29.07.2009

L'été en Tunisie; tranche de vie

1900541640.jpgDepuis fin mai je suis très prise par une belle aventure éditoriale. Si en octobre dernier; j'avais exprimé le souhait de créer un magazine de décoration en Tunisie car j'en voyais l'utilité...mais qu'hélas je n'avais pas réussi à la faire...grâce à une agence de Com tunisienne Alliance, je participe tout de même à cette nouvelle route...ce nouveau défi ....Dary Magazine sachant que Dar veut dire maison et Dary la maison vous avez compris journal de la maison. Autant je pensais réaliser un trimestriel...autant là le défi est immense nous avons la tâche exaltante et périlleuse d'un mensuel.

Je suis rédactrice principale et le résultat de ce premier numéro me rend fière de ce chemin pris.

voici le contenu de mon dossier principal Thema:

Thema

C’est la rubrique clé de Dary magazine : un thème mensuel à fort intérêt pour les lecteurs est présenté sous différents angles.

 

Le cœur du magazine, un dossier dont j’ai la responsabilité éditoriale. Le thème de ce premier numéro est Tunisie…maisons d’été un thème qui colle à l’actualité

Composé d’

 

Une introduction sur la genèse de la villégiature en Tunisie

Un reportage sur une maison de vacances Design à Djerba

Une composition Couleur et Lumière dans la maison

Un article complet sur le rotin, son origine et son utilisation en décoration

Un reportage sur une maison astucieuse à Sounine

 

 Extrait de mon article sans les illustrations

Les vacances, ce temps du repos, ce temps de rupture avec le quotidien se cristallisent dans une maison où on a le loisir de ne rien faire. Une maison qui est le repère de tous les proches, celle où on aime se réunir avec la parenté, mais également les amis intimes.

La maison de vacances est aussi dans bien des cas, la maison de famille celle de sa région natale, celle de ses origines. Le temps des vacances est un moment fort où le Tunisien retrouve ses racines.

S’il y a une tendance aux retours des valeurs identitaires, à cette nostalgie de la Terre et de ses jardins fruitiers, à ce regard vers le passé qui conduit à alimenter une vogue certaine des produits artisanaux, il y a aussi un besoin d’innovation. Cette opposition entre patrimoine et modernité, entre reproduction et innovation est un enjeu de créativité pour l’architecte et le designer d’intérieur tunisien

En effet, le dilemme est de satisfaire deux aspirations opposées, tout en utilisant un  registre moderne, il y a une demande pour ne pas rompre avec le passé et son vocabulaire architectural. Mais il ya également une volonté de ne pas vivre en dehors de la modernité voire même de la devancer et d’introduire le design.

La maison de vacances se veut moderne par son confort et son équipement, mais cherche à préserver son esthétique tunisienne, alliant des matériaux locaux et les talents des artisans régionaux, même en abordant un registre volontairement design.

1-Le temps des vacances : Les  Tunisiens plébiscitent la Tunisie.

Durant la période estivale, ce sont les villes côtières qui connaissent une activité intense. Touristes et estivants se ruent sur ces destinations, comme Sousse, Nabeul, Hammamet, Tabarka, Bizerte…. Hormis les touristes internationaux, les Tunisiens eux-mêmes se précipitent au bord de l’eau pour trouver la fraicheur et sortir des villes écrasées par le soleil. Les Tunisiens de la classe moyenne y vont quelques jours, louant des chambres d’Hôtel ou  se réservant une villa en location. Les plus aisés des Tunisiens sont eux propriétaires de leurs maisons de vacances et y installent leur famille pendant plusieurs mois en attendant que les chaleurs cessent.

La Tunisie des vacances est rythmée par son calendrier scolaire d’une part et son calendrier religieux d’autre part. N’oublions pas que pour cette année 2009, et l’année suivante, le grand moment du ramadan tombera en pleine période estivale…il viendra se surimposer à une période qui est plus généralement une période de plaisirs extérieurs. Cette année, le dernier tiers du mois d’Août devrait probablement mettre l’emphase sur l’intérieur de la maison, en revanche le mois de juillet sera complètement réservé à l’extérieur…au plaisir de la plage et de la baignade.

Ce temps des vacances suit également une évolution historique qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les Beys, puis les notables de Tunis qui bénéficient les premiers du temps libre, de celui des loisirs où ils s’installent dans la période la plus chaude de l’année, à l’écart de la ville et de ses miasmes dans des lieux de Villégiature.

Ainsi La Marsa, dès le XVIe se transforme en villégiature princière puis  résidence des Beys et des notables tunisois au XVIIIe siècle. Il faut attendre le début du XXe pour voir éclore les villas des bourgeois tunisois qui quittent durant tout l’été la Medina pour leur station privilégiée de Villégiature. Le temps des vacances et de la plage, cette saison de la Khlaâ, s’étalent dans la première moitié du XXe siècle et l’on voit fleurir les cabines de bain à l’européenne et les traditionnelles « Barrakas ». La mode du bain de mer est lancée. Le bord de mer est apprivoisé et peu à peu se diffuse dans toute la société. La corniche joue son rôle de promenade de plaisirs à la fois d’ostentation et de séduction. Ce sont les villas aux façades à vérandas et aux jardins clôturés de la Marsa qui créent la première tendance de la maison de vacances.

Après l’indépendance,  lorsque la Tunisie rentre dans l’ère du Tourisme international, l’influence de ce nouveau tourisme, qui choisit le bord de mer et la création d’un littoral bétonné, laisse des traces dans le paysage, mais aussi dans le choix de l’implantation de sa maison de vacances. Un nombre croissant de Tunisiens construisent des résidences secondaires  au bord de la mer qui sont, selon la chercheure Sondes Zaïer, susceptibles par la suite de devenir des résidences principales.

28.02.2009

Malentendus

Je veux plus de ces amours cachées parce qu'elles se vivent dans le déséquilibre perpétuel...je sais qui je suis, j'ai le sentiment que lorsqu'on aime, les différences ne comptent pas et, seule, la sincérité doit guider notre chemin. Mais dans notre monde, où que je sois, je ne trouve que mépris, abus et mauvais esprit...l'amour est vénal ou trop souvent se cache sous le masque de la bienpensanse. Et pourtant...

 

Amour Passion : malentendus

UNIQUE je suis

Et telle veux être vue

Et telle veux être aimée

UNIQUE et reconnue

A ton bras, adulée

Dans mon lit, vénérée

Fière de ton regard

Libres face à la foule

Débarrassés des contingences

Admirés et heureux

Enviés et radieux

Se moquant de l'ignorance

Libres face à la houle

Fier de mon regard

A mon bras, admiré

Dans ton lit, passionné

Uniques et reconnus

Tels je veux nous AIMER

 

Je veux plus de ces amours cachées parce qu'elles se vivent dans le déséquilibre perpétuel...je sais qui je suis, j'ai le sentiment que lorsqu'on aime, les différences ne comptent pas et, seule, la sincérité doit guider notre chemin. Mais dans notre monde, où que je sois, je ne trouve que mépris, abus et mauvais esprit...l'amour est vénal ou trop souvent se cache sous le masque de la bienpensanse. Et pourtant...

17.01.2009

Palestine anti-poésie

Anti-poésie sur un air de Rap

Palestine meurtrie,
Palestine endolorie,
Palestine ton cri
N'arrive plus dans nos vies
a soulever nos esprits
Pourquoi pourquoi pourquoi
nos yeux sont taris
et cette paralysie
devant ces victimes
de Palestine

M.Geronimi


A la veille d‘un cessez le feu unilatéral. dit-on aujourd’hui, samedi 17 janvier, je me réveille comme tous les jours et je regarde France 24 depuis ma tanière d’Hammamet.
Depuis le début de l’année, je n’ai pas eu envie d’écrire…

 

Chaque année depuis deux ans, le début d’année m’avait apporté détresse et désarroi :

  • en janvier 2007 j’avais appris que toutes mes affaires incluses dans mon déménagement entre Montréal et Paris avaient disparu. Je perdais ainsi l‘intégralité de mes douze ans passés au Québec, à savoir toutes mes toiles peintes durant le séjour, l‘intégralité de mes documents papiers de recherche sur Québec et La Nouvelle Orléans, la totalité de mes 300 livres, l’ensemble de mes CDs Jazz et Classique sans compter les bibelots et autres pièces que je ramenais…mais le pire ce sont toutes les photos avant le numérique, toute ma vie évaporée… une petite mort…
  • en Janvier 2008, mon conjoint québécois depuis 1994 m’annonçait simplement et très élégamment à Roissy à ma descente d’avion d’un séjour de travail de 5 jours en Tunisie : j’ai pris une décision, je te quitte Martine. Un véritable tsunami affectif pour moi qui s’est soldé par une séparation, puisque nos vies ne pouvaient plus suivre le même chemin. On ne peut forcer aucune personne à vous aimer.

En ce début d’une année triste car endeuillée par cette guerre sale et médiatisée à outrance sans intervention efficace des voyeurs et en attente des décisions du géant américain et de son nouveau Président, le très espéré Obama, je fais profil bas. Je me demande ce que l’avenir nous réserve encore à la fois professionnellement et personnellement. La crise boursière et financière a mis à mal depuis septembre toutes les économies et les investisseurs se font plus rares, soit qu’ils sont ruinés ou qu’ils sont dans une situation de retraits et d’attente prudente voire de repli.


L’heure est à la réflexion et au repositionnement au niveau des valeurs indispensables. L’honnêteté n’est pas toujours une valeur essentielle dans le milieu des affaires et pourtant je la revendique parce que face à tous les indélicats (des hommes en général) que je rencontre sur ma route, c’est une force indéniable et je peux le proclamer haut et fort : je suis incapable de m’associer avec un partenaire que j’ai pu tester et qui est soit perfide soit incompétent. Et je suis sure que mes clients sauront faire la différence car mon service, qui bien entendu s’est affiné en prenant le temps de connaître encore mieux la Comédie humaine, pourra se développer pleinement, une fois la tourmente passée. Je suis optimiste de nature.

Mes valeurs sont fortes, je soutiens comme vous le savez toutes les initiatives culturelles et patrimoniales, l’alliance nature et culture, la cause des femmes. Je suis foncièrement pacifiste et je crois que la femme est le meilleur de l’homme car elle lui apporte une qualité primordiale qui lui manque : l’intuition.


Vous savez ces mois de solitude, cette vie de célibat forcé, me font plonger jusque dans mes limites les plus intimes. Le stress est majeur par moment et se traduit par des malaises physiques. J’apprends combien je suis foncièrement urbaine, comment je déteste être seule dans une maison retirée où j’entends les chiens errants hurler toutes les nuits au milieu des oliviers et les coqs vociférés à tue tête…seul l’appel du Muezzin au loin arrive à me calmer au petit matin et les images de guerre lorsque j’ouvre ma télé satellitaire ne viennent pas à mon secours, non plus.


Les déceptions se sont accumulées et je dois dire que les appels à la prudence de toute part ne sont pas vains. Je pourrais écrire des tonnes de nouvelles qui raconteraient telle ou telle mésaventure arrivée ici mais à quoi bon…il existe deux types d’être humain, une majorité casanière et pusillanime et dont la vie est un long fleuve tranquille, une minorité foncièrement aventurière allant jusqu’â l’excès et qui a envie de prendre des risques quitte à perdre, pour mieux rebondir…alors les appels à la prudence sont donnés par les premiers et écoutés parfois par les seconds qui ne veulent pas en tenir compte.

 

Si vous aimez avoir des émotions et mettre votre vie en danger alors sortez de France ou du Canada et frottez-vous à la vraie vie, pas celle des expats à la cage dorée…non une vie sans filet, une vie d’entrepreneur… au moins quelques temps pour retrouver votre moi intime, pour connaitre finalement ces limites qu’on ignore de soi, celles qui vous font comprendre que vous existez vraiment que la vie ne se résume pas au Voiture-Boulot-Télé ou couche-culottes.
Je vous assure que ce n’est pas toujours facile mais prendre sa vie à bras le corps c’est un défi qui me parait celui du courage et de la lucidité.

Si vous faites partie de la deuxième catégorie je vous invite au voyage, celui-là non organisé

22.12.2008

La vie nous dépasse

Dans une discussion amoureuse avec mon ami, j’ai noté qu’il avait par deux fois insisté sur une notion philosophique très importante, la vie existe au-delà de notre propre personne. Cela me fait bien entendu réagir, car je suis en train de « revivre », après le plus grand choc affectif de ma vie. Cette assertion introduit le problème de la dépendance affective. A quel moment l’attachement se transforme en dépendance ?

J’ai l’impression que les femmes sont plus susceptibles de développer une dépendance vis-à-vis de l’homme de leur vie. Du moins les femmes traditionnelles pour lesquelles l’homme est essentiel, car il joue tous les rôles : le mari viril, le protecteur, le frère et l’ami. La dépendance est en plus totale quand elle est très souvent aussi financière. Maintenant sans aller à ses extrêmes, la Femme moderne qui aime un homme est à la recherche d’un attachement sincère et fort. Comment peut-on glisser d’un attachement fort et équilibré à la dépendance affective lorsqu’on est une femme soi-disant libérée ?

J’ai deux réponses qui se croisent probablement : l’amour se développe chez une femme au caractère passionné et romantique, cela peut être le cas d’un homme bénéficiant du mêhistoire_passion_amoureuse.jpgme tempérament, mais ils sont, à ma connaissance, moins nombreux…, l’amour est exclusif et vite exigeant, l’univers du couple est restreint à la relation amoureuse et la dépendance se créée d’elle-même. L’enfermement amoureux serait une juste lecture du couple. Tant que les deux adhèrent à ce modèle, tout va bien…le couple vit dans une névrose amoureuse qui est la dynamique du couple…mais à tout moment le moins passionné des deux va se détacher et l’autre sera de plus en plus dépendant voire malheureux jusqu’à la rupture finale, inexorable. Ne dit-on pas que la passion amoureuse nourrit sa fin ?

La solitude conduit à la dépendance. Dans des cas plus spécifiques, le couple fonctionne en quasi autarcie et il créé son propre équilibre fondé sur la dépendance réciproque, sorte de synergie pour avancer à deux. Placés dans un nouvel environnement plus favorable à l’épanouissement de l’un des deux du couple et la nouvelle dynamique va briser le rythme et celui qui a la situation qui s’améliore, va se déprendre de l’autre car il s’individualise…et n’a qu’un but quitter l’autre qui ressent alors la dépendance plus fortement…voire elle réalise quand on la quitte combien elle était dépendante de celui qui part…

Mon couple correspondait au deuxième cas de figure…je me suis trouvée dans une situation précaire en abordant le Canada. Très fragilisée par mon immigration je reportais tout sur mon compagnon qui, lui aussi était en souffrance personnelle, nous nous aimions et nous rassurions simultanément, seuls dans notre solitude partagée. La situation a changé arrivés en France, lorsque sa situation lui a été plus favorable dans un environnement où il s’épanouissait, alors que moi je me noyais dans le travail et les projets en Tunisie. Résultat des courses la rupture, le tsunami affectif parce que je ne voulais pas voir la réalité, nous ne partagions plus rien et il n’avait plus besoin de se sentir rassuré, il se sentait capable de fonctionner sans moi, mieux, lorsque je m’absentais pour la Tunisie, il vivait mieux sans moi. La rupture était inéluctable.

Depuis que j’ai accepté l’évidence de la nécessité de vivre chacun de notre côté, j’ai compris que j’avais tout misé sur Michel et que je vivais avec la certitude qu’il ne me quitterait jamais… je me suis bien trompée. Et c’est tellement vrai que la vie ne s’arrête pas à Michel ! Il avait compris avant moi combien sa vie ne s’arrêtait pas à Martine… Alors probablement, lorsqu’on aborde une nouvelle relation amoureuse, il faut se dire que la vie ne tient pas à cette personne, qu’elle sera une étape dans notre parcours de vie, sur notre route…et que nous sommes également une étape dans la sienne. Je ne voudrais pas penser ainsi, mais je crois que la réalité de notre vie contemporaine ne laisse pas la place à l’amour-toujours.

Comme je suis une optimiste de nature et que je positive les situations de la vie, je crois que la vie existe au-delà de nous, grâce à ce que nous laissons derrière nous. Je m’explique ; la vie ne se résume pas à la vie amoureuse, à la vie privée, elle est transcendée par nos engagements, nos œuvres, il existe une vie intellectuelle qui remplit notre univers et nous aide à nous sortir des crises affectives. Il est certain que je ne peux parler au nom de toutes les femmes, mais je sais combien les femmes jouent des rôles importants dans toutes les sociétés et que sans elles beaucoup de secteurs de la vie collective ne pourraient exister sans leurs dévouements et leurs actions.

En ce qui me concerne l’écriture, le cinéma, la peinture, la radio, la culture en général me permettent d’exister au-delà de ma petite personne, m’apportent une joie extrême et me donnent l’occasion de transmettre à celui qui veut m’entendre et me lire…je transcende ma petite personne pour atteindre l’autre au plus profond de son âme parfois. Je fais ainsi de magnifiques rencontres qui m’ouvrent à de nouveaux univers. Je ne suis plus la consommatrice de culture mais l’actrice voire la productrice. Cette attitude est à la fois individualiste et totalement altruiste. Elle me fait exister plus intensément car ma vie c’est l’art et je souhaite qu’au-delà de ma petite personne, j’aie réussi à donner le goût pour l’art aux lectrices et lecteurs à mes étudiants et aux personnes qui m’ont approchée sur ma route.

 

15.12.2008

Bilan personnel 2008

J’ai perdu mes certitudes en perdant Michel, parce que je n’avais pas su voir venir la rupture définitive. Le fil qui nous liait, aussi fort était-il, s’est progressivement effiloché et a fini par céder face aux changements radicaux de vie et aux aléas du hasard. Depuis le début de l’année, date du tsunami affectif et jusqu’au mois de novembre, j’ai eu la sensation tangible d’être une feuille qui flotte au gré des rencontres. Je ne me suis plus fixé à rien ni ai suivi aucun tracé, j’ai oscillé entre les rêves les plus fous et la réalité la plus plate.

Je me suis armée de courage et ai affronté ce rejet définitif en me jetant dans la bataille d’une séparation non pas subie, mais active. J’ai décidé de poursuivre mes buts, à la fois de travail et de retrouvailles avec ma terre d’origine : j’ai donc depuis début juin pris le parti de m’installer à Tunis jusqu’en octobre, puis à Hammamet. Comme la vie nous joue des tours qui peuvent s’avérer tantôt positifs et tantôt négatifs, mon lot de déceptions, tant dans les affaires que dans les relations humaines, semble vouloir marquer le pas avec la rencontre d’une lumière dans ma nuit en la personne d’un jeune cinéaste romantique plein d’imagination et que je considère comme mon porte-bonheur.

J’ai toujours cherché la compagnie des artistes : j’en suis une. Malgré tout le sérieux et les études poussés à l’extrême et réussies qui me caractérisent, ma vérité profonde est celle d’une artiste hypersensible qui a choisi de vivre sa vie comme une oeuvre d’art. Même si cela peut paraître prétentieux, je me vis avec le sentiment sincère de faire partie des acteurs, sauf que mon rôle s’écrit au fur et à mesure de mes choix bons ou mauvais. Je n’ai pas de stratégie, je m’adapte aux circonstances. Une de mes forces est celle d’être volontaire et surtout pas velléitaire. Lorsque je décide, j’exécute mon choix coûte que coûte. Ainsi en a-t-il été lorsque je suis partie pour le Canada.

Arrivée sur place, les premiers mois furent un véritable fiasco et au bout du tunnel, j’avais rencontré Michel, un tout jeune étudiant en informatique que je considérais comme mon ange. Je le parais de toutes les vertus et vivais un amour douloureux et décousu, passionné et étouffant, totalement déséquilibré, nourri de stress et d’angoisses, inadaptée que j’étais dans ce pays froid, si peu fait pour moi, avec un compagnon très souvent dépressif. Je voulais voir en Michel une facette artistique, mais il laissa tomber le cinéma et la dance, rapidement, après notre installation dans la première demeure d’une longue série d’appartements.

Huit mois après le début de notre liaison, nous emménagions à Québec dans un appartement qui surplombait le Jardin des Ursulines. Nous étions tellement fauchés que nous hébergions un locataire pour pouvoir régler le loyer pourtant minime. C’est dans cet appartement que je finissais ma maîtrise, pétrie de douleurs mystérieuses qui ont perdurées jusqu’à mon retour en Tunisie, douleurs répétées sous forme de spasmes handicapants et qui m’ont rendue accrocs aux Benzodiazépines, pendant une dizaine d’années. C’est dans cet appartement que je peignais certaines de mes toiles qui ont toutes disparu dans mon déménagement volé à Montréal en fin 2006. J’ai retrouvé récemment chez mes parents une photo de ce moment que je leur avais envoyée, moi allongée sur un vieux canapé sous une de mes toiles, un aquarium géant dans lequel flotte la tête de Michel au milieu des poissons exotiques…tout un programme

MartineQC95.jpgJ’aime voir cette photo car elle me représente assez bien dans un moment positif de ma vie, un moment créatif, un moment plein d’assurance malgré le manque d’argent, un moment d’insouciance et de repos. Le plaisir d’être photographiée est évident sur ce cliché…le besoin de cristalliser l’accrochage de cette toile dans ma première maison dans le Vieux-Québec. Le photographe Michel a gardé cette passion et a réussi à devenir un spécialiste de la technique photographique et à se faire plaisir pendant de nombreuses années durant lesquelles je fus son modèle préféré. Les vertus du numérique ont ainsi contaminé bien des Terriens et j’abandonnais également mon Olympus pour un Canon qu’il m’avait offert. Tous les vestiges de cette vie québécoise furent engloutis dans la perte totale de notre déménagement à Montréal au moment de notre retour en France.

La fin de notre amour est consécutive à cette perte…Au lieu de nous souder face à l’adversité, cela nous a entraîné vers le fond…j’ai misé sur l’attachement de douze années partagées, mais j’avais complètement tort. Je me suis accrochée à une relation insatisfaisante depuis bien des années et je suis restée fidèle à une vision artistique d’un couple libre et original, dans lequel la différence d’âge ne rentre pas en ligne de compte…je me suis leurrée moi-même finalement…car lui n’a jamais assumé notre différence lorsqu’il en a pris conscience…Je n’aurai jamais dû accepter ce mariage que je voyais comme une reconnaissance et un point d’orgue à notre amour et qui ne fut que le couperet du bourreau… La raison est mon erreur de l'avoir trop vite classé comme étant un artiste...il ne l'est pas du tout...et en vieillissant encore moins... et moi de plus en plus...ce n'était pas la différence d'âge notre problème, mais notre différence profonde de valeurs!

Et bien en y réfléchissant bien, après tous ses mois passés en Tunisie à essayer de retrouver mes « congénères », j’ai la conviction que ma quête s’affine au point d’être comblée. Je cherchais inconsciemment l’âme sœur, moi l’électron libre…il est artiste, il est intelligent, il est né sur cette Terre qui me manque depuis si longtemps et qui me hante. Ses yeux brillent d’un éclat égal au mien et quand nos regards se rencontrent, ils s’interpénètrent et nos âmes se parlent. Il est venu me chercher alors que j’avais fait une très longue route. Il arrive à point nommé et je lui tends les bras pour un équilibre dans le déséquilibre.

 

11.12.2008

Le premier Geronimi en Tunisie: 400ème note

Je sais maintenant combien mes origines sont la source de ma vie nomade. J’ai essayé toute ma vie de me trouver enfin un lieu où me sentir bien et suffisamment calme. Mais à vrai dire j’ai toujours eu la bougeotte et surtout aucun endroit ne pouvait vraiment me combler du plus riche au plus misérable. Je me suis surnommée Ulysse en Jupons. Certains comme mon père m’ont désignée comme La Bohémienne. On peut effectivement dire que je vis La Bohème car je suis vraiment une artiste dans l’âme.

Il y a un mois, j’ai eu la chance de rencontrer Aida Bellagha, à Takrouna dans son antre Le Rocher Bleu. Elle m’a montré une archive très intéressante Le livre d’Or des Français dans les années 30 et j’ai ainsi enfin découvert mon parent, celui qui avait fait venir mon grand-père en Tunisie, son oncle corse de Propriano. Mon grand père, une tête brûlé était arrivé en 1929 à Tunis, un an plus tard, il épousait Anna Palazzolo ma grand-mère, une sicilo tunisienne, une alliance catastrophique pour ma grand-mère qui ne fut jamais aimée. Elle avait 18 ans il en avait 22. Il se casait et entrait dans l’administration coloniale à titre de flic, policier si l’on préfère.


MATHIEU GERONIMI-PHOTO.jpgEt voilà que dans ce livre d’or, je trouvais la photo et un texte relatant la carrière de ce grand Oncle, Geronimi Mathieu. En 1927, il était Vice-Président adjoint de la Commune de la Goulette. Dès 21 il était receveur municipal de la Ville de Tunis. Or il était arrivé en Tunisie en 1884, il avait 16 ans. Il avait 60 ans alors que mon grand père en avait 20 et il était un notable respecté et décoré : grand Officier du Nich-Iftik, Com du Ouissam Alaouite, Officier de l’Instruction Publique et Membre du Conseil de la 2ème région. La Photo montre un homme mince, bel homme, encore dans la petite quarantaine sur le cliché, un homme aux yeux clairs et à l’allure séduisante. Les Geronimi avaient les yeux clairs et le cheveu châtain clair, comme mon grand-père. Mon père a des yeux gris-vert.


Cette photo comble une absence, un grand vide au puzzle personnel. La figure du grand Oncle mythique ressemblait étrangement à la légende de l’Oncle d’Amérique dans bien des familles françaises. Il s’appelait M Geronimi comme moi. Mathieu Geronimi et moi Martine Geronimi. La boucle est bouclée.


La terre de Tunisie m’habitait et je sais que ce n’était pas une lubie, mais l’expression d’un manque. En être privée depuis si longtemps, y être devenue sensible en 95 pour mes 40 ans, l’avoir désirée en 97 et ne m’y installée qu’11 ans plus tard, au moment où je suis seule à nouveau. Quel bonheur.



24.11.2008

Maktoub

 

 

« Comme l'auteur qui ne contrôle pas son personnage, l'homme ne peut totalement contrôler son destin et Daniel (le héros) s’en retourne sur les lieux de ses origines pour ne plus échapper à son histoire et ainsi en terminer avec le mensonge. » Martine Geronimi, critique du film Le Prix du Désir

 

 

Je crois que le destin joue parfois des tours insoupçonnables et quand on se trouve dans le tourbillon de la révolution liée au changement du cours de sa vie, on est submergé par la vague des sentiments qui nous enveloppent alors.

Je dois avouer que le pire et le meilleur peuvent survenir lorsqu’on fait des choix anticonformistes. Les pessimistes diront que seule une issue fatale peut être la conclusion d’un tel choix. Alors laissons parler ces empêcheurs de bonheur! Je suis une optimiste-née et, malgré les vicissitudes de ces deux dernières années, où finalement j’ai réussi à perdre successivement l’intégralité de mon déménagement et l’homme qui partageait ma vie depuis 1994, je n’ai pas perdu l’espoir.

Là où sans aucun doute, d’autres se seraient laissé couler, j’ai affronté avec courage les coups du sort et j’ai pris le parti de continuer à vivre sans me retourner. Et je viens de voir mon choix de vie récompensé. Contre vents et marées, j’ai fermé les portes qui menaient à des voies sans issue. Qu’est-ce qui fait qu’une relation entre un homme et une femme peut aboutir à un grand bonheur…comment tombe-t-on amoureux? Moi qui pensais avoir un cœur rouillé, je le redécouvre s’animer et retrouver sa jeunesse, sans une ride : un sentiment de miel qui coule dans les veines lorsqu’on plonge ses yeux dans les yeux de l’Autre, un éblouissement dans la découverte du monde de l’Autre et de s’apercevoir qu’on partage des valeurs et des passions communes…c’est ce que je vis actuellement.

Bien sûr ce bonheur, vue ma dimension plurielle et originale, se fonde sur une rencontre hors norme et complètement décalée. Je me rends compte que je provoque sans le vouloir consciemment de telles relations par mes fréquentations qui se fichent des barrières de nations, de religions et d’âge. Citoyenne du Monde, électron libre, je me rattache à un capital solide, celui de la culture. Et le mode de sélection premier de mon entourage rapproché est son appartenance au monde de l’Art. Mais plus encore pour toucher mon âme, il est une clé que je n’avais pas franchement définie, qui m’est apparue clairement aujourd’hui, c’est celle de la Philosophie. L’être aimé était comme moi le premier de la classe en philosophie et c’est vrai que nous parlons des Existentialistes et que nous échangeons souvent en lien avec la philosophie. Comme il est un jeune cinéaste tunisien et que je me passionne pour le cinéma depuis longtemps, les discussions sont riches et intellectuellement fécondes. Et aujourd’hui, j’ai vu combien nous avons d’atomes crochus car j’ai découvert qu’il adore l’Opéra. Alors là j’explose de joie, car j’ai vraiment extrêmement peu de relations qui apprécient sincèrement l’Opéra. Finalement l’entente repose sur des sensibilités communes et des rythmes qui s’accordent.

Après, l’amour est une fascination de l’Autre. Cette fascination repose sur une admiration et une recherche réciproque d’un archétype masculin ou féminin. Quand il m’a parlée de sa théorie de la Femme Monde, cette femme totale qui est à la fois la mère, l’amante, la sœur, la fille pour l’homme qu’elle chérit. J’ai compris que c’était avec ses yeux-là qu’il me voyait, il venait de trouver celle qui pouvait incarner toutes ses attentes. Bien sûr, il a des espérances immenses! Pourrais-je toutes les combler? Il sait toutefois qu’il peut me faire confiance, car je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réussir notre défi de vivre de nos talents respectifs et complémentaires.

J’ai déjà dans ma vie fréquenté des artistes, particulièrement des plasticiens et musiciens. Seul un cinéaste est capable de remplir mes attentes intellectuelles aujourd’hui, car dans cet univers mondialisé dans lequel nous vivons, ce créateur passe par un media qui est un formidable langage universel, profondément ancré dans la contemporanéité, le Cinéma.

Le cinéma permet de tout exprimer. Je ne suis pas une technicienne du cinéma mais une cinéphile et j’aime écrire des critiques de film depuis plusieurs années. Le cinéma permet de réunir les talents d’une équipe menée par un authentique chef d’orchestre à la sensibilité aiguisée, le cinéaste, ce créateur qui exprime en images son univers intérieur. Et lorsque je mets en mots mes sentiments après la projection, cette vision personnelle se mêle à celle offerte par le cinéaste. Je tente de comprendre la philosophie de l’auteur, sa perspective et vers quoi il veut nous mener. Je tente d’amener mon lecteur ou ma lectrice à s’intéresser au film qui m’a conquis. Ouvrir une porte d’un univers différent et dans lequel je suis attiré à tel point que j’aie envie de le faire partager. Evidemment je ne m’intéresse pas souvent aux films commerciaux, même s’il m’arrive d’en voir…à l’occasion.

Le cinéma, comme le dit mon ami, doit être loin du théâtre, cet art de la scène et du dialogue avec le public présent dans la salle. Le film n’a pas de filet de protection, une fois mis en boite il ne peut être modifié ni repris, il ne peut être sauvé par le jeu des acteurs. Il est un tout en soi et vit dans le cadre d’une série de films du même auteur qui compose s’il en a le talent, le temps, le souffle et l’argent, une œuvre. Ainsi par le hasard de cette rencontre amoureuse, je me retrouve plongée dans un univers où la genèse du film est tout prêt de moi, ce qui donne une perspective insoupçonnée à ma soif de connaissance.

 

J’ai pensé une scène de film en 1991 alors que je roulais en voiture avec mon copain Christophe sur une route polonaise à la tombée de la nuit à la Toussaint. Cette scène est restée graver dans ma mémoire depuis lors…et j’avais aussitôt exprimé le fait que, si j’avais le talent du cinéaste, je voudrais la reproduire par ce media : une scène sans mots, une scène dramatique, de nuit …une voiture qui roule dans la noirceur de ce mois de novembre lugubre et des petites lucioles qui se balancent au gré du vent …et lorsque l’on se rapproche, on comprend que ce sont des lampions portés à bout de bras par des marcheurs fantômes qui se rendent au cimetière, le long de la route.

 

Une scène qui pourrait être le début d’un film qui s’appellerait : On the Road Polska

Mais voilà je ne suis pas cinéaste, je pourrais être scénariste…je n’y ai pas franchement songé…

 

17.11.2008

Refuge Hammamétois

 

Maison-octobre.jpgDans ce coin de ciel bleu de mon refuge hammamétois, j’ai le temps de réfléchir sur ma vie, sur cet équilibre dans le déséquilibre, cette impossibilité à exister dans le conformisme. Comme une artiste que je suis et que j’ai toujours étouffée au maximum, mais jamais complètement, je marche sur la route vers non seulement mon identité familiale, les retrouvailles avec ma terre d’origine, mais véritablement vers mon identité personnelle, mon moi intime. Sur ce chemin ardu, j’ai rejeté le confort feutré d’une « petite vie fourmi », pour toujours choisir selon mon cœur, mon intuition et surtout mes émotions, une vie cigale, celle de la Bohème avec ses hauts et ses bas. Jamais satisfaite de mon lieu de vie, j’ai émigré et changé sans arrêt d’appartement, ne restant au grand maximum que 14 mois dans un même logis. Toujours dans le mouvement, le changement étant devenu une seconde nature, j’ai voulu me mettre au défi de vivre dangereusement. Guidée depuis mes dix huit ans par mes lectures intenses, j’ai gardé en tête la célèbre pensée du Philosophe Nietzsche : Man Muss gefahrlich leben (on doit vivre dangereusement). Bien entendu, selon les contextes, cette maxime a une portée différente, cependant se remettre en question, ne pas accepter les normes sociétales, ni les lieux communs, c’est vivre dans une marginalité dans un « In Between » qui peut vite s’avérer dangereux et tellement riche en expériences. Mère Theresa, à laquelle mon Directeur de thèse m’avait un jour comparé, a prononcé à peu près ces mots dans une interview d’elle à la fin de sa vie : « Vivre, exister c’est se mettre en danger et c’est si bon. »left_joomla.gif

J’ai toujours été attiré par le 7ème art qui, dans cette boite magique permet toutes les expressions artistiques, y mêlant la technique, une modernité nécessaire au service de l’émotion et de la performance. Toutefois le théâtre m’avait d’abord fascinée à 14 ans et je pensais que ce serait ma voie, mais je n’ai pas eu le courage de continuer et je me suis réfugiée dans une première vie feutrée dans laquelle je m’étouffais…bouffie par l’argent, le confort et l’excès de nourriture. Toujours dépressive, incapable d’avancer, hésitant entre retour aux études et travail, j’avançais dans la vie me gorgeant de lectures et de rencontres, me cherchant sans cesse et refusant ma fonction de femme procréatrice. La nature faisant assez bien les choses je ne suis jamais tombée enceinte.

Solidarnosc.pngLa Pologne des années 80 fut une révélation pour moi sur la réalité communiste et lacedat.jpg résistance d’un peuple fier de son identité. Début 90, je montais une association d’art Inny Swiat (Un autre Monde) avec mon ancien étudiant Christophe Cédat qui, je l’en remercie publiquement, a su faire perdurer cette association, l’ajustant à sa personnalité. Lui, c’est aussi un véritable artiste, à la sensibilité exacerbée, avec la particularité d’être un patron dans l’âme. Et je suis fière, lorsque je vais à Lyon en France, de le rejoindre dans son café-restaurant culturel incontournable près de l’Opéra de Lyon, dans cette Presqu’ile réputée pour ses bouchons. Ce déséquilibre s’est fait sentir rapidement par la non distance que je mettais entre mes étudiants et moi. Incapable de me cantonner à ma fonction, je développais des amitiés avec certaines et certains de mes lycéens en classe de première et terminale, à tel point que je décidais par conscience aigue de la beauté idéale du métier de professeur, que ce n’était pas un métier pour moi. Et je devenais commerçante.

 

J’avais toujours rêvé d’habiller les hommes et je montais une boutique de vêtements masculins avec pour porte drapeau la célébrissime marque Hugo Boss, que finalement dans mon inappétence à la vie de boutiquier, j’envoyais balader…et je plaquais tout. Commerce, Mari, famille, amis pour me mettre totalement en danger, convaincue que ma vie devait être autre, que je devais me prouver de nouveaux défis, que si je devais mourir et bien que j’affronterai la mort seule et qu’au moins avant de l’issue fatale, j’aurais vécu des expériences intéressantes qui ne pouvaient m’arriver si je restais en France.

L’attrait de l’Ailleurs ayant toujours été mon moteur, je ne reculais pas dans un projet de découvertes de l’Amérique, toute seule avec deux valises, un sac et 8000 francs en poche. Une vraie folie que je ne regretterais jamais, même si l’angoisse la plus effroyable a dominé ma vie durant cette vie américaine. Je ne conseille à personne une émigration contre nature, et pour moi le Canada avec toutes ses tentations ne m’a jamais apporté la quiétude ni le bonheur. La preuve est simple : j’ai pris pendant plus de huit ans des Benzodiazépines, drogue légale dont les médecins abusent, lorsqu’ils ne savent pas faire face aux troubles de l’âme. Je suis une hyperactive, une boulimique de la vie, une amoureuse de la nouveauté et les camisoles chimiques sont du plus mauvais effet sur ma personnalité. Au lieu d’exprimer mon tourment par une créativité bouillonnante, une forme de résilience, le contrôle chimique stabilisait mon humeur, canalisait mon activité tournée vers l’étude, mais n’arrivait pas à faire cesser mes douleurs intempestives et me rendaient neurasthéniques. Je peux le dire, je n’ai pas cessé de souffrir pendant toutes ces années-là. Cette émigration était en train de me détruire totalement. Et puis j’ai écrit Mourir ou ne pas mourir au Québec et le déclic s’est produit, il fallait que je retrouve mes congénères.

Martinecoiffeur3.jpgQuand ma coiffeuse d’Hammamet Mejda ou mon ami cinéaste Atef me complimentent sur ma beauté arabe, je me sens reconnue et appréciée pour mon image et cela me fait du bien. Je me sens nord-américaine par ma mentalité forgée par douze années pleines passées entre Québec, Montréal et La Nouvelle Orléans. Et toutes mes dernières vacances dans le Maine et le Connecticut. Et cette vision de la vie contraste sans doute avec la mentalité tunisienne, je suis une femme moderne qui vit seule et qui assume sa vie au mieux. Une artiste est difficile à suivre. Seul un autre artiste peut la comprendre et partager sa folie créatrice. Or les milieux que j’ai fréquentés tant en France qu’au Canada ne m’ont pas mis en contact avec ce monde. Seuls mes amis polonais étaient de réelles artistes, peintres, musiciens et scénaristes. Mais leur fréquentation fut réellement éphémère. Je le regrette mais c’est ainsi.

Alors mon retour dans mon pays d’origine est extraordinaire car je me suis aperçue de la richesse de la culture d’ici, même si elle semble confinée à de petits cercles. Il faut d’autant plus la promouvoir car elle est expérimentale et ce sont de vraies œuvres d’auteur, une recherche de l’émotion première, un travail sur la technique, un moyen d’expression où la sensibilité des indexfunun.gifartistes affleurent dans les thèmes traités, particulièrement au Cinéma où les sujets sociétaux abordés laissent filtrer une société traditionnelle affrontant de plein fouet une modernité façonnée par les télévisions satellitaires. Ceux qui me lisent depuis un moment savent combien je suis curieuse du monde qui m’entoure. Je puise dans la vie de tous les jours matière à philosopher, écrire et rêver. A côté du projet de la radio culturelle à laquelle je participe avec mon émission Clair-obscur, j’ai pour projet de participer à une aventure de TV sur Internet, et à la réalisation de vidéos.

La Tunisie est un sujet encore vierge et j’ose espérer que ma vision poétique pourra, à la fois, séduire les spectateurs et les producteurs étrangers qui pourraient coproduire avec moi. Vous savez qu’il faut énoncer ses rêves pour les matérialiser. Je suis convaincue de la force de la persuasion d’une parole énonçant un vrai projet riche de réalisations et de potentiels surtout si ce projet est associé à une nouveauté technique ou scientifique. Dans mon cas, l’association Art et Technologies est au menu, alors pourquoi ne pas se lancer. L’avenir ne se place plus en Europe, je le pense dans les pays émergeants car la jeunesse est là. Et comme disait une professeure de Princeton il y a plus de deux ans déjà, Shakespeare peut inspirer les meilleurs professeurs du Sénégal ou de la Tunisie et leur lecture voire relecture de l’œuvre saura être fraiche à la différence des lectures formalistes ou quasiment formatées des universitaires français habitués à ressasser ce qu’ils ont lu dans les livres depuis un siècle au moins. Et ici je fais un clin d’œil à un brillant étudiant tunisien, Ashraf, rencontré il y a un mois à Hammamet et qui est spécialiste de littérature anglophone, un connaisseur entre autre de Shakespeare.

Vive la jeunesse tunisienne!

06.11.2008

L'Amérique a choisi OBAMA, j'en suis fière

thankyou_banner.jpg24908_une-obamadrapeau.jpgL'Amérique blanche anglo-saxonne a pour la première fois dépassé ses démons. Enfin pour l'unique MOMENT de l'histoire des Etats-Unis, un Africain Américain est à la présidence. De peur d'être déçue et, jusqu'à la dernière minute, j'ai  pensé qu'il serait battu au profit d'une homme de la continuité, un vétéran de droite, l'homme blanc de référence. Mais les américains, un peuple mature a voté massivement pour ce jeune leader de la minorité en pleine tourmente des Subprimes, dans un contexte de guerre qui n'en finit plus.

Les sondages, cinq jours avant l'élection annonçaient que Barack Obama serait  élu avec 59 % des voix, contre 40 % pour John McCain.

En fait le triomphe est complet:

52% des voix au niveau national contre 46% pour son adversaire républicain John McCain

C'est la première fois qu'un démocrate remporte la majorité du vote populaire depuis Jimmy Carter en 1976 et Obama le fait avec le meilleur score depuis Lyndon Johnson en 1964. Il a obtenu 62,98 millions de voix et John McCain 55,78 millions, selon la chaîne NBC.

 

extrait du premier discours traduit par AFP

"Hello, Chicago.

S'il y a quelque part quelqu'un qui doute encore qu'en Amérique tout est possible, qui se demande encore si le rêve de nos Pères fondateurs vit encore à notre époque, qui s'interroge encore sur la force de notre démocratie, ce soir, voici votre réponse.

C'est la réponse donnée par les files d'attentes qui se sont allongées devant les écoles et les églises dans des proportions que ce pays n'avait jamais vues, par des gens qui ont attendu trois ou quatre heures, souvent pour la première fois de leur vie, parce qu'ils pensaient que cette fois devait être différente, et que leur voix pouvait faire cette différence.

C'est la réponse donnée par les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les Noirs, les Blancs, les Hispaniques, les Asiatiques, les Indiens (natifs), les homosexuels, les hétérosexuels, les handicapés et les valides. Des Américains qui ont envoyé au monde un message: nous n'avons jamais été une simple juxtaposition d'individus ou une juxtaposition d'Etats rouges et d'Etats bleus (Etats républicains et Etats démocrates, ndlr).

Nous sommes, et nous serons toujours, les Etats-Unis d'Amérique"Lire la suite

Les Américains étaient aussi appelés à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Selon des résultats partiels, les démocrates auraient remporté 56 sièges sur 100 au Sénat et ont conforté leur majorité à la Chambre des représentants.

Mais le labeur qui attend le Président et sa nouvelle équipe est colossale:

N'oublions pas que, sur le plan international, Barrack OBAMA a promis de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de concentrer les efforts à la lutte contre Al-Qaïda et les talibans. Les services de renseignement américains tiendrait dès aujourd'hui une rencontre avec Barack Obama selon l' l'AFP.

Il s'est engagé à baisser les impôts pour 95% des salariés, à de grands travaux d'infrastructures (ponts, télécommunications, énergies renouvelables) et à garantir une couverture santé pour tous.

Surtout, cette élection historique redore le Blason de l'Amérique qui depuis quelques années étaint conspuée par une large partie de la planète. L'amérique retrouve " ses amis, ses partenaires et ses admirateurs par la grâce d’un homme, d’un seul, qui avant de conquérir le monde a su redonner foi, confiance et optimisme aux Américains. L’élection de ­Barack Obama à la présidence des Etats-Unis est vécue comme une transition historique vers un Etat moderne."

04.11.2008

Rendez-vous au Paradis

 

Maison-octobre.jpgMa vie est un film. Je vous assure! Ma vie m’apporte les plus grands tours de manège qu’un individu peut souhaiter. Mon décor est celui d’un cinéma. Ma vie amoureuse est celle d’une héroïne. Je suis plongée dans une existence non-conformiste par les rencontres que je fais en lien avec le cinéma tunisien. Où que je sois passée, on me prenait pour une artiste, surtout aux États-Unis, en Pologne également et maintenant en Tunisie. Mais là, je me sens quasiment divinisée, c’est ma terre, mon bonheur, mon paradis.

 

 

Je n’ai pas abordé ce pays en frappant directement à la porte qui me convenait parfaitement et j’ai erré de projet en projet inaboutis, me frottant à la société d’accueil par le biais de rencontres féminines et masculines au gré des voyages et des milieux francophiles sur place. J’ai commencé par ne rencontrer que des Tunisiennes et Tunisiens, maintenant mon monde est plus cosmopolite. Je me suis rapprochée d’une petite communauté française d’Hammamet et j’ai une amie intime française qui, je le souligne, est une femme d’affaires féminine et séduisante, mais au caractère bien trempé. Installée depuis quatre ans ici en Tunisie, elle a su me faire découvrir un bijou de maison bédouine cachée au fin fond d’un parc pour ma plus grande émotion

salon.jpg

Elle est la quintessence de mon concept Nature&culture, un petit dar de 50 m2 à peine, tout en pierres et marbre gris d’El Jem. Un amour de maison dont tous les détails m’enchantent, des murs blanchis à la chaux au trumeau de portes sculptés de symboles aux décorations Hammamètoises sur les murs. Mes deux oliviers dans une cour au sol blanchi sont typiques des maisons tunisiennes d’autrefois. Quand on monte sur la terrasse on aperçoit la mer et tous les champs d’oliviers qui jouxtent la propriété. Si j’ai la chance de vivre dans cet endroit, je ne suis pas la seule, deux autres maisons m’entourent dans la plusporte-entrée.jpg pure tradition arabe, créées par le même amoureux fou de patrimoine tunisien, Helmi le propriétaire de Dar Biba. Chaque maison est un cri d’amour pour la culture tunisienne. C’est magnifique. C’est inspirant. C’est insolite…quand je vous disais que ma vie est du cinéma!

Je vais organiser la terrasse pour qu’au printemps prochain je puisse avoir mon atelier de peinture sur le toit. Le rêve, moi à qui on a volé toutes ses toiles réalisées au Canada avec l’intégralité ducôte cour.jpg déménagement, je me sens pousser des ailes à la perspective de me remettre à peindre. J’ai de vrais sujets ici, je n’ai qu’à tourner la tête et tout m’inspire.

alcove.jpgDerrière les grilles en fer forgé de mes fenêtres, je vois les palmiers de la maison voisine, le dais du patio et le petit mur de pierre de séparation de nos jardins. Et un énorme merle noir picore les olives sur l’olivier qui jouxte la porte d’entrée. Je vois son énorme bec jaune se relever de sa dégustation et chaque instant est une scène photogénique. Je me devais de rencontrer un cinéaste qui sublime cet univers et je l’ai trouvé. Nous verrons ce que nous en ferons, documentaire, court ou long métrage. Tout est possible.

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