05.01.2008

bye bye 2007, quelques découvertes intéressantes

On parle rarement de Science en France...j'en suis toujours étonnée. On parle surtout de politique et particulièrement en une année d'élection présidentielle. On ne sait pratiquement rien des équipes scientifiques ni des avancées dans des domaines aussi passionnants que les Neurosciences, la Physique ou l'archéologie. Le grand public commence à peine à se passionner pour l'Environnement, suite aux différents désastres climatiques, mais cela s'arrête à ce que les médias publicisent et en particulier les journaux télévisés...alors cela se limite à vraiment peu de choses et surtout du spectaculaire.

23660753df2e60f38fc8f893c9e661f6.pngPour l'instant, les nouvelles sont toutes tournées vers l'abandon du rallye Paris-Dakar en raison des risques en Mauritanie.

J'ai décidé de ne pas vous parler de ce que tout le monde peut lire un peu partout, mais de vous montrer que la vie n'est pas faite que de drames et mondanités mais aussi de trouvailles et de nouveautés palpitantes pour les esprits curieux et avides de connaître.

Le Figaro a fait un palmarès des 10 découvertes scientifiques de l'année en se référant au palmarès de la revue américaine «Science». Elle est la revue générale scientifique à comité de lecture la plus vendue dans le monde, avec un lectorat total estimé à un million de personnes.

Je suis allée glaner quelques découvertes impliquant des équipes du Cnrs, c'est un classement  évidemment pas exhaustif que je vous propose et il rejoint tout simplement certains de mes centres d'intérêt:

76e22dbc993063005fbc9fa1c8d08bfb.jpgEn juillet dernier à Pompeï: Découverte du plus ancien style pictural pompéien ( "style zéro" de la peinture pompéienne) par l’équipe de Jean-Pierre Brun, directeur de recherche au CNRS, et par Martine Leguilloux, archéozoologue au Centre archéologique du Var.

Une telle découverte, fondamentale pour l'art antique, permet de caractériser un style de peinture jusqu'à présent ignoré. Antérieur au premier style pompéien, ce "style zéro" semble typique de la Campanie du IVe siècle avant J.-C..

En septembre dernier, dans la revue Endocrinology les chercheurs français de l'équipe de Gilles Guillon, de l'Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier, viennent de publier des travaux cruciaux : «Nous avons identifié une molécule qui va enfin permettre de localiser, chez le rat dans un premier temps, les zones cérébrales où la vasopressine agit pour contrôler l'anxiété ». Cela signifie que cette découverte pourrait mener à la mise au point de nouveaux traitements de la dépression.

En octobre dernier, les chercheurs du CNRS et de l'Université de Montpellier ont développé une molécule qui bloque la multiplication du virus du SIDA. Il s'agit d'une approche entièrement nouvelle : grâce au développement d'une molécule chimique qui s'attaque aux mécanismes cellulaires qu'utilise le virus du SIDA pour se multiplier. Ces résultats sont présentés dans la revue Plos Pathogens.

Plus je lisais les informations du CNRS, plus je me disais cet après-midi qu'il fallait une sacrée culture scientifique pour comprendre certains articles  qui faisaient seulement la promotion des recherches et des équipes.

Le jargon scientifique et le manque de formation, voire la trop grande spécialisation, font que nous sommes souvent perdus devant ses termes inconnus. Et le problème de la vulgarisation scientifique est toujours difficile à gérer. quelques revues tentent de combler le fossé: Science et Vie, par exemple ou Science et Avenir lié au Nouvel Observateur.

je vous conseille tout de même le journal Science Magazine,  si vous lisait bien l'anglais.

Prenons la découverte citée en 9e position dans leur classement, présentée en français dans le Figaro comme sur le site de l'Express en ligne sous le titre : L’imagination serait liée à la mémoire. Cette découverte a été présentée en janvier 2007 par Science Magazine sous le titre : A Surprising Connection Between Memory and Imagination (une connection surprenante entre la mémoire et l'imagination) Cette découverte me fait rêver puisque j'ai travaillé empiriquement, puis théoriquement dans ma thèse, sur les paysages imaginaires qui sont liés aux souvenirs que glânent les découvreurs de lieux et qui avec  le temps prennent une épaisseur historique et que les rédacteurs de guides transforment en symboles touristiques qu'il faut absolument aller voir. Pour moi, la découverte scientifique vient étayer bien des hypothèses, mémoire des lieux suscitent imagination.

J'ai apprécié la façon fort pédagogique dont a fait preuve, pour le public anglophone ou anglophie, la revue Science Magazine. Pour expliquer cette grande découverte de l'année, faite par une équipe de chercheurs anglais dont on ne sait rien si on lit la brève note française du Figaro comme de l'Express, ils utilisent la connaissance de la mythologie grecque.

5e1f0d59724815b393453899f1ee1f50.gif"In Greek mythology, the goddess of memory, Mnemosyne, gave birth to the Muses, spirits who inspire imagination. Some modern scientists have seen the kinship as both literal and practical. Remembering the past, they propose, helps us picture--and prepare for--the future. The notion got a boost this year from several studies hinting at common neural mechanisms for memory and imagination. "

Ma traduction: Dans la mythologie grecque, la déesse de la mémoire Mnemosyne, donnait naissance aux Muses, ces esprits qui inspirent l'imagination. Certains scientifiques modernes ont vu la parenté à la fois dans la lettre et dans la pratique. Se souvenir du passé, proposent-ils, aide à concevoir le futur et à s'y préparer. Cette année , plusieurs études ont relancé la notion faisant allusion aux mécanismes communs neurologiques pour la mémoire et l'imagination.

Et d'expliquer que dans les futures expériences, il sera probablement possible de démontrer que "memory may indeed turn out to be the mother of imagination." la mémoire pourrait s'avérer être la mère de l'imagination.