06.11.2008

L'Amérique a choisi OBAMA, j'en suis fière

thankyou_banner.jpg24908_une-obamadrapeau.jpgL'Amérique blanche anglo-saxonne a pour la première fois dépassé ses démons. Enfin pour l'unique MOMENT de l'histoire des Etats-Unis, un Africain Américain est à la présidence. De peur d'être déçue et, jusqu'à la dernière minute, j'ai  pensé qu'il serait battu au profit d'une homme de la continuité, un vétéran de droite, l'homme blanc de référence. Mais les américains, un peuple mature a voté massivement pour ce jeune leader de la minorité en pleine tourmente des Subprimes, dans un contexte de guerre qui n'en finit plus.

Les sondages, cinq jours avant l'élection annonçaient que Barack Obama serait  élu avec 59 % des voix, contre 40 % pour John McCain.

En fait le triomphe est complet:

52% des voix au niveau national contre 46% pour son adversaire républicain John McCain

C'est la première fois qu'un démocrate remporte la majorité du vote populaire depuis Jimmy Carter en 1976 et Obama le fait avec le meilleur score depuis Lyndon Johnson en 1964. Il a obtenu 62,98 millions de voix et John McCain 55,78 millions, selon la chaîne NBC.

 

extrait du premier discours traduit par AFP

"Hello, Chicago.

S'il y a quelque part quelqu'un qui doute encore qu'en Amérique tout est possible, qui se demande encore si le rêve de nos Pères fondateurs vit encore à notre époque, qui s'interroge encore sur la force de notre démocratie, ce soir, voici votre réponse.

C'est la réponse donnée par les files d'attentes qui se sont allongées devant les écoles et les églises dans des proportions que ce pays n'avait jamais vues, par des gens qui ont attendu trois ou quatre heures, souvent pour la première fois de leur vie, parce qu'ils pensaient que cette fois devait être différente, et que leur voix pouvait faire cette différence.

C'est la réponse donnée par les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les Noirs, les Blancs, les Hispaniques, les Asiatiques, les Indiens (natifs), les homosexuels, les hétérosexuels, les handicapés et les valides. Des Américains qui ont envoyé au monde un message: nous n'avons jamais été une simple juxtaposition d'individus ou une juxtaposition d'Etats rouges et d'Etats bleus (Etats républicains et Etats démocrates, ndlr).

Nous sommes, et nous serons toujours, les Etats-Unis d'Amérique"Lire la suite

Les Américains étaient aussi appelés à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Selon des résultats partiels, les démocrates auraient remporté 56 sièges sur 100 au Sénat et ont conforté leur majorité à la Chambre des représentants.

Mais le labeur qui attend le Président et sa nouvelle équipe est colossale:

N'oublions pas que, sur le plan international, Barrack OBAMA a promis de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de concentrer les efforts à la lutte contre Al-Qaïda et les talibans. Les services de renseignement américains tiendrait dès aujourd'hui une rencontre avec Barack Obama selon l' l'AFP.

Il s'est engagé à baisser les impôts pour 95% des salariés, à de grands travaux d'infrastructures (ponts, télécommunications, énergies renouvelables) et à garantir une couverture santé pour tous.

Surtout, cette élection historique redore le Blason de l'Amérique qui depuis quelques années étaint conspuée par une large partie de la planète. L'amérique retrouve " ses amis, ses partenaires et ses admirateurs par la grâce d’un homme, d’un seul, qui avant de conquérir le monde a su redonner foi, confiance et optimisme aux Américains. L’élection de ­Barack Obama à la présidence des Etats-Unis est vécue comme une transition historique vers un Etat moderne."

04.11.2008

Rendez-vous au Paradis

 

Maison-octobre.jpgMa vie est un film. Je vous assure! Ma vie m’apporte les plus grands tours de manège qu’un individu peut souhaiter. Mon décor est celui d’un cinéma. Ma vie amoureuse est celle d’une héroïne. Je suis plongée dans une existence non-conformiste par les rencontres que je fais en lien avec le cinéma tunisien. Où que je sois passée, on me prenait pour une artiste, surtout aux États-Unis, en Pologne également et maintenant en Tunisie. Mais là, je me sens quasiment divinisée, c’est ma terre, mon bonheur, mon paradis.

 

 

Je n’ai pas abordé ce pays en frappant directement à la porte qui me convenait parfaitement et j’ai erré de projet en projet inaboutis, me frottant à la société d’accueil par le biais de rencontres féminines et masculines au gré des voyages et des milieux francophiles sur place. J’ai commencé par ne rencontrer que des Tunisiennes et Tunisiens, maintenant mon monde est plus cosmopolite. Je me suis rapprochée d’une petite communauté française d’Hammamet et j’ai une amie intime française qui, je le souligne, est une femme d’affaires féminine et séduisante, mais au caractère bien trempé. Installée depuis quatre ans ici en Tunisie, elle a su me faire découvrir un bijou de maison bédouine cachée au fin fond d’un parc pour ma plus grande émotion

salon.jpg

Elle est la quintessence de mon concept Nature&culture, un petit dar de 50 m2 à peine, tout en pierres et marbre gris d’El Jem. Un amour de maison dont tous les détails m’enchantent, des murs blanchis à la chaux au trumeau de portes sculptés de symboles aux décorations Hammamètoises sur les murs. Mes deux oliviers dans une cour au sol blanchi sont typiques des maisons tunisiennes d’autrefois. Quand on monte sur la terrasse on aperçoit la mer et tous les champs d’oliviers qui jouxtent la propriété. Si j’ai la chance de vivre dans cet endroit, je ne suis pas la seule, deux autres maisons m’entourent dans la plusporte-entrée.jpg pure tradition arabe, créées par le même amoureux fou de patrimoine tunisien, Helmi le propriétaire de Dar Biba. Chaque maison est un cri d’amour pour la culture tunisienne. C’est magnifique. C’est inspirant. C’est insolite…quand je vous disais que ma vie est du cinéma!

Je vais organiser la terrasse pour qu’au printemps prochain je puisse avoir mon atelier de peinture sur le toit. Le rêve, moi à qui on a volé toutes ses toiles réalisées au Canada avec l’intégralité ducôte cour.jpg déménagement, je me sens pousser des ailes à la perspective de me remettre à peindre. J’ai de vrais sujets ici, je n’ai qu’à tourner la tête et tout m’inspire.

alcove.jpgDerrière les grilles en fer forgé de mes fenêtres, je vois les palmiers de la maison voisine, le dais du patio et le petit mur de pierre de séparation de nos jardins. Et un énorme merle noir picore les olives sur l’olivier qui jouxte la porte d’entrée. Je vois son énorme bec jaune se relever de sa dégustation et chaque instant est une scène photogénique. Je me devais de rencontrer un cinéaste qui sublime cet univers et je l’ai trouvé. Nous verrons ce que nous en ferons, documentaire, court ou long métrage. Tout est possible.

15.10.2008

Un commentaire pour tous

Hier en donnant de mes nouvelles, je savais que mes amis allaient réagir et ce fut le cas. Comme les commentaires sont rarement lus et que celui de mon ami le professeur Habib Kazdaghli est extrêmement précieux, j'en reproduit ici la plus grande partie. Cet Hammametois est un spécialiste de l'identité tunisienne et de l'histoire des communautés ayant vécues ici en Tunisie. Dans ce commentaire très senti, il nous raconte l'histoire oubliée, l'histoire occultée ... car l'histoire officielle, quelque soit le pays, procède d'un choix fait d'oublis et de mise en exergue de moments privilégiés en fonction du message que l'on veut faire passer. La mémoire collective se détache de l'Histoire, le rôle du passeur de souvenirs collectifs est donc fort important. Je vous laisse lire ce commentaire et vous fais juge de la nécessité du SOUVENIR ET DU DEVOIR DE MÉMOIRE.

"Le cimetière marin musulman a été sauvé une première fois au cours des années soixante lorsqu'on a failli le déloger de ce site pour cosntruire à sa place un hôtel. Il faut rendre hommage à Georges Sébastien (ancien propriétaire de ce qui allait devenir le centre culturel International) qui s'est opposé au projet. Aprés avoir vendu sa villa et son domaine à l'Etat tunisien et non un privé tunisien qui aurait certainement défiguré le lieu, Georges Sébastien avait travaillé un moment comme conseiller pour le tourisme pour le gouvernement tunisien. Il a pensé à juste titre que la médina d'Hammamet n'aurait plus aucune âme sans ce cimetière marin, car à côté de la vie il y a toujours la mort.

Le cimetière a été sauvé une seconde fois au début des années quatrevingt du siècle dernier par le maire de l'époque Mohamed Boudina qui avait entrepris de le clôturer de trois côtés et construit la Palce des martyres alors que d'autres "hammetois" voulaient édifier un centre commercial dans ce lieu pour rivaliser avec le riche Kairouanai "intrus" qui venait à l'époque de contruire son centre commercial. Le projet du maire de l"époque a rendu difficile toute opération de muselage de ce terrain par les rapaces et les spéculateurs de toute origine.

Enfin, merci au Prince de Monaco,(...) pour avoir contribué au financement de la construction de la clôture sud du cimetière et à la mise en place de la belle promenade du côté de la mer, on peut maintenant se promener et méditer entre les morts et la mer, deux mondes qui s'agitent calmement. Enfin, grâce à Bettino Craxi, personnage contesté chez lui mais un vrai amoureux d'Hammamet, le cimetière dit chrétien a été réouvert depuis la mort de ce dernier en 2001, après été pendant plus de seize années fermé aux inhumations. Désormais, le cimetière des "roumis" est propre et bien gardé, mais des stèles ont été arrachées et des tombes devenues anonymes.

Un devoir s'impose, il faut au moins chercher à identifier une tombe, celle du Dr Auguste Cuenod (1868-1954) décédé à Hammamet où il a passé sa retraite paisible de 1945 à à sa mort en 1954. Lui, le médecin protestant d'origine suissesse, qui a tant fait avec son élève Roger Nataf pour combattre le trachome, dans notre pays. Il a servi pendant plus de 50 ans dans la fameuse clinique de la la rue Zarkoun a Tunis, il a soigné des milliers de pauvres gratuitement. Dans une lettre au Résident Mast datée de 1945 pour demander l'édification d'un Institut Ophtalmologique pour lutter contre le Trachome, il avait le nombre des personnes soignées d' après lui  s'élevaient à 200.000. Dr Cuenod, avait une maison et non une ferme à Hammamet, elle existe toujours, mais sans aucune plaque commémorative. C'était un lieu plus de soins que de villégiature. Les weed end, les gens humbles de la ville venaient taper à sa porte, il les soignait gratuitement (...) mais à Hammamet, il y a une rue pour Craxi, une rue pour Nevers, une rue pour Akaba, pour le Koweit mais pas de rue pour Georges Sebastien ni pour Auguste Cuenod. Ah cette mémoire est encore souffrante de tant d'occualtations et d'oublis...je ne désespère pas."

 

22.09.2008

J'en ai vu des étoiles de HICHEM BEN AMMAR

932d14756d9e7908c9a0a93e56816ccd.jpegHier  je suis allée voir un documentaire dans le cadre de la Caravane du documentaire euro-arabe à Paris.

Et je ne l'ai pas regretté

Le documentaire " J’en ai vu des étoiles " est un film sur un sport violent et viril, la boxe. Un sport que paradoxalement j’ai appris à ne pas détester dans mon enfance. Je ne vais pas à des combats de boxe, je n’ai jamais eu d’hommes sportifs dans ma vie ou même qui regardaient ce genre d’exploits à la télévision, sauf mon père qui justement est né aussi en Tunisie en un temps, où comme le montre le cinéaste, la boxe était à l’honneur. C’est en regardant ce film, hier 141bed876ebe693cd06154a67ba8539f.jpegque j’ai la révélation. Je me souviens qu’adolescente, il m’arrivait de regarder avec lui les matches de boxe et de catchs. Et c’est vrai que j’aime encore voir des films montrant des boxeurs et cette ambiance surchauffée, un peu glauque. Je suis allée voir un film en 2005 sur une boxeuse américaine au destin tragique, Million Dollar Baby de et avec Clint Eastwood, un film remarquable.

Référence La boxe au cinéma : Dans le documentaire d’Hichem Ben Ammar, nous avons un film qui nous parle de la micro histoire, un reportage sociologique sur une tranche de vie d’un pays où je suis né : la Tunisie. Une collection de boxeurs professionnels retraités et souvent très âgés font revivre une époque révolue et oubliée avec verve et émotion. Ce temps où les mauvais garçons boxaient pour l’amour du public, le goût du combat et aussi parfois l’appât du gain avait pris son envol en pleine période coloniale dans un monde où la loi du plus fort était la seule méthode pour sortir de sa condition de pauvre. Tous ces témoignages tissent des pans d’histoire qu’on ne pourra jamais dans les livres aux programmes officiels. Une histoire de la rue, des cafés chantants et du cinéma nous parle des salles de boxe.

Ces années où ma famille, pauvre et vivant dans les quartiers populaires des années 20 à 50, fréquentait les mêmes lieux cosmopolites que montre très bien le réalisateur où Français, Maltais, Siciliens, Juifs et Arabes se retrouvaient dans des combats autour de rings pour soutenir leurs congénères. Tunis était alors une ville multiculturelle.

Le contraste est saisissant lorsque le film bascule sur l’ époque contemporaine. De nos vaillants et glorieux héros de la virilité tunisienne du temps passé, nous entrevoyons une image actuelle de souffrances, de frustrations, de larmes voire de désespoir. Le rêve devient amer quand il jaillit et se tarit tout à fait à la fin du film avec l’émotion du champion quittant la Tunisie, en route pour un destin de boxeur au Canada. Il pleure comme un enfant dans le 4x4 de sa femme et son manager, une étrangère.

Le film est là pour nous questionner sur les changements liés au choix de passer d’une boxe professionnelle à seulement une boxe d’amateurs ? Ce glissement vers un assainissement de la société tunisienne a cassé un engouement social, a réduit à néant les chances d’une grande partie de la jeunesse pauvre de se sortir de la misère ou du moins d’espérer y réussir. La société s’est féminisée en Tunisie, mais également dans les autres pays, et l’aura du champion se porte désormais sur le footballeur, élément d’un jeu collectif, comme le cycliste qui fait partie d’un peloton. Le sport individuel professionnalisé, c’est le golf qui touche surtout l’élite et le joueur de tennis…la force n’est plus de mise. La Tunisie a emboîté le pas de l’Occident, les énergies sont canalisées vers l’économie.

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Ce documentaire m’a vraiment parlé car il vient répondre à de nombreuses questions dont les réponses ne sont pas dans les livres. Il m’a redonné le goût d’enquêter sur la mémoire des anciens de ma famille, il m’a émue sur le sort de ses jeunes désemparés ne pouvant pas ou plus réaliser leurs rêves de combattre, il m’a replongée dans l’univers canadien.

Ce documentaire, je le conseille à toutes celles et ceux qui pourront le voir dans une projection privée ou dans un festival , car il ne passe pas à la télévision ni en Tunisie ni en France. Et si j’étais enseignant en Tunisie, j’en ferais une projection avec débats. Je tiens à saluer un tel travail fondamental pour que survivent des archives et que des salles d'entraînement de boxe soit préservées et considérées comme un patrimoine urbain aussi estimable qu’un monument.

L'universalité de ce film c'est sa prise en compte du monde des humbles et de les réintroduire dans la mémoire collective...le vaste chantier du XXIe siècle

 

 

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12.08.2008

Montréal et ses couples mixtes


d48df04526063d71fb38408ed0f5f48f.gifJ'ai envie de refaire un petit tour par le Québec, non pas en vrai, mais grâce à Internet. Parce que depuis quelques temps en Tunisie je rencontre des jeunes futurs émigrants ou en partance, ou bien des amis qui y ont séjourné plusieurs années et en sont repartis. comme beaucoup le font, soit par obligation familiale, soit déçus par le contexte professionnel ou amical d'une intégration insatisfaisante à la longue, comme ce fut mon propre cas, je parle souvent du Québec.

S'il est un phénomène qui m'a vraiment  interpellé et auquel j'ai consacré quelques cours, c'est le phénomène des couples mixtes. Une approche de géographe plongée au coeur de la Ville de Montréal est simple, le Métro montréalais. Dans un pays où le froid pénétrant pousse la population à se réfugier dans les dizaines de kilomètres de galerie du Métro, celui-ci est un champ d'observation idéal.

Les couples mixtes y sont relativement visibles. La ville de Montréal accueille les immigrants de toutes les parties du monde ainsi que les Étudiants de la planète. Parmi la jeune population des couples d'horizons très variés se forment. Là bas à Montréal, la mixité touche les adultes et tous les âges. La société québécoise laisse à l'individu un libre-choix. On peut l'affirmer sans exagérer, en Amérique et au québec en particulier, le poids des familles est très minime et le regard des Autres ne porte pas à conséquence. Entre tolérance et indifférence les couples ont tout loisir de se former au gré des rencontres. Dans un tel contexte de liberté, l'amour entre des partenaires d'ethnies, de religions et de cultures différentes est possible. Aussi ce phénomène est une particularité appréciable du Québec.

Ce qu'on appelle depuis quelques temps en France la Diversité est promue dans le discours montréalais et les couples mixtes prouvent que cela existe et que cela fonctionne. Cette notion est même promue  au travers de films documentaires qui mettent en vedette des couples mixtes qui se sont prêtés aux jeux du témoignage filmé. Je me suis bien souvent servie de ces documentaires dans mes cours de géographie culturelle pour faire réfléchir mes étudiants sur l'appropriation d'une culture en mouvement et en construction, une culture urbaine faite des apports des immigrants à un pays hôte et les traces dans le paysage.

Maintenant que je partage mon temps entre la France et la Tunisie, je reste fidèle à ces sujets cncernant la diversité et je reçois régulièrement des nouvelles de Montréal grâce au Média en ligne Media Mosaïque Montréal.

d77a3a7b22e16e35a619189954668421.jpgOr, au cours du mois de juillet un article m'a intéressé plus particulièrement: il s'agit d'un roman écrit par Gladys Otou "D'un océan l'autre", présenté comme un vibrant plaidoyer en faveur du métissage.

Je vous donne à lire ici une partie de l'article et vous convie à lire sur le site même de Media Mosaïque Montréal - Nouvelles le dossier sur les Couples mixtes du 24 juillet dernier

b5ab93075f7886da1d92e415fd13e287.jpgInterviewée Gladys s'exprime ainsi 

«J’adore les couples mixtes et on en
voit de plus en plus à Montréal. Des
Québécoises avec des Haïtiens, des
Asiatiques avec des Blancs, des
Italiens avec d’autres ethnies, je
trouve ça formidable et que c’est beau
à voir!»



 

Gladys Otou, née au Cameroun, immigrée au Québec à l’âge de 11 ans et ayant vécu également en France. Son ouvrage «D’un océan à l’autre», paru aux Éditions Grenier, en fait d’ailleurs grandement écho. "«Je suis fortement interpellée par le thème du métissage même si mes deux parents sont tous issus de la même culture»

                                                                              
                                       
Génération Y, ouverte au métissage?
«Ma génération que l’on appelle communément (génération Y) est beaucoup plus
ouverte au métissage. On a donc tous été à l’école avec un peu tout le monde(Blancs,
Latinos, Asiatiques, Noirs, etc.)»
«on vit dans un monde globalisé où les frontières sont ouvertes, où les
gens apprennent à se connaître, où les barrières entre les races tombent. Ça va
avoir tendance à s’accentuer avec les années au Québec et ailleurs,

*«D’un océan à l’autre»: un vibrant plaidoyer en faveur du métissage
 
 L'identité d'une ville comme ,vue par la lorgnette des couples mixtes disséminés dans la ville, construit une géographie symbolique qui mérite d'être étudiée.

28.07.2008

Hammam et Beaujolais

Ce matin j'ai beaucoup navigué sur le Net et parmi mes sites fétiches j'ai celui de BabelMed qui s'intéresse aux cultures méditerranéennes en plein évidemment mes centres d'intérêt, vous  vous en doutez.

95d086fc48e4e6796a380a1f394058f8.jpgEt je découvre un livre qui m'a l'air bien intéressant, Hammam et Beaujolais. à la fois une étude socio-anthropologique et une nouvelle, celle d'une femme au parcours multiculturel: Nadhia Khouri-Dagher

c61fd9448bd7d7836dfdfcacdac64fd8.jpgsur son blog on peut lire:

“Je suis née Arabe. Je suis Française aujourd’hui. Nous sommes des millions, émigrants, enfants d’émigrants, venus d’Algérie, du Maroc, du Vietnam, de Pologne, d’Italie ou du Mali, à vivre ainsi en France notre double identité, notre double appartenance. Moi, je viens du Liban.”

 Et son site possède un abécédaire très astucieux dans lequel chaque rubrique est un régal...j'ai pris "au hasard", le terme gastronomie.

Je lis: 

 "Dans la gastronomie française, je lis l'épicurisme des Français je lis Watteau Boucher Fragonard, des siècles de raffinement, une culture sophistiquée, un vestige aujourd'hui de siècles d'une culture aristocratique royale princière qui continue ainsi à marquer les pratiques les rites dominicaux les repas d'hommes d'affaires les soirées d'amoureux, je lis aussi l'amour des Français pour la littérature car ces noms de plats sont littérairissimes pour moi, petits textes créés exprès poèmes de cuisiniers, dans la gastronomie je lis aussi et surtout l'amour des bonnes choses, le sens du plaisir, la gourmandise, le temps passé en cuisine pour les autres, la créativité, l'envie d'étonner, de combler ses invités, de les honorer, de se gâter aussi, et tout ça ça me plaît!"

 Sur BabeMed je découvre sous la plume de Sarah Ben Ammar ce parcours:

 

"Née en Egypte, cette journaliste et anthropologue libanaise connaît bien la société française. A l’âge de 6 ans, elle quitte Beyrouth avec sa famille et part s’installer en banlieue parisienne à Viry-Châtillon. Si «l'école publique (lui) a permis de pénétrer dans des familles françaises», d’aimer et d’adopter la culture de son pays d’adoption, Nadia Khouri Dagher explique comment elle reste pétrie de traditions orientales: «je vis en France depuis plus de trente ans, mais mes gestes de toilette au quotidien sont ceux d'une femme d'Orient». Tout comme Rica et Usbek, des «Lettres Persanes» de Montesquieu, l’anthropologue décrit les Français à travers son regard d’Orientale: leur rapport à l’argent, leur discrétion, leur pudeur souvent perçue comme de la froideur, leur épicurisme aussi… Car il s’agit bien de décrire, de constater et non de juger."
 Il me parait assez notable le fait que Nadhia ait eu un réflexe de Française en Tunisie elle le dit elle même :
 «En France, je me sentais complètement libanaise et orientale. Et c’est en vivant en Tunisie- qui est pourtant un pays très moderne- que je me suis rendue compte que j’étais devenue très Française. Par exemple, à cette époque, durant les années 80/90, les cafés des centres villes étaient tous réservés aux hommes. Je ne pouvais donc pas m’asseoir à la terrasse d’un café. Bref, à travers tout un tas de petites choses, j’ai pris conscience que j’étais Française»

Les temps ont bien changé en Tunisie la société s'est modernisée et les femmes autonomisées, mais il est vrai que tout le monde ne boit pas de vin en Tunisie, surtout si les personnes sont pratiquantes et donc suivent les préceptes de la religion musulmanne qui déconseille l'ivresse et ne préconise pas du tout la consommation de vin. Il n'empêche que la culture du vin revient avec force et pas seulement pour l'exportation. Une grande partie de mes amies et amis sont des amateurs de Mornag et St Augustin, excellents vins tunisiens.

Ce livre, comme le signalE Babel Med, est un véritable pont entre les cultures, sous forme d'abécédaire et mettant en valeur l'alphabet inventé par les Phéniciens ancêtre des LiBANAIS et des TUNISIENS.

L'astuce choisie par l'écrivain permet une lecture facile et abordable par tous mais c,est chaque fois plein de sagacité et de poésie. Elle explique: 

 «Et puis je trouvais qu’un mot plus une entrée permettaient de ne pas s’imposer au lecteur avec une œuvre lourde. Ce livre est en fait composé comme un mezzé libanais que l’on peut picorer au gré de ses envies»
Cette envie d'être un pont entre les cultures grâce à l'identité méditerranéenne, avant les divergences religieuses elle va la chercher, comme beaucoup en Tunisie aussi, dans le passé antique :
«Je voulais revenir à une antiquité commune qui date de bien avant l’Islam et l’âge du Christianisme, ces religions qui nous ont divisés, et revenir à une identité méditerranéenne antique qui nous rappelle que l’on a exactement les mêmes rites, la même façon de concevoir la vie, les mêmes plaisirs tels que la plage, le soleil, manger des figues…»
Elle cherche à ouvrir les yeux des Français à leurs origines plurielles et à montrer que le métissage des cultures est encours de tous lescôtés de la Méditerranée et que nous sommes des citoyens du Monde avec au minimum une double culture
«Ce livre parle à des tas de gens parce que tous les Français ont dans leur famille quelqu’un qui vient de quelque part. Il s’adresse aussi bien à mes sœurs orientales de France qu’à mes sœurs orientales qui vivent là-bas car aujourd’hui, avec la mondialisation, même si on vit à Casa, Alger, Tunis ou Beyrouth, on fait partie de l’Occident parce que l’on parle une langue étrangère, parce que l’on écoute de la musique étrangère, parce que l’on porte un jeans… Aujourd’hui, que nous vivions là-bas ou ici, nous portons tous deux cultures.»
 Je me revendique totalement de cette lecture, j'y rajoute en plus ma touche américaine une transition de 12 ans entre Québec et Louisiane. 
 Lire :«Hammam et Beaujolais» par Nadia Khouri Dagher, paru aux éditions Zellige.
Sarah Ben Ammar
(17/07/2008)

07.07.2008

Boris Cyrulnik, de Chair et d’âme



fb116f5d740a770ecb3850626687e2a7.jpgA peine achevée la lecture de ce livre publié chez Odile Jacob en 2006, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager mes impressions de lectrice en quête de réponses.

Ainsi dans le chapitre « Formule chimique du bonheur », le paragraphe intitulé la mémoire n’est pas le retour du passé, j’ai souligné cette citation :

« (…) on peut dire que les souvenirs que l’on va chercher dans son passé et les mots qu’on choisit pour leur donner forme construisent des autobiographies différentes selon le partenaire du récit. Il ne s’agit pas de mensonges mais de représentations induites par les relations. »

Cette remarque me paraît tellement pertinente! Ainsi, lorsque je racontais un évènement vécu en couple devant des amis et en présence de mon mari, les souvenirs « communs » ne collaient pas avec ceux de mon mari, il me reprochait de travestir la réalité : en fait, nos autobiographies étaient simplement différentes, car nos représentations passaient par deux personnalités très opposées, une personne imaginative et passionnée et une personne logique et froide.
L’auteur explique qu’après un trauma, un événement dramatique, un désespoir, la mémoire se met en route en fonction du vécu présent et retrouve dans le passé, les mots et les images qui donnent forme à ce présent. Le ressenti présent, guidé par l’émotion, appelle la mémoire pour aller chercher dans le passé une représentation de soi cohérente avec le moment vécu. Comme l’affirme Cyrulnik : « C’est pourquoi tout est vrai même quand on dit le contraire »

Au fur et à mesure de la vie se forge en chacun de nous, ce que l’auteur appelle, une sensibilité préférentielle, construite chaque jour et petit à petit par des micro-interactions banales mais personnelles. A cause de cette sensibilité préférentielle acquise, un couple venant de deux milieux différents et éloignés par l’âge ou la culture peuvent réellement vivre côte à côte un moment passé ensemble et différent. Pour le premier ce sera un événement majeur qu’il va cristalliser et pour l’autre ce moment sera sans signification aucune. Ainsi en était-il dans notre couple, particulièrement en vacances, nous ne vivions pas les mêmes choses, tout en étant toujours ensemble.

Un autre chapitre qui m’a intéressé est celui intitulé « Le souci de l’autre ». La notion d’empathie est très importante pour moi…je l’ai même érigée en valeur nécessaire pour partager ma vision du monde…elle est le fondement de l’humanisme. A mon grand dam, je me suis aperçue que mon mari en manquait cruellement, non seulement envers les étrangers mais même envers moi, à partir d’un certain moment. En effet, me voir souffrir dans le cadre d’une détresse psychologique qui se transforme en pathologie psycho-somatique à répétition, l’a conduit à être furieux contre moi et pire à devenir indifférent devant chaque trouble me rejetant comme une « anormale », lassé de me voir souffrir sans cause logique apparente et au fur à mesure du temps, rejetant ces troubles sur le compte du vieillissement. Plus je devais être parfaite et plus mes troubles s’accentuaient. La peur de déplaire à un être que vous voulez retenir décuplait les malaises. Mais ce que je ne voulais pas voir c’est combien mon mari ne m’aimait plus à partir du moment où il a commencé à s’agacer de mes troubles. Véritablement, un être amoureux est mal quand l’autre souffre, quelque soit l’origine de la souffrance. L’empathie n’existe pas uniquement entre amoureux, c’est généralement « une aptitude émotionnelle à se laisser modifier par le monde d’un autre, auquel on est attaché ». On peut dire que l’on ressent de l’empathie pour toute personne qui compte pour nous. Et là on retrouve la notion d’attachement développé dans les travaux de Cyrulnik : « L’attachement est un lien biologique tracé dans la mémoire qui transforme l’être investi en figure saillante. Désormais la souffrance de la figure d’attachement provoque chez le partenaire une souffrance d’une autre nature. » L’auteur parle d’une empathie cognitive, un contrepoint émotionnel provoqué par la vue de la souffrance de l’autre.

C’est singulier, en écrivant je pense à l’expression française un peu vieillotte « je ne peux plus le souffrir » et je me dis que lorsqu’un proche ne plus « encadrer » sa femme, sa maîtresse ou tout(e) ami(e), cela signifie que la vue de la souffrance de cette personne lui fait horreur, c'est-à-dire qu’il a rompu pour une raison ou un autre le lien d’attachement à cette personne. Je ne peux plus la souffrir veut plutôt dire : je ne veux plus souffrir de la voir, je ne la supporte plus… C’est une vision égoïste de la relation.
Je pense sincèrement que les personnes aux capacités empathiques réduites sont avant tout des personnes très égo-centrées et qui ne supporte pas fondamentalement l’autre surtout si cet autre dysfonctionne.

Là où Cyrulnik m’intéresse fortement, c’est quand il explique comment l’empathie est le fondement cognitif de la Morale :
« Cette aptitude à désorganiser son propre monde intime quand celui d’un proche est désorganisé constitue le pointb85ca8a280af74208ea0f2231c0dd171.jpg de départ, la base cognitive de la Morale »
Est-ce dire que les êtres incapables d’empathie sont des êtres a-moraux? Qu’ils n’auraient pas d’échelle de valeurs entre le Bien et le Mal? Le postulat de la Morale serait pour Cyrulnik la vision judéo-chrétienne classique : « projet de faire du bien pour éviter le mal ». Alors penchons nous sur une réalité de notre quotidien ces jours-ci :

L’empathie collective est de mise en France…Ingrid Bétancourt a bénéficié de cet élan de toute une société qui s’inquiète du sort malheureux de cette femme politique franco-colombienne. Les Français dans leur ensemble se sont mobilisés et ont souffert en place et lieu d’une compatriote, image quasi mythique de la madone, symbole de justice, injustement enlevée. La société française s’est prise à éprouver la détresse de ses enfants privés d’une mère impliquée en politique dans un pays lointain, celui de ses origines, la Colombie. Le dénouement heureux de six ans de détention dans la jungle a fait naître une explosion de joie parmi les Français et un sentiment de faire partie d’une nation qui n’abandonne pas ses citoyens. Cette empathie sociale donne raison à l’intuition de Cyrulnik concernant les bases cognitives de la morale.

10.06.2008

La France n'est plus ce qu'elle était: l'habitat indigne

551ae5a23eaf4cfcb07c1524e061f711.jpgJ’habite encore pour quelques mois une des plus charmantes petites villes de la Région parisienne et sans doute une des plus cossues : Maisons-Laffitte.

Cette commune est lisse, on se sent comme dans un cocon quand on débarque du train, je l’ai déjà écrit, j’ai eu le coup de foudre en débarquant du Canada. On dirait une ville de poupées. J’habite la plus belle avenue avec ses contre-allées et ses tilleuls : avenue de Longueil. Tout près s’ouvre  le Parc de Maisons-Laffitte et son château précédés de portes franchissables en voiture comme à pied à travers d’allées dessinées et superbes. Un parc classé et protégé. Au milieu de ce parc, on peut admirer de belles demeures et des petits immeubles de quatre étages maximum dans une verdure luxuriante.

 Et puis samedi matin, le choc de ma vie, une distribution de tracts jaunes par quelques passants amassés autour de l’entrée de la gare de RER et je lis :

e12efc3f628cf6df08b5e7849bf27b2e.jpg« Depuis plusieurs année des dizaines de familles occupent ce qu’il faut bien appeler des caves, dans plusieurs résidences du Parc de Maisons-Laffitte. Cette situation existe aussi dans plusieurs autres communes riches des Yvelines.

Ces locaux transformés en « chambres de 9 à 12 m2, plus ou moins équipés suivant les cas, plus ou moins aux normes …sont souvent loués entre 300 et 500 euros par mois. Précisons qu’il n’ya souvent qu’un sanitaire pour plusieurs chambres , sans parle de la promiscuité due au surpeuplement!

 Les familles concernées, souvent constituées de travailleurs précaires avec enfants n’ont pas le choix. Les logements sociaux étant en nombre insuffisant, avec des délais d’attente de plusieurs années pour obtenir un logement HLM!!! Elles se retrouvent donc contraintes  de vivre dans ces conditions, qu’elles espèrent transitoire, sinon c’est la rue!!! »

 

403baabd6b79220b9a9ac5ef4d92966d.jpgC’est là que je me suis souvenue, les femmes noires sortant du local du Secours catholique niché derrière l’église de Maisons Laffitte se dirigeant pieds nus dans leurs chaussures vers le Parc avec des enfants dans les poussettes en plein hiver 2007 alors que j’habitais sur la rue de la Muette à une entrée subséquente du Parc. Je n’avais pas cherché à comprendre…j’étais seulement surprise…et puis à Maisons-Laffite les Nounous noires sont légion… elles travaillent pour les riches familles installées dans le parc.

 

Mais la réalité est nettement plus sordide !

 

Qui distribuait ce trac? L’association loi 1901 Lutter contre l’habitat Indigne.

7e8ae431ad5798eb441cdbe9c10c0e79.jpgJe ne connais pas ces personnes mais je leur tire mon chapeau pour avoir alerté les Mansoniens de cette honte. Et dire que moi, on avait exigé de verser un an de caution supplémentaire pour louer un 2 pièces et qu’on m’avait finalement refusé dans l’agence Real 21 de Maisons-Laffitte parce que le propriétaire installé à Londres jugeait mon profil trop « nomade »! J’avais cependant trouvé un autre deux-pièces dans les mêmes conditions en bloquant un an de loyers en garanties supplémentaires des 2 mois officiels de garanties exigées à l’époque et de la commission d’agence d’un mois de loyer. Vous imaginez…la FORTERESSE MAISONS-LAFFITTE!

 

Sur le site du gouvernement français au ministère du logement et de la ville je suis allée me renseigner
QU'APPELLE-T-ON HABITAT INDIGNE ?

La notion d'habitat indigne recouvre l'ensemble des situations d'habitat qui sont un déni au droit au logement et portent atteinte à la dignité humaine; c'est un concept politique et non juridique. Cette notion recouvre les logements, immeubles et locaux insalubres, locaux où le plomb est accessible (saturnisme), immeubles menaçant ruine, hôtels meublés dangereux, habitats précaires, et dont la suppression ou la réhabilitation relève des pouvoirs de police administrative exercés par les maires et les préfets.

Il y a un vrai problème en France de pauvreté et de mépris des pauvres car comme le dit le tract, ceux qui louent cet habitat indigne sont des « marchands de sommeil » qui font fortune sur la crise du logement qui perdure en France, due à la spéculation immobilière et aux loyers trop chers en découlant.

 

04.06.2008

Barack OBAMA CONTRE McCAIN

69daff459c2abc6ab358acc8ceec091f.jpgJe n'ai pas du tout couvert la campagne américaine. Si J'avais été au Canada je l'aurai probablement suivie de très près, parce que j'en aurai eu le goût et sans doute le temps et puis, ne l'oublions pas, cela faisait partie de mon métier que de suivre les évènements politiques majeurs. Ma vision de prof de géographie culturelle est aujourd'hui altérée par mes préoccupations plus prosaïques et ancrées dans la vraie vie.

Il n'empêche que je me souviens d'une discussion que j'avais eu lors d'un dîner en présence d'un éminent Tunisien qui me soutenait qu'Obama serait président, alors que moi je prétendais qu'il serait impossible d'élire un président noir à la tête des Etats-Unis. Et je le soutiens toujours aujourd'hui.

Ne vous trompez-pas, je ne le dis pas cela parce que je souhaite qu'il en soit ainsi. mais j'ai la nette conviction quand je vois l'acharnement de Mme Clinton à ne pas vouloir céder ses voix à Obama, qu'il y a hélastoujours un profond sentiment, encore présent même confus dans la tête des Blancs d'une prétendue supériorité. Même si les Etats-Unis ont fait des progrès considérables, ils sont encore loin d'avoir un Président noir. Je souhaite que les faits viendront me contredire mais reste à prouver.

2eba085934ca46543cc9ade1fc72041f.jpgMa pratique des États-Unis datent de moins de cinq ans et je n'y ai pas souvent vu de parfaite égalité entre les Noirs et les Blancs. J'y ai vu au mieux une parfaite indifférence. Oui je sais les choses changent vite en Amérique, on est moins crispé que dans la Vieille Europe, mais là encore, je demande à voir.
De toute manière, au cours des cinq prochains mois, deux questions structureront lle débat et la course à la succession de George W. Bush: la fragilité de l'économie américaine et la conduite de la guerre en Irak, tout comme les questions d'âge et de race.

9694ce2d98de98d5230f68efcdd40cad.jpg Mc Cain avec ses 71 ans et son passé de valeureux soldat va être opposé à un jeune candidat vigoureux et intellectuel de 46 ans. Les Américains n'aiment pas les gens qui pensent trop, ils aiment les hommes (on le voit clairement là... pas de femme présidente), ils les aiment d'action mais ils ne haïssent pas la jeunesse.

Une question clé est le sort d'Al Quaida qui résonne encore dans toutes les têtes en Amérique. En Février dernier Mc Cain s'était moqué des propos d'Obama lorsque celui-ci avait déclaré qu'il protègerait les intérêts américains "si Al-Qaïda forme une base en Irak". Et Mc Cain de répondre : "J'ai une grande nouvelle: Al-Qaïda est en Irak. Ca s'appelle 'Al-Qaïda en Irak'"

A mon avis, Obama va devoir hausser le ton par rapport à ce sujet épineux, s'il veut être élu Président, je ne crois pas qu'il pourra se présenter comme celui qui va retirer les troupes d'Irak...il a d'ailleurs nuancé son propos en déclarant que s’il était élu en 2008, il serait prêt à utiliser la force militaire contre des cellules d’Al-Qaeda au Pakistan. On n'a aucun doute sur le choix de Mc Cain qui veut poursuivre Al Qaida jusqu'à disparition. Il soutient un renforcement des troupes en Irak et s'oppose à un retrait rapide. Il préconise aussi des sanctions plus sévères contre l'Iran.

Barack Obama est le candidat du Changement, il est le candidat de la jeunesse, il est le candidat des Noirs. Mais il y aussi le facteur de la grande crise américaine consécutive aux subprimes et à l'effondrement du marché immobilier et maintement au renchérissement du pétrole qui fait courir la classe moyenne à a faillite.
Face à cet état de fait Obama propose de baisser les impôts pour les classes moyennes, d'augmenter les investissements dans les « green tech », le droit à se syndiquer, une réforme du surendettement  et une aide aux victimes des subprimes. Le Républicain Mc Cain s'en tient aux mesures habituelles de baisses d'impôts, il préconise un contrôle renforcé et des punitions sévères à l'encontre de Wall Street.
Mc Cain bénéficie de son statut de vaillant vétérant du Vietnam torturé pendant cinq ans. Il est l'homme d'action que les Américains éliront d'emblée si un problème de sécurité intérieure devait surgir avant l'élection. Obama doit trembler pour sa sécurité personnelle et dev ra probablement avoir une garde rapprochée encore plus vigilante. Les propos de Mme Clinton, jugés pervers par plusieurs, sont révélateurs d'une réalité et le discours qu'Obama s'apprête à faire le 25 août prochain résonnera très fort symboliquement parlant: lors du 40e anniversaire du discours de Martin Luther King: I Have a Dream

" L'espoir, c'est ce qui m'a amené jusqu'ici. Avec un père du Kenya, une mère du Kansas, et une histoire qui ne pourrait arriver qu'aux États-Unis d'Amérique.

L'espoir est la base de cette Nation. La croyance que notre destin n'est pas écrit pour nous mais par nous, par tous ces hommes et toutes ces femmes qui ne se contentent pas du monde tel qu'il est, mais qui ont le courage de reconstruire le monde tel qu'il devrait être."

Discours d'Obama traduit par valery Gaillard sur le site Par Rue89 | 05/01/2008 |

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McCain et Obama, deux candidats que tout oppose

Rue 89 

01.06.2008

Nés en 68


0856c0511b1803fd7ba3df8e734e5cf8.jpgHier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.

 

Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.

 

Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France,  certes un peu moins qu’en Californie.

 

Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance  souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.

 

3a077c831ab00262ef2c6ffe86e8c522.jpgUne erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!

 

Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.

 

2007 - France - Drame - 2h53
Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau
avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge)

 
Filmographie de Mme Laetitia Casta :

Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)

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