. Aucun échec ne nous fera renoncer au dialogue nécessaire. Mais ces discussions ne peuvent pas durer des années : il faut trouver une solution. Je ne veux surtout pas faire de procès d’intention à l’Iran, mais certains observateurs estiment que l’accord que l’Iran a passé avec l’AIEA est une façon de gagner du temps. Tous les experts de la planète sont inquiets. » Le figaro d’aujourd’hui
Pour moi, la poudrière du Moyen Orient est le principal nœud de politique international, bien sûr et le Liban, ce matin, est là, une fois encore, pour nous le rappeler : un nouvel attentat extrêmement meurtrier a coûté la vie à un député anti-syrien Antoine Ghanem
, qui avait été dernièrement accueilli par la France et donc Bernard Kouchner à la conférence de La Celle-Saint-Cloud du 14 et 15 juillet 2007
Tribune de Bernard Kouchner du 4 juillet 2007 précédant la Conférence
Les victimes de cet attentat: 5 morts et 71 blessés
d'après les médias suisses couvrant de près ce drame : "Antoine Ghanem et quatre autres personnes ont été tuées et 71 blessées dans l'attentat à la voiture piégée dans une banlieue chrétienne de Beyrouth. Vingt kilos de TNT disposés dans une voiture ont explosé.
Malgré cet attentat, le président du Parlement Nabih Berri a affirmé au quotidien An-Nahar que la convocation des députés pour élire le successeur du président prosyrien Emile Lahoud était maintenue au 25 septembre." Je vous invite à lire et écouter la télévision radio Suisse romande RSR.Ch
L'assassinat du député franco-libanais antisyrien Antoine Ghanem, mercredi à Beyrouth, viserait à torpiller l'élection d'un nouveau président de la République, d'après la presse libanaise de ce jeudi matin.
La France, médiatrice au Moyen Orient a vaiment fort à faire!!!
15:15 Publié dans Blog, Chroniques de France, Guerre, MEDIAS, POLITIQUE, SOCIÉTÉ, USA, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Iran, Liban, Proc he Orient, Syrie, attentat, Ghanem, Kouchner
16/06/2007
Martyrs de la politique Libanaise
Martyrs de la politique Libanaise
Vidéo envoyée par Cosmauxpolis

Vidéo en réponse au commentaire d'Hamadi...
19:50 Publié dans Blog, Guerre, PODCAST | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hariri, Liban, assassinat, Syrie, démocratie, Beyrouth, libanais
21/05/2007
Le Liban toujours...
La veille de me casser la figure dans mon appartement, j'avais passé une soirée magnifique avec mon amie Lilian BB, professeure à l'université au Liban. Elle était de passage à Paris pour un colloque sur la mémoire, au même moment que le premier ministre Fouad Siniora. Quand je lui ai proposée de parler du Liban, elle a levé les yeux au ciel et a poussé un soupir révélateur ponctué par un "Laissons le Liban loin de nous". Son visage était triste et fatigué, elle qui a vécu la guerre du Liban sans faillir à son devoir de prof, elle cette italo-égyptienne qui a épousé le Liban en se mariant à un Libanais et qui maintenant vit seule dans une grande maison d'un quartier chrétien à l'extérieur de la ville.
Sa grande retenue ne cachait pas une angoisse forte et je comprends que les combats ne sont pas prêts de se terminer. La mort d'Hariri, les frappes israéliennes de l'été dernier et maintenant à nouveau les morts :
"Durant toute la nuit de samedi et la journée d’hier, des combats particulièrement sanglants ont opposé dans la capitale du Liban-Nord et à Nahr el-Bared l’armée et les commandos des FSI, d’une part, aux miliciens fondamentalistes de Fateh el-Islam, d’autre part. Ces combats, qui se sont poursuivis jusqu’en fin de journée, se sont soldés par un lourd bilan : 40 tués, dont 23 soldats, et une trentaine de blessés.
Et pour confirmer la volonté évidente de déstabilisation, une forte explosion secouait Achrafieh peu avant minuit."
Cet extrait du journal libanais, L'Orient le Jour
FSI pour ceux qui l'ignoreraient signifie les forces de sécurité intérieure libanaises et les miliciens de Fateh el-Islam seraient, d'après le Blog COPILAR LIBAN : "Le groupuscule islamiste Fateh el-Islam, qui reconnaît des affinités idéologiques avec el-Qaëda, entraîne de jeunes Palestiniens dans le camp de réfugiés de Nahr el-Bared, au nord de Tripoli, pour combattre « les juifs en Palestine »."
Ce que je comprends de ce nouvel épisode sanglant au Liban est une attaque contre des militants extrêmistes réfugiés à 95 km de Beyrouth dans une enclave traditionnellement pro syrienne. Mais avec le Liban, les fils sont très embrouillés autour de la pelote si bien que les consignes de prudence sont les bons conseils. Du coup j'ai pensé aux voyageurs sur place et notamment aux Francophones se déplaçant soit pour leurs études ou à titre de touristes et je leur donne ici les consignes suivantes provenant du ministère des affaires étrangères français :
"Le Liban se trouve actuellement dans une période incertaine dans l’attente d’un cessez-le-feu définitif et connaît une grave crise politique. Les manifestations de grande ampleur depuis décembre 2006 et les affrontements violents de janvier témoignent de l’extrême tension qui prévaut au Liban, notamment à Beyrouth. Les risques de manifestations de rue perdurant, les axes de communications et plus particulièrement l’accès à l’aéroport peuvent en être affectés.
L’assassinat en novembre 2006 du ministre libanais de l’industrie et plus récemment l’attentat du 13 février 2007 contre deux minibus transportant des civils traduisent l’augmentation des risques d’attentats, ciblés ou aveugles. Dans ces conditions, il convient de limiter les déplacements vers le Liban sauf raisons professionnelles impératives.
Certains axes de communication ayant été endommagés pendant le conflit, il convient de s’informer auprès du Consulat général de France à Beyrouth avant tout déplacement à l’intérieur du pays. Les déplacements au sud du fleuve Litani ainsi que dans les zones frontalières avec Israël et dans la banlieue sud de Beyrouth sont formellement déconseillés.
Il est recommandé de se tenir quotidiennement informé de la situation dans les différentes régions du pays (il existe un quotidien francophone L’Orient-Le Jour, et Radio Liban reprend les bulletins d’information de RFI, en français, sur 96.2 FM de 7h à minuit)."
Pour les Canadiens, les conseils officiels aux voyageurs sont très précis et méritent de s'y attarder avant de prévoir un périple dans la région d'autant qu'il est assez clair que les voyages sont fortement déconseillés:
"On recommande d’éviter tout voyage non essentiel au Liban. Au cours des deux dernières années, une série d’attentats à la bombe et à la grenade, incluant l’assassinat du ministre libanais de l’Industrie Pierre Gemayel, ont été commis dans différents quartiers de Beyrouth, causant plusieurs morts et plus d’une centaine de blessés. On recommande aux Canadiens d'être constamment sur leurs gardes."
Étant moi-même de double nationalité (Française et Canadienne), je suis toujours intéressée à comparer comment se portent les regards des deux pays sur une région de tensions extrêmes. Et puis le Liban m'attire depuis longtemps du fait des rencontres humaines faites tant en France qu'au Canada. J'espère toujours une belle paix et un tourisme culturel florissant, mais ce n'est encore pas réalisable dans l'immédiat.
Affaire à suivre...en attendant je lis Léon l'Africain d'Amin Maalouf
09:50 Publié dans Guerre, POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liban, Tripoli, terrorisme, attaques, France, Canada
04/02/2007
Nouveaux rivages...prise de conscience
Le mois de janvier dernier a fait basculer mon existence vers une philosophie nouvelle, celle de la nécessité de tirer profit du présent et de se tourner vers un avenir plus radieux que celui du passé proche.
J’ai compris combien il était vain de se raccrocher à du matériel et des petites choses insignifiantes de la vie, comme tous les objets du quotidien ou même comme la possession des livres que je chérissais le plus au monde. Car enfin la disparition de mes propres souvenirs matérialisés, quelque en fut la forme… papier, toile, photos, meubles, tissus… mettent à la fois l’emphase sur les souvenirs immatériels et donc les traces forcément déformées de ma mémoire individuelle, traces subjectives mais ô combien vivaces et les reliquats de mes réalisations sous forme plutôt virtuelles, conservées précieusement sur des supports informatiques depuis plusieurs années.
Si la perte du plus précieux, hors la vie, vous arrive et que cela est dû, comme dans le cas qui me concerne, à la rapacité, à la perversité et à la bêtise d’une bande de gens malhonnêtes et donc inexcusables, vous pouvez facilement vous effondrer. La seule porte de sortie est de vous projeter dans votre propre cheminement et de trouver le positif dans l’impensable…Car enfin j’avais vraiment décidé de repartir à zéro et de quitter le Québec pour me rapprocher de la Méditerranée, d’une part, et de vivre l’aventure européenne dans le cadre français qui a tant de mal à s’adapter tout en gardant sa spécificité. Ce vol qualifié de mon déménagement m’oblige à Réellement redémarrer à ZERO. Et cela me plaît…car j’aime cet dépouillement qui met en évidence les vraies valeurs, les seules qui me sont précieuses, les valeurs intellectuelles et humaines.
Mon retour en France n’est pas neutre. J’étais fière en Amérique des prises de position de la France en matière de politique internationale. J’étais éberluée et ravie de voir des Américaines admirer celui dont elles criaient le nom …DOMINIQUE… après que De Villepin eut fait son discours contre la guerre en Irak. Oui j'étais fière de me sentir française en 2003 et les choix pro-libanais de la France me font m’identifier à cette lecture. Mais c’est vrai que les échos des jeunes étudiants français, venant faire leurs maîtrises au Québec, démontraient une France intérieure EN PANNE. Une France qui a la nécessité de retrouver un moteur, un dynamisme pour renouer avec une image de grandeur qui ne lui colle plus du tout à la peau. Tout un défi!
Ce défi de la transformation d’une société très protégée mais également ligotée dans des fonctionnements archaïques, trop pesants et limitant l’innovation, m’interpelle et m’intrigue au plus haut point. L’intellectuel en moi est aiguillonné par l’observation de cette société qui, tantôt voudrait retrouver une place de leader à l’international et donc s’autoflagelle en démonisant l’incompétence de son élite, tantôt se gargarise de la prétendue supériorité de son modèle et donc s’enferme dans une autosuffisance qui l’isole encore plus dans un monde où les réseaux sont une absolue nécessité pour performer.
La campagne présidentielle française devrait évoquer la place que les candidats jugent pouvoir désigner à la France et au peuple français. Nous sommes à trois mois de l’élection et surprise la campagne est au niveau le plus bas. Elle n’a aucun intérêt, elle n’apporte rien de concret, elle ne survole même pas les sujets majeurs que sont la France dans l’Europe, l’adaptation à la mondialisation de l’économie française, le cheminement de la modernisation nécessaire des
rouages de l’administration française face aux exigences d’une compréhension de son époque. Elle n’aborde pas les grands enjeux d’une France qui doit retrouver les moyens de renouer le lien social entre les Français de souche et tous les enfants issus de l’immigration sans tomber d’un côté comme de l’autre dans le discours VICTIMAIRE.
Il me semble que le meilleur moyen de redonner une signification au concept de République Française est de prendre en compte la réalité du terrain, celle de la rue, du métro, du RER, des petites villes comme des grandes où la pauvreté et la misère sont légions.
Mais non … on navigue dans un mauvais feuilleton fait de scandales et de bassesses entretenus par les rapaces de notre monde ultra théâtralisé, je veux dire les journalistes à sensations… Et la télévision ne cesse de donner l’occasion à ces « faiseurs de POTINS » de pérorer sur des futilités, des préjugés et des fausses rumeurs. Si les citoyens devaient se faire une opinion uniquement à coup de télévision… ils seraient LOBOTOMISES. Heureusement nombre d’entre eux ont l’intelligence de mettre en doute ces ragots et poncifs quotidiens. La France à mon avis ne votera pas comme on s’y attendrait… La population est exaspérée de tant de nullité et veut que cela change véritablement. Je la comprends!
16:50 Publié dans Blog, Chroniques de France, CULTURE, IMMIGRATION, QUÉBEC, Royaume Uni, TUNISIE, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle, De Villepin, Irak, Liban, France, Québec, Amérique
07/09/2006
Israel dicte son bon vouloir à la communauté internationale
C'est en tous les cas ce que semble vouloir indiquer le Figaro du 1er septembre 2006
"Le chiffre clé, aujourd'hui, dans la crise libanaise, est celui de 5 000. Il faudra 5 000 Casques bleus sur le terrain pour que l'armée israélienne se retire entièrement du Liban-Sud. C'est ce que le gouvernement israélien a affirmé à Kofi Annan. D'où la course contre la montre engagée par les pays contributeurs à la Finul renforcée pour déployer ces effectifs. «Nous avons conscience que la cessation des hostilités est précaire, a reconnu hier le porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau, le processus de déploiement de l'armée libanaise et le retrait des forces israéliennes dépendent largement des progrès de la Finul"
L'AFP s'en tenant plus strictement aux faits indique:
"Le débarquement italien marque le véritable lancement de la mobilisation militaire internationale destinée à garantir un cessez-le-feu établi le 14 août pour mettre fin à 34 jours de combats entre l'armée israélienne et la milice chiite libanaise du Hezbollah. Le renforcement de la Finul est prévu par la résolution 1701 de l'Onu, votée le 11 août. Elle envisage le déploiement de milliers de soldats étrangers au côté de l'armée libanaise dans cette région, où l'Etat central n'a jamais été en mesure d'imposer son autorité depuis près de 40 ans. <>Elle appelle également au désarmement du Hezbollah, dernière formation libanaise à avoir conservé son arsenal. Le général Pellegrini a souligné qu'il n'entrait pas dans le mandat de ses hommes de désarmer le Parti de Dieu, et que cette tâche était du ressort de l'armée régulière libanaise."
Moi je cherche à comprendre pourquoi Israël continue à tant influencer la communauté internationale ?
Et je viens de repérer une expression intéressante "l'inibition Post Shoah" que je ne connaissais pas.
Cette expression est de MICHEL ROCARD : je la tire d'une lettre ouverte à Ariel Sharon publiée dans le Figaro du 15 avril 2002. C'est à la fin de la lettre que l'on peut lire:
"Vous êtes en train, monsieur le Premier Ministre, de produire de l'anti-israélisme dans le monde entier, et les gens de ma sorte, qui combattent l'antisémitisme depuis leur plus jeune âge, sont impuissants à endiguer le torrent de colère et de haine auquel vous avez ouvert les vannes.
Et puis, le pétrole n'est pas loin de chez vous. La démesure de vos calculs sur l'emploi de la force a de quoi inquiéter une humanité qui a besoin de vivre en paix. Craignez le moment où l'inhibition post Shoah aura disparu devant les dangers que l'extension de votre conflit vital mais local fait courir au monde. Vous ne pourrez pas toujours tout faire. Les sanctions finiront bien par arriver."
Je trouve ces paroles d'une grande sagesse et surtout d'une belle Lucidité, surtout quand on les replace dans le contexte actuel. Bien sûr Sharon est à l'agonie et cette lettre perd, en ce sens, son caractère d'actualité, mais il le conserve quand il s'agit des dirigeants d'Israël qui ont permis l'usage d'une force disproportionnée nau Liban. Une forme d'Anti-Israélisme est née.
Je me reconnais, lorsque Michel Rocard soulève le dilemne de tous ceux qui ont toujours aidé à lutter contre le racisme fait aux juifs et qui deviennent impuissants quand la politique de guerre d'Israël devient si implacable et inhumaine qu'on ne peut plus la justifier.
J'ai appris à mes dépens sur Cent Papiers, le média citoyen québécois, que d'écrire :
" La réplique israélienne à des opérations de commandos menés tant par les factions palestiniennes que celle du Hezbollah libanais ne sont-elles pas disproportionnées et empruntes d’une sauvagerie puisqu’elle fait des victimes parmi les civils... Le soutien des Etats-Unis et maintenant du Canada ont-ils conduit le gouvernement israélien à se sentir les mains libres pour « fesser » le Liban ? "
Cette opinion m'a valu de me faire insulter par un Monsieur JEAN (PARIS) à la prose anonyme, haineuse et douteuse, me disant "Votre prose aurait été parfaite dans la presse française ... sous Vichy", entre autres gentillesses...
Et là je me suis sentie "secouée" de tels procédés de bas étages et de voir que des gens déraisonnent assez pour penser que, de ne pas être d'accord avec les méthodes du gouvernement israélien, c'est être anti-sémite? Cette remarque a soulevé un dialogue avec d'autres lecteurs voir l'Article.
Cela a eu pour conséquence de me demander s'il y avait une possibilité de tenir des propos critiques sur les positions d'Israël. J'ai eu vite le sentiment qu'il existait un tabou : que beaucoup de gens ne cessent de gromeler sans parler ou écrire et que la faute véritable de la communauté internationale face aux juifs n'était encore pas expiée.
Il faudrait quand même arriver à un débat plus équilibré et plus sain entre l'Occident et Israël. UNE FOIS POUR TOUTE, reconnaître ses torts de la part des Occidentaux face à l'ensemble de la communauté juive mondiale pour pouvoir être pondéré face à Israël et ne pas accepter "par inhibition post Shoah" que ce pays fasse n'importe quoi au Moyen Orient.
Mais là, vais-je m'attirer les foudres parce que j'ose écrire cela? C'est du simple bon sens...C'est là que je suis tombée sur le livre de Pascal Boniface "Est-il permis de critiquer Israël?" que je ne connaissais pas et qui m'a à la fois passionnée, impliquée et dérangée. Les mesures d'intimidation et de rétorsion envers cet intellectuel mais aussi envers certains journalistes français ont de quoi questionner sur la société française.
Moi je rentre en France et je veux me retrouver dans le débat public et politique avec des valeurs démocratiques et ouvertes sur le monde. J'espère que je saurais me trouver des amis qui ne voient pas le Monde et la France en NOIR ou BLANC, mais qui ont des visions plus fines et plus complexes axées sur une compréhension plus large des cultures non occidentales et sur une optique de l'Histoire non pas cantonnée aux conquêtes militaires mais aux rapprochements des mondes pluriels.
Bon je crois que je vais aller voir de près ce que fait monsieur Rocard!
11:10 Publié dans Chroniques de France, Guerre, POLITIQUE, SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ISRAEL, Anti-sémistisme, France, Liban, ONU, Rocard
06/09/2006
Pollution en méditerranée, suite de la guerre au Liban
La pollution environnementale au Liban est très sérieuse.
Si je n'en ai pas parlé avant c'est que je pense qu'il était plus important de parler des gens avant tout. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas parler des risques environnementaux qu'ont fait courir les Israéliens à l'Environnement et par là même à la planète.
Vous pouvez visionner l'album ci-joint
La communauté internationale soutient le nettoyage des côtes libanaises titrait le site notre-planete.info du 22 août 2006 et d'établir un progamme de priorité pour le nettoyage :
"Priorité et actions à court terme
Des simulations assistées par ordinateur montrent que prés de 20 pour cent du pétrole s’est probablement évaporé, que 80 pour cent s’est répandu sur le littoral avec environ 0,25 pour cent ou environ 40 tonnes encore dans la mer.
Cependant des images satellites, confirmées par le témoignage d’experts d’organisations présentes sur place telles que IUCN – World Conservation Union, suggèrent qu’en réalité d’importante quantité de fuel pourraient être encore dans la mer.
Le Plan d’action recommande qu’un observateur qualifié et indépendant survole la zone afin d'évaluer précisément la quantité de pétrole non évaporée.
Le Plan appelle également à la mise en place d’un groupe permanent constitué d’au moins trois experts dans le domaine de la lutte contre la pollution. Ces spécialistes apporteront une assistance dans les enquêtes au niveau local et interviendront comme conseillers auprès du Ministère de l’environnement libanais.
Plusieurs pays ont déjà offert des équipements pour la dépollution et l’endiguement du fuel. « L’idéal serait que chaque pays donateur mette à disposition un ou plusieurs experts pour former le personnel local à la mise en œuvre du matériel » affirme le Plan.
Parmi les autres actions prioritaires à court terme on peut citer :
- Une approche bien définie en matière de transport, collecte, stockage et incinération des déchets récupérés lors des opérations de nettoyage.
- D’ultérieures analyses des échantillons de pétrole pour vérifier s’ils contiennent des Polluants Organiques Persistants (POPs) en particulier des Bi-phénols Polychorides étant donné que le fuel provient des cuves d une centrale électrique.
- La récupération des nappes de pétrole qui flottent dans les ports, la décontamination de zones d’intérêt économique et touristique ainsi que de sites gravement touchés par la marée noire. Les autorités libanaises ont identifie 7 sites qui doivent être considérés comme hautement prioritaires et 13 autres sites qui ont été déclarés de « priorité secondaire ».
Au 1er septembre les experts du PNUE estimaient :
"Les experts du PNUE sont particulièrement inquiets quant à la marée noire qui s'est développée au large des cotes libanaises suite au bombardement par l'aviation israélienne des réservoirs de la centrale électrique de Jiyyeh en juillet. Selon les environnementalistes il s'agit du plus grand désastre écologique dans l'histoire du Liban.
Des survols aériens de la côte libanaise seront bientôt organisés, compte tenu des assurances qui ont été données aujourd'hui par les autorités israéliennes au directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement . La semaine dernière les Nations Unies, les ministres de l'environnement des pays riverains et des experts réunis à Athènes, Grèce, ont adopté un plan d'action de 50 millions d'euros pour lutter contre la marée noire. Les survols font partie des recommandations de cette conférence internationale afin d'évaluer les quantités de fuel encore en mer, ce qui permettra de déterminer avec précision les étapes des opérations de nettoyage."
"Suite au bombardement du 14 juillet, par Israël, des réservoirs de la centrale électrique de Jiyé, à 25 km environ au sud de Beyrouth, 10 à 35 000 tonnes de mazout se sont déversées dans la mer.
Une petite marée noire est alors apparue au large des côtes syriennes, sur près de 80 km de côtes selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) couvrant notamment le port historique de Byblos."
Le Canada qui a officiellement soutenu les frappes israëlienne s'enorgueillit actuellement de son soutien à la dépollution:
" Le Canada dépensera 2 millions $ pour nettoyer la marée noire au Liban
Presse Canadienne
![]()
Le Canada dépensera 2 millions $ pour participer au nettoyage d'une marée noire qui pollue les côtes du Liban depuis plusieurs semaines.
L'Agence canadienne de développement international contribuera les fonds par le biais d'un programme libanais supervisé par les Nations unies. Un expert d'Environnement Canada sera aussi dépêché sur place et le Canada fournira un hélicoptère pour examiner l'ampleur des dégâts.
Le Canada contribuera par ailleurs à la reconstruction des villages de pêcheurs affectés, notamment en réparant les navires et les ports endommagés ou en fournissant, dans certains cas, des filets ou des moteurs neufs.
"Il faut agir dès maintenant pour minimiser l'impact du déversement sur l'environnement et pour aider ceux qui dépendent de la pêche pour survivre", a déclaré la ministre canadienne de la Coopération internationale, Josée Verner.
Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, a pour sa part déclaré que le Canada entend jouer un rôle actif dans la reconstruction du Liban, projet auquel le Canada a déjà promis de consacrer 25 millions $. "
Moi je vous invite à lire ce qu'en pense un bloggeur très actif sur AGORAVOX comme sur CENT PAPIERS, Michel Monette : son article, SON BLOG
Article intitulé : LIBAN ET BILAN : CRUEL ANAGRAMME POUR UNE BRUTALE RÉALITÉ ENVIRONNEMENTALE
Quant à moi, c'est de France que je suivrai désormais les suites de cette pollution.
17:40 Publié dans Blog, ENVIRONNEMENT, Guerre, SOCIÉTÉ, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : LIBAN, Environnement, Guerre, Pollution, PNUE, Agoravox, Cent Papiers
01/09/2006
Un été meurtrier...
Ce titre m'est venu tout simplement comme un bilan de ces 2 mois. Bien sûr je fais expressément référence à la guerre au Liban mais pas seulement...
Depuis queques jours au Québec, on reparle d'un sujet triste mais faisant malheureusement partie des problèmes sympômatiques et non résolus de la société québécoise, les suicides de jeunes hommes. En l'occurence on parle cette fois sur les ondes et dans les journeaux de "Pacte de suicides de deux adolescents". Ils avaient 14 ans. J'avais traité de ce sujet sur ce blog le 22 août 2005 et voilà que l'hécatombe continue et il faut une nouvelle fois mettre en garde les parents et leur dire de communiquer avec leurs jeunes. Lire :Suicide_Le_moment_d_en_causer.pdf.
Le député Sauvageau, 42 ans aurait également mis un terme à ses jours hier. Il fait partie de la liste des suicidés et il semblerait que la publicité faite autourdu suicide provoque une forme de mimétisme. Car on le sait par les données officielles que les jours qui suivent la médiatisation d'un suicide à la télévision, d'autres hommes ou adospassent à l'acte. Ainsi en a-t-il été lors du suicide d,un animateur très connu Gaétan Girouard
Depuis douze ans que je vis au Québec, je n'arrive pas à m'habituer à ces vies perdues et je me demande pourquoi cette société engendre autant de mélancolie chez les jeunes. Mais aussi autant de fragilité et de renoncement...je n'ai toujours pas trouvé de vraies réponses.
Un décès dans la famille de mon conjoint et le traitement de la mort, dans ce pays supposément catholique mais qui a perdu ses repères, a creusé un peu plus ma différence... mes valeurs judéo-chrétiennes, inculquées dès l'enfance par ma mère, tempérées par le scepticisme de mon père sont à la jonction de mon humanisme. Je ne suis pas totalement athée et je suis ouverte à l'histoire des religions. Je peux comprendre qu'on ait besoin de prier, quelque soit son Dieu, si cela est bon pour la personne qui prie, je trouve cela formidable. J'ai horreur des simagrées et des rites devenus coquilles vides. Mais j'ai vu de la ferveur chez les Sikhs et j'ai su apprécier. Or, il est vrai que face à la mort, me retrouver dans une église près d'une boîte en plastique dans laquelle se trouve les cendres de la grand-mère , j'ai du mal!!! Et puis je ne comprends pas cette volonté de faire des autopsies sur les personnes âgées décédées...sans respect pour la dépouille. Pourqui vouloir démystifier la mort? Je veux croire en l'existence d'une âme. Et je me dis que derrière la mort du corps et son traitement, il y a la considération des vivants pour les personnes âgées et les malades. Cela achève de me séparer de cette vision post moderne de l'être humain devenu une machine à produire de la richesse et qu'on rejette aux oubliettes quand il n'est plus productif. Pauvre mamie...
et puis il y a de partout la guerre...le Liban ultra médiatisé a presque éclipsé l'IRAK ou la Palestine mais aussi le Darfour et toutes les autres guerres dont on ne parle pas.
Ce qui me crispe ce sont les sinistres décomptes des téléscripteurs des agences de presse:
Irak
73 morts en moins de 24 heures
Irak
45 morts en une demi-heure
Derrière cette forme journalistique très froide, très anglosaxonne, "les faits rien que les faits", je me sens agressée tous les jours un peu plus. Nous sommes impuissants devant cette expansion de la guerre civile en Irak provoquée par l'arrogance des nations dites supérieures ou qui se prétendent telles, mais nous sommes soumis aux retombées de cette hégémonie pour le pétrole.
Quant au Liban tant de morts inutiles, injustes et innocentes, pour tarir l'orgueil de quelques allumés aux bombardements destructeurs mais incapables d'avoir une stratégie cohérente. et là encore les chiffres...macabres s'il
en ait:
DES MILLIERS DE BOMBES À FRAGMENTATION SUR 170 SITES AU LIBAN SUD PENDANT 34 JOURS ET IL FAUDRA 12 MOIS POUR TOUT NETTOYER CF REUTERS ET LIBÉRATION
LA NOUVELLE ETAIT CONNUE DEPUIS LE 22 JUILLET MAIS LE GRAND PUBLIC EN EST JUSTE INFORMÉ
LIRE: http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=3906
Maintenant c'et la mascarade des dons des puissances occidentales pour aider "le pauvre LIBAN". J'ai vraiment du mal à admettre que certains pays se dédouanent de leurs attentismes en payant une partie de la reconstruction après les destructions massives qu'ils ont laissées sciemment se perpétrer!
Après le 11 septembre 2001, on dit aux Etats Unis, que Bush a iinterdit des ondes, la chanson de Louis Armstrong : "What a wonderful World" .
On peut dire que ce geste autoritaire et symbolique en relation avec l'attentat du World Trade Center a eu des répercussions sur toute la planète car la soif de vengeance "Retaliation" a transformé effectivement ce monde qui en août 1967M DATE DE LA CRÉATION DE LA CHANSON, semblait si prometteur.
Et pourtant cette chanson est si belle... Écoutez-là malgré tout
Quant à moi, je pense à mes amis de La Nouvelle-Orléans qui ont vu la mort de près l'an dernier durant le passage de Katrina ...relire mes notes dans les archives: Nouvelle-Orléans
03:48 Publié dans Blog, Chroniques de France, CULTURE, Guerre, Louisiane, POLITIQUE, SOCIÉTÉ, USA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Guerre, Été, Liban, Québec, Suicide, mort, âme
25/08/2006
Le Poids de l'enfance, entre les 2 mon coeur balance
Dans le Monde de ce soir sur Internet, j'ai appris que la France respectait enfin ses engagements et qu'elle envoyait des troupes supplémentaires au Sud Liban:
"Le président Jacques Chirac a annoncé, jeudi 24 août, l'envoi de deux bataillons supplémentaires au Liban, portant à 2 000 le nombre total de soldats français qui participeront à la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Il a assuré avoir obtenu de l'ONU, d'Israël et du Liban les "clarifications nécessaires" à un tel déploiement. "La France est prête, si l'ONU le souhaite, à continuer à assumer le commandement de la force", a-t-il précisé."
Je me suis surprise à pousser un soupir de satisfaction car ces derniers jours, je n'aimais pas lire les propos de la Presse étrangère fustigeant les atermoiements français. Je trouvais inouï que les Français se fassent retirer le commandement par les Italiens.
Française de l'étranger par la naissance comme par le choix de vie, je suis plus sensible, sans doute, à l'opinion extérieure tenue sur le pays dont je porte les couleurs, ne serait-ce que par mon accent, ma culture et mes manières. En même temps, en France je suis perçue parfois comme une étrangère et cela a quelque chose à la fois de dérangeant et de distinctif.
En fait l'important pour moi est de comprendre de quelle pâte je suis faite ? J’aime me comparer aux invités de Bernard Pivot dans son émission Double Je. J’en suis un exemple probant.
Née en Tunisie, pays dans lequel j’ai passé les 4 premières années de ma vie, les plus importantes dit-on pour la formation des goûts, ce temps des émotions sensuelles naissantes, les petits baisers que l’on nous prodiguent, et des premiers éveils à la vie, aux caresses du soleil, à l’air sec et salé, aux accents chantants et d’autres plus gutturaux, aux cris des marchands et le goût acidulé et sucré de la citronnade et la saveur des pastèques sans oublier celle des dattes. Tout ce qui fait mes préférences d’aujourd’hui.
Transportée de force et de larmes en France avec des parents qui souffraient de ne pas s’adapter au
froid de la métropole, son climat, comme sa population peu encline à accueillir ces rejetons français des colonies qui lui faisait rappeler son échec. Française de Tunisie, arrivée à Pontoise dans une caserne en bord d’une route nationale à la périphérie de la petite ville, au bord de laquelle avec mon père je contemplais les voitures qui passaient à toute vitesse. J’apprenais très vite à reconnaître les marques et les bruits des moteurs. J’étais incollable. Nous étions pauvres dans un régiment colonial où j’ai appris très jeune à côtoyer la diversité culturelle. Je me souviens de mes petites copines nattées aux cheveux crépus que je défendais avec passion contre les propos racistes des garçons. J’ai le flash des femmes indiennes en sari, femmes de militaires français, certaines autres eurasiennes et leurs enfants qui me souriaient. Et puis surtout les bains publics sur la Place du Grand Martrois, non loin de la Cathédrale Saint-Maclou, où je me souviens avoir pris une douche avec ma mère car nous n’avions pas de sanitaires…chez nous!
Et puis les années ont passé et ma ville, pendant plus d’une vingtaine d’années, fut Lyon, cette capitale de la gastronomie, si loin de la nourriture de mon enfance que j’oubliais peu à peu, pour devenir une petite bourgeoise française avec son collier de perles, ses petits chemisiers, jupes plissées et faux sacs Chanel. Dans ces années-là, mon cœur a vibré pour l’histoire et particulièrement j’aimais celle de la Pologne car celle de mon pays de naissance était inexistante et quand à la Géographie, je la découvrais au travers des cartes d’état major de mon père. Je me souviens d’avoir demandé à mon père, c’est quoi un OUED. Je déchiffrais des cartes de l’Algérie retrouvées dans une vieille malle. Mon père avait fait un temps de service dans ce pays meurtri dont on ne parlait qu’à voix basse dans ma famille et même dont on ne parlait plus car …il y avait eu trop d’horreur…une histoire non digérée. Finalement je m’engageais en Pologne contre le régime de Jaruzelski en soutenant un prisonnier politique, Jerzy, qui s’avéra, une fois rencontré à Lublin, être un affreux raciste anti-sémite et si peu conforme à mes rêves de lectrice enflammée de Libération. Je tairais son identité car je viens de savoir par Internet qu’il est devenu un historien de l’Art fort reconnu et même publié en France.
Le Canada est arrivé comme une erreur sur ma trajectoire et pourtant j’y suis restée douze ans parce que j’ai trouvé un accueil sans complexe, une liberté et un refuge pour fuir un mariage raté, une vie banale et me mettre à l’épreuve, seule avec moi-même, cherchant à prendre en main enfin mon destin. Quel orgueil dans une petite tête de jeune femme d’apparence frivole et fantasque. Jeune fille j’aurais préféré être un garçon, frustrée de réaliser combien cette position était plus avantageuse, ado je voulais être Premier ministre, un garçon s’est fichu de ma tête et je ne me suis pas démontée en lui rétorquant que je serai la « première femme, premier ministre ». Bien sûr Édith Cresson m’a damé le pion mais vu son passage décrié par tous les conservateurs virils, je ne regrette pas d’avoir fait
d’autres choix… Je souhaite bonne chance à Ségolène ! Le Canada m’a fait renouer avec mon identité plurielle. C’est un pays de passage que je quitte car je ne veux pas y finir ma vie. Comme je l’ai compris depuis quelques temps, il est difficile de refaire sa vie dans un pays trop loin de ses origines et qui a du mal à vous accepter avec votre différence. Mes valeurs personnelles en ce qui concernent l’éducation, les valeurs familiales et parentales sont françaises et non québécoises. Je ne me reconnais pas de cette société nord américaine. J’en apprécie de moins en moins ses buts : l’argent pour la consommation pure et simple. Je déteste le travail forcené sans reconnaissance, les Burn Out consacrés et les suicides de jeunes hommes. Même si j’apprécie toujours le pacifisme des Québécois, les derniers temps guerriers et partisans des Canadiens me font horreur. Et puis la façon de traiter les employés comme des simples pions qu'on déplace à l'envi me dégoutent un peu, un matin tu arrives et tu apprends que tu es renvoyé car ton entreprise a été vendue dans la nuit! Cela vient d'arriver chez Jean Coutu, fleuron de la Pharmacie québécoise
Alors même si je sais qu’il ne sera pas facile de revivre en France après tant d’années d’absence, j’ai la chance d’avoir retrouvé intacte l’amitié de mes amis Lyonnais et je ne me fais pas trop de soucis
pour me refaire des amis à Paris qui partagent mes convictions. La grande différence avec ma vie passée est que j’ai accepté de voir en face mes liens indissolubles avec mon pays de naissance : la Tunisie. Je lisais l’autre jour, une fois de plus, Albert Memmi qui disait « je suis Juif de condition, mais je ne suis pas Juif de conviction ». Cela m’a laissé pensive pendant une bonne semaine me posant la question à moi-même. Lorsque je veux m’appliquer la formule, la religion ne vient pas en premier lieu, loin de là, je suis femme de condition cependant je ne mettrais pas la féminitude en balance et je dirais je suis humaniste de conviction. Comme je suis persuadée que certains de mes amis ici pourraient répondre : je suis Canadien de condition et Québécois de conviction!
Cette question d’identité plurielle bien perçue par Amin Maalouf nous permet « d’établir des passerelles entre cultures différentes ». J’ai longtemps rêvé d’écrire un livre sur les familles d’origine différente et leurs destins croisés dans la société multiculturelle de la Tunisie coloniale des années 30 à 50. C’est cette idée qui m’a conduite à renouer avec mon pays d’origine et j’ai trouvé génial de rencontrer en mai un Tunisien Hedi, qui avait une idée similaire, parce qu'un peu plus âgé, il conservait la nostalgie de ses amours enfantines avec une petite fille qu’il n’a jamais revue à la suite du départ précipité des colons à la fin des années 50. Ces destins croisés dans le temps et dans l’espace sont le sel de la vie. Ma route américaine s’achève, la Méditerranéenne s’impose.
03:15 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Guerre, POLITIQUE, SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : France, Canada, Pologne, Liban, Tunisie, Ségolène, identité


























