06.11.2008

L'Amérique a choisi OBAMA, j'en suis fière

thankyou_banner.jpg24908_une-obamadrapeau.jpgL'Amérique blanche anglo-saxonne a pour la première fois dépassé ses démons. Enfin pour l'unique MOMENT de l'histoire des Etats-Unis, un Africain Américain est à la présidence. De peur d'être déçue et, jusqu'à la dernière minute, j'ai  pensé qu'il serait battu au profit d'une homme de la continuité, un vétéran de droite, l'homme blanc de référence. Mais les américains, un peuple mature a voté massivement pour ce jeune leader de la minorité en pleine tourmente des Subprimes, dans un contexte de guerre qui n'en finit plus.

Les sondages, cinq jours avant l'élection annonçaient que Barack Obama serait  élu avec 59 % des voix, contre 40 % pour John McCain.

En fait le triomphe est complet:

52% des voix au niveau national contre 46% pour son adversaire républicain John McCain

C'est la première fois qu'un démocrate remporte la majorité du vote populaire depuis Jimmy Carter en 1976 et Obama le fait avec le meilleur score depuis Lyndon Johnson en 1964. Il a obtenu 62,98 millions de voix et John McCain 55,78 millions, selon la chaîne NBC.

 

extrait du premier discours traduit par AFP

"Hello, Chicago.

S'il y a quelque part quelqu'un qui doute encore qu'en Amérique tout est possible, qui se demande encore si le rêve de nos Pères fondateurs vit encore à notre époque, qui s'interroge encore sur la force de notre démocratie, ce soir, voici votre réponse.

C'est la réponse donnée par les files d'attentes qui se sont allongées devant les écoles et les églises dans des proportions que ce pays n'avait jamais vues, par des gens qui ont attendu trois ou quatre heures, souvent pour la première fois de leur vie, parce qu'ils pensaient que cette fois devait être différente, et que leur voix pouvait faire cette différence.

C'est la réponse donnée par les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les Noirs, les Blancs, les Hispaniques, les Asiatiques, les Indiens (natifs), les homosexuels, les hétérosexuels, les handicapés et les valides. Des Américains qui ont envoyé au monde un message: nous n'avons jamais été une simple juxtaposition d'individus ou une juxtaposition d'Etats rouges et d'Etats bleus (Etats républicains et Etats démocrates, ndlr).

Nous sommes, et nous serons toujours, les Etats-Unis d'Amérique"Lire la suite

Les Américains étaient aussi appelés à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Selon des résultats partiels, les démocrates auraient remporté 56 sièges sur 100 au Sénat et ont conforté leur majorité à la Chambre des représentants.

Mais le labeur qui attend le Président et sa nouvelle équipe est colossale:

N'oublions pas que, sur le plan international, Barrack OBAMA a promis de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de concentrer les efforts à la lutte contre Al-Qaïda et les talibans. Les services de renseignement américains tiendrait dès aujourd'hui une rencontre avec Barack Obama selon l' l'AFP.

Il s'est engagé à baisser les impôts pour 95% des salariés, à de grands travaux d'infrastructures (ponts, télécommunications, énergies renouvelables) et à garantir une couverture santé pour tous.

Surtout, cette élection historique redore le Blason de l'Amérique qui depuis quelques années étaint conspuée par une large partie de la planète. L'amérique retrouve " ses amis, ses partenaires et ses admirateurs par la grâce d’un homme, d’un seul, qui avant de conquérir le monde a su redonner foi, confiance et optimisme aux Américains. L’élection de ­Barack Obama à la présidence des Etats-Unis est vécue comme une transition historique vers un Etat moderne."

04.06.2008

Barack OBAMA CONTRE McCAIN

69daff459c2abc6ab358acc8ceec091f.jpgJe n'ai pas du tout couvert la campagne américaine. Si J'avais été au Canada je l'aurai probablement suivie de très près, parce que j'en aurai eu le goût et sans doute le temps et puis, ne l'oublions pas, cela faisait partie de mon métier que de suivre les évènements politiques majeurs. Ma vision de prof de géographie culturelle est aujourd'hui altérée par mes préoccupations plus prosaïques et ancrées dans la vraie vie.

Il n'empêche que je me souviens d'une discussion que j'avais eu lors d'un dîner en présence d'un éminent Tunisien qui me soutenait qu'Obama serait président, alors que moi je prétendais qu'il serait impossible d'élire un président noir à la tête des Etats-Unis. Et je le soutiens toujours aujourd'hui.

Ne vous trompez-pas, je ne le dis pas cela parce que je souhaite qu'il en soit ainsi. mais j'ai la nette conviction quand je vois l'acharnement de Mme Clinton à ne pas vouloir céder ses voix à Obama, qu'il y a hélastoujours un profond sentiment, encore présent même confus dans la tête des Blancs d'une prétendue supériorité. Même si les Etats-Unis ont fait des progrès considérables, ils sont encore loin d'avoir un Président noir. Je souhaite que les faits viendront me contredire mais reste à prouver.

2eba085934ca46543cc9ade1fc72041f.jpgMa pratique des États-Unis datent de moins de cinq ans et je n'y ai pas souvent vu de parfaite égalité entre les Noirs et les Blancs. J'y ai vu au mieux une parfaite indifférence. Oui je sais les choses changent vite en Amérique, on est moins crispé que dans la Vieille Europe, mais là encore, je demande à voir.
De toute manière, au cours des cinq prochains mois, deux questions structureront lle débat et la course à la succession de George W. Bush: la fragilité de l'économie américaine et la conduite de la guerre en Irak, tout comme les questions d'âge et de race.

9694ce2d98de98d5230f68efcdd40cad.jpg Mc Cain avec ses 71 ans et son passé de valeureux soldat va être opposé à un jeune candidat vigoureux et intellectuel de 46 ans. Les Américains n'aiment pas les gens qui pensent trop, ils aiment les hommes (on le voit clairement là... pas de femme présidente), ils les aiment d'action mais ils ne haïssent pas la jeunesse.

Une question clé est le sort d'Al Quaida qui résonne encore dans toutes les têtes en Amérique. En Février dernier Mc Cain s'était moqué des propos d'Obama lorsque celui-ci avait déclaré qu'il protègerait les intérêts américains "si Al-Qaïda forme une base en Irak". Et Mc Cain de répondre : "J'ai une grande nouvelle: Al-Qaïda est en Irak. Ca s'appelle 'Al-Qaïda en Irak'"

A mon avis, Obama va devoir hausser le ton par rapport à ce sujet épineux, s'il veut être élu Président, je ne crois pas qu'il pourra se présenter comme celui qui va retirer les troupes d'Irak...il a d'ailleurs nuancé son propos en déclarant que s’il était élu en 2008, il serait prêt à utiliser la force militaire contre des cellules d’Al-Qaeda au Pakistan. On n'a aucun doute sur le choix de Mc Cain qui veut poursuivre Al Qaida jusqu'à disparition. Il soutient un renforcement des troupes en Irak et s'oppose à un retrait rapide. Il préconise aussi des sanctions plus sévères contre l'Iran.

Barack Obama est le candidat du Changement, il est le candidat de la jeunesse, il est le candidat des Noirs. Mais il y aussi le facteur de la grande crise américaine consécutive aux subprimes et à l'effondrement du marché immobilier et maintement au renchérissement du pétrole qui fait courir la classe moyenne à a faillite.
Face à cet état de fait Obama propose de baisser les impôts pour les classes moyennes, d'augmenter les investissements dans les « green tech », le droit à se syndiquer, une réforme du surendettement  et une aide aux victimes des subprimes. Le Républicain Mc Cain s'en tient aux mesures habituelles de baisses d'impôts, il préconise un contrôle renforcé et des punitions sévères à l'encontre de Wall Street.
Mc Cain bénéficie de son statut de vaillant vétérant du Vietnam torturé pendant cinq ans. Il est l'homme d'action que les Américains éliront d'emblée si un problème de sécurité intérieure devait surgir avant l'élection. Obama doit trembler pour sa sécurité personnelle et dev ra probablement avoir une garde rapprochée encore plus vigilante. Les propos de Mme Clinton, jugés pervers par plusieurs, sont révélateurs d'une réalité et le discours qu'Obama s'apprête à faire le 25 août prochain résonnera très fort symboliquement parlant: lors du 40e anniversaire du discours de Martin Luther King: I Have a Dream

" L'espoir, c'est ce qui m'a amené jusqu'ici. Avec un père du Kenya, une mère du Kansas, et une histoire qui ne pourrait arriver qu'aux États-Unis d'Amérique.

L'espoir est la base de cette Nation. La croyance que notre destin n'est pas écrit pour nous mais par nous, par tous ces hommes et toutes ces femmes qui ne se contentent pas du monde tel qu'il est, mais qui ont le courage de reconstruire le monde tel qu'il devrait être."

Discours d'Obama traduit par valery Gaillard sur le site Par Rue89 | 05/01/2008 |

À LIRE
McCain et Obama, deux candidats que tout oppose

Rue 89 

08.05.2008

La poésie résiste

De l'autre côté de l'océan aussi, de l'autre côté de la Méditerranée également, la poésie francophone résiste et elle nous émeut parce qu'elle est dans son rythme comme dans ses mots un condensé d'émotions, de douleurs et d'espérance.
L’espoir
Je ne sais quoi !
Je ne sais plus !
Quelle dague choisir pour me piquer ?
Dois-je utiliser une balle en argent dans la roulette de ma vie
Pour couper court à mon immortalité ?
Je ne sais plus !
Quel œil crever !
Pour ne plus me voir dans son reflet.
Quel bras mutiler !
Pour ne plus lever un toast en l’honneur de mon obsession
D’être le premier.
Pour ne plus écrire des poèmes d’éloge.
Je ne sais plus !
Quel mot prononcer !
Dans le balbutiement de mon mutisme.
Dois-je couper ma langue au milieu !
Pour la rendre fourchue !
Pour la rendre deux !
Et baisser les yeux.
Je ne sais plus !
Quel sang coulera !
Le jour de ma renaissance,
Si j’en aurai le courage !,
Quel pied me portera
Face à mon inépuisable déchéance
Face au poids de ma vanité !
Je ne sais plus !
Je ne sais quoi !
Mais ce que je sais
Ce que j’ai toujours su
Quelque part derrière la porte
Quelque part après la nuit
Quelque part…quelqu’un
Attend que je me désagrège
Pour me tendre sa tendresse
Qui collera mes fracas…
Qui me fera…
Je ne sais qui…
Je ne sais quoi…
Mais qui me fera.
Tunis 29 -01-2008
DIFFERENCES

Ne lui dites pas qu'il est anormal

Vous risquez seulement de lui faire mal

Car sait-on ce qu'est la normalité :

Force, par le nombre, contre l'unité ?

Vue de différents angles : Relativité

Ou seule et immuable, érigée VERITE ?

Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent

Mot, il est vrai, que tout le monde comprend

Différence qui porte tantôt sur les couleurs

Pure adaptation au milieu qui nous entoure

Dont le sens ne vous cause point de douleurs

Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin

Soyez simple, ne faites pas le malin,

De tracas et de malheur, il a eu sa dose

Victime frappée de mucoviscidose


Ou par le fait du sort, tétraplégique

Il préfère serrer une poignée énergique

Quoique son teint ne fasse pas couleur locale

Celle des seigneurs ou des ariens

Ou celle des démunis qui ne possèdent rien

Vous verrez sa santé dans sa force mentale


Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :

Voyez par delà ce qui vous paraît laid

Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,

Oyez le autrement qu'il ne vous parait

Vous verrez qu'il s'agit d'un humain

Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main


Si le Sida vous fait toujours peur

Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,

L'autre ne veut vous embarrasser,

Ni obséquieux ni trop élogieux

Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux

Et d'autres ont même osé l'embrasser

 Kamel M’Rad

Lyon  février 2008 


Et pour finir, une petite histoire toute simple dans le RER hier, alors que j'allais au Théâtre Edouard VII voir les Brasseur, père et Fils dans une pièce de Sacha Guitry qui fait fureur à Paris, ces temps-ci:
J'ai ramassé un journal à mes pieds, il était abandonné et j'ai remarqué quelques mots qui ont accroché mon attention...DERRIDA en dessous du mot SAVOIRS ...et le journal était ouvert sur Cinéma et son titre Journal d'un cinémateur...j'ai pris le journal, l'ai tourné, remis à l'endroit...je me demandais quel était donc ce journal, de culture sans aucun doute et... dans un élan de rationalisation, j'ai cherché la Une. Il s'agissait du journal Les Lettres françaises du mois de mai...c'était la première fois que je voyais ces feuilles de culture...moi qui me prétend cultivée...je me suis mise à dévorer les articles. Ce matin en écrivant ces mots, je me suis aperçue que c'était le supplément du journal l'Humanité du 3 mai 2008, très certainement abandonné dans ce RER déshérité de la banlieue parisienne. Tout s'explique je n'achète pas l'Humanité...
Il y avait un article intitulé La poésie résiste de Françoise Han, ce qui explique le titre de ma note de ce matin. Elle y parle, notamment d'un ouvrage sur la poésie juive pendant l'occupatin allemande:  Les poèmes de Czernovitz, traduits et présenté`s par François Mathieu, qui font partie d'une collection Bruits du temps aux Éditions Laurence Teper.
Je finis par des citations extraites de ce receuil de plusieurs poétesses:
"Plaie devient Mot/ mot devient geste/ geste poème"
"Ma patrie est morte/ils l'ont enterrée/dans le feu/ je vis/ dans ma mère patrie/ le mot "
Je vous quitte sur une phrase de Kafka que je rapproche d'une autre, de Paulo Coelho- Le pèlerin de Compostelle
« Ce que nous appelons chemin, c’est notre indécision. »

 

«L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.»

A MEDITER !

 

01.01.2008

Québec 2008...

Depuis le 11 septembre 2006, j’ai quitté le Québec et n’y ai pas remis les pieds et en ce premier jour de l’année 2008, je me dis que cela ne me tente plus d’y retourner.
Et pourtant, c’est le 400e anniversaire de la fondation de Québec et beaucoup de Français vont aller fêter cet évènement historique. Mais en fait, que connaissent-ils du Québec? Rien ou à peu près…sinon des bribes d’une histoire romancée car «marketée» et simplifiée à des fins économico-touristiques ou tout simplement politiques.

Le Québec est en pleine crise sociale et identitaire. Je ne suis pas sur place et, finalement je m’en félicite, car beaucoup de mes ami(e)s qui, comme moi sont des néo-québécois et en plus des Intellectuels, souffrent de la tournure des événements.

Pierre Céré, un animateur communautaire de Montréal, souligne ce samedi 29, dans le journal La Presse, ces changements majeurs dans une lettre au titre qui en dit long "les eaux troubles de l'intolérance"  :
«Ainsi il semble que les Québécois vivent une crise identitaire, grave de surcroît. On a même trouvé le coupable: l'étranger, l'immigrant. Il parle mal notre langue, a des moeurs bizarres, et sa religion nous impose des accommodements déraisonnables. Et ils sont tellement nombreux qu'ils menacent l'existence même de notre nation. Ils seront bientôt un million, nous dit Jean-François Lisée, petit sourire en coin.»

Et de nous expliquer combien le Parti Québécois est devenu un parti nationaliste qui, il y a deux mois, a présenté « un projet de loi sur l'identité québécoise et un autre sur une Constitution. Dans le projet de loi 195 sur l'identité québécoise, on prévoit nommément d’enlever des droits fondamentaux, autrement reconnus par sa citoyenneté canadienne, à tout immigrant qui n'obtiendrait pas sa citoyenneté québécoise. »

C’est tout simplement fantastique, pour les néo-canadiens, cela ne suffirait plus pour pouvoir être un citoyen ordinaire qui vote, il faudrait en plus obtenir une citoyenneté québécoise…
Le même Pierre Céré s’interroge :
« Est-ce que ces stratèges, penseurs, dirigeants et autres porte-voix du projet souverainiste sont conscients de barboter dans les eaux troubles de l'intolérance? Est-ce que quelqu'un, quelque part, dans ces rangs, se rend compte qu'il est en train de se promener avec une allumette dans une poudrière? Est-ce qu'ils savent qu'on n'appelle pas au destin d'un peuple en stigmatisant l'immigrant devenu une menace pour la nation? »

Dans cette rubrique Opinions du journal Pierre Céré, n’est pas le seul à s’exprimer sur cette crise identitaire profonde, l’écrivain montréalais d’origine haïtienne, Danny Laferrière s’interroge sur les Intellectuels québécois et leur manque de courage
« Pour moi, l'intellectuel est un produit de sa société. Et une société qui n'est pas capable d'en produire de bons, d'honnêtes et de conséquents doit se poser de graves questions. Il n'y a pas que face au pouvoir qu'il faut prendre soin de créer une opposition, on doit susciter aussi une pareille démarche dans la vie civile. »
Devant la montée de l’intolérance et du racisme par les Québécois vis èa vis des Néo-québécois, il semblerait que les Intellectuels québécois restent cois…pour tout vous dire, cela ne m’étonne guère, compte tenu de ma propre expérience du milieu universitaire québécois. Et je ne peux que soutenir les propos de ce grand écrivain qu’est Danny Laferrière :
« Nos intellectuels brillent par leur absence. Personne ne veut risquer ses acquis sociaux et économiques. Ils n'osent pas faire face à la montée des idées démagogiques et fascisantes. Ils préfèrent se réfugier parfois dans des combats plus fédérateurs comme l'environnement. Le combat pour un monde plus vert et plus respirable est un combat important. Mais veut-on respirer un air propre quand celui-ci est pollué par l'injustice, le racisme et l'exclusion? Et cela arrive quand la foule en colère, ignorante de sa force, décide de faire payer les plus démunis de la société. Et qu'aucune voix respectable ne s'interpose. »
bbbcf807a8eef2f9163921d3fe82d314.jpgDanny Laferrière lance un pavé dans la mare mais l’heure est grave et cette année 2008 démarre avec un goût amer pour bien des gens qui ont choisi le Québec comme lieu de vie, qui y ont mis tous leurs espoirs et qui sont arrivés là en croyant à une terre promise faite de paix et de tolérance.
Hélas, ce temps béni d’une ouverture à l’Autre semble s’être dissipé…les Québécois, de l’indifférence favorisée par le « laisser-faire », sont passés à une hostilité nettement affichée et maintenant un racisme ordinaire, stimulé par le chef de l'opposition, président de l'ADQ un certain Mario Dumont.


Bon cela n’empêchera pas les Immigrants sélectionnés, selon leurs études et leurs spécialités, de se presser au portillon du Québec…et bien, je les plains car je ne partirai pas maintenant dans un climat de rejet de l’étranger, Français y compris. Alors encore moins si on est originaire d’Afrique du Nord!

La Question est posée à Radio Canada dans la chronique de Maisonneuve en direct du 20 décembre:

UN FOND DE RACISME CHEZ LES QUÉBÉCOIS?


En attendant, les Québécois sont fiers de leur ville de Québec et justement la fête bat son plein et on peut lire dans le journal Le Soleil :
«Les gens de Québec ont démontré avec force qu'ils ont le goût et le sens de la fête. Une marée humaine d'au moins 50 000 personnes a déferlé sur la place D'Youville et devant le Parlement, hier soir, pour célébrer le coup d'envoi du 400e de Québec. Une participation massive qui dépasse de loin les attentes des organisateurs de ce spectacle, mais qui a aussi provoqué de la frustration et d'énormes refoulements à certains endroits.»

Il semblerait que cette frustration soit venue de la qualité déficiente du spectacle! 

Sur le portail Web cela paraît fantastique, le Virtuel embellit la réalité.... sans aucun doute!

 

18637bb0188fe15ab67173b8813d1217.jpget dire que j'ai écrit un livre sur Québec et La Nouvelle Orléans, après avoir écrit une maitrise et une thèse sur cette ville.... Cela me fait souvenir que mon déménagement, l'an dernier a été "volé" par des Québécois au Québec et que les deux originaux brochés de ma maîtrise et de mon doctorat, ainsi que tous mes livres et tous mes documents de plus de 7 années de recherche ont disparu avec le reste de mes souvenirs...

CELA NE S'INVENTE PAS!

 

24.10.2007

Des Nouvelles de la Belle Province

Je viens de recevoir cet article de la part d'une amie immigrante qui s'inquiète, chaque jour un peu plus, de la tournure des évènements face aux immigrants, pas seulement ceux d'Afrique ou des Pays de l'Est mais aussi des Français, ces chers cousins

"Le mercredi 24 oct 2007

Lamarche, un village qui n'aime pas les étrangers

f06d6c9b077c74b27ef712973eeaff96.jpgLe Quotidien

Lamarche, Lac-Saint-Jean

La petite localité de Lamarche, au Lac-Saint-Jean, est plongée dans une controverse à caractère xénophobe, impliquant une famille d'investisseurs français et un groupe de citoyens hostiles à leur présence.

Le 1er octobre 2006, William Satgé, sa mère Liliane et son père Alain prennent possession de l'ancien centre plein air Tchitogama de Lamarche, un relais de motoneiges laissé à l'abandon depuis quelques années.

Originaire de France, la famille Satgé décèle en ce lieu un potentiel intéressant et n'hésite pas à déclarer, dès son arrivée, que le Scoobyraid deviendra le principal produit d'appel touristique de la municipalité de 500 âmes.

Un premier restaurant voit le jour puis un bar. Les Français offrent également un service de location de motoneiges et organisent des activités populaires. Parallèlement, la grogne s'installe dans le village. L'abcès éclate finalement en décembre, par la voix du conseiller municipal Claude Bourgault. Dans une lettre adressée aux Satgé, il écrit: «Moi, je suis né au Québec et ce qui me fait le plus suer, c'est de voir des immigrants qui arrivent ici. Ils nous critiquent, se moquent même de nous, mais, par contre, ils ont besoin de notre argent gouvernemental en subvention pour les aider à réaliser leurs rêves.» Après plus de 1,5 million d'investissements privés, les Satgé soutiennent n'avoir reçu aucune aide financière, si ce n'est une subvention de 30 000$ en provenance de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

Dans la foulée de cet incident, le maire Jean-Guy Fortin est vivement contesté pour avoir appuyé le projet. Homme d'affaires prospère, M. Fortin dirigeait Lamarche depuis près de trois décennies. Croulant sous la pression, il quitte ses fonctions en avril. Selon Liliane Satgé, les mois qui ont suivi la démission de Jean-Guy Fortin se sont déroulés sans encombre. Ce n'est que la fin de semaine dernière, alors qu'on s'apprêtait à souligner le premier anniversaire du Scoobyraid, que leurs détracteurs sont revenus à la charge.

Sur un écriteau géant installé à l'entrée du village, ceux-ci ont inscrit «Fuck you William, Jean-Guy Fortin avec», ravivant ainsi la polémique. «Ils ne se sont pas limités à cela, confie la mère de famille. Ils ont aussi enlevé toutes les petites pancartes que nous avions placées dans le village pour souhaiter la bienvenue aux touristes.»

«En tant que peuple, nous avons tendance à être jaloux de la réussite des immigrants, estime le nouveau maire Martin Tremblay qui dénonce les gestes faits. Cette malheureuse réalité ne touche pas uniquement Lamarche, mais l'ensemble du Québec.»"

 

SANS COMMENTAIRE... 



28.09.2007

Azouz Begag et le pavé dans la mare

2602d33ee269a27fd5c64a62eda48a16.jpgLa semaine dernière une phrase d’Azouz Begag zappée sur la télé parlementaire m’a fait un choc et maintenant réagir :

Pourquoi presque tous les hommes incarcérés dans la prison de Lyon sont-ils d’origine maghrébine?

 Ayant vécu très longtemps à Lyon, exactement 28 ans, je me doutais qu’il y eut effectivement une grande délinquance originaire des quartiers pauvres et donc des cités, comme Vénissieux et Vaulx en Velin, mais cette affirmation d’Azouz Begag a jeté un nouvel éclairage.

J’ai donc cherché à voir si je trouvais ses dires sur la toile et bien entendu je les ai retrouvés au sein d’une réflexion plus globale sur le site Ben Blog, que je vous recommande vivement, celui d’ un ancien avocat devenu auteur, photographe et chanteur :

  « Un juge blanc aura t-il tendance à être plus sévère envers un Noir qu'un Blanc ? Pourquoi presque tous les hommes incarcérés dans la prison de Lyon sont-ils d'origine maghrébine ? Est-ce parce cette population marque une tendance culturelle à être plus délinquante que les indigènes. Ou bien est-ce parce qu'au Palais les Juges sont plus sévères à leur égard ? J'aimerais faire un sondage d'opinion dans les quartiers de banlieue? Quelle sensibilité peut-on attendre d'un juge sur les questions des banlieues et les habitants de ces cités HLM dans lesquelles il n'est jamais entré ? »

 

Or quelques lignes auparavant Azouz Begag confiait sa crainte de la justice française :

« Fondamentalement, j'ai peur de cette justice qui décide de la vie des hommes, des filets de ces pêcheurs dotés du pouvoir de punir les malfaisants et les contrevenants à la loi. J'ai peur parce que je suis un rêveur. Un enfant, encore et toujours. Fils de pauvre, rescapé des bidonvilles et des HLM, j'ai toujours considéré que la justice de France - terre d'accueil de mes parents et pays de ma naissance - n'était pas faite pour protéger les droits des gens comme moi. Une sirène d'alarme intime m'a toujours guidé dans cette conviction : le meilleur moyen de respecter la justice était de ne jamais avoir affaire à elle. Se tenir aussi loin que possible de la vasière, de l'engrenage. »

 

Mais que devient Azouz Begag depuis son ralliement au Modem et donc à François Bayrou? Réponse justement le 25 dans le Figaro et sur des Blogs ce matin : « Azouz Begag veut continuer à exister en politique. Dans un entretien (…) dans le quotidien Le Progrès, l'ancien ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances a ainsi annoncé être « candidat à la candidature » pour mener la liste MoDem aux prochaines élections municipales à Lyon. »

23.06.2007

RACHIDA DATI ET SES RÉFORMES

La justice en France est malade. On le sait tous, notamment depuis l'affaire Outreau. Ma référence pour comprendre l'état de déliquescence du système judiciaire français est en particulier le Journal de Maître Eolas, Instantanés de Justice et de Droit
Un avocat qui sous un pseudonyme (EOLAS acronyme d’une firme américaine signifiant Embedded Objects Linked Across Systems) nous fait part de ses humeurs numériques.

medium_DATI-Reuters.jpgComme hier, j’ai entendu en direct sur LCI le discours de Rachida Dati devant les magistrats au Tribunal de Bobigny, j’ai voulu ce matin aller voir ce qu’en pensait Maître EOLAS. Et le titre de sa remarque est cinglant : Une réforme à deux balles, un article dans la presse.

L’intérêt, comme souvent lors de ces interventions, réside dans les commentaires des juristes, avocats et autres intervenants du domaine de la justice. Cela nous donne le pouls des lecteurs du Blog. Bien entendu, cela ne reflète pas toute la profession mais les critiques undergrounds et ce n’est pas rien.

Mais, les lecteurs non-juristes ne partageront pas forcément les critiques, comme ce commentaire relevé que je trouve fort pertinent:
« « ...De la part de quelqu'un qui ne connait rien au monde de la justice, mais qui lit attentivement ce Blog depuis plusieurs mois….
Je vous trouve un peu amers, agacés, aigris ?...
Votre ministre ne vous a pas parlé : Elle s'est plutôt adressé aux français. Qui ont un problème avec l'image de la justice. C'est probablement pour ça que vous l'avez mal pris.
Du point de vue du français moyen, je vous assure que c'était plutôt clair et bien posé.
Ou plutôt, comme dit …"simple pour que le peuple comprenne"...»»

L’article incriminé par Maitre EOLAS est celui du Figaro

L’article de Libération est aussi montré du doigt …de fait, les réactions des lecteurs sont loin d’applaudir la ministre :

«Pour Dati, donc, "une infraction, une réponse". L'ennui c'est qu'elle n'imagine pas d'autre réponse que la prison. On sait pourtant qu'un mineur mis en cause par la justice ne récidive que dans un cas sur dix lorsque sa peine se fait en milieu ouvert mais dans six cas sur dix quand il purge sa peine en prison. La prison est un facteur de délinquance mais ça ne semble pas spécialement troubler Dati qui semble bien davantage soucieuse de plaire à son électorat plutôt que de résoudre un problème. Depuis 5 ans, la justice des mineurs se montre de plus en plus répressive, avec pour résultat l'augmentation de la délinquance. On ne change donc rien à une politique qui a échoué. On remarque également que, pour Dati, le principe "une infraction, une réponse", ne s'impose que pour les mineurs, pourtant responsables de seulement 20% des actes de délinquance. Pour l'UMP, le moins de 18 ans, voilà l'ennemi.» signé Lubin

Car qu’on ne s’y trompe pas, oui Rachida Dati « s'est plutôt adressée aux français » comme le souligne si bien le commentateur.
La France veut une justice ferme et cet aspect du programme de Nicolas Sarkozy est bien défendu par la Garde des Sceaux.

Je vous conseille, si vous vous intéressez au sujet des peines planchers, de lire le réquisitoire de Pascal Rémillieux relayé par Maître Eolas le 20 juin :

Maintenant, pour ce faire une idée réelle et précise,  il faudrait voir les détails du projet, encore que la transparence en matière de justice est loin d’être acquise, ne serait-ce que dans le jargon...

Le point sur lequel j’adhère parfaitement avec Madame Dati est sur la fracture numérique
Il s’agit de dépoussiérer la justice dans son fonctionnement et la mettre à l’heure de 2007…car lorsqu’on voyage et que l’on compare la France…on le sait combien sur ce plan aussi la France est en retard et bien mal placée.

« Mettre un terme à la « fracture numérique judiciaire ». « Les avocats doivent pouvoir suivre en temps réel l’état d’avancement d’un dossier sans devoir se déplacer à chaque fois », estime Rachida Dati, qui appelle de ses vœux la « numérisation » et la « dématérialisation » de la procédure judiciaire. »Le figaro

Cela nécessite un budget colossal et tout le monde le sait.

Car  la France, je le souhaite, devra trouver les moyens pour retrouver une dignité sur la scène internationale car savez-vous que : «L'effort consacré au système judiciaire place la France au 29e rang seulement sur le continent. Le pays consacre 51 euros par an et par habitant à sa justice. La moitié de ce que dépense l'Allemagne. Il y a, en France 10 Juges pour 100 000 Habitants, contre 25 , pour 100 000 en Allemagne, pays d’une importance économique comparable, dans lequel s’est rendu Nicolas SARKOZY après son élection. Les résultats sont sévères pour la France. Ainsi le Portugal, qui dépense en valeur absolue autant d'argent par habitant pour sa justice que la France (52,50 euros), y consacre, en réalité, un effort double du nôtre (0,4 % de son PIB)

Pour en savoir plus lire les Propositions pour améliorer la situation de la JUSTICE par une candidate du MODEM Danièle Douet

projet de loi sur la récidive des majeurs et des mineurs 
Les chiffres de la justice ICIchiffres-cles_justice.pdf
Le discours de Rachida Dati en ligne

Si vous n,entendez pas aller directement sur le site du MINISTERE DE LA JUSTICE 

02.06.2007

Profilage racial à Montréal

En plein débat sur l'immigration et la citoyenneté en France, terre reconnue de problèmes de mixité sociale et qui vient de parler ouvertement de ministère de l'identité nationale, je reçois des news du Québec via mon réseau d'amis sur place.

Là-bas dans un pays, le Canada, qui se prétend accueillant et ouvert à la diversité, la droite raciste fait des progrès  considérables, à tel point que maintenant à Montréal, on parle ouvertement de profilage racial et de discrimination
avérée envers les Arabes :

"Le Conseil interculturel de Montréal (CIM) presse le gouvernement du Québec d’«enchâsser» dans sa Charte
des droits et des libertés de la personne «l’interdiction pure et simple du profilage racial au même titre que le harcèlement».

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Profilage ciblant les Arabes

Évoquant les cas de discrimination auxquels font face notamment les Arabo-musulmans
du Québec, le président du CIM estime que «la problématique du profilage racial a
pris de l’ampleur dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001».

À son avis, « l’amalgame entre Islam, islamisme et terrorisme renforce leur
vulnérabilité et participe à la mutation du phénomène raciste qui construit
désormais la différence culturelle comme étant irréductible et naturelle.»

La position du CIM est documentée «d’un rapport de différents groupes de
discussions (jeunes de minorités racisées, policiers, agents de sécurité du métro
de Montréal) et d’un recueil de témoignages dans le cadre de la production d’un
documentaire visuel», précise Frantz Benjamin.

«Face aux mutations du racisme et des discriminations, la pratique du profilage
racial par les corps policiers de plusieurs pays démocratiques montre jusqu’à quel
point les préjugés et les stéréotypes sont enracinés à l’intérieur même de nos
institutions publiques», commente le numéro un du Conseil interculturel de Montréal."

Cette information du 30 mai 2007  vient de me parvenir à partir de Mediamosaïque.com
qui s'annonce comme le portail de toutes les communautés culturelles du Québec.


Je salue leur initiative


21.05.2007

Immigration et identité nationale : une association inacceptable

Communiqué de démission des instances officielles de la Cité
nationale pour l'histoire de l'immigration adressé par 8 historiens
et démographes, 18 mai 2007.

"Immigration et identité nationale : une association inacceptable

Depuis 2003 nous avons participé au projet de la Cité nationale de
l'histoire de l'immigration (CNHI). Cette Cité, qui doit ouvrir ses
portes en cette année 2007, a été voulue, comme un nouveau lieu de
l'histoire de France, au lendemain des élections présidentielles de
2002, à l'occasion desquelles les Français avaient signifié leur
refus de la tentation xénophobe. Ce lieu entend changer le regard de
nos contemporains sur leur société en rappelant comment, depuis deux
siècles, les étrangers, venus par vagues successives, ont contribué à
développer, transformer et à enrichir la France. Rendre compte de la
diversité des histoires et des mémoires individuelles et collectives,
en faire l'histoire de tous, avec ses moments glorieux et ses zones
d'ombre, aider ainsi au dépassement des préjugés et des stéréotypes,
tels sont les enjeux qui nous ont mobilisés autour de ce projet.

L'instauration d'un « ministère de l'immigration et de l'identité
nationale », remet en cause ces objectifs. Les mots sont pour le
politique des symboles et des armes. Or il n'est pas dans le rôle
d'un Etat démocratique de définir l/'identité/. Associer «
immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais
eu de précédent dans notre République : c'est, par un acte fondateur
de cette présidence, inscrire l'immigration comme « problème » pour
la France et les Français dans leur être même.

Ce rapprochement s'inscrit dans la trame d'un discours stigmatisant
l'immigration et dans la tradition d'un nationalisme fondé sur la
méfiance et l'hostilité aux étrangers, dans les moments de crise. Là
où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers
l'avenir, autour d'une histoire commune que tous étaient susceptibles
de s'approprier, ce ministère menace au contraire d'installer la
division et une polarisation dont l'histoire a montré les ravages.
Voilà pourquoi nous démissionnons à compter de ce jour de nos
fonctions officielles à la Cité nationale de l'histoire de
l'immigration. Nous tenons cependant à saluer le remarquable travail
effectué depuis plus de trois ans par Jacques Toubon et toute son
équipe. Nous avons pu y être associés dans un esprit de liberté
intellectuelle et d'indépendance. Nous continuerons de soutenir ce
projet tant que son esprit perdurera."

Marie-Claude Blanc-Chaléard, historienne (Paris1)
Geneviève Dreyfus-Armand, historienne (BDIC)
Nancy L. Green, historienne (EHESS)
Gérard Noiriel, historien (EHESS)
Patrick Simon, démographe (INED)
Vincent Viet, historien (IDHE)
Marie-Christine Volovitch-Tavarès, historienne
Patrick Weil, historien (CNRS-Paris1)

Cet appel ne peut pas être passé sous silence

18.05.2007

Rachida Dati, nouvelle ministre de la justice, tout un tempérament

Les Français vont apprendre à connaître dans les jours prochains une femme sagittaire de 41 ans Rachida Dati au parcours peu commun:

Je vous donne à lire l'extrait d'un article du Nouvel économiste qui lui a été consacré:

Rachida Dati
Psychanalyse d’un conte de fées

"Une réussite à l’américaine. Menée à force de volonté, d’acharnement. Dans sa vie, rien n’arrive par hasard. Tout est écrit, calculé, orchestré au millimètre près. Si elle avait fait confiance à la chance, elle serait certainement encore à Chalon-sur-Saône, la ville de son enfance. C’est là que tout a commencé. Au début, elle voulait juste gagner un peu d’argent. A quatorze ans, elle fait du porte-à-porte pour vendre des produits cosmétiques. Puis anime un centre aéré, travaille dans une grande surface. A seize ans, c’est le grand tournant. Standardiste et aide-soignante dans une clinique privée, elle glane la presse abandonnée dans les salles d’attente. Chez elle, la nuit, elle se documente, s’imprègne du monde qui la fait rêver, repère les cibles de ses ambitions, leur écrit, parfois. Des lettres de Rachida, beaucoup en ont reçu. Longues, minutieuses, déterminées, poignantes. Qui lui résisterait ?  ...."

Ses anges gardiens, oui...ils existent

"« C’était comme dans un film. » Ils sont tous venus. Ils étaient tous là. Alors, elle n’hésite pas. Ni à interpeller Roger Hanin, qui est encore l’un de ses amis, ni à demander un rendez-vous à Albin Chalandon, qui deviendra l’un de ses mentors. Le ministre lui accordera un déjeuner. Elle lui demande de lui trouver un stage dans une entreprise. « Je peux vous mettre un pied à l’étrier, mais vous me prouverez que vous pouvez mettre l’autre », lui répond-il. Un Deug d’économie en poche, elle est embauchée comme comptable à la direction financière de Elf. Ensuite, tout s’enchaîne, à toute allure. En 1989, elle rencontre Jean-Luc Lagardère à l’occasion de la remise du prix de « la fondation de la vocation », décerné à sa sœur aînée. La famille Dati est présente au grand complet, illuminée par le dîner de gala. Encore une fois, Rachida ne perd pas son temps. Alors qu’il quitte la salle, elle demande un rendez-vous à Jean-Luc Lagardère. « Je rêve de travailler pour vous », n’hésite-t-elle pas à lui indiquer. Voilà ce qui est troublant. Avec elle, l’interlocuteur a toujours le sentiment qu’il lui est vital. Elle parle au cœur des êtres et déclenche leur ego en soulignant leur caractère indispensable. Un an plus tard, elle entre comme auditeur chez Matra. Dans le même temps, l’entreprise Lagardère lui finance un MBA. Après un bref passage par la Berd à Londres, elle devient secrétaire générale d’un bureau d’études de la Lyonnaise des eaux, et fait un rapport sur la politique de la ville pour Simone Veil. Elle a rencontré cette dernière, comme Jacques Attali, par l’intermédiaire de Marceau Long, à l’époque vice-président du Conseil d’Etat. Etudiante, elle lui avait écrit alors qu’il présidait un colloque sur l’Europe. Il l’avait reçue, lui ouvrant notamment la bibliothèque du Conseil. Depuis, il ne l’a jamais abandonnée, influant sur son parcours de manière intime et personnelle. Il fait partie de ceux qui lui ont vivement conseillé de devenir magistrat. « Pour gagner un statut.» Elle l’a fait. Reconnue, légitimée par elle-même, alors que, jusque-là, son parcours était illisible ou seulement tracé par les bonnes fées.  

Et... l'engagement envers Nicolas Sarkozy...de quelle manière?

"La première rencontre avait eu lieu en 1996, à Neuilly, « juste comme cela ». Il lui avait dit « si un jour vous avez besoin de moi, n’hésitez pas ». Voilà le genre de phrase que l’on ne dit pas deux fois à Rachida. Il y a quatre ans, elle lui a demandé demedium_rachidadat.jpgvenir travailler auprès de lui. Place Beauvau, dans son bureau, le ministre n’a pas tergiversé : « Je n’ai pas de raison de me priver de vous. » Deux mois plus tard, elle intégrait son cabinet. Elle ne le cache pas, la relation qu’elle entretient avec le couple Sarkozy dépasse largement les limites professionnelles. « Je suis fascinée par le parcours de Nicolas Sarkozy. C’est quelqu’un à qui l’on n’a jamais rien donné. Il a tout eu à l’arraché, avec succès. Il y a quelque chose chez lui qui fait écho chez moi : le refus de la fatalité, peut-être. J’ai un attachement pour lui au-delà de son engagement politique. » Quant à Cécilia, la relation semble encore plus dense, plus amicale. « Elle a été très importante dans mon intégration au sein de l’équipe et de la place entière que j’y occupe. C’est une véritable webcam, elle voit tout, ce qui va et ce qui va moins bien. Elle a toujours le bon mot et le bon geste. J’ai une affection irréversible à son égard. » "

 

Commentaire de bladi.Net

 

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