17.11.2008
Refuge Hammamétois
Dans ce coin de ciel bleu de mon refuge hammamétois, j’ai le temps de réfléchir sur ma vie, sur cet équilibre dans le déséquilibre, cette impossibilité à exister dans le conformisme. Comme une artiste que je suis et que j’ai toujours étouffée au maximum, mais jamais complètement, je marche sur la route vers non seulement mon identité familiale, les retrouvailles avec ma terre d’origine, mais véritablement vers mon identité personnelle, mon moi intime. Sur ce chemin ardu, j’ai rejeté le confort feutré d’une « petite vie fourmi », pour toujours choisir selon mon cœur, mon intuition et surtout mes émotions, une vie cigale, celle de la Bohème avec ses hauts et ses bas. Jamais satisfaite de mon lieu de vie, j’ai émigré et changé sans arrêt d’appartement, ne restant au grand maximum que 14 mois dans un même logis. Toujours dans le mouvement, le changement étant devenu une seconde nature, j’ai voulu me mettre au défi de vivre dangereusement. Guidée depuis mes dix huit ans par mes lectures intenses, j’ai gardé en tête la célèbre pensée du Philosophe Nietzsche : Man Muss gefahrlich leben (on doit vivre dangereusement). Bien entendu, selon les contextes, cette maxime a une portée différente, cependant se remettre en question, ne pas accepter les normes sociétales, ni les lieux communs, c’est vivre dans une marginalité dans un « In Between » qui peut vite s’avérer dangereux et tellement riche en expériences. Mère Theresa, à laquelle mon Directeur de thèse m’avait un jour comparé, a prononcé à peu près ces mots dans une interview d’elle à la fin de sa vie : « Vivre, exister c’est se mettre en danger et c’est si bon. »
J’ai toujours été attiré par le 7ème art qui, dans cette boite magique permet toutes les expressions artistiques, y mêlant la technique, une modernité nécessaire au service de l’émotion et de la performance. Toutefois le théâtre m’avait d’abord fascinée à 14 ans et je pensais que ce serait ma voie, mais je n’ai pas eu le courage de continuer et je me suis réfugiée dans une première vie feutrée dans laquelle je m’étouffais…bouffie par l’argent, le confort et l’excès de nourriture. Toujours dépressive, incapable d’avancer, hésitant entre retour aux études et travail, j’avançais dans la vie me gorgeant de lectures et de rencontres, me cherchant sans cesse et refusant ma fonction de femme procréatrice. La nature faisant assez bien les choses je ne suis jamais tombée enceinte.
La Pologne des années 80 fut une révélation pour moi sur la réalité communiste et la
résistance d’un peuple fier de son identité. Début 90, je montais une association d’art Inny Swiat (Un autre Monde) avec mon ancien étudiant Christophe Cédat qui, je l’en remercie publiquement, a su faire perdurer cette association, l’ajustant à sa personnalité. Lui, c’est aussi un véritable artiste, à la sensibilité exacerbée, avec la particularité d’être un patron dans l’âme. Et je suis fière, lorsque je vais à Lyon en France, de le rejoindre dans son café-restaurant culturel incontournable près de l’Opéra de Lyon, dans cette Presqu’ile réputée pour ses bouchons. Ce déséquilibre s’est fait sentir rapidement par la non distance que je mettais entre mes étudiants et moi. Incapable de me cantonner à ma fonction, je développais des amitiés avec certaines et certains de mes lycéens en classe de première et terminale, à tel point que je décidais par conscience aigue de la beauté idéale du métier de professeur, que ce n’était pas un métier pour moi. Et je devenais commerçante.
J’avais toujours rêvé d’habiller les hommes et je montais une boutique de vêtements masculins avec pour porte drapeau la célébrissime marque Hugo Boss, que finalement dans mon inappétence à la vie de boutiquier, j’envoyais balader…et je plaquais tout. Commerce, Mari, famille, amis pour me mettre totalement en danger, convaincue que ma vie devait être autre, que je devais me prouver de nouveaux défis, que si je devais mourir et bien que j’affronterai la mort seule et qu’au moins avant de l’issue fatale, j’aurais vécu des expériences intéressantes qui ne pouvaient m’arriver si je restais en France.
L’attrait de l’Ailleurs ayant toujours été mon moteur, je ne reculais pas dans un projet de découvertes de l’Amérique, toute seule avec deux valises, un sac et 8000 francs en poche. Une vraie folie que je ne regretterais jamais, même si l’angoisse la plus effroyable a dominé ma vie durant cette vie américaine. Je ne conseille à personne une émigration contre nature, et pour moi le Canada avec toutes ses tentations ne m’a jamais apporté la quiétude ni le bonheur. La preuve est simple : j’ai pris pendant plus de huit ans des Benzodiazépines, drogue légale dont les médecins abusent, lorsqu’ils ne savent pas faire face aux troubles de l’âme. Je suis une hyperactive, une boulimique de la vie, une amoureuse de la nouveauté et les camisoles chimiques sont du plus mauvais effet sur ma personnalité. Au lieu d’exprimer mon tourment par une créativité bouillonnante, une forme de résilience, le contrôle chimique stabilisait mon humeur, canalisait mon activité tournée vers l’étude, mais n’arrivait pas à faire cesser mes douleurs intempestives et me rendaient neurasthéniques. Je peux le dire, je n’ai pas cessé de souffrir pendant toutes ces années-là. Cette émigration était en train de me détruire totalement. Et puis j’ai écrit Mourir ou ne pas mourir au Québec et le déclic s’est produit, il fallait que je retrouve mes congénères.
Quand ma coiffeuse d’Hammamet Mejda ou mon ami cinéaste Atef me complimentent sur ma beauté arabe, je me sens reconnue et appréciée pour mon image et cela me fait du bien. Je me sens nord-américaine par ma mentalité forgée par douze années pleines passées entre Québec, Montréal et La Nouvelle Orléans. Et toutes mes dernières vacances dans le Maine et le Connecticut. Et cette vision de la vie contraste sans doute avec la mentalité tunisienne, je suis une femme moderne qui vit seule et qui assume sa vie au mieux. Une artiste est difficile à suivre. Seul un autre artiste peut la comprendre et partager sa folie créatrice. Or les milieux que j’ai fréquentés tant en France qu’au Canada ne m’ont pas mis en contact avec ce monde. Seuls mes amis polonais étaient de réelles artistes, peintres, musiciens et scénaristes. Mais leur fréquentation fut réellement éphémère. Je le regrette mais c’est ainsi.
Alors mon retour dans mon pays d’origine est extraordinaire car je me suis aperçue de la richesse de la culture d’ici, même si elle semble confinée à de petits cercles. Il faut d’autant plus la promouvoir car elle est expérimentale et ce sont de vraies œuvres d’auteur, une recherche de l’émotion première, un travail sur la technique, un moyen d’expression où la sensibilité des
artistes affleurent dans les thèmes traités, particulièrement au Cinéma où les sujets sociétaux abordés laissent filtrer une société traditionnelle affrontant de plein fouet une modernité façonnée par les télévisions satellitaires. Ceux qui me lisent depuis un moment savent combien je suis curieuse du monde qui m’entoure. Je puise dans la vie de tous les jours matière à philosopher, écrire et rêver. A côté du projet de la radio culturelle à laquelle je participe avec mon émission Clair-obscur, j’ai pour projet de participer à une aventure de TV sur Internet, et à la réalisation de vidéos.
La Tunisie est un sujet encore vierge et j’ose espérer que ma vision poétique pourra, à la fois, séduire les spectateurs et les producteurs étrangers qui pourraient coproduire avec moi. Vous savez qu’il faut énoncer ses rêves pour les matérialiser. Je suis convaincue de la force de la persuasion d’une parole énonçant un vrai projet riche de réalisations et de potentiels surtout si ce projet est associé à une nouveauté technique ou scientifique. Dans mon cas, l’association Art et Technologies est au menu, alors pourquoi ne pas se lancer. L’avenir ne se place plus en Europe, je le pense dans les pays émergeants car la jeunesse est là. Et comme disait une professeure de Princeton il y a plus de deux ans déjà, Shakespeare peut inspirer les meilleurs professeurs du Sénégal ou de la Tunisie et leur lecture voire relecture de l’œuvre saura être fraiche à la différence des lectures formalistes ou quasiment formatées des universitaires français habitués à ressasser ce qu’ils ont lu dans les livres depuis un siècle au moins. Et ici je fais un clin d’œil à un brillant étudiant tunisien, Ashraf, rencontré il y a un mois à Hammamet et qui est spécialiste de littérature anglophone, un connaisseur entre autre de Shakespeare.
Vive la jeunesse tunisienne!
09:19 Publié dans Femmes, IMMIGRATION, Louisiane, QUÉBEC, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : tunis, tunisie, hammamet, cinéma, art, funun, radio
28.07.2008
Hammam et Beaujolais
Ce matin j'ai beaucoup navigué sur le Net et parmi mes sites fétiches j'ai celui de BabelMed qui s'intéresse aux cultures méditerranéennes en plein évidemment mes centres d'intérêt, vous vous en doutez.
Et je découvre un livre qui m'a l'air bien intéressant, Hammam et Beaujolais. à la fois une étude socio-anthropologique et une nouvelle, celle d'une femme au parcours multiculturel: Nadhia Khouri-Dagher
“Je suis née Arabe. Je suis Française aujourd’hui. Nous sommes des millions, émigrants, enfants d’émigrants, venus d’Algérie, du Maroc, du Vietnam, de Pologne, d’Italie ou du Mali, à vivre ainsi en France notre double identité, notre double appartenance. Moi, je viens du Liban.”
Et son site possède un abécédaire très astucieux dans lequel chaque rubrique est un régal...j'ai pris "au hasard", le terme gastronomie.
Je lis:
"Dans la gastronomie française, je lis l'épicurisme des Français je lis Watteau Boucher Fragonard, des siècles de raffinement, une culture sophistiquée, un vestige aujourd'hui de siècles d'une culture aristocratique royale princière qui continue ainsi à marquer les pratiques les rites dominicaux les repas d'hommes d'affaires les soirées d'amoureux, je lis aussi l'amour des Français pour la littérature car ces noms de plats sont littérairissimes pour moi, petits textes créés exprès poèmes de cuisiniers, dans la gastronomie je lis aussi et surtout l'amour des bonnes choses, le sens du plaisir, la gourmandise, le temps passé en cuisine pour les autres, la créativité, l'envie d'étonner, de combler ses invités, de les honorer, de se gâter aussi, et tout ça ça me plaît!"
Sur BabeMed je découvre sous la plume de Sarah Ben Ammar ce parcours:
"Née en Egypte, cette journaliste et anthropologue libanaise connaît bien la société française. A l’âge de 6 ans, elle quitte Beyrouth avec sa famille et part s’installer en banlieue parisienne à Viry-Châtillon. Si «l'école publique (lui) a permis de pénétrer dans des familles françaises», d’aimer et d’adopter la culture de son pays d’adoption, Nadia Khouri Dagher explique comment elle reste pétrie de traditions orientales: «je vis en France depuis plus de trente ans, mais mes gestes de toilette au quotidien sont ceux d'une femme d'Orient». Tout comme Rica et Usbek, des «Lettres Persanes» de Montesquieu, l’anthropologue décrit les Français à travers son regard d’Orientale: leur rapport à l’argent, leur discrétion, leur pudeur souvent perçue comme de la froideur, leur épicurisme aussi… Car il s’agit bien de décrire, de constater et non de juger."Il me parait assez notable le fait que Nadhia ait eu un réflexe de Française en Tunisie elle le dit elle même :
«En France, je me sentais complètement libanaise et orientale. Et c’est en vivant en Tunisie- qui est pourtant un pays très moderne- que je me suis rendue compte que j’étais devenue très Française. Par exemple, à cette époque, durant les années 80/90, les cafés des centres villes étaient tous réservés aux hommes. Je ne pouvais donc pas m’asseoir à la terrasse d’un café. Bref, à travers tout un tas de petites choses, j’ai pris conscience que j’étais Française»
Les temps ont bien changé en Tunisie la société s'est modernisée et les femmes autonomisées, mais il est vrai que tout le monde ne boit pas de vin en Tunisie, surtout si les personnes sont pratiquantes et donc suivent les préceptes de la religion musulmanne qui déconseille l'ivresse et ne préconise pas du tout la consommation de vin. Il n'empêche que la culture du vin revient avec force et pas seulement pour l'exportation. Une grande partie de mes amies et amis sont des amateurs de Mornag et St Augustin, excellents vins tunisiens.
Ce livre, comme le signalE Babel Med, est un véritable pont entre les cultures, sous forme d'abécédaire et mettant en valeur l'alphabet inventé par les Phéniciens ancêtre des LiBANAIS et des TUNISIENS.
L'astuce choisie par l'écrivain permet une lecture facile et abordable par tous mais c,est chaque fois plein de sagacité et de poésie. Elle explique:
«Et puis je trouvais qu’un mot plus une entrée permettaient de ne pas s’imposer au lecteur avec une œuvre lourde. Ce livre est en fait composé comme un mezzé libanais que l’on peut picorer au gré de ses envies»Cette envie d'être un pont entre les cultures grâce à l'identité méditerranéenne, avant les divergences religieuses elle va la chercher, comme beaucoup en Tunisie aussi, dans le passé antique :
«Je voulais revenir à une antiquité commune qui date de bien avant l’Islam et l’âge du Christianisme, ces religions qui nous ont divisés, et revenir à une identité méditerranéenne antique qui nous rappelle que l’on a exactement les mêmes rites, la même façon de concevoir la vie, les mêmes plaisirs tels que la plage, le soleil, manger des figues…»Elle cherche à ouvrir les yeux des Français à leurs origines plurielles et à montrer que le métissage des cultures est encours de tous lescôtés de la Méditerranée et que nous sommes des citoyens du Monde avec au minimum une double culture
«Ce livre parle à des tas de gens parce que tous les Français ont dans leur famille quelqu’un qui vient de quelque part. Il s’adresse aussi bien à mes sœurs orientales de France qu’à mes sœurs orientales qui vivent là-bas car aujourd’hui, avec la mondialisation, même si on vit à Casa, Alger, Tunis ou Beyrouth, on fait partie de l’Occident parce que l’on parle une langue étrangère, parce que l’on écoute de la musique étrangère, parce que l’on porte un jeans… Aujourd’hui, que nous vivions là-bas ou ici, nous portons tous deux cultures.»Je me revendique totalement de cette lecture, j'y rajoute en plus ma touche américaine une transition de 12 ans entre Québec et Louisiane.
Lire :«Hammam et Beaujolais» par Nadia Khouri Dagher, paru aux éditions Zellige.
Sarah Ben Ammar
(17/07/2008)
13:20 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, Louisiane, personnalités, QUÉBEC, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hammam, Beaujolais, babelmed, Khouri-Dagher, anthropologie, Tunis, laiban
09.12.2007
Ne pas oublier, La Nouvelle Orléans
Il ya quelques jours nous apprenions par les Médias que l'acteur Brad PITT soutenait financièrement une reconstructon écologique de La Nouvelle-Orléans. La vedette est pasée sur CNN, à l'émission la plus regardée le soir, celle de Larry King, et pour ceux qui comprennent l'anglais vous pouvez visionner le Podcast de CNN.LE PROJET "MAKE IT RIGHT" est assez bien développé dans le journal Libération, sous la plume de PHILIPPE GRANGEREAU, correspondant du journal à Washington, le jeudi 6 décembre 2007. Ce dernier écrit:
"Tandis qu’Angelina Jolie parcourt le monde comme ambassadrice de bonne volonté pour le Haut-Commissariat des Nation unies aux réfugiés, monsieur finance des maisons pour les démunis de La Nouvelle-Orléans. Brad Pitt, acteur, millionnaire et philanthrope, vient de lancer un projet pour la construction de 150 maisons destinées à pallier l’incompétence flagrante de l’administration américaine et de la Maison Blanche. En effet, plus de deux ans après l’ouragan Katrina qui a provoqué la pire catastrophe naturelle de l’histoire des Etats-Unis, moins de la moitié de la population a pu se réinstaller. Nombre d’habitants sont à la rue, faute de logements.
«C’est quelque chose qui me tient plus à cœur qu’aucun des films dans lesquels j’ai joué», a expliqué Brad Pitt en présentant cette semaine l’armature de son projet, baptisé Make It Right («le faire bien»), sous la forme d’une installation de tentes roses plantées en lieu et place des maisons qu’il y fait construire. A la nuit tombée, un millier de lumières éclairent le site en mémoire des 1 836 victimes. «Il n’y a pas de raison pour qu’on n’érige pas 1 000 maisons, ou même 10 000 si tout le monde s’y met… Ça restaurerait ma foi dans l’humanité», a lancé l’acteur en concédant qu’il n’est «pas très fort dans les histoires de business». Il a promis d’y consacrer 5 millions de dollars, et a appelé d’autres mécènes à l’aider. Le milliardaire Steve Bing s’est engagé à mettre la même somme sur la table.
Panneaux solaires. L’année dernière à la même époque, Brad Pitt était allé au sud de Bombay (Inde) pour donner un coup de main à la construction d’une centaine de maisons pour les populations démunies. Ce projet, lancé par l’ancien président américain Jimmy Carter, l’a inspiré.
En Louisiane, où l’ouragan avait provoqué la rupture des digues de La Nouvelle-Orléans, les maisons seront construites sur pilotis afin de parer à de nouvelles inondations. Féru d’architecture, Pitt a sollicité plusieurs agences de renom. Esthétiques et écologiques, les habitations arboreront un toit équipé de panneaux solaires et un système de récupération des eaux de pluie. Coût : 150 000 dollars la maison. Toutes seront bâties dans le Lower 9th Ward, un quartier entièrement laminé par l’ouragan et qui ressemble toujours aujourd’hui à un bout de tiers-monde. Brad Pitt n’a pas précisé sur quelles bases seront attribuées ces maisons, destinées aux anciens résidents du quartier. Pour l’heure, huit premières familles ont été retenues." Brad Pitt a fait de cet événement une couverture médiatique monstre. Il est passé sur toutes les chaines et dans le Journal TODAY Show et on peut voir l'état de la Nouvelle_Orléans sur MSNBC
SOURCE: From NBC, 12/3 SOURCE huffingtonpost.com
21:40 Publié dans ÉCONOMIE, ENVIRONNEMENT, Louisiane, MEDIAS, PODCAST, Souvenirs souvenirs, USA, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BRAD, PITT, BRAD PITT, ANGELINA, JOLIE, MAKE IT RIGHT, NEW ORLEANS
11.09.2007
Le 11 septembre, un an en France
Aujourd'hui, évidemment, tout le monde se souvient de la tragédie du World Trade Center! Moi aussi, puisque c'était mon premier jour au département de géographie de l'Université du Québec à Montréal. Ce matin-là à 9h30 heures locales j'avais rendez-vous avec un collègue dont j'avais eu le nom par un grand ami prof à la Sorbonne. Ce rendez-vous est gravé dans ma mémoire puisqu'arrivée au département, je savais déjà qu'une première tour s'était effondrée et j'ai vu en direct à la télé, allumée dans la salle des ordinateurs, qu'une deuxième tour tait percutée de plein fouet et s'effondrait quelques minutes plus tard. Nous étions tous incrédules!
A l'époque j'habitais moi-même dans une tour au 22ème étage, juste en face du Mont Royal mais ces images vues et revues ad nauseam pendant les mois qui suivirent, m'ont fait détester à jamais les étages élevés.
Aujourd'hui c'est surtout l'anniversaire de l'année en continu de mon retour en France.
Ce sont de nouveaux projets et beaucoup d'écriture. Mais c'est aussi une année sans rentrée d'argent...aucun droit
au chômage, pas de place dans les Universités et une dépendance par rapport à mon conjoint québécois. C'est dur, mais c'est mon choix de changer de vie pour être en accord avec mes valeurs! Finalement c'est une année de transition qui est la bienvenue et qui me fait vivre intensément, car je me construis une légitimité fondée sur une identité multiple mais qui a tout son sens. Je sais que je suis une Française de Tunisie devenue Canadienne et qui apprécie sons statut de citoyenne du Monde. Maintenant je travaille très fort à me constituer mon réseau, à m'entourer de mes semblables, ces citoyens du Monde que j'ai choisi de regrouper dans un Hub sur Viadeo intitulé La Constellation Nomade. 20:55 Publié dans Blog, Chroniques de France, IMMIGRATION, Louisiane, QUÉBEC, SOCIÉTÉ, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Viadeo, Networking, France, New York, USA, constellation, nomade
10.09.2007
Ma soutenance de thèse au Québec enfin visible
Vive le WEB et comment assister à une soutenance de thèse qui a eu lieu en 2001 à l'Université Laval de Québec avec les techniques multimédia du Canada, déjà en vigueur. J'ai préparé une soutenance à l'aide d'un montage spécialement préparé pour la cironstance, projeté sur un grand écran, devant le Jury et les spectateurs venus m'encourager.
UN GRAND MOMENT CE JOUR LÀ!
Grâce à SlideShare, je peux vous faire partager ce souvenir inoubliable. En vous rendant sur Slideshare à partir de ma présentation, vus pourrez la voire sur grand écran en appuyant sur full en bas à droite.
Cette thèse ponctuait une immigration et un retour aux études à 38 ans, 2 années de Master et 4 années de recherches incessantes entre Québec et La Nouvelle Orléans.
09:40 Publié dans Blog, CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, Louisiane, QUÉBEC, Souvenirs souvenirs, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Université, Laval, Québec, Canada, PHD, Géographie, Immigration
29.08.2007
Cruel anniversaire...Deux ans après Katrina
La Nouvelle-Orléans n'est pas remise de Katrina. Bien sûr, vous vous souvenez de ces images terribles d'il y a deux ans, tout juste. J'ai beaucoup écrit à l'époque et même parlé à la télévision au Québec. Et, j'ai encore des amis sur place, et, d'autres qui y sont allés donner des cours de français depuis. Cet anniversaire fait que l'on reparle de ce drame à la télé et dans les journaux.
Ainsi, le 8 août dernier, la Presse Canadienne publiait un compte-rendu sur La Nouvelle-Orléans dont je vous reporte un extrait ci après :
"«C'est la dernière belle chose que vous verrez avant que nous arrivions au lac», explique la guide touristique Rose Scott aux passagers qui admirent les chênes de City Park.
Un peu plus d'une heure s'est écoulée depuis le début de cette tournée des dommages causés par l'ouragan Katrina. La patronne de Mme Scott, Isabelle Cossart de l'entreprise Tours by Isabelle, décrit cette visite comme «110 kilomètres de destruction en 3,5 heures».
Près de deux ans après que Katrina eut transformé la Nouvelle-Orléans en un lac de misère, les visites des zones dévastées demeurent nettement plus populaires que les visites des sites traditionnels, comme les cimetières, les plantations et les marais.
«Notre survie en dépend, affirme Mme Cossart. Si je cesse d'offrir des visites de la ville "après Katrina", je vais faire faillite.»
Offertes à un coût de 58 $US par personne, ces tournées Katrina représentent maintenant les trois quarts de son chiffre d'affaires et Mme Cossart s'est récemment procuré un troisième autobus.
Katrina a frappé la ville le 29 août 2005 et Mme Cossart a commencé à offrir ces visites environ un mois plus tard. Elle croit qu'il faudra au moins 10 ans avant que les dégâts aient été complètement nettoyés. "
Nul ne peut interdire le business dans un pays où le tourisme est le principal revenu. Mais c'est vrai que cela ressemble à un tourisme de voyeur, un peu comme les gens qui aiment les sites de guerre...ou des scènes de crime...
Selon Associated Press du 24/08/2007 et reproduit sur internet en français, Deux ans après Katrina, les sans-abri souffrent à La Nouvelle-Orléans, les journalistes écrivent :
"Ce sont des gens abandonnés, vivant dans des logements abandonnés, dans une ville qui a elle-même été abandonnée de multiples façons", observe Martha Kegel, directrice de l'organisation UNITY of Greater New Orleans, qui vient en aide aux sans-abri.
En janvier 2005, des volontaires du mouvement avaient dénombré 6.300 sans-abri dans les refuges, parcs et asiles de nuit de la ville et sa banlieue immédiate. Deux ans plus tard, ils étaient 12.000, bien que 60% seulement de la population totale soit revenue à La Nouvelle-Orléans. Les refuges refusent des centaines de personnes chaque soir, avec un nombre de lits réduit de 832 à 232."
Si les touristes accourent, les politiciens aussi... on en parle dans le New York Times de ce matin, longuement. Ainsi le Président Bush et sa femme, arrivés mardi soir, ont dîné chez la Reine de la cuisine créole, Leah Chase et participé à des réunions à l'École de Martin Luther King.
De même, les candidats démocrates se sont succédés dans les jours précédents comme Barack Obama et Hillary Clinton. Alors que les politiciens ont utilisé l’anniversaire pour des buts politiques, des Think Tank, des universitaires et des activistes ont fait sortir des tonnes de rapports sur l’état de reconstruction de la ville ces jours-ci!
Les journalistes, eux, décrivent combien la colère est palpable dans la ville et combien règne toujoursun sentiment de deuil et de mort . Ils nous apprennent que "ce mercredi des protestataires ont prévu de marcher le long de la 9 th Ward jusqu’à Congo Square, un endroit historique où les esclaves avaient l’habitude de célébrer leur culture, en dansant. Accompagnés d’une fanfare et de mégaphones hurlant, ils essaieront de répandre leur message à savoir que le gouvernement a raté son aide de retour de la population la plus pauvre. Ces gens sont mécontents et ils veulent envoyer un message aux politiciens, les engageant à faire plus, et plus vite. Personne n’a le cœur à s’amuser dans ces moments funèbres. Il faut savoir que plus 100 victimes n’ont toujours pas été identifiées et qu'elles vont être enterrées dans un mausolée, un mémorial pour les victimes près du Charity Hospital.
Robert Smallwood un écrivain néo-orléanais a confié aux journalistes que la cité est en train d’agonir et qu’à la Nouvelle-Orléans, nul ne peut y échapper. Chaque jour, il n’y a que des mauvaises nouvelles, dit-il
A la Cathédrale St Louis, sur Jackson Square, comme dans plusieurs églises, toutes les cloches vont sonner en l’honneur des victimes, ce soir à six heures, à ce moment précis, où l'ouragan à frapper, il y a deux ans. Les gens dans toute la ville vont tenir leur propres cérémonies privées afin de se souvenir où ils étaient lorsque Katrina a frappé et se souvenir de ce qu’ils ont perdu.
Cet anniversaire est une occasion unique pour la ville de la Nouvelle-Orléans
de recapter l’attention des médias et de dire à la nation américaine mais aussi au Monde entier, ce qu’est devenue la Nouvelle-Orléans depuis Katrina. Les reporters et les équipes de télévision et de photographes ont une fois de plus accourus dans la ville, depuis quelques jours.
Il faut signaler que les gens sur place, du moins certains activistes organisés légalement, ont l'intention de construire un dossier de preuves pouvant conduire à accuser les Etats-Unis de non respect des Droits de l’homme durant et après Katrina. Ils sont actuellement en train de recueillir officiellement des témoignages des victimes.
15:33 Publié dans CULTURE, ENVIRONNEMENT, Louisiane, Souvenirs souvenirs, USA, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bush, New Orleans, Orleans, Nouvelle Orléans, Katrina, reconstruction Louisiane
14.04.2007
NEWORLEANSBLUES, ma vision nostalgique
NEWORLEANSBLUES
Vidéo envoyée par mappamundi

08:05 Publié dans Blog, CULTURE, Louisiane, Musique, PODCAST, Souvenirs souvenirs, USA, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : NEW ORLEANS, LA NOUVELLE-ORLÉANS, KATRINA, JAZZ, CARNAVAL, FÊTES, RUES
18.03.2007
La 200ième Note
De retour depuis hier à Paris, j'ai un peu de mal à me remettre dans ma vie de parisienne après ces 7 jours à Tunis. Le bruit des klaxons, la chaleur humaine, les habitudes différentes, les rencontres incessantes, les trottoirs difficiles pour les talons et les chevilles fragiles, la chaleur après la pluie battante et l'émotion esthétique dans les ruines de Carthage. Tout cela compose un panorama d’une semaine riche en souvenirs et en apprentissage.
Le but de mon voyage étant cette fois-ci en majorité professionnel, la vision de la Tunisie était moins teintée de romantisme que les 2 autres très récents voyages. La Nostalgie des origines n’était pas au Rendez-vous. Je ne cours plus après mon passé. Je cherche à construire un futur dans lequel mon pays d’origine a sa place. Je ne veux plus et ne peux plus gommer ce pays et ces habitants de ma route personnelle. Il est évident que je souhaite réussir à promouvoir ce pays mais je sais aussi que ce pays ne peut plaire à tout le monde et qu’il n’est pas aussi idyllique que je le montre parfois. Mais c’est la vision de l’écrivain qui mène ma plume et c’est au lecteur de comprendre quelle est la part du subjectif dans mes propos sur la Tunisie.
En attendant j’ai réalisé plein de photos pour mes Blogs, celui-ci et bien sûr celui des Femmes Distinctive women in Tunisia .
Je suis devenue maniaque des Blogs, cela remplit ma vie et m’apporte beaucoup plus de satisfaction que jamais je n’aurais pu l’imaginer. La Chronique de France, démarrée en mars l’an dernier, est fort alimentée par la campagne présidentielle. Elle me permet de couvrir l’actualité et de la diffuser auprès de mes lecteurs partout dans la Francophonie. Comme j’ai arrêté dans l’immédiat d’enseigner et que la France et son université ne me font plus vraiment la place que je souhaiterais, la blogosphère a remplacé avantageusement la salle de classe. Attention, ne vous méprenez pas… je ne parle aucunement d’avantages matériels car je n’en retire aucun puisque je ne gagne plus rien depuis que je suis en France. Je veux dire que la satisfaction d’être lue et parfois appréciée m’apporte une belle reconnaissance qui me stimule. Je suis heureuse de partager ces nouvelles et de me confier dans ces notes, écrites jour après jour. L’Internet, le Web ont révolutionné à tel point ma vie que je ne pourrais m’imaginer vivre sans ordinateur. Allo Docteur suis-je si atteinte par cette maladie de la communication… Est-ce incurable? En tous les cas, je peux vous assurer que je ne suis pas du tout introvertie et que ce Blog n’est pas du tout un moyen de m’exprimer…il est plutôt une tribune supplémentaire d’expression.
La culture élitiste ne fait plus recette, l’économie comble peu à peu les interstices de la vie de la plus mauvaise manière qui soit, celle du chômage à grande échelle et de la mondialisation sournoise. L’environnement entre dans les maisons françaises au travers du prisme des catastrophes, de Katrina à la Canicule en passant par le Tsunami et les cancers liés à l’amiante…
L’univers de mon blog est souvent assez désenchanté, je dois l’admettre mais il faut dire que le bonheur est bien souvent muet et ne nécessite pas qu’on s’y penche quotidiennement. En revanche la vie en société dépend bien souvent de la conjoncture et l’actualité sans tomber dans le sensationnalisme verse souvent dans une réalité sérieuse voire morose quand ce n’est pas alarmante.
Un de mes sujets de prédilection est l’immigration. Cela ne me semble pas insensé puisque j’ai vécu tant d’années au Québec avec le sentiment permanent de ne pas être du lieu et d’être une éternelle immigrante. Même devenue Canadienne, je me suis senti toujours d’Ailleurs. La décision de revenir "rejoindre mes congénères" était la bonne décision. Je ne voulais pas vivre cette langueur de l’exilé.
Même si la France est bien mal en point et que cette société française n’est pas très ouverte aux Autres, je m’identifie plus à elle. Je me dis que j’aurais été bien masochiste que de continuer à vivre sous tranquillisant comme je l’ai fait pendant 9 années au Québec dans cet enfer glacé qui me faisait si souvent pleurer en secret. L’immigration est source d’anxiété voire d’angoisses effroyables. Je l’ignorais et l’ai appris à mes dépens. Et puis mon tempérament nerveux et flamboyant était embarrassant dans un pays qui aime les silences. Pour être discrète je devais me droguer comme d’autres se dopent pour donner le change de la performance et de la bonne humeur. Et bien j’en ai eu assez de la béquille médicamenteuse et à la suite de mon premier voyage en Tunisie j’ai arrêté les Benzodiazépines et je m’y suis tenu, même après le vol de tous mes effets. Car je me sens désormais plus sereine malgré ce mauvais coup du sort.
La santé est source d’angoisses pour pas mal de Français une fois hors de chez eux et je dois avouer que je partage vraiment cela avec eux. Ainsi, le seul fait de me balader dans les rues de la Capitale et de voir toutes les plaques de médecin et autres professionnels de la Santé, je me sens bien, apaisée et sans craintes. Cela peut paraître stupide et faire sourire mais ce n’est pas une absurdité. Il faut être parti hors de France pour se rendre compte de la chance des Français. Se faire soigner correctement est une richesse enviée par de nombreux étrangers. Quand j’ai écrit Mourir ou ne pas mourir au Québec, sur Cent Papiers, le blog de journalisme citoyen Québécois, j’exprimais un cri de déception face à une réalité complément négative du Québec. Cette réalité s’avère malheureusement bien encore présente, d’après les échos de mes relations restées sur place. Cette immigration douloureuse que fut la mienne ne doit pas faire oublier les grandes préoccupations qui me dépassent et qui touchent une grande partie de l’humanité, à savoir la Guerre.
Je me suis souvent engagée dans ce blog contre la guerre et j’ai réagi avec vigueur et insistance contre la guerre au Liban et contre celle en Irak. Foncièrement, je ne pense pas que la guerre règle les problèmes surtout quand elle est offensive, voire préemptive. Je l’ai dit que je me suis sentie fière d’être française en entendant le discours de Dominique de Villepin. J’ai honte des bestialités de la guerre et des atrocités commises aux noms d’idéaux. Je me sens femme et franchement sensible aux injustices et actes de barbarie commis contre les faibles et opprimés. Je ne peux rester insensible aux cris de désespoir… mais je n’ai que ma plume pour m’émouvoir. Je reconnais que ce n’est pas assez, mais je ne suis pas une héroïne et j’ai passé l’âge de mourir pour une cause… Les idéologies ne m’attirent plus et les doutes sont vite là.
Je voudrais dépeindre un monde juste et beau mais malheureusement nous ne vivons pas dans un univers sans guerre ni racisme. Les discriminations sont aux coins de notre porte et les Femmes y sont les premières soumises. La violence faite aux femmes est effarante et la France prend le problème très au sérieux puisqu’une femme meurt tous les 3 jours des sévices de son conjoint. Un article d’Ignacio Ramonet de 2004 dans le Monde avait soulevé le voile de l’intimité familiale des Français. Je vous laisse lire le commentaire d’une bloggeuse sur Oulala.
Et sachez que les enquêtes font état d’une réalité taboue en France. D’après le docteur Henrion qui a réalisé des enquêtes en 2001, ce sont « en majorité des hommes bénéficiant par leur fonction professionnelle d'un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67%), de professionnels de la santé (25%) et de membres de la police ou de l'armée. »
Depuis quelques jours, la télé a publicisé un numéro d’appel et le standard a explosé avec 9 fois plus d’appels qu’à l’ordinaire. C’est dire si le mal est profond en France
Si vous êtes victime de violences:
39 19 (Violences conjugales, femmes info service)
www.solidaritefemmes.asso.fr (Fédération Nationale Solidarité Femmes
Un site pour les professionnels de santé face aux problèmes de violence conjugale : SIVIC.org
L’appel de professionnels de Santé du 8 Mars 2007
20:35 Publié dans Blog, Chroniques de France, CULTURE, ÉCONOMIE, ENVIRONNEMENT, Femmes, Guerre, IMMIGRATION, Louisiane, Musique, NETWORKING, POLITIQUE, QUÉBEC, RACISME, Royaume Uni, SANTÉ, SOCIÉTÉ, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : France, Violence, Femmes, Assassinat, mort, Viol, hommes
10.12.2006
De la gastronomie tunisienne
L’idée de faire un tour culinaire me paraît excellente car les Occidentaux en voyage sont de plus en plus curieux des traditions des pays qu’ils visitent. Le bronzé idiot ne fait plus autant recette, des idées nouvelles ont germé, une éthique du voyage se met en place avec la montée des idées écologiques, de développement durable et tourisme solidaire. Ainsi, le partage de la culture des Hôtes donc des autres est en passe de devenir une forme de tourisme de qualité en émergence. Alors rencontrer dans le cadre d’une expérience tunisienne, ce monsieur de soixante ans qui a consacré vingt ans de sa vie à retrouver les racines de la culture tunisienne, c’est passionnant! Non seulement il peut vous en parler savamment, mais en plus il cuisine extrêmement bien, peut vous faire déguster des spécialités et vous montrer comment le faire. Une expérience vraiment unique dont seront friands bien des touristes à l’avenir. D’ailleurs mon amie Diane, qui va venir du Canada passer 3 mois en Tunisie cet hiver, aura la chance d’inaugurer ce tour et de rencontrer ABD. Elle l’avait d’ailleurs souhaitée cette rencontre avec la cuisine authentique, mais pas de façon factice comme certains hôtels l’organisent pour de riches américains avec le chef de l’établissement. Elle va avoir la chance, comme je l’ai eue l’autre soir, de rencontrer un vrai Connaisseur des pratiques culinaires de son pays aux influences multiples qui dans un syncrétisme généreux a réussi à créer une cuisine typique, qui aujourd’hui s’oublie en grande partie au profit du Fast Food et des normes de la mondialisation qui nivelle les goûts, si on n’y prend garde!
ABD, Abderrazak Feki est connu de ses concitoyens car il a animé pendant deux ans une émission culinaire avec Samir Chichti, autre figure locale, musicologue et médecin bien connu. Il écrit dans les journaux, comme La Presse de Tunis, dont je vous donne l’extrait suivant concernant les lentilles, cette légumineuse un peu oubliée de nos assiettes modernes :
« Mais les lentilles, aussi humbles soient-elles, sont pleines de vertus. Ce sont après tout des protéines, bien que végétales. Elles sont d'assimilations assez difficiles, mais elles sont, en tant que protéines, sans mauvais cholestérol, très bénéfiques pour notre santé.
Elles paraissent, à coup sûr, vieillottes et d'un autre âge, mais leurs composants qui regorgent d'oligo-éléments, dont le fer, le potassium, le magnésium et le phosphore nous incitent à les réhabiliter pour en faire des produits de consommation régulière. Leur digestibilité délicate et un peu difficile peut être avantageusement compensée par leurs vertus nombreuses. »
Ce soir-là ABD m’a montré son érudition comme son talent de cuisinier. Cet ancien bibliothécaire, autodidacte, s’est battu pour « la motivation à la lecture pour les enfants tunisiens » contre les méthodes classiques des instituteurs qui ne réussissaient pas pleinement leurs missions, oubliant les plus faibles. A quarante ans, il a commencé à collecter toutes les recettes qu’il pouvait dénicher dans son modeste travail d’historien de la culture traditionnelle. Il m’a d’ailleurs signalé qu’il avait suivi quatre ans d’étude d’histoire à Nanterre, alors qu’il travaillait en France dans des compagnies comme France Telecom ou Pechiney. Passionné infatigable, de retour en Tunisie, il a réussi à réunir plusieurs centaines de recettes, à dénombrer 63 manières de faire le Couscous, ce plat qu’on pense tous connaître, fait de semoule, de légumes et de viande et qu’on retrouve avec plus ou moins de bonheur gustatif dans tous les restaurants ethniques des grandes villes du Monde.
Il a surtout engrangé une connaissance de spécialiste de la pratique culinaire tunisienne, de l’usage des aromates, des propriétés de ceux-ci et de tous les aliments et nutriments qui font de lui une personnalité reconnue.
Mais vous allez me dire, qu’avez-vous déguster?
Au départ la dégustation se fait avec les yeux et la table était chargée de nombreux fruits typiques et nous avons senti et goûté trois types de citrons : tout d’abord le vrai citron tunisien, petit jaune vert, le citron des origines, le Balti; le suivant le citron bergamote, odorant et doux et enfin un citron jaune dit hybride. Sur la table, nous avions des couleurs chatoyantes orangées des Kakis qui se mêlaient à celles des citrons et des oranges du jardin qui sont de saison. Nous avons commencé par une petite salade du potager, suivie d’un plat dans une cocote en fonte noire de seiches fondantes dites à la façon d’ABD, un vrai régal…suivies d’une aillade à la viande de tête de veau relevée et tomatée …suivie de tripes à la Tunisienne également aillées et faites de viande de veau et non de mouton ce soir-là. La suite devait être un plat d’anguilles mais après une dégustation de Kakis bien mûrs, comme ils se doivent d’être mangés pour éviter de finir par une note âpre, nous avons dû renoncer aux anguilles car elles nécessitaient encore une bonne heure de cuisson et nous avons privilégié la discussion, allant jusqu’à comparer les alimentations de la Nouvelle-Orléans et son gumbo avec la Gnaouia et les mets préparés par les femmes du Niger. Un moment exceptionnel de fusion des cultures et des intérêts intellectuels de deux personnes nées
à Mégrine, moi et lui, et qui ne se connaissaient pas deux heures auparavant. Je vous promets que je vais travailler à ses côtés avec Ibrahim de Travel Academy de Megrine, à concocter des séjours distinctifs pour des clients connaisseurs et amateurs de culture authentique et non bradée.
S’éloigner de la théorie pour aller au terrain et le diffuser auprès d’une clientèle en quête d’authenticité et de connaissance est un travail aussi stimulant et aussi pédagogique que de donner un cours dans une salle de l’université à Montréal ! C’est un autre défi…
En attendant, ABD publiera en janvier un livre intitulé « Cuisine de Tunisie. Les bonnes recettes avec les bons produits. » Cette cuisine de marché et de saisons devrait me séduire comme pour tous les passionnés de la fraîcheur et de l’excellence culinaire. J’ai hâte d’avoir son livre autographié à mon prochain voyage.
PS En rédigeant cet article, j'ai écouté plusieurs morceaux de Jazz tunisien trouvés sur Internet et je veux absolument vous faire partager un de mes préférés, celui d'un groupe de l'ile de Kerkennah.Le groupe s'appelle le Trio Kerkennah et le morceau El Grina Aller le télécharger!
10:00 Publié dans CULTURE, Louisiane, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Tourisme, Tunisie, Culture, Gastronomie, voyages, Jazz
13.11.2006
To my American friends, vous mes amis Américains
A New Direction For AMERICA,
c’est ainsi que se préparent les Démocrates du pays de l’Oncle Sam depuis que les élections de mi mandat ont confirmé le mécontentement généralisé des américains face à la politique du Président en Irak
Je ne vous dis pas ma joie de voir qu’enfin les urnes sanctionnaient une politique calamiteuse surgie à partir de fondements trafiqués pour faire admettre à tous une guerre préemptive.
Pour moi toute guerre est un échec. Se battre devrait être l’ultime solution mais prouverait par le fait même que c’est un revers de la négociation en cours. Les armes ne règlent pas le problème, elles l’aggravent bien souvent après avoir tué tant de victimes innocentes. Une guerre préemptive est dans mon esprit inadmissible. Attaquer avant qu’on ne vous attaque est une agression pure et simple et n’a aucune légitimité dans le cadre d’une nation moderne Dans le cas de l’Irak, les prémisses étaient fausses et la conduite de la guerre honteuse. La manipulation est mise au jour.
On dira que le grand coupable était Rumsfeld, celui-là même que le président Bush s’est vu contraint de remercier (limoger). Pendant six ans, cet homme, âgé de 74 ans aujourd’hui, a mené d’une main de fer une politique impérialiste et de plus en plus impopulaire qui s’est terminée ce mardi dernier. Mais dans les coulisses de la Maison Blanche les rumeurs voulaient que la nécessité de virer Rumsfeld datait d’il y a plus de deux ans. Cependant, comme l’a avoué au journal Washington Post, Leon E. Panetta, précédent chef du personnel de la Maison Blanche : « Virer Rumsfeld, aurait été admettre que nous avions fait de sérieuses erreurs dans la conduite de la guerre ». N’est pas une réponse immorale. Plutôt que de se déjuger, les politiciens ont préféré s’obstiner dans l’erreur et …faire mourir des Boys…et aggraver la situation d’un pays exsangue et aux prises à une guerre de clans transformée en une guerre civile dont les Démocrates vont devoir gérer la sortie! Le défi est de taille et vraiment fort délicat pour mes amis Américains, ces Démocrates que j’ai rencontrés tant en Louisiane, qu’en Californie ou
même dans le Colorado, et aussi ces femmes et hommes entre aperçus sur les Blogs et qui criaient leur désespoir de revoir Bush confirmé dans ses fonctions au détriment d’un Kerry. Ils étaient du Texas comme de l’État de New York ou de la Pennsylvanie. Oui les urnes ont parlé et il était temps!
Linda mon amie Louisianaise, professeure de français à la retraite, exulte ces jours-ci. Appelée hier au téléphone, deux nouvelles lui apportaient jubilation et réconfort :
localement, La Nouvelle-Orléans se remet de son traumatisme et voit les congrès revivre et l’argent enfin affluer; à l’échelle du pays, son parti renaît et l’espoir de jours meilleurs sans cette guerre honteuse, lui redonne confiance en ce pays qui, comme l’a dit sa politicienne préférée, Nancy Pelosi : « le Peuple américain a décidé d’un retour à la civilité au sein du Capitole à Washington et à la manière dont le Congrès doit mener son travail ».
Ainsi se libérant de la chape républicaine, le pays s’est libéré de l’emprise d’un homme dont on dit, selon le Washington Post du 8 novembre, qu’il ne semblait aucunement s’intéresser aux idées autres que les siennes, particulièrement des militaires de son entourage. Il était prompt à ridiculiser les idées auxquelles il n’adhérait pas. Sous le couvert de l’anonymat, un général 4 étoiles plaisante devant le reporter et lui dit : « Rumsfeld est un homme avec un bon côté et un mauvais côté. Le premier est qu’il est arrivé avec des idées et une vision des besoins nécessaires pour la transformation de l’armée et la rendre plus conforme au nouveau siècle. Le mauvais côté est qu’il a géré tellement mal la guerre en Irak que personne n’ira jamais se rappeler du bon côté de Rumsfeld. » Mais ce qui en dit long sur ce personnage à l’ego enflé sont ces derniers mots prononcés dans le bureau ovale au moment de son départ : « La Première guerre du 21e siècle reste mal connue, elle n’est pas très bien comprise. C’est complexe de la comprendre pour les gens. »
L’autre personnage qui risque de faire la une de nos journaux est cette femme dont mon amie est admiratrice : Nancy
Pelosi. Si vous avez acheté le journal Le Monde de Samedi, dans le supplément du New York Times en page 3, sur la photo en rose, une femme lève les bras en forme de Victoire. C’est elle. On la voit entourée du Sénateur Démocrate de New York, Charles Schumer, et du Représentant de l’Illinois au Congrès, Rahm Emmanuel. Ce dernier a de fortes chances de faire partie du nouveau gouvernement de consensus ou de cohabitation…
Mme Pelosi est une adversaire féroce de Bush, or maintenant en janvier elle sera la première femme à occuper le poste prestigieux de Speaker au Congrès (PRESIDENTE). Elle plaide ces jours-ci pour une politique de main tendue sous forme de partenariat auprès des Républicains et pour une politique non partisane de la part du Président. Le Fair Play anglosaxon va-t-il résister longtemps? Car les écarts sont immenses entre les Démocrates et les Républicains. Elle a dû rencontrer le président mercredi dernier et comme je ne suis pas dans le secret des Dieux, je n’en sais pas plus sinon les versions officielles. Ce que je crois c’est que compte tenu des idées de Nancy Pelosi, l’ambiance risque d’être difficile durant ces deux années de conduite conjointe des affaires. Le président Bush reste le seul à décider du sort de la guerre. C’est un homme peu enclin à apprécier la compagnie d’une femme comme Mme Pelosi.
De plus ils s’affrontent sur de nombreux sujets, qui outre le plus important l’IRAK, reposent sur l’immigration, le salaire Minimum, les frais pour les étudiants pauvres, la négociation avec les compagnies pharmaceutiques pour permettre au système de santé MEDICARE de soigner les pauvres, l’application des recommandations de la commission du 11 sept 2001. Bien entendu, la pierre d’achoppement principale est la conduite de la guerre en Irak et la nécessité de trouver une solution finale à ce bourbier dans lequel Rumsfeld a conduit l’Amérique avec l’accord de Cheney et Bush bien entendu.
La difficulté se comprend lorsqu’on sait que Bush mardi dernier s’est exprimé en disant officiellement ceci :
« Je reconnais que beaucoup d’Américains ont exprimé en votant hier leur mécontentement face au manque de progrès fait là-bas (Irak), mais je crois également que la plupart des Américains et des décideurs ici à Washington dans les deux camps politiques comprennent que nous ne pouvons accepter la défaite. »
Les démocrates sont face à un défi de taille. Changer le cours de la guerre, se retirer sans défaite inadmissible et inavouable pour la plus grande puissance économique, scientifique et militaire au monde. Le nouveau secrétaire de la Défense, en remplacement de Rumsfeld, Robert M.Gates, va siéger auprès d’une commission cruciale, dirigée par James A. Baker III, ancien secrétaire d’état et l’ancien congressiste et Démocrate indépendant Lee H. Hamilton. Cette commission a pour but de formaliser une solution qui satisfasse à la fois le Président et les Démocrates.
Il faut à tout prix que le syndrome de la guerre du Vietnam ne se répète pas, guerre dont l’issue catastrophique avait été gérée par les Démocrates, également …
Dossier à suivre.
Notes :
Le principe de « guerre préemptive » et le contexte de guerre au terrorisme international qui le sous-tend inscrit en effet la puissance militaire américaine dans un cycle de projection de forces tous azimuts. Il place les États-Unis dans une logique impériale, même de courte durée, et contraint cette puissance sans égale à l’occupation de vastes territoires étrangers.
(Magazine Diplomatie n°3 / mai-juin 2003
PS POUR LES BONS EN ANGLAIS, LE PROGRAMME DE MME PELOSI en pdfPELOSIthebook.pdf
15:15 Publié dans Blog, Guerre, Louisiane, POLITIQUE, SOCIÉTÉ, USA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pelosi, bush, rumsfeld, democrats, congress, congrès AMERICA



























