10.06.2008
La France n'est plus ce qu'elle était: l'habitat indigne
J’habite encore pour quelques mois une des plus charmantes petites villes de la Région parisienne et sans doute une des plus cossues : Maisons-Laffitte.
Cette commune est lisse, on se sent comme dans un cocon quand on débarque du train, je l’ai déjà écrit, j’ai eu le coup de foudre en débarquant du Canada. On dirait une ville de poupées. J’habite la plus belle avenue avec ses contre-allées et ses tilleuls : avenue de Longueil. Tout près s’ouvre le Parc de Maisons-Laffitte et son château précédés de portes franchissables en voiture comme à pied à travers d’allées dessinées et superbes. Un parc classé et protégé. Au milieu de ce parc, on peut admirer de belles demeures et des petits immeubles de quatre étages maximum dans une verdure luxuriante.
Et puis samedi matin, le choc de ma vie, une distribution de tracts jaunes par quelques passants amassés autour de l’entrée de la gare de RER et je lis :
« Depuis plusieurs année des dizaines de familles occupent ce qu’il faut bien appeler des caves, dans plusieurs résidences du Parc de Maisons-Laffitte. Cette situation existe aussi dans plusieurs autres communes riches des Yvelines.
Ces locaux transformés en « chambres de 9 à 12 m2, plus ou moins équipés suivant les cas, plus ou moins aux normes …sont souvent loués entre 300 et 500 euros par mois. Précisons qu’il n’ya souvent qu’un sanitaire pour plusieurs chambres , sans parle de la promiscuité due au surpeuplement!
Les familles concernées, souvent constituées de travailleurs précaires avec enfants n’ont pas le choix. Les logements sociaux étant en nombre insuffisant, avec des délais d’attente de plusieurs années pour obtenir un logement HLM!!! Elles se retrouvent donc contraintes de vivre dans ces conditions, qu’elles espèrent transitoire, sinon c’est la rue!!! »
C’est là que je me suis souvenue, les femmes noires sortant du local du Secours catholique niché derrière l’église de Maisons Laffitte se dirigeant pieds nus dans leurs chaussures vers le Parc avec des enfants dans les poussettes en plein hiver 2007 alors que j’habitais sur la rue de la Muette à une entrée subséquente du Parc. Je n’avais pas cherché à comprendre…j’étais seulement surprise…et puis à Maisons-Laffite les Nounous noires sont légion… elles travaillent pour les riches familles installées dans le parc.
Mais la réalité est nettement plus sordide !
Qui distribuait ce trac? L’association loi 1901 Lutter contre l’habitat Indigne.
Je ne connais pas ces personnes mais je leur tire mon chapeau pour avoir alerté les Mansoniens de cette honte. Et dire que moi, on avait exigé de verser un an de caution supplémentaire pour louer un 2 pièces et qu’on m’avait finalement refusé dans l’agence Real 21 de Maisons-Laffitte parce que le propriétaire installé à Londres jugeait mon profil trop « nomade »! J’avais cependant trouvé un autre deux-pièces dans les mêmes conditions en bloquant un an de loyers en garanties supplémentaires des 2 mois officiels de garanties exigées à l’époque et de la commission d’agence d’un mois de loyer. Vous imaginez…la FORTERESSE MAISONS-LAFFITTE!
Sur le site du gouvernement français au ministère du logement et de la ville je suis allée me renseigner
QU'APPELLE-T-ON HABITAT INDIGNE ?
La notion d'habitat indigne recouvre l'ensemble des situations d'habitat qui sont un déni au droit au logement et portent atteinte à la dignité humaine; c'est un concept politique et non juridique. Cette notion recouvre les logements, immeubles et locaux insalubres, locaux où le plomb est accessible (saturnisme), immeubles menaçant ruine, hôtels meublés dangereux, habitats précaires, et dont la suppression ou la réhabilitation relève des pouvoirs de police administrative exercés par les maires et les préfets.
Il y a un vrai problème en France de pauvreté et de mépris des pauvres car comme le dit le tract, ceux qui louent cet habitat indigne sont des « marchands de sommeil » qui font fortune sur la crise du logement qui perdure en France, due à la spéculation immobilière et aux loyers trop chers en découlant.
12:03 Publié dans Chroniques de France , POLITIQUE , SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, Maisons-laffitte, logement, crise, Indigne, Parc, château
04.06.2008
Barack OBAMA CONTRE McCAIN
Je n'ai pas du tout couvert la campagne américaine. Si J'avais été au Canada je l'aurai probablement suivie de très près, parce que j'en aurai eu le goût et sans doute le temps et puis, ne l'oublions pas, cela faisait partie de mon métier que de suivre les évènements politiques majeurs. Ma vision de prof de géographie culturelle est aujourd'hui altérée par mes préoccupations plus prosaïques et ancrées dans la vraie vie.
Il n'empêche que je me souviens d'une discussion que j'avais eu lors d'un dîner en présence d'un éminent Tunisien qui me soutenait qu'Obama serait président, alors que moi je prétendais qu'il serait impossible d'élire un président noir à la tête des Etats-Unis. Et je le soutiens toujours aujourd'hui.
Ne vous trompez-pas, je ne le dis pas cela parce que je souhaite qu'il en soit ainsi. mais j'ai la nette conviction quand je vois l'acharnement de Mme Clinton à ne pas vouloir céder ses voix à Obama, qu'il y a hélastoujours un profond sentiment, encore présent même confus dans la tête des Blancs d'une prétendue supériorité. Même si les Etats-Unis ont fait des progrès considérables, ils sont encore loin d'avoir un Président noir. Je souhaite que les faits viendront me contredire mais reste à prouver.
Ma pratique des États-Unis datent de moins de cinq ans et je n'y ai pas souvent vu de parfaite égalité entre les Noirs et les Blancs. J'y ai vu au mieux une parfaite indifférence. Oui je sais les choses changent vite en Amérique, on est moins crispé que dans la Vieille Europe, mais là encore, je demande à voir.
De toute manière, au cours des cinq prochains mois, deux questions structureront lle débat et la course à la succession de George W. Bush: la fragilité de l'économie américaine et la conduite de la guerre en Irak, tout comme les questions d'âge et de race.
Mc Cain avec ses 71 ans et son passé de valeureux soldat va être opposé à un jeune candidat vigoureux et intellectuel de 46 ans. Les Américains n'aiment pas les gens qui pensent trop, ils aiment les hommes (on le voit clairement là... pas de femme présidente), ils les aiment d'action mais ils ne haïssent pas la jeunesse.
Une question clé est le sort d'Al Quaida qui résonne encore dans toutes les têtes en Amérique. En Février dernier Mc Cain s'était moqué des propos d'Obama lorsque celui-ci avait déclaré qu'il protègerait les intérêts américains "si Al-Qaïda forme une base en Irak". Et Mc Cain de répondre : "J'ai une grande nouvelle: Al-Qaïda est en Irak. Ca s'appelle 'Al-Qaïda en Irak'"
A mon avis, Obama va devoir hausser le ton par rapport à ce sujet épineux, s'il veut être élu Président, je ne crois pas qu'il pourra se présenter comme celui qui va retirer les troupes d'Irak...il a d'ailleurs nuancé son propos en déclarant que s’il était élu en 2008, il serait prêt à utiliser la force militaire contre des cellules d’Al-Qaeda au Pakistan. On n'a aucun doute sur le choix de Mc Cain qui veut poursuivre Al Qaida jusqu'à disparition. Il soutient un renforcement des troupes en Irak et s'oppose à un retrait rapide. Il préconise aussi des sanctions plus sévères contre l'Iran.
Barack Obama est le candidat du Changement, il est le candidat de la jeunesse, il est le candidat des Noirs. Mais il y aussi le facteur de la grande crise américaine consécutive aux subprimes et à l'effondrement du marché immobilier et maintement au renchérissement du pétrole qui fait courir la classe moyenne à a faillite.
Face à cet état de fait Obama propose de baisser les impôts pour les classes moyennes, d'augmenter les investissements dans les « green tech », le droit à se syndiquer, une réforme du surendettement et une aide aux victimes des subprimes. Le Républicain Mc Cain s'en tient aux mesures habituelles de baisses d'impôts, il préconise un contrôle renforcé et des punitions sévères à l'encontre de Wall Street.
Mc Cain bénéficie de son statut de vaillant vétérant du Vietnam torturé pendant cinq ans. Il est l'homme d'action que les Américains éliront d'emblée si un problème de sécurité intérieure devait surgir avant l'élection. Obama doit trembler pour sa sécurité personnelle et dev ra probablement avoir une garde rapprochée encore plus vigilante. Les propos de Mme Clinton, jugés pervers par plusieurs, sont révélateurs d'une réalité et le discours qu'Obama s'apprête à faire le 25 août prochain résonnera très fort symboliquement parlant: lors du 40e anniversaire du discours de Martin Luther King: I Have a Dream
" L'espoir, c'est ce qui m'a amené jusqu'ici. Avec un père du Kenya, une mère du Kansas, et une histoire qui ne pourrait arriver qu'aux États-Unis d'Amérique.
L'espoir est la base de cette Nation. La croyance que notre destin n'est pas écrit pour nous mais par nous, par tous ces hommes et toutes ces femmes qui ne se contentent pas du monde tel qu'il est, mais qui ont le courage de reconstruire le monde tel qu'il devrait être."
Discours d'Obama traduit par valery Gaillard sur le site Par Rue89 | 05/01/2008 |
À LIRE
McCain et Obama, deux candidats que tout oppose
20:10 Publié dans personnalités , POLITIQUE , RACISME , SOCIÉTÉ , USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Obama, Clinton, Mc Cain, Luther King, démocrates, Convention
01.06.2008
Nés en 68
Hier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.
Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.
Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France, certes un peu moins qu’en Californie.
Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.
Une erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!
Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.
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| Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau | ||
| avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge) | ||
Filmographie de Mme Laetitia Casta :
Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)
23:35 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , SOCIÉTÉ , USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : casta, Laetitia, 68, Mai, France, hippies, Gauche
26.05.2008
Nouvelles de Tunis observations et pensées intimes
Cela fait longtemps que je n’ai pas écrit sur ce blog. Je dois dire que la vie dans l’action fait passer le temps plus rapidement que dans la réaction et l’observation. Des problèmes techniques peuvent aussi ralentir et perturber totalement ce lien quotidien à la toile et vous pouvez le comprendre simplement : je ne suis pas encore connectée à l’internet chez moi. Or je n’écris jamais hors de chez moi. La confidentialité m’est nécessaire, le calme et l’intimité avec mon ordinateur. Ces conditions, depuis mon arrivée en Tunisie ne sont pas totalement réunies et c’est pourquoi je me suis tue.
J’ai pourtant tant d’observations à partager plongée dans une vie autre. La langue d’abord à laquelle il faut s’accoutumer car si le français est partagé par la population éduquée, les petites mains et les jeunes gens ne maitrisent pas ou mal le Français, si bien que si je veux vraiment comprendre la culture tunisienne cela passe par l’apprentissage de la langue parlée, un mélange d’arabe, de berbère, d’italien et de français. Ce subtil mariage demande de l’attention, des qualités de mimétisme et quelques cours, peut-être à Bourguiba School. La télévision sans base minimale ne sert pas à grand-chose sauf peut-être pour réviser quelques vocabulaires grappillés ici et là. Les séries et les chansons passées en boucle à la télé me tiennent compagnie deux heures par jour et j’y observe les comportements et les manières de vie si différentes entre les jeunes gens et leurs parents.
J’y observe aussi les métissages évidents de la société, les yeux clairs côtoient les yeux noirs, les peaux claires et diaphanes se démarquent de toutes les teintes mates qui gravissent des gammes de plus en plus foncées. Les maquillages accentués à la libanaise sont présents dans les soirées mais des femmes voilées et sans maquillage sont présentes dans la rue au même titre que des femmes en jean. On ne voit pratiquement pas de femmes ou jeunes filles en jupe. Elles réservent ces attributs à quelques soirées privées et mondaines. La jupe longue est préférée et partout le pantalon, le plus souvent noir ou de couleur foncé. Le jean est l’élément le plus évident qu’il soit porté par les hommes ou les femmes. Si la femme est très moderne et bien faite comme notre secrétaire au bureau, elle le porte moulant avec un haut jamais décolleté mais près du corps, très ajusté. Si elle est plus discrète la jeune femme porte une tunique souvent blanche sur le jean, elle cache ainsi ses formes.

La classe moyenne est grandissante et la consommation est un moyen évident de marquer son appartenance à une petite bourgeoisie montante. Les Carrefour, Monoprix et autres grandes surfaces ont fleuri dans et autour de Tunis, les beaux magasins dans les quartiers de la Banlieue moderniste comme à El Nasr, tout proche de l’immeuble dans lequel j’ai trouvé un pied à terre confortable, me ravissent car je n’ai pas l’impression d’être perdue dans ce monde. Évidemment j’ai choisi en fonction des personnes que je fréquente, j’habite dans un immeuble où je suis la seule étrangère et je me fais la plus discrète possible et respecte les modes de vie ambiants. Je m’impose même, pour l’instant, de ne pas inviter chez moi pour qu’il n’y ait pas de fausse réputation qui jaillisse à mauvais escient. La société est encore conformiste car traditionnelle, peu de femmes vivent seules. A 40 ans, une femme non mariée vit encore chez ses parents et respecte les volontés paternelles. Elle sort rarement seule et essaie de rentrer vers minuit. Bien sûr je suis une étrangère et ne suis pas musulmane et donc j’ai droit à me différencier mais il n’est pas question de choquer. Il est assez drôle de voir qu’on me conseille de trouver un ami, la présence d’un homme et un seul serait la bienvenue pour plusieurs de mes amies.
Je crois que si je devais vivre à 100 % de mon temps je serais poussée par la société ambiante à me conformer à ce diktat collectif. Les rapports entre les hommes et les femmes restent encore très codés et je sens que la réputation des étrangères est qu’elles sont libérées et donc convoitées à deux titres, sexuel et financier. C’est très désagréable à vivre et les amies tunisiennes m’ont mises en garde. Les jeunes gens sont les plus terribles, il ne faut surtout pas les prendre au mot car l’aventure peut s’avérer misérable. Les exemples sont trop nombreux pour les ignorer. J’essaie donc de mettre un espace entre mes amis masculins et moi. Ce n’est pas toujours facile mais il faut, pour leur faire confiance qu’ils aient eu une expérience assez longue à l’étranger. Les hommes ont je crois une conscience de leur virilité en affichant des conquêtes, donc ils s’essaient constamment à vous draguer. Les paroles d’amour et surtout les compliments fleurissent tout le temps à leur bouche. De séduisant au départ, cela devient vite comique…puis pesant. Car c’est une forme de séduction un peu lourde, surtout quant elle vient du chauffeur de taxi ou du type dans la rue qui vous aborde sur l’Avenue Bourguiba.
Le maitre mot est méfiance, encore plus quand on est une étrangère.
J’ai encore du mal à croire à l’amour et aux grands sentiments. Je viens de vivre une tellement grande déception dans ma vie personnelle que les hommes qui m’approchent peuvent à la rigueur me distraire, mais je ne ressens pas encore autre chose que de la surprise et de la curiosité. Je suis encline à vouloir trouver un ami de confiance plutôt que de remplacer un mari déficient. Préoccupée comme je le suis par la réussite professionnelle que je me dois de reconstruire, j’ai du mal à me repositionner dans une relation durable. Alors je suis un peu une âme en peine à Tunis. Et mon humeur fluctue en fonction des personnes qui m’entourent ou se détournent.
11:40 Publié dans CULTURE , Femmes , SOCIÉTÉ , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, tunis, voyageuse, femmes, hommes, amoue, drague
08.05.2008
La poésie résiste
Ne lui dites pas qu'il est anormal
Vous risquez seulement de lui faire mal
Car sait-on ce qu'est la normalité :
Force, par le nombre, contre l'unité ?
Vue de différents angles : Relativité
Ou seule et immuable, érigée VERITE ?
Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent
Mot, il est vrai, que tout le monde comprend
Différence qui porte tantôt sur les couleurs
Pure adaptation au milieu qui nous entoure
Dont le sens ne vous cause point de douleurs
Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin
Soyez simple, ne faites pas le malin,
De tracas et de malheur, il a eu sa dose
Victime frappée de mucoviscidose
Ou par le fait du sort, tétraplégique
Il préfère serrer une poignée énergique
Quoique son teint ne fasse pas couleur locale
Celle des seigneurs ou des ariens
Ou celle des démunis qui ne possèdent rien
Vous verrez sa santé dans sa force mentale
Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :
Voyez par delà ce qui vous paraît laid
Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,
Oyez le autrement qu'il ne vous parait
Vous verrez qu'il s'agit d'un humain
Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main
Si le Sida vous fait toujours peur
Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,
L'autre ne veut vous embarrasser,
Ni obséquieux ni trop élogieux
Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux
Et d'autres ont même osé l'embrasser
A MEDITER !
13:57 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , MEDIAS , RACISME , SOCIÉTÉ , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, poème, tunisien, Tunisie, France, Différence, résistance
24.04.2008
Que de chemin parcouru...Fais moi ton cinéma!
Puisque j'en suis aux constats, je vous le dis tout net...mon retour en France n'était qu'une étape sur ma route.
Un jour quelqu'un m'avait dit, quand tu pars de France, ne fais pas la bêtise d'y revenir...ce conseil je l'avais reçu trois mois avant mon départ au Canada. Cet inconnu rencontré dans un café était un amer désillusionné...il avait vécu aux États-Unis et en était revenu cinq ans plus tard, depuis lors, sa vie n'avait pas repris racine en France; il avait franchement l'air de végéter. Nous étions en 1993 avant l'heure d'Internet pour tous...je ne sais pas ce que cet homme est devenu, mais l'autre jour je suis allé au Café à Sartrouville tout à côté de l'ANPE...J'allais rencontrer la jeune femme qui suit mon dossier de "future créatrice" d'entreprise en France...sans indemnité...ne vous inquiétez-pas! ici, si j'étais totalement seule et compte tenu de mon PHD et encore plus de mon âge...on m'accorde 350 euros par mois, dans un pays où pour un studio comptez 450 euros minimum, à Paris 650, la place de théâtre coute 45 euros en moyenne et la bavette chez mon boucher 25 euros le kg...je ne vous parle pas de toutes mes notes de restaurant, où je ne suis même pas sure de manger quelque chose de savoureux...le thé sur Paris 4 euros...
Revenons à ce petit café propet tenu par une dame portuguaise et je voyais les mêmes têtes que 15 ans en arrière, des gens désillusionés et qui me savent pas pourquoi ils sont là...moi j'ai avalé un croissant et je suis allée rencontrée ma "personne ressource" pour lui annoncer que je mettais ma création en suspens...puisque deux jours avant mon mari m'avait déclaré tout de go...et sans préliminaires qu'il souhaitait descendre de notre train, pour poursuivre sa route dans une limousine... La tête de mon interlocutrice...Ah les hommes et voilà qu'elle me raconte sa vie...sans doute moins enviable que la mienne! Cela m'a fait du bien de voir que, Nous les Femmes, nous subissons des conjoints égoïstes, inconséquents, inconstants et bien souvent lâches...bon à part cela, pas de quoi se réjouir...Nous étions le 15 janvier 2008.
Depuis il s'est passé tant de choses en Tunisie que le moral est revenu et je viens de prendre la grande décision de ne pas stagner en France...Non je ne vais pas retourner au Canada, j'en suis partie pour trouver mes congénères et figurez-vous, je les ai trouvés... C'est unique, mais j'ai eu la chance de rencontrer mon double, un parcours identique dans le temps et dans l'espace Tuniso-canadien...RARE...mais non pas un fantasme d'écrivain...une vraie rencontre impromptue et irréelle...à faire un film...une abstraction devenue réalité...Vouloir très fort et très haut, se déclarer dans son authenticité, et les choses désirées arrivent...au bon moment à la place comme disent les Québécois...une synchronicité...époustouflante!
Les Flux sont des aspects de la géographie qui me passionnent, surtout quand on s'intéresse aux imaginaires qui font voyager, immigrer, être dans le mouvement... et tous les transports de l'esprit font partie intégrante de cette géographie symbolique que j'aimerais saisir...cartographier si c'était possible... Le Cinéma modèle l'Imaginaire contemporain...le Cinéma est un vecteur extrêmement important de ces flux et transports de l'âme. Le cinéma est un média qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, qui nous conduit aussi au plus profond de nous-mêmes dans ce voyage intérieur...dans cette rencontre avec notre identité personnelle et collective. Le Cinéma nous donne à voir notre visage social ou celui qu'on voudrait faire voir...plus encore le Cinéma d'Ailleurs, nous aide à rencontrer l'Autre, tel qu'il veut être vu et parfois, malgré le vernis, tel qu'il est vraiment. Le Cinéma est un miroir qui réfléchit nos bonheurs, nos misères, nos aspirations, nos velléités, nos appréhensions et nos victoires...les rencontres cinématographiques sont donc capitales et je les tiens en haute estime. Un pays sans cinéma n'existe pas, la culture véhiculée grâce à ce media est indissociable de ma géographie symbolique...
C'est pourquoi et pour répondre à une question d'un Français ignorant la réalité tunisienne...je finirais par l'annonce de ce qui se passe actuellement à Tunis : 23 au 27 avril à la salle 'Le Mondial' et à 'Cinémafricart': "Le cinéma tunisien des années 80" dans le cadre des Journées du Cinéma tunisien
Les journées du cinéma tunisien sont organisées par l’association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) en collaboration avec : le Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, les cinémas Le Mondial et CinémAfricArt, la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC) et l’Institut français de coopération (IFC).
Je n'y suis malheureusement pas mais je suis cela de près puisque j'ai la chance de connaître deux personnes grandement impliquées dans cet évènement: le secrétaire général de l’Association (ATPCC) Mohamed Naceur Sardi et le créateur du portail cinematunisien.com, et aussi graphiste de l'affiche, Nejib Riahi Il n'est pas innocent de préciser que ces deux amis ont aussi un lien particulier avec ma propre route tuniso-canadienne, l'un en est revenu dix ans avant moi et l'autre y part bientôt...
Le programme commenté :
Le mondial
Mercredi 23/04 19h Soirée d’ouverture « Le fou de Kairouan » De Jean André Kreuzy
Le Fou de Kairouan
1937, 73’, France / Tunisie, N&B
Réalisation : Jean André Kreuzy
Scénario : Paul Hug, Hassen Rachik
Avec : Mohieddine Mrad, Flifla Chamia, Abdelamajid Chabbi, Selma Ridha
Le Fou de Kairouan est une histoire d’amour comme au bon vieux temps, de celles qui ne peuvent être qu’en noir et blanc, de celles qui provoquent une émotion toute particulière, quand on va au cinéma pour y chercher les larmes d’une romance comme on n’en fait plus. Mais Le Fou de Kairouan, c’est aussi une rareté qui marque la naissance du cinéma tunisien, à l’époque coloniale, parce que le film est tiré d’un vieux conte arabe (l’amour fou de Majnun, poète fiévreux, pour sa cousine) et qu’il est parlé et chanté en arabe. Un film qui ne peut faire l’objet que d’une invitation à être vu, pour la culture du plaisir et le plaisir de la culture.
"Le Fou de Kairouan, premier film tourné en langue arabe en Tunisie, sorti sur les écrans durant l'hiver 1939, est ainsi l'occasion de réfléchir au possible développement d'une industrie cinématographique de langue arabe en Tunisie." Morgan Corriou auteur de la thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 "Les Français et la vie culturelle en Tunisiedurant la Seconde Guerre mondiale"
18h30 « Champagne amer » De Ridha Béhi
20h30 « Traversées » De Mahmoud Ben Mahmoud
Vendredi 25/04 15h00 « Les baliseurs du désert » De Nacer Khemir
17h30 « Leïla, ma raison » De Taieb Louhichi
20h00 « L’homme de cendres » De Nouri Bouzid
Samedi 26/04 15h00 « Programme FTCA » Films des années 80
17h30 « Arab » De F.Jaïbi et F.Jaziri
Dimanche 27/04 10h00 « Programme Dessins Animés Tunisiens » Années 80
15h00 « La nuit de la décennie » De Brahim Babaï
17h30 « Poussière de diamant » De Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaibi
CinémAfricArt
Samedi 26/04 20h30
Première Soirée Courts Métrages Tunisiens - années 80
Dimanche
27/04 20h30
Seconde Soirée Courts Métrages Tunisiens années 80
La Maison Maghrébine de la Culture – Ibn Khaldoun
Dimanche 27/04 10h00 Table Ronde
11:00 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , IMMIGRATION , MEDIAS , QUÉBEC , SOCIÉTÉ , Souvenirs souvenirs , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, CINEMA, Tunisie, Tunis, France, Canada, Bouzid
10.04.2008
3ème Panorama des cinémas du Maghreb
Annonce pour tous ceux présents dans la Région parisienne
Merci à Rym Temimi du groupe LE MONDE DU CINEMA TUNISIEN SUR FACEBOOK, de m'avoir signalé cette manifestation au travers de la projection du film du cinéate tunisien Moncef Dhouib
"Talfza jaya de Moncef Dhouib, sera projeté à Paris le 13 avril à la salle l'écran (Saint-Denis) dans le cadre du Panorama des cinémas du Maghreb.
I
l sera projeté le même jour en Australie dans le cadre du Sydney Arab Film Festival.
Le 3 mars dernier la Yale University (USA) avait organisé une projection du film suivie d'un débat dirigé par le penseur Hammadi Redissi."
Synopsis du film (source www.cinematunisien.com)
El-Malga, village tranquille dans le Sud Tunisien, vit au rythme des fêtes nationales pendant lesquelles le comité culturel propose systématiquement le même programme. Un coup de téléphone de la capitale, annonce la visite prochaine d'une équipe de télévision Allemande dans la région. Le comité culturel décide alors, de donner une image positive du village et du pays et se livre à une mise en scène qui travestit la réalité.
3ème Panorama des cinémas du Maghreb
Dates : du Jeudi 10 au 13 avril 2008
Lieu : cinéma l’Écran de Saint-Denis (Saint-denis 93200)
Tarif : 6 € / 5 € TR / accès gratuit à la tente nomade
À travers des productions de plus en plus importantes et une nouvelle vague de cinéastes talentueux - du Maroc, d’Algérie, Tunisie mais aussi des diasporas dans le monde - les cinématographies maghrébines font parler d’elles dans les festivals internationaux où leurs films sont régulièrement récompensés.
Le 3ème PANORAMA DES CINEMAS DU MAGHREB, c’est :
::: DES PROJECTIONS de longs-métrages (Fiction et documentaires inédits) : 7 films marocains ; 3 tunisiens ; 5 algériens (dont 1 film du patrimoine) ; 2 reprises “Vivre au Paradis” et “Le gone du chaâba” et 9 courts métrages.
::: DES RENCONTRES avec les réalisateurs, comédiens et producteurs invités
::: DEUX TABLES RONDES ouvertes au public : “En quoi les films parlent de nos racines” “Comment sauver les salles de cinéma du Maghreb ? ”
::: UNE TENTE NOMADE AVEC SALON DE THE ORIENTAL Dressée en face du Cinéma, sur la place du Caquet, elle permettra d’offrir un lieu de rencontre convivial entre les professionnels et le public et d’accueillir les tables rondes et le concert du groupe MEJJA.
::: TROIS CONCERTS EXCEPTIONNELS La chanteuse NAZIHA MEFTAH, (la Piaf orientale), le groupe MEJJA (musique sud marocaine berbère gnawa) et la grande comédienne et chanteuse FETTOUMA BOUAMARI viendront déployer tout leur talent et nous entraîner dans leurs univers.
Infos pratiques 3ème Panorama des cinémas du Maghreb :
Lieu : cinéma l’Écran de Saint-Denis
Adresse : 14, passage de l’Aqueduc
Ville : Saint-denis 93200
Métro : Basilique de Saint-Denis (L13)
Contact / Plus d'infos sur 3ème Panorama des cinémas du Maghreb :
Téléphone : 01 49 33 66 88
Mail : lecran.stdenis@club-internet.fr
Site : www.lecranstdenis.org
Source: Parisetudiant.com
15:50 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , SOCIÉTÉ , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Tunis, cinéma, tunisie, tunisien, Moncef Dhouib, Maghreb
04.04.2008
Ouled Lenine
Il y a quelques jours, j'ai présenté sur mon blog des distinctive women, une femme cinéaste franco-tunisienne Nadia El Fani qui a réalisé un film personnel sur son père et les compagnons de celui-ci, tous d'anciens militants du parti communiste tunisien.
Intriguée par le sujet et friande d'assister à une projection qui touche au passé proche et à la mémoire de ce pays où je suis né et que j'essaie de réapprivoiser, je suis allée à cette unique séance du Doc de Tunis, accompagnée de Nejib, le créateur du portail internet consacré au cinéma tunisien et de mon ami Habib, professeur d'histoire à l'Université de la Manouba.
Un tel sujet aurait pu apparaître comme une entreprise périlleuse: faire parler des militants désillusionnés. Or, je dois dire que ce documentaire est fort riche et que j'ai littéralement absorbé les échanges de tous les protagonistes de cette histoire qu'on sent douloureuse, encore de nos jours.
Il est toujours difficile de parler du passé proche, surtout quand on est une artiste et qu'on ne cherche surtout pas à faire un catalogue historique, ni oeuvre journalistique. L'utopie communiste est effectivement, à mon avis, abordé de la meilleure façon, la plus tendre et la plus subjective, celle de l'approche familiale.
Dans ce documentaire, il est frappant de constater la relation intense Père-Fille. Ce film est littéralement un cri d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, un homme qu'on sent pur et attachant, un intellectuel de gauche, humaniste et intègre, une figure emblématique et brillante. C'est aussi un homme vieillisant auquel la fille veut rendre hommage. Cet intellectuel est entouré de ses amis, femmes et hommes, de cette famille que fut la parti communiste tunisien.
Nadia El Fani a choisi de donner la parole à une partie des anciens compagnons de
























