24.04.2008
Que de chemin parcouru...Fais moi ton cinéma!
Puisque j'en suis aux constats, je vous le dis tout net...mon retour en France n'était qu'une étape sur ma route.
Un jour quelqu'un m'avait dit, quand tu pars de France, ne fais pas la bêtise d'y revenir...ce conseil je l'avais reçu trois mois avant mon départ au Canada. Cet inconnu rencontré dans un café était un amer désillusionné...il avait vécu aux États-Unis et en était revenu cinq ans plus tard, depuis lors, sa vie n'avait pas repris racine en France; il avait franchement l'air de végéter. Nous étions en 1993 avant l'heure d'Internet pour tous...je ne sais pas ce que cet homme est devenu, mais l'autre jour je suis allé au Café à Sartrouville tout à côté de l'ANPE...J'allais rencontrer la jeune femme qui suit mon dossier de "future créatrice" d'entreprise en France...sans indemnité...ne vous inquiétez-pas! ici, si j'étais totalement seule et compte tenu de mon PHD et encore plus de mon âge...on m'accorde 350 euros par mois, dans un pays où pour un studio comptez 450 euros minimum, à Paris 650, la place de théâtre coute 45 euros en moyenne et la bavette chez mon boucher 25 euros le kg...je ne vous parle pas de toutes mes notes de restaurant, où je ne suis même pas sure de manger quelque chose de savoureux...le thé sur Paris 4 euros...
Revenons à ce petit café propet tenu par une dame portuguaise et je voyais les mêmes têtes que 15 ans en arrière, des gens désillusionés et qui me savent pas pourquoi ils sont là...moi j'ai avalé un croissant et je suis allée rencontrée ma "personne ressource" pour lui annoncer que je mettais ma création en suspens...puisque deux jours avant mon mari m'avait déclaré tout de go...et sans préliminaires qu'il souhaitait descendre de notre train, pour poursuivre sa route dans une limousine... La tête de mon interlocutrice...Ah les hommes et voilà qu'elle me raconte sa vie...sans doute moins enviable que la mienne! Cela m'a fait du bien de voir que, Nous les Femmes, nous subissons des conjoints égoïstes, inconséquents, inconstants et bien souvent lâches...bon à part cela, pas de quoi se réjouir...Nous étions le 15 janvier 2008.
Depuis il s'est passé tant de choses en Tunisie que le moral est revenu et je viens de prendre la grande décision de ne pas stagner en France...Non je ne vais pas retourner au Canada, j'en suis partie pour trouver mes congénères et figurez-vous, je les ai trouvés... C'est unique, mais j'ai eu la chance de rencontrer mon double, un parcours identique dans le temps et dans l'espace Tuniso-canadien...RARE...mais non pas un fantasme d'écrivain...une vraie rencontre impromptue et irréelle...à faire un film...une abstraction devenue réalité...Vouloir très fort et très haut, se déclarer dans son authenticité, et les choses désirées arrivent...au bon moment à la place comme disent les Québécois...une synchronicité...époustouflante!
Les Flux sont des aspects de la géographie qui me passionnent, surtout quand on s'intéresse aux imaginaires qui font voyager, immigrer, être dans le mouvement... et tous les transports de l'esprit font partie intégrante de cette géographie symbolique que j'aimerais saisir...cartographier si c'était possible... Le Cinéma modèle l'Imaginaire contemporain...le Cinéma est un vecteur extrêmement important de ces flux et transports de l'âme. Le cinéma est un média qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, qui nous conduit aussi au plus profond de nous-mêmes dans ce voyage intérieur...dans cette rencontre avec notre identité personnelle et collective. Le Cinéma nous donne à voir notre visage social ou celui qu'on voudrait faire voir...plus encore le Cinéma d'Ailleurs, nous aide à rencontrer l'Autre, tel qu'il veut être vu et parfois, malgré le vernis, tel qu'il est vraiment. Le Cinéma est un miroir qui réfléchit nos bonheurs, nos misères, nos aspirations, nos velléités, nos appréhensions et nos victoires...les rencontres cinématographiques sont donc capitales et je les tiens en haute estime. Un pays sans cinéma n'existe pas, la culture véhiculée grâce à ce media est indissociable de ma géographie symbolique...
C'est pourquoi et pour répondre à une question d'un Français ignorant la réalité tunisienne...je finirais par l'annonce de ce qui se passe actuellement à Tunis : 23 au 27 avril à la salle 'Le Mondial' et à 'Cinémafricart': "Le cinéma tunisien des années 80" dans le cadre des Journées du Cinéma tunisien
Les journées du cinéma tunisien sont organisées par l’association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) en collaboration avec : le Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, les cinémas Le Mondial et CinémAfricArt, la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC) et l’Institut français de coopération (IFC).
Je n'y suis malheureusement pas mais je suis cela de près puisque j'ai la chance de connaître deux personnes grandement impliquées dans cet évènement: le secrétaire général de l’Association (ATPCC) Mohamed Naceur Sardi et le créateur du portail cinematunisien.com, et aussi graphiste de l'affiche, Nejib Riahi Il n'est pas innocent de préciser que ces deux amis ont aussi un lien particulier avec ma propre route tuniso-canadienne, l'un en est revenu dix ans avant moi et l'autre y part bientôt...
Le programme commenté :
Le mondial
Mercredi 23/04 19h Soirée d’ouverture « Le fou de Kairouan » De Jean André Kreuzy
Le Fou de Kairouan
1937, 73’, France / Tunisie, N&B
Réalisation : Jean André Kreuzy
Scénario : Paul Hug, Hassen Rachik
Avec : Mohieddine Mrad, Flifla Chamia, Abdelamajid Chabbi, Selma Ridha
Le Fou de Kairouan est une histoire d’amour comme au bon vieux temps, de celles qui ne peuvent être qu’en noir et blanc, de celles qui provoquent une émotion toute particulière, quand on va au cinéma pour y chercher les larmes d’une romance comme on n’en fait plus. Mais Le Fou de Kairouan, c’est aussi une rareté qui marque la naissance du cinéma tunisien, à l’époque coloniale, parce que le film est tiré d’un vieux conte arabe (l’amour fou de Majnun, poète fiévreux, pour sa cousine) et qu’il est parlé et chanté en arabe. Un film qui ne peut faire l’objet que d’une invitation à être vu, pour la culture du plaisir et le plaisir de la culture.
"Le Fou de Kairouan, premier film tourné en langue arabe en Tunisie, sorti sur les écrans durant l'hiver 1939, est ainsi l'occasion de réfléchir au possible développement d'une industrie cinématographique de langue arabe en Tunisie." Morgan Corriou auteur de la thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 "Les Français et la vie culturelle en Tunisiedurant la Seconde Guerre mondiale"
18h30 « Champagne amer » De Ridha Béhi
20h30 « Traversées » De Mahmoud Ben Mahmoud
Vendredi 25/04 15h00 « Les baliseurs du désert » De Nacer Khemir
17h30 « Leïla, ma raison » De Taieb Louhichi
20h00 « L’homme de cendres » De Nouri Bouzid
Samedi 26/04 15h00 « Programme FTCA » Films des années 80
17h30 « Arab » De F.Jaïbi et F.Jaziri
Dimanche 27/04 10h00 « Programme Dessins Animés Tunisiens » Années 80
15h00 « La nuit de la décennie » De Brahim Babaï
17h30 « Poussière de diamant » De Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaibi
CinémAfricArt
Samedi 26/04 20h30
Première Soirée Courts Métrages Tunisiens - années 80
Dimanche
27/04 20h30
Seconde Soirée Courts Métrages Tunisiens années 80
La Maison Maghrébine de la Culture – Ibn Khaldoun
Dimanche 27/04 10h00 Table Ronde
11:00 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , IMMIGRATION , MEDIAS , QUÉBEC , SOCIÉTÉ , Souvenirs souvenirs , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, CINEMA, Tunisie, Tunis, France, Canada, Bouzid
19.04.2008
L'amour au bord du gouffre
«C'est étrange comme les choses prennent du sens lorsqu'elles finissent... c'est là que l'histoire commence.»
On parle, on parle, et les mots se succèdent, mais ce n'est que lorsque la musique de la voix prépare au point final que l'on comprend enfin vers quoi ils nous entraînaient. On vit, on vit, et les faits s'accumulent, mais ce n'est que lorsque le temps nous permet de nous retourner sur nous-même que l'on saisit enfin vers quoi notre existence tendait. «L'émergence du sens n'est possible que parce qu'en se succédant les mots meurent les uns aux autres.» Quand l'enfance s'éteint, on en fait un récit et quand la vie se meurt, on découvre pourquoi il a fallu la vivre.
C'est le temps qui nous fait naître au sens. Je devrais dire : c'est la représentation du temps, la manière dont je rappelle mon passé pour agencer mes souvenirs et me délecter de mes rêveries qui imprègnent de sens ce que je perçois. Le récit que je me fais de ce qui m'est arrivé et le tableau que je compose du bonheur espéré introduisent en moi un monde qui n'est pas là, qui n'est pas présent et que pourtant j'éprouve intensément.
extrait de Parler d'amour au bord du gouffre, Boris Cyrulnik
Pour Pâques, alors que je me trouvais à Lyon, j'ai enfin saisi le moment de m'intéresser aux livres de Boris Cyrulnik, ce neuropsychiatre qui a porté à la connaissance du public français le concept de résilience. C'est au Québec en 2000, il y a huit ans déjà, que j'avais longuement entendu parler de cet homme au parcours fascinant et révélateur de ses choix de recherche. En effet, en 1942, alors qu'il grandit à Bordeaux, ses parents, juifs russo-polonais, sont arrêtés et déportés. Abandonné à l'assistance publique, le jeune Boris devient le protégé de son institutrice. Il échappe de justesse à la déportation lors d'une rafle en janvier 1944. Orphelin il se réfugie dans l'humour et la biologie. (source Evène)
Je viens de retrouver l'émission archivée sur le site de Télé Québec
"Ceux qui surmontent un traumatisme éprouvent souvent une impression de sursis qui démultiplie le goût du bonheur et le plaisir de vivre ce qui reste encore possible."
Pourquoi m'aura-t-il fallu autant de temps pour me plonger dans la lecture de Cyrulnik? Tout simplement parce que je vis actuellement et depuis mon retour en France des traumas successifs qui me poussent à chercher des issues positives. Et je crois que Boris Cyrulnik développe dans ses recherches et ses écrits une vision optimiste, un certain art de cultiver le bonheur malgré les traumatismes et les aléas de la vie.
Donc, vous l'aurez compris, le couple est en question, l'amour, la notion d'attachement, c'est de tout cela que nous entretient Boris Cyrulnik dans ce livre. N'oublions pas qu'il est directeur d'enseignement à la clinique de l'attachement à l'Université de Toulon. Et j'ai eu envie de lire ma propre histoire au travers de ses commentaires et exemples racontés et expliqués dans son livre. je vous recommande vraiment le chapitre Métaphysique de l'amour, ainsi que celui intitulé L'enfer en héritage, chapitres qui se suivent dans le livre, d'ailleurs. Le chapitre Métaphysique de l'amour tire son beau titre d'une œuvre du philosophe allemand, assez méconnu en France, Arthur Schopenhauer: Métaphysique de l'amour, Métaphysique de la mort.
Alors voilà je suis dans une impasse, moi qui me croyais préservée dans ma route nomade, mon ancrage affectif me semblait stable et je me sentais à l'abri de la rupture. Je n'ai pas vu venir la déchirure du couple fusionnel 1+1=1 nous sommes passés au couple léonin, comme dit Cyrulnik, le 1+1=2+0 et la fin non annoncée arrive brutalement avec ses incompréhensions, ses chagrins, ses tourments, ses maladresses et des torrents de larmes...
J'ai écrit dernièrement pour me définir sur Facebook que j'aimais la ligne brisée, ce n'est pas une abstraction, c'est mon caractère artistique et ma vie qui en est le reflet. La ligne Brisée, c'est la possibilité de rebondir, de rejaillir, je l'associe au concept de résilience. Je l'associe aussi à une forme d'anti-conformisme, une vision passionnée qui ne peut se complaire dans la ligne droite.« Aimer, être aimé », est-ce la bonne formule ? Ce n’est pas l’un "ou" l’autre, donner "ou" recevoir, défini une fois pour toutes. C’est l’un "et" l’autre, variablement, à des moments différents, avec des intensités différentes. A un moment, on est celui qui aime, celui qui donne ; à un autre, celui qui est aimé, qui reçoit. Quand deux personnes amoureuses se parlent, se regardent, se touchent, ils "s’affectent". Et ce simple fait crée un autre monde : le monde d’un homme, le monde d’une femme, ensemble, créent un troisième monde, entre eux deux et au-delà d’eux deux. Mais cela n’est pas uniquement vrai des amoureux. Ce "monde affectif" se crée quel que soit le lien : une mère et son enfant, des amis, des collègues de travail… Deux êtres humains créent un autre monde du simple fait d’être ensemble." (passages surlignés par moi)
- Sous le signe du lien, Hachette, 1989
- La naissance du sens, Hachette, 1991
- Les nourritures affectives, Éditions Odile Jacob, 1993
- De la parole comme d'une molécule, avec Émile Noël, Seuil, 1995
- L'ensorcellement du monde, Éditions Odile Jacob, 1997
- Mémoire de singe et parole d'homme, Hachette, 1983
- Un merveilleux malheur, Odile Jacob, 1999; (réédition) 2002 (ISBN 2738111254)
- Dialogue sur la nature humaine, avec Edgar Morin, Éditions l'Aube, Essai, 2000
- Les Vilains petits canards, Odile Jacob, 2001 (ISBN 2738109446)
- Le murmure des fantômes, Odile Jacob, 2003; (réédition)2005 (ISBN 2738116744)
- Parler d'amour au bord du gouffre, Éditions Odile Jacob, 2004
- De Chair et d'Âme, Éditions Odile Jacob, 2006
«Le Moyen Âge nous racontait que le malheur sur terre, dans une vallée de larmes, nous permettait d'espérer le bonheur, ailleurs. Le XIXe nous expliquait que le bonheur, ça se mérite et que les malheureux sont à leur place, puisqu'ils ont échoué dans la conquête de cette faveur. Aujourd'hui, le discours qui légitime nos prouesses techniques nous demande de croire que le malheur est une maladie due à une chute de sérotonine.» (in L'Ensorcellement du monde, cité par J.-C. Guillebaud, La refondation du monde, Seuil, 1999)
"Le repli identitaire serait donc dû à l’expansion trop brutale du «modèle» occidental?
Il y a effectivement retour à une identité forcenée, qui devient une aliénation. Comme c’est l’Occident qui a les armes, l’argent et la technologie, il y a de fortes chances pour que les mentalités occidentales se mondialisent. Soit les gens s’y plieront mais seront malheureux. Soit, à l’opposé, la haine de l’Occident grandira, comme actuellement. Des identités imaginaires, vieilles de plusieurs siècles ou même de plusieurs millénaires, continueront à resurgir. Nous avons donc le choix entre la «désidentification» et l’aliénation. (...) Pour éviter d’être aliéné par une identité, il faut que les gens sachent qu’elle est constituée d’un patchwork de différents éléments." Propos recueillis par Sophie Boukhari, journaliste au Courrier de l’UNESCO.
11:34 Publié dans Chroniques de France , Femmes , Souvenirs souvenirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cyrulnik, résilience, amour, rupture, aimer, attachement, Psychologies
04.04.2008
Ouled Lenine
Il y a quelques jours, j'ai présenté sur mon blog des distinctive women, une femme cinéaste franco-tunisienne Nadia El Fani qui a réalisé un film personnel sur son père et les compagnons de celui-ci, tous d'anciens militants du parti communiste tunisien.
Intriguée par le sujet et friande d'assister à une projection qui touche au passé proche et à la mémoire de ce pays où je suis né et que j'essaie de réapprivoiser, je suis allée à cette unique séance du Doc de Tunis, accompagnée de Nejib, le créateur du portail internet consacré au cinéma tunisien et de mon ami Habib, professeur d'histoire à l'Université de la Manouba.
Un tel sujet aurait pu apparaître comme une entreprise périlleuse: faire parler des militants désillusionnés. Or, je dois dire que ce documentaire est fort riche et que j'ai littéralement absorbé les échanges de tous les protagonistes de cette histoire qu'on sent douloureuse, encore de nos jours.
Il est toujours difficile de parler du passé proche, surtout quand on est une artiste et qu'on ne cherche surtout pas à faire un catalogue historique, ni oeuvre journalistique. L'utopie communiste est effectivement, à mon avis, abordé de la meilleure façon, la plus tendre et la plus subjective, celle de l'approche familiale.
Dans ce documentaire, il est frappant de constater la relation intense Père-Fille. Ce film est littéralement un cri d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, un homme qu'on sent pur et attachant, un intellectuel de gauche, humaniste et intègre, une figure emblématique et brillante. C'est aussi un homme vieillisant auquel la fille veut rendre hommage. Cet intellectuel est entouré de ses amis, femmes et hommes, de cette famille que fut la parti communiste tunisien.
Nadia El Fani a choisi de donner la parole à une partie des anciens compagnons de route de son père et c'est un film plein de paradoxes où les femmes sont critiques et se souviennent combien elles étaient, à la fois la cible des étudiants islamistes mais aussi celles de leurs propres amis masculins de gauche. Ces féministes qui mettaient leur cause en avant avaient donc un double fardeau à gérer, le fait d'être communiste et d'être féministe. On sent évidemment dans le film que les témoignages révèlent des blessures encore profondes.
Ce film est une réussite pour le public averti présent dans la salle lors de cette projection. Les réactions animées ponctuant le film ne laissent aucun doute sur l'impact qu'un tel documentaire peut produire sur les Tunisiens ou les spectateurs intéressés par l'histoire de la Tunisie. Au travers des déambulations de la fille et de son père dans les rues de Sousse ou de Tunis, on découvre en filigrame une autre lecture de la Tunisie, plus contemporaine, celle d'une société qui n'aurait pas réussi à diffuser l'idéal communiste de communautés fraternelles.
J'ai été séduite par la figure du père, celle d'un intellectuel aux remarques d'une grande acuité, à ce personnage frêle si fidèle à ses idéaux. Je suis sortie séduite face à tant de sagesse et j'ai aimé ce film parce qu'il a su plonger le spectateur dans un univers dont on ne parle jamais.
01:49 Publié dans CULTURE , Femmes , POLITIQUE , SOCIÉTÉ , Souvenirs souvenirs , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Tunis, tunisien, el Fani, Lénine, communisme, histoire
17.03.2008
il était une fois...La Marsa
Je n'ai pas écrit depuis un moment car j'étais partie en Tunisie pour mes affaires. J'ai enfin découvert La Marsa grâce à un ami très cher qui y est né...et ce matin au retour j'ai trouvé sur Dailymotion cette vidéo nostalgique, en accord avec mon humeur. La musique ajoute à la sensation de manque et de douceur d'un lieu attachant. Entrez dans mon monde de rêve inatteignable:
13:35 Publié dans PODCAST , Souvenirs souvenirs , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La marsa, tunis, tunisia, Tunis, nostalgie, voyage
20.02.2008
Henri Salvador Deux des chansons douces
Il y a quelques jours l'idole de mes dix ans est morte...souvenirs, souvenirs heureux...j'avais surpris mes parents quand je leur avais dit que la vedette à inviter pour le Noël des enfants de militaires devait être Henri Salvador...
Et oui je l'aimais bien ce grand bonhomme! Alors je répare une injustice puisque je n'ai rien encore dit le concernant, par ce petit hommage glané sur DailyMotion.
La première chanson est une archive de 1963
La seconde, très ancienne mais réengistrée plus de quarante ans plus tard...
Mais toujours aussi douce!
L'île de Pâques et Kairouan
Et les grands oiseaux qui s'amusent
A glisser l'aile sous le vent.
Voir les jardins de Babylone
Et le palais du grand Lama
Rêver des amants de Vérone
Au sommet du Fuji-Yama.
Voir le pays du matin calme
Aller pêcher au cormoran
Et m'enivrer de vin de palme
En écoutant chanter le vent.
Avant que ma jeunesse s'use
Et que mes printemps soient partis
J'aimerais tant voir Syracuse
Pour m'en souvenir à Paris.
Syracuse
Paroles: Bernard Dimey. Musique: Henri Salvador 1962
© Editions Henri Salvador
Vidéo envoyée par metal83
Dans mon île Ah comme on est bien Dans mon île On n'fait jamais rien On se dore au soleil Qui nous caresse Et l'on paresse Sans songer à demain Dans mon île Ah comme il fait doux Bien tranquille Près de ma doudou Sous les grands cocotiers qui se balancent En silence, nous rêvons de nous. Dans mon île Un parfum d'amour Se faufile Dès la fin du jour Elle accourt me tendant ses bras dociles Douce et fragile Dans ses plus beaux atours Ses yeux brillent Et ses cheveux bruns S'éparpillent Sur le sable fin Et nous jouons au jeu d'Adam et Eve Jeu facile Qu'ils nous ont appris Car mon île c'est le Paradis
une chanson reprise en 2006
Dans mon île
Paroles et Musique: M.Pon, S.Salvador 1957
© 1957 - Disque Barclay
08:15 Publié dans CULTURE , MEDIAS , Musique , personnalités , Souvenirs souvenirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : SALVADOR, Henri, Hommage, chansons, Ile, syracuse
12.02.2008
Une Méditerranéenne à découvrir: Angèle PAOLI
En feuilletant la Toile, j'ai découvert une amoureuse des Grandes Aventurières et son site Terres de Femmes
Je suis toujours émue de voir des similitudes entre les êtres et combien nos préoccupations quotidiennes souvent esseulées ont de résonnance loin de nous. La toile est ce révélateur merveilleux, ce vecteur de rencontres improbables et ce moyen virtuel qui nous rapproche autant que nous sommes.
La Corse de mes vacances, celle d'une partie de mes aïeux, elle réapparait soudain sous la plume d'Angèle qui écrit ce Blog Terres des Femmes depuis 2004, bien avant que je n'ouvre le mien. En 2003 alors encore au Québec, je rêvais de tenir une revue en ligne et ignorais comment la réaliser. Je découvre enfin celle d'Angèle mise en ligne quotidiennement depuis décembre 2004, et je trouve cela inouï.
La Corse de mes vacances de 10 à 18 ans, c'est celle du Cap-Corse de la maison de LURI. Ce sont quelques photos
désuettes sur la plage de Santa Severa ou de Pietra Corbara. Ce sont les blagues de Monsieur Garci, le berger qui était "aussi chauve que l'Aéroport de Poretta" et c'était le temps de mes premières amourettes.
C'était aussi le merveilleux moment de retrouvailles avec mon cousin Serge de Marseille et nos amusements dans le maquis. Cette découverte d'une femme du Cap Corse, littéraire, combattive et résolue à promouvoir son identité me fascine et me donne le goût de lui proposer des échanges entre femmes.
Elle qui prépare le Printemps des poètes corses est une authentique amoureuse des mots et je la salue:
Pace e saluti
Nous devons effectivement nous rencontrer et je pense à la possibilité d'organiser des liens avec une association qui tient à préserver la Nature et la Culture des Régions et qui n'a encore pas de réseau en Corse: Nature et Culture en Hautes Terres
Les ouvrages d'Angèle Paoli sont disponibles dans les librairies de Corse ou, à Paris, chez Tschann Libraire, 125, Bd du Montparnasse Paris VIe ou chez Laurence Mauguin, 1, rue des Fossés-Saint-Jacques Paris Ve. Il est aussi possible de les commander directement sur son site.
15:35 Publié dans Blog , CULTURE , Femmes , Souvenirs souvenirs , Voyage , Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Écrivaine, Poésie, Corse, Cap Corse, Luri, Paoli, Geronimi
09.12.2007
Ne pas oublier, La Nouvelle Orléans
Il ya quelques jours nous apprenions par les Médias que l'acteur Brad PITT soutenait financièrement une reconstructon écologique de La Nouvelle-Orléans. La vedette est pasée sur CNN, à l'émission la plus regardée le soir, celle de Larry King, et pour ceux qui comprennent l'anglais vous pouvez visionner le Podcast de CNN.LE PROJET "MAKE IT RIGHT" est assez bien développé dans le journal Libération, sous la plume de PHILIPPE GRANGEREAU, correspondant du journal à Washington, le jeudi 6 décembre 2007. Ce dernier écrit:
"Tandis qu’Angelina Jolie parcourt le monde comme ambassadrice de bonne volonté pour le Haut-Commissariat des Nation unies aux réfugiés, monsieur finance des maisons pour les démunis de La Nouvelle-Orléans. Brad Pitt, acteur, millionnaire et philanthrope, vient de lancer un projet pour la construction de 150 maisons destinées à pallier l’incompétence flagrante de l’administration américaine et de la Maison Blanche. En effet, plus de deux ans après l’ouragan Katrina qui a provoqué la pire catastrophe naturelle de l’histoire des Etats-Unis, moins de la moitié de la population a pu se réinstaller. Nombre d’habitants sont à la rue, faute de logements.
«C’est quelque chose qui me tient plus à cœur qu’aucun des films dans lesquels j’ai joué», a expliqué Brad Pitt en présentant cette semaine l’armature de son projet, baptisé Make It Right («le faire bien»), sous la forme d’une installation de tentes roses plantées en lieu et place des maisons qu’il y fait construire. A la nuit tombée, un millier de lumières éclairent le site en mémoire des 1 836 victimes. «Il n’y a pas de raison pour qu’on n’érige pas 1 000 maisons, ou même 10 000 si tout le monde s’y met… Ça restaurerait ma foi dans l’humanité», a lancé l’acteur en concédant qu’il n’est «pas très fort dans les histoires de business». Il a promis d’y consacrer 5 millions de dollars, et a appelé d’autres mécènes à l’aider. Le milliardaire Steve Bing s’est engagé à mettre la même somme sur la table.
Panneaux solaires. L’année dernière à la même époque, Brad Pitt était allé au sud de Bombay (Inde) pour donner un coup de main à la construction d’une centaine de maisons pour les populations démunies. Ce projet, lancé par l’ancien président américain Jimmy Carter, l’a inspiré.
En Louisiane, où l’ouragan avait provoqué la rupture des digues de La Nouvelle-Orléans, les maisons seront construites sur pilotis afin de parer à de nouvelles inondations. Féru d’architecture, Pitt a sollicité plusieurs agences de renom. Esthétiques et écologiques, les habitations arboreront un toit équipé de panneaux solaires et un système de récupération des eaux de pluie. Coût : 150 000 dollars la maison. Toutes seront bâties dans le Lower 9th Ward, un quartier entièrement laminé par l’ouragan et qui ressemble toujours aujourd’hui à un bout de tiers-monde. Brad Pitt n’a pas précisé sur quelles bases seront attribuées ces maisons, destinées aux anciens résidents du quartier. Pour l’heure, huit premières familles ont été retenues." Brad Pitt a fait de cet événement une couverture médiatique monstre. Il est passé sur toutes les chaines et dans le Journal TODAY Show et on peut voir l'état de la Nouvelle_Orléans sur MSNBC
SOURCE: From NBC, 12/3 SOURCE huffingtonpost.com
21:40 Publié dans ÉCONOMIE , ENVIRONNEMENT , Louisiane , MEDIAS , PODCAST , Souvenirs souvenirs , USA , Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BRAD, PITT, BRAD PITT, ANGELINA, JOLIE, MAKE IT RIGHT, NEW ORLEANS
05.10.2007
Les Tirailleurs tunisiens
« Le 19 mars 1945, les Tirailleurs tunisiens de la 3ème division d’infanterie algérienne sont les premières unités françaises à pénétrer en Allemagne »
Paroles indigènes. Les soldats oubliés de la Seconde Guerre mondiale, Librio, Paris, 2006, p.43
Je viens de lire un petit livre trouvé à la bibliothèque de Paris, intitulé Paroles d'Indigènes. Ce livre écrit par Isabelle bournier et Marc Pottier est sorti à la suite du film Indigènes. Cette collection de documents synthétiques Librio est une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine à connaitre.
J'y ai appris un grand nombre de témoignages, dont je vous livre certains détails qui me parlaient.
La libération de l’Alsace est due en partie au sacrifice des Tirailleurs Tunisiens ceux du 4e régiment des tirailleurs tunisiens (ci contre emblème)
Et en cherchant des détails sur le net, j'ai retrouvé des détails:
« Le Honneck avait été pris « dans la nuit du 3 au 4 décembre par un détachement du régiment de FFI de France-Comté rattaché à la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) . Passablement éprouvé, froid et neige font des ravages, il est relevé par la 1re compagnie du 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT) Ceux-ci, retranchés dans l'hôtel qui se trouve au sommet du Hohneck, ont fait l'objet d'une violente attaque au lance flamme et au Panzerfaust le 8.
Trois jours après, nouvelle attaque plus violente encore: il y a un mètre de neige, les tirailleurs tunisiens, sans ravitaillement, sans service de santé, se battent avec l'énergie du désespoir, sans même la possibilité d'un contact radio, jusqu'à la dernière cartouche. On essaie de les dégager: c'est impossible. (…)
Lors du dernier assaut de la ferme du Chitelet (Schlüechtli), les Allemands ont utilisé des lances flammes, puis se fut le combat au corps à corps, le bataillon du 4 RTT était pratiquement anéanti les quelques survivant pour la plupart blessés se sont rendus.
Le 12 décembre Hohneck est à nouveau aux mains des Allemands.»
Lu sur le site http://www.witzgilles.com/le_hohneck.htm
Une chose est frappante concernant les Tunisiens c’est que dans les documents officiels ils sont inclus dans la division d’Infanterie Algérienne et sont donc absorbés sous ce vocable. Cette constatation est corroborée par le spécialiste de la question, Eric Deroo co-auteur avec Pascal Le Pautremat du livre Héros de Tunisie. Spahis et Tirailleurs d’Ahmed 1er à M. Lamine Bey
Répondant à la question sur la confusion des Tunisiens avec les Algériens, E. Deroo affirme :
« C’est vrai, cela tient au statut particulier de la Tunisie, « protectorat » français ; jusqu’à la fin de la 1ère guerre mondiale, les soldats tunisiens étaient désignés par l’appellation générale « algériens », pour des raisons d’hypocrisie coloniale, la Tunisie étant un protectorat, ces troupes avaient un statut ambigu, qui jouera un rôle dans le fait que leur histoire est peu connue. Ce n’est qu’en 1939 qu’ils prennent le nom de « tunisiens », y compris sur leur drapeau. »
Même l’iconographie est déficiente, je vous en présente une extraite du site http://www.witzgilles.com/
qui montre les Alsaciennes si heureuses de renconter leurs libérateurs tunisiens
« Jusqu’à la fin de la Grande guerre, il y a confusion sur toutes les photos avec les Algériens, il faut donc tout passer en revue à la loupe pour identifier les troupes selon leurs insignes. Ces difficultés sont issues de raisons de politique coloniales que nous avons évoquée par ailleurs.
Mais il y a une autre raison à cette difficulté, plus curieuse : on a beaucoup valorisé la geste guerrière des marocains, plus pittoresque, les tunisiens correspondaient moins à des archétypes coloniaux, ils correspondaient moins aux stéréotypes coloniaux qu’affectionnaient les photographes de l’époque. Ils n’étaient tout simplement pas assez « exotiques » pour l’œil du propagandiste de l’époque ; on touche là à l’autre raison de l’oubli des soldats tunisiens dans les documents de l’histoire militaire récente ; ils ont tout simplement payé le prix de leurs qualités : efficaces, nets, disciplinés. »
J'ai appris, dans ce petit libre, que la tradition est fort longue des Spahis tunisiens puisque l'unité a été créée en 1886. On peut se mettre à lire un grand nombre de livres sortis cette même année 2006 sur la colonisation. En voici quelques uns :
1885 : le tournant colonial de la République, Jules Ferry contre Georges Clémenceau et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale, introduction de Gilles Manceron, La Découverte / Poche, 2007, 166 p., 7 €
La fracture coloniale, la société française au prisme de l’héritage colonial, dir. Pascal Blanchard, Nicolas Bancel & Sandrine Lemaire, La Découverte, 2006, 315 p., 12 €
La France contre l’Afrique, Retour au Cameroun, Mongo Beti, La Découverte, 2006, 217 p., 9,50 €
Génocides tropicaux, catastrophes naturelles et famines coloniales aux origines du sous-développement, Mike Davis, La Découverte, 2006, 479 p., 14 €
Culture post-coloniale 1961-2006. Traces et mémoires coloniales en France, Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, 2006, Autrement, 288 p., 19 €
Atlas des esclavages, traites, sociétés coloniales, abolitions de l’Antiquité à nos jours, Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Autrement, 2006, 80 p., 15 €
Les trois exils juifs d’Algérie, Benjamin Stora, Stock, 2006, 233 p., 19 €
Alsace brune, les extrêmes droites alsaciennes d’hier et d’aujourd’hui, Editions No Pasaran, 2006, 163 p., 10 €
Quand l’Etat se mêle de l’histoire, René Rémond, Stock, 2006, 107 p., 12 €
Rouler plus vite laver moins blanc, modernisation de la France et décolonisation au tournant des années 60, Kristin Ross, Flammarion, 2006, 296 p., 20 €
Et je vous recommande absolument un INCONTOURNABLE, découvert il y a bien des années en anglais:
L’invention de la tradition, dir. Eric Hobsbawm et Terence Ranger, Editions Amsterdam, 2006, 370 p., 21 €
23:10 Publié dans Guerre , IMMIGRATION , POLITIQUE , Souvenirs souvenirs , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, Tunisie, Histoire, Spahis, colonie, colonialisme, guerre
11.09.2007
Le 11 septembre, un an en France
Aujourd'hui, évidemment, tout le monde se souvient de la tragédie du World Trade Center! Moi aussi, puisque c'était mon premier jour au département de géographie de l'Université du Québec à Montréal. Ce matin-là à 9h30 heures locales j'avais rendez-vous avec un collègue dont j'avais eu le nom par un grand ami prof à la Sorbonne. Ce rendez-vous est gravé dans ma mémoire puisqu'arrivée au département, je savais déjà qu'une première tour s'était effondrée et j'ai vu en direct à la télé, allumée dans la salle des ordinateurs, qu'une deuxième tour tait percutée de plein fouet et s'effondrait quelques minutes plus tard. Nous étions tous incrédules!
A l'époque j'habitais moi-même dans une tour au 22ème étage, juste en face du Mont Royal mais ces images vues et revues ad nauseam pendant les mois qui suivirent, m'ont fait détester à jamais les étages élevés.
Aujourd'hui c'est surtout l'anniversaire de l'année en continu de mon retour en France.
Ce sont de nouveaux projets et beaucoup d'écriture. Mais c'est aussi une année sans rentrée d'argent...aucun droit
au chômage, pas de place dans les Universités et une dépendance par rapport à mon conjoint québécois. C'est dur, mais c'est mon choix de changer de vie pour être en accord avec mes valeurs! Finalement c'est une année de transition qui est la bienvenue et qui me fait vivre intensément, car je me construis une légitimité fondée sur une identité multiple mais qui a tout son sens. Je sais que je suis une Française de Tunisie devenue Canadienne et qui apprécie sons statut de citoyenne du Monde. Maintenant je travaille très fort à me constituer mon réseau, à m'entourer de mes semblables, ces citoyens du Monde que j'ai choisi de regrouper dans un Hub sur Viadeo intitulé La Constellation Nomade. 20:55 Publié dans Blog , Chroniques de France , IMMIGRATION , Louisiane , QUÉBEC , SOCIÉTÉ , Souvenirs souvenirs , TUNISIE , USA , Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) |



























