27.11.2009
Solitude je me rebelle
Toutefois, depuis que je suis en Tunisie, j'ai un problème avec le Temps...car ici je vis à contre temps bien souvent. Le temps des Tunisiens est spécifique ils ne vivent pas un Temps celui de Greenwich et dicté par la Géographie....ils vivent plusieurs temps sociaux et avec une intensité très différente...
Le temps religieux et des traditions dicte la culture et se surimpose à un temps que je dirai plus occidental. Cela me parait très avantageux pour les contemplatifs car finalement cela double les fêtes et surtout les jours fériés par l'accumulation d'héritages diférents...
Vous me direz c'est génial ...plus de temps sans avoir l'obligation de travailler, plus de temps pour sa famille et ses enfants...certes mais pour moi qui suis sans famille ici et qui vit seule...C'est ennuyeux et peut devenir à la longue pesant...J'en ai réellement conscience car mon ordinateur est mon meilleur ami puisque je passe tout mon temps avec lui, pour le travail comme pour le loisir. Et mon ami de coeur lui passe tout son temps avec sa famille comme il se doit dans une société traditionnelle.
Je ne suis surement pas la seule dans mon cas...mais cela est une piètre consolation...etre à contre-temps en permanence ne convient pas à la nature de l'homme...ni même à celle de l'Intellectuel. La vie moderne est un gouffre de solitude en Occident et j'en ai souffert atrocement au Québec...les relations étaient réduites à celles du travail...mais là bas j'avais un compagnon et nous comblions nos solitudes.Je ne vous dis pas que je ne souffrais pas ...loin de là...mais je partageais ma souffrance. Ici je suis exclue...et je se sens que la rébellion n'est pas loin...dois je me trouver un ami européen ou américain libre et seul?
Hormis le temps de la tradition, il y a le temps du Football...ce sport érigé en absolu dicte aussi le temps du travail car essayez d'aller dans une administration ou chez mon imprimeur s'il y a une finale importante..vous ne trouverez aucun homme à leur poste...et ma tranquillité est fortement compromise les soirs de résultat de match car sous mes fenêtres d'Ennasr c'est le concert de klaxons de hurlements chants at autres manifestations bruyantes et bon enfant...Un vrai spectacle... En tant que femme intellectuelle...je vous jure je me sens un peu exclue... mais tout de même amusée et puis avec tout ce vacarme je ne me sens pas seule!
Enfin il y a le temps de la villégiature...qui commence assez rapidement en mai et dure jusqu'en septembre voir plus s'il s'enchaîne avec celui du Ramadan, comme cette année...Les gens fuient la ville trop chaude et s'en vont dans leur cabanon à la mer...super...mais moi je n'en ai pas...et cette année j'ai trempé une seule fois mes pieds dans la mer...Horrible me direz-vous...habitez en Tunisie et ne pas vivre près de l'eau....Mais je ne suis pas touriste...et pas encore assez argentée pour me passer de travailler. D'autant que je doive faire face seule à toutes les dépenses et franchement la vie à Tunis n'est pas donnée...Je ne suis pas une expat aux fabuleux revenus et je n'ai pas de salaires fixes n'étant pas un prof universitaire en place...mais une simple consultante...
J'ai toujours la solution de fréquenter des groupes d'étrangers en Tunisie...mais dans mon esprit idéaliste, je ne suis pas revenue en Tunisie, mon pays de naissance, pour m'exclure moi même d'avoir la possibilité de rencontrer des amis tunisiens merveilleux, d'apprendre enfin tout un pan de culture que j'ignore, de recontacter avec le pays et ses habitants... Alors le problème est insoluble???
Non je ne suis totalement pessimiste, la réponse est dans le temps...Il faut du temps pour se réinstaller dans un pays nouveau...Il faut laisser le temps au temps
http://www.frmusique.ru/te
Félix Gray
IL FAUT LAISSER LE TEMPS AU TEMPS
Paroles: Didier Barbelivien, musique: Félix Gray
Il faut laisser le temps au temps
Et nos amours auraient quinze ans
Et nos pères seraient nos enfants
Lennon serait encore vivant
Il faut laisser le temps au temps
Et elle m'aurait aimé sûrement
Quand nous étions deux étudiants
Deux oiseaux sur le fil du vent.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Et renaître au soleil levant.
Il faut laisser le temps au temps
Pour que Vincent ait du talent
Que Jimmy devienne un géant
L'histoire pour faire un président
Il faut laisser le temps au temps
Et elle m'aurait vu autrement
Que ce poète indifférent
À ces yeux qui me disaient tant.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Et renaître au soleil levant.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps
14:53 Publié dans CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, femme, solitude, réflexion, intellectuel
30.05.2009
Partir
S'il vous prenez l'envie de refaire votre vie, parce que vous voyez que le temps passe et que votre compagne ne vous accorde plus autant d'intérêt ou que votre compagnon ne partage plus vos passions et que peu à peu s'installe le ronron d'une petite vie qui ne vous exalte plus. Que feriez-vous ? Ne me dites pas que cette question ne vous a jamais effleuré ? Je suis sure que certains soirs, au fond de votre lit, vous regrettez le temps qui passe et soudain, parce que vous approchez la quarantaine ou que vous venez juste de la dépasser, vous avez du mal à vous dire que tout va rester ainsi jusqu'à votre retraite. Là l'épouvante vous saisit et cette nuit-là vous décidez de tout remettre en question.
Ce tournant décisif de votre vie va vous conduire vers les aventures les plus folles car elle va tout d'abord vous donner un second souffle, vous obligeant à vous remettre en question. Elle vous laissera une douce impression de liberté et pour certains elle vous conduira à vous retrouver rapidement le ou la nouvelle partenaire de votre vie. Pour d'autres un célibat aux aventures multiples et toutes plus insipides vous laissera dans une infinie solitude, à tel point que vous pourriez regretter l'ancienne quiétude ennuyeuse, mais si confortable.
Bien entendu, lorsqu'on choisit de quitter l'Autre, on est dans l'action et il est souvent grisant de remettre à plat ses anciennes habitudes pour s'en forger de nouvelles. Les familles reconstituées si nombreuses sont le reflet de ce constat du mitan de la vie... Comme l'homme possède un instinct grégaire, il reconstruit généralement une deuxième famille...vous êtes-vous jamais posé cette question d'adopter les enfants d'une autre ? De vivre dans un nouveau décor totalement éloigné de tout ce que vous avez connu jusque là ? Avez-vous-même songé à changer de pays et de langue...Partir...Partir...Voyage...Voyage
Peu d'entre nous n'ont assez de cran ou de folie, selon les points de vue, pour une telle échappée! D'ailleurs celui qui est tenu par des enfants, rivé à un lieu, une école ou des parents âgés se risquera moins facilement à cette dérive. Il y aura toujours les baroudeurs et les aventuriers de tout sexe qui quitteront à tout moment le port, mais ceux-là ne sont bien que dans le mouvement, dans l'ailleurs incapables d'affronter réalité et responsabilité.
Celui qui est abandonné, laissé pour compte ne comprend pas tout de suite la chance qui lui sourit car c'est même plutôt le contraire qu'il perçoit. Lui ou Elle n'avait pas envie de se remettre en question et vivait finalement bien cette quotidienneté que vous teniez pour banale et morose comme un bonheur tranquille. Une fois passé le choc de la rupture de cette séparation inenvisagée car inenvisageable, le délaissé comme l'abandonnée sont contraints de se repositionner par rapport aux autres, à réapprendre à séduire, à se retrouver dans les bras d'une autre ou d'un autre, à oser à nouveau le regard d'un étranger ou d'une étrangère. Une porte se ferme malgré vous et bien sûr une autre s'ouvre...
L'expérience prouve que la vie de nos jours ne nous contraint pas à la solitude, que les occasions de rencontres sont démultipliées par les nouveaux usages sociaux d'Internet et que des sites comme Facebook empêchent bien des gens de sombrer dans une dépression profonde après un choc affectif. Après une rupture non souhaitée, il n'est pas rare de voir celui qui a été plaqué refaire sa vie plus rapidement et avec plus de bonheur que dans sa précédente union.
Je trouve que toute rupture, même la plus poignante, nous fait progresser : dans la connaissance de soi en premier lieu, car nous n'avons plus ni d'écran ni de miroir...et dans la connaissance des autres, tous les témoins de notre chagrin. Pour se reconstruire, il faut du temps et de la patience, du courage et du sang froid pour ne pas céder à la panique première de l'inconnu, de cette incertitude dans laquelle on tombe forcément au début. Et puis la chance tourne forcément en notre faveur, un jour ou l'autre ; parce que ce jour-là on réalise que le petit vendeur de journaux vous sourie, qu'un merle est venu vous rendre visite dans votre jardin et que la nouvelle voisine est si jolie... Alors la vie reprend son cours et le monde se recompose sous vos yeux !
La clé pour retrouver le bonheur perdu, c'est de regarder autour de soi ; car la vie ne peut et ne doit pas s'arrêter à une seule personne.
Partir Partir
Même loin de quelqu'un
Ou de quelqu'une
Même pas pour aller chercher fortune
Oh partir sans rien dire
Vivre en s'en allant
Chanson de Julien Clerc
11:06 Publié dans Femmes, IMMIGRATION, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie, psychologie, couple, crise, voyage, séparation
17.11.2008
Refuge Hammamétois
Dans ce coin de ciel bleu de mon refuge hammamétois, j’ai le temps de réfléchir sur ma vie, sur cet équilibre dans le déséquilibre, cette impossibilité à exister dans le conformisme. Comme une artiste que je suis et que j’ai toujours étouffée au maximum, mais jamais complètement, je marche sur la route vers non seulement mon identité familiale, les retrouvailles avec ma terre d’origine, mais véritablement vers mon identité personnelle, mon moi intime. Sur ce chemin ardu, j’ai rejeté le confort feutré d’une « petite vie fourmi », pour toujours choisir selon mon cœur, mon intuition et surtout mes émotions, une vie cigale, celle de la Bohème avec ses hauts et ses bas. Jamais satisfaite de mon lieu de vie, j’ai émigré et changé sans arrêt d’appartement, ne restant au grand maximum que 14 mois dans un même logis. Toujours dans le mouvement, le changement étant devenu une seconde nature, j’ai voulu me mettre au défi de vivre dangereusement. Guidée depuis mes dix huit ans par mes lectures intenses, j’ai gardé en tête la célèbre pensée du Philosophe Nietzsche : Man Muss gefahrlich leben (on doit vivre dangereusement). Bien entendu, selon les contextes, cette maxime a une portée différente, cependant se remettre en question, ne pas accepter les normes sociétales, ni les lieux communs, c’est vivre dans une marginalité dans un « In Between » qui peut vite s’avérer dangereux et tellement riche en expériences. Mère Theresa, à laquelle mon Directeur de thèse m’avait un jour comparé, a prononcé à peu près ces mots dans une interview d’elle à la fin de sa vie : « Vivre, exister c’est se mettre en danger et c’est si bon. »
J’ai toujours été attiré par le 7ème art qui, dans cette boite magique permet toutes les expressions artistiques, y mêlant la technique, une modernité nécessaire au service de l’émotion et de la performance. Toutefois le théâtre m’avait d’abord fascinée à 14 ans et je pensais que ce serait ma voie, mais je n’ai pas eu le courage de continuer et je me suis réfugiée dans une première vie feutrée dans laquelle je m’étouffais…bouffie par l’argent, le confort et l’excès de nourriture. Toujours dépressive, incapable d’avancer, hésitant entre retour aux études et travail, j’avançais dans la vie me gorgeant de lectures et de rencontres, me cherchant sans cesse et refusant ma fonction de femme procréatrice. La nature faisant assez bien les choses je ne suis jamais tombée enceinte.
La Pologne des années 80 fut une révélation pour moi sur la réalité communiste et la
résistance d’un peuple fier de son identité. Début 90, je montais une association d’art Inny Swiat (Un autre Monde) avec mon ancien étudiant Christophe Cédat qui, je l’en remercie publiquement, a su faire perdurer cette association, l’ajustant à sa personnalité. Lui, c’est aussi un véritable artiste, à la sensibilité exacerbée, avec la particularité d’être un patron dans l’âme. Et je suis fière, lorsque je vais à Lyon en France, de le rejoindre dans son café-restaurant culturel incontournable près de l’Opéra de Lyon, dans cette Presqu’ile réputée pour ses bouchons. Ce déséquilibre s’est fait sentir rapidement par la non distance que je mettais entre mes étudiants et moi. Incapable de me cantonner à ma fonction, je développais des amitiés avec certaines et certains de mes lycéens en classe de première et terminale, à tel point que je décidais par conscience aigue de la beauté idéale du métier de professeur, que ce n’était pas un métier pour moi. Et je devenais commerçante.
J’avais toujours rêvé d’habiller les hommes et je montais une boutique de vêtements masculins avec pour porte drapeau la célébrissime marque Hugo Boss, que finalement dans mon inappétence à la vie de boutiquier, j’envoyais balader…et je plaquais tout. Commerce, Mari, famille, amis pour me mettre totalement en danger, convaincue que ma vie devait être autre, que je devais me prouver de nouveaux défis, que si je devais mourir et bien que j’affronterai la mort seule et qu’au moins avant de l’issue fatale, j’aurais vécu des expériences intéressantes qui ne pouvaient m’arriver si je restais en France.
L’attrait de l’Ailleurs ayant toujours été mon moteur, je ne reculais pas dans un projet de découvertes de l’Amérique, toute seule avec deux valises, un sac et 8000 francs en poche. Une vraie folie que je ne regretterais jamais, même si l’angoisse la plus effroyable a dominé ma vie durant cette vie américaine. Je ne conseille à personne une émigration contre nature, et pour moi le Canada avec toutes ses tentations ne m’a jamais apporté la quiétude ni le bonheur. La preuve est simple : j’ai pris pendant plus de huit ans des Benzodiazépines, drogue légale dont les médecins abusent, lorsqu’ils ne savent pas faire face aux troubles de l’âme. Je suis une hyperactive, une boulimique de la vie, une amoureuse de la nouveauté et les camisoles chimiques sont du plus mauvais effet sur ma personnalité. Au lieu d’exprimer mon tourment par une créativité bouillonnante, une forme de résilience, le contrôle chimique stabilisait mon humeur, canalisait mon activité tournée vers l’étude, mais n’arrivait pas à faire cesser mes douleurs intempestives et me rendaient neurasthéniques. Je peux le dire, je n’ai pas cessé de souffrir pendant toutes ces années-là. Cette émigration était en train de me détruire totalement. Et puis j’ai écrit Mourir ou ne pas mourir au Québec et le déclic s’est produit, il fallait que je retrouve mes congénères.
Quand ma coiffeuse d’Hammamet Mejda ou mon ami cinéaste Atef me complimentent sur ma beauté arabe, je me sens reconnue et appréciée pour mon image et cela me fait du bien. Je me sens nord-américaine par ma mentalité forgée par douze années pleines passées entre Québec, Montréal et La Nouvelle Orléans. Et toutes mes dernières vacances dans le Maine et le Connecticut. Et cette vision de la vie contraste sans doute avec la mentalité tunisienne, je suis une femme moderne qui vit seule et qui assume sa vie au mieux. Une artiste est difficile à suivre. Seul un autre artiste peut la comprendre et partager sa folie créatrice. Or les milieux que j’ai fréquentés tant en France qu’au Canada ne m’ont pas mis en contact avec ce monde. Seuls mes amis polonais étaient de réelles artistes, peintres, musiciens et scénaristes. Mais leur fréquentation fut réellement éphémère. Je le regrette mais c’est ainsi.
Alors mon retour dans mon pays d’origine est extraordinaire car je me suis aperçue de la richesse de la culture d’ici, même si elle semble confinée à de petits cercles. Il faut d’autant plus la promouvoir car elle est expérimentale et ce sont de vraies œuvres d’auteur, une recherche de l’émotion première, un travail sur la technique, un moyen d’expression où la sensibilité des
artistes affleurent dans les thèmes traités, particulièrement au Cinéma où les sujets sociétaux abordés laissent filtrer une société traditionnelle affrontant de plein fouet une modernité façonnée par les télévisions satellitaires. Ceux qui me lisent depuis un moment savent combien je suis curieuse du monde qui m’entoure. Je puise dans la vie de tous les jours matière à philosopher, écrire et rêver. A côté du projet de la radio culturelle à laquelle je participe avec mon émission Clair-obscur, j’ai pour projet de participer à une aventure de TV sur Internet, et à la réalisation de vidéos.
La Tunisie est un sujet encore vierge et j’ose espérer que ma vision poétique pourra, à la fois, séduire les spectateurs et les producteurs étrangers qui pourraient coproduire avec moi. Vous savez qu’il faut énoncer ses rêves pour les matérialiser. Je suis convaincue de la force de la persuasion d’une parole énonçant un vrai projet riche de réalisations et de potentiels surtout si ce projet est associé à une nouveauté technique ou scientifique. Dans mon cas, l’association Art et Technologies est au menu, alors pourquoi ne pas se lancer. L’avenir ne se place plus en Europe, je le pense dans les pays émergeants car la jeunesse est là. Et comme disait une professeure de Princeton il y a plus de deux ans déjà, Shakespeare peut inspirer les meilleurs professeurs du Sénégal ou de la Tunisie et leur lecture voire relecture de l’œuvre saura être fraiche à la différence des lectures formalistes ou quasiment formatées des universitaires français habitués à ressasser ce qu’ils ont lu dans les livres depuis un siècle au moins. Et ici je fais un clin d’œil à un brillant étudiant tunisien, Ashraf, rencontré il y a un mois à Hammamet et qui est spécialiste de littérature anglophone, un connaisseur entre autre de Shakespeare.
Vive la jeunesse tunisienne!
09:19 Publié dans Femmes, IMMIGRATION, Louisiane, QUÉBEC, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : tunis, tunisie, hammamet, cinéma, art, funun, radio
22.09.2008
J'en ai vu des étoiles de HICHEM BEN AMMAR
Hier je suis allée voir un documentaire dans le cadre de la Caravane du documentaire euro-arabe à Paris. Et je ne l'ai pas regretté
Le documentaire " J’en ai vu des étoiles " est un film sur un sport violent et viril, la boxe. Un sport que paradoxalement j’ai appris à ne pas détester dans mon enfance. Je ne vais pas à des combats de boxe, je n’ai jamais eu d’hommes sportifs dans ma vie ou même qui regardaient ce genre d’exploits à la télévision, sauf mon père qui justement est né aussi en Tunisie en un temps, où comme le montre le cinéaste, la boxe était à l’honneur. C’est en regardant ce film, hier
que j’ai la révélation. Je me souviens qu’adolescente, il m’arrivait de regarder avec lui les matches de boxe et de catchs. Et c’est vrai que j’aime encore voir des films montrant des boxeurs et cette ambiance surchauffée, un peu glauque. Je suis allée voir un film en 2005 sur une boxeuse américaine au destin tragique, Million Dollar Baby de et avec Clint Eastwood, un film remarquable.
Référence La boxe au cinéma : Dans le documentaire d’Hichem Ben Ammar, nous avons un film qui nous parle de la micro histoire, un reportage sociologique sur une tranche de vie d’un pays où je suis né : la Tunisie. Une collection de boxeurs professionnels retraités et souvent très âgés font revivre une époque révolue et oubliée avec verve et émotion. Ce temps où les mauvais garçons boxaient pour l’amour du public, le goût du combat et aussi parfois l’appât du gain avait pris son envol en pleine période coloniale dans un monde où la loi du plus fort était la seule méthode pour sortir de sa condition de pauvre. Tous ces témoignages tissent des pans d’histoire qu’on ne pourra jamais dans les livres aux programmes officiels. Une histoire de la rue, des cafés chantants et du cinéma nous parle des salles de boxe.
Ces années où ma famille, pauvre et vivant dans les quartiers populaires des années 20 à 50, fréquentait les mêmes lieux cosmopolites que montre très bien le réalisateur où Français, Maltais, Siciliens, Juifs et Arabes se retrouvaient dans des combats autour de rings pour soutenir leurs congénères. Tunis était alors une ville multiculturelle.
Le contraste est saisissant lorsque le film bascule sur l’ époque contemporaine. De nos vaillants et glorieux héros de la virilité tunisienne du temps passé, nous entrevoyons une image actuelle de souffrances, de frustrations, de larmes voire de désespoir. Le rêve devient amer quand il jaillit et se tarit tout à fait à la fin du film avec l’émotion du champion quittant la Tunisie, en route pour un destin de boxeur au Canada. Il pleure comme un enfant dans le 4x4 de sa femme et son manager, une étrangère.
Le film est là pour nous questionner sur les changements liés au choix de passer d’une boxe professionnelle à seulement une boxe d’amateurs ? Ce glissement vers un assainissement de la société tunisienne a cassé un engouement social, a réduit à néant les chances d’une grande partie de la jeunesse pauvre de se sortir de la misère ou du moins d’espérer y réussir. La société s’est féminisée en Tunisie, mais également dans les autres pays, et l’aura du champion se porte désormais sur le footballeur, élément d’un jeu collectif, comme le cycliste qui fait partie d’un peloton. Le sport individuel professionnalisé, c’est le golf qui touche surtout l’élite et le joueur de tennis…la force n’est plus de mise. La Tunisie a emboîté le pas de l’Occident, les énergies sont canalisées vers l’économie.
Ce documentaire m’a vraiment parlé car il vient répondre à de nombreuses questions dont les réponses ne sont pas dans les livres. Il m’a redonné le goût d’enquêter sur la mémoire des anciens de ma famille, il m’a émue sur le sort de ses jeunes désemparés ne pouvant pas ou plus réaliser leurs rêves de combattre, il m’a replongée dans l’univers canadien.
Ce documentaire, je le conseille à toutes celles et ceux qui pourront le voir dans une projection privée ou dans un festival , car il ne passe pas à la télévision ni en Tunisie ni en France. Et si j’étais enseignant en Tunisie, j’en ferais une projection avec débats. Je tiens à saluer un tel travail fondamental pour que survivent des archives et que des salles d'entraînement de boxe soit préservées et considérées comme un patrimoine urbain aussi estimable qu’un monument.
L'universalité de ce film c'est sa prise en compte du monde des humbles et de les réintroduire dans la mémoire collective...le vaste chantier du XXIe siècle
23:35 Publié dans CULTURE, IMMIGRATION, SOCIÉTÉ, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Clint eastwood, boxe, Tunise, Canada, Tunis, colonie, cinéma
12.08.2008
Montréal et ses couples mixtes
J'ai envie de refaire un petit tour par le Québec, non pas en vrai, mais grâce à Internet. Parce que depuis quelques temps en Tunisie je rencontre des jeunes futurs émigrants ou en partance, ou bien des amis qui y ont séjourné plusieurs années et en sont repartis. comme beaucoup le font, soit par obligation familiale, soit déçus par le contexte professionnel ou amical d'une intégration insatisfaisante à la longue, comme ce fut mon propre cas, je parle souvent du Québec.
S'il est un phénomène qui m'a vraiment interpellé et auquel j'ai consacré quelques cours, c'est le phénomène des couples mixtes. Une approche de géographe plongée au coeur de la Ville de Montréal est simple, le Métro montréalais. Dans un pays où le froid pénétrant pousse la population à se réfugier dans les dizaines de kilomètres de galerie du Métro, celui-ci est un champ d'observation idéal.
Les couples mixtes y sont relativement visibles. La ville de Montréal accueille les immigrants de toutes les parties du monde ainsi que les Étudiants de la planète. Parmi la jeune population des couples d'horizons très variés se forment. Là bas à Montréal, la mixité touche les adultes et tous les âges. La société québécoise laisse à l'individu un libre-choix. On peut l'affirmer sans exagérer, en Amérique et au québec en particulier, le poids des familles est très minime et le regard des Autres ne porte pas à conséquence. Entre tolérance et indifférence les couples ont tout loisir de se former au gré des rencontres. Dans un tel contexte de liberté, l'amour entre des partenaires d'ethnies, de religions et de cultures différentes est possible. Aussi ce phénomène est une particularité appréciable du Québec.
Ce qu'on appelle depuis quelques temps en France la Diversité est promue dans le discours montréalais et les couples mixtes prouvent que cela existe et que cela fonctionne. Cette notion est même promue au travers de films documentaires qui mettent en vedette des couples mixtes qui se sont prêtés aux jeux du témoignage filmé. Je me suis bien souvent servie de ces documentaires dans mes cours de géographie culturelle pour faire réfléchir mes étudiants sur l'appropriation d'une culture en mouvement et en construction, une culture urbaine faite des apports des immigrants à un pays hôte et les traces dans le paysage.
Maintenant que je partage mon temps entre la France et la Tunisie, je reste fidèle à ces sujets cncernant la diversité et je reçois régulièrement des nouvelles de Montréal grâce au Média en ligne Media Mosaïque Montréal.
Or, au cours du mois de juillet un article m'a intéressé plus particulièrement: il s'agit d'un roman écrit par Gladys Otou "D'un océan l'autre", présenté comme un vibrant plaidoyer en faveur du métissage.
Je vous donne à lire ici une partie de l'article et vous convie à lire sur le site même de Media Mosaïque Montréal - Nouvelles le dossier sur les Couples mixtes du 24 juillet dernier
Interviewée Gladys s'exprime ainsi
«J’adore les couples mixtes et on en
voit de plus en plus à Montréal. Des
Québécoises avec des Haïtiens, des
Asiatiques avec des Blancs, des
Italiens avec d’autres ethnies, je
trouve ça formidable et que c’est beau
à voir!»
Gladys Otou, née au Cameroun, immigrée au Québec à l’âge de 11 ans et ayant vécu également en France. Son ouvrage «D’un océan à l’autre», paru aux Éditions Grenier, en fait d’ailleurs grandement écho. "«Je suis fortement interpellée par le thème du métissage même si mes deux parents sont tous issus de la même culture»
Génération Y, ouverte au métissage?
«Ma génération que l’on appelle communément (génération Y) est beaucoup plus
ouverte au métissage. On a donc tous été à l’école avec un peu tout le monde(Blancs,
Latinos, Asiatiques, Noirs, etc.)»
«on vit dans un monde globalisé où les frontières sont ouvertes, où les
gens apprennent à se connaître, où les barrières entre les races tombent. Ça va
avoir tendance à s’accentuer avec les années au Québec et ailleurs,
*«D’un océan à l’autre»: un vibrant plaidoyer en faveur du métissage
L'identité d'une ville comme ,vue par la lorgnette des couples mixtes disséminés dans la ville, construit une géographie symbolique qui mérite d'être étudiée.
18:50 Publié dans CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, MEDIAS, QUÉBEC, SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Montréal, québec, Immigration, couple, mixité, diversité, liberté
28.07.2008
Hammam et Beaujolais
Ce matin j'ai beaucoup navigué sur le Net et parmi mes sites fétiches j'ai celui de BabelMed qui s'intéresse aux cultures méditerranéennes en plein évidemment mes centres d'intérêt, vous vous en doutez.
Et je découvre un livre qui m'a l'air bien intéressant, Hammam et Beaujolais. à la fois une étude socio-anthropologique et une nouvelle, celle d'une femme au parcours multiculturel: Nadhia Khouri-Dagher
“Je suis née Arabe. Je suis Française aujourd’hui. Nous sommes des millions, émigrants, enfants d’émigrants, venus d’Algérie, du Maroc, du Vietnam, de Pologne, d’Italie ou du Mali, à vivre ainsi en France notre double identité, notre double appartenance. Moi, je viens du Liban.”
Et son site possède un abécédaire très astucieux dans lequel chaque rubrique est un régal...j'ai pris "au hasard", le terme gastronomie.
Je lis:
"Dans la gastronomie française, je lis l'épicurisme des Français je lis Watteau Boucher Fragonard, des siècles de raffinement, une culture sophistiquée, un vestige aujourd'hui de siècles d'une culture aristocratique royale princière qui continue ainsi à marquer les pratiques les rites dominicaux les repas d'hommes d'affaires les soirées d'amoureux, je lis aussi l'amour des Français pour la littérature car ces noms de plats sont littérairissimes pour moi, petits textes créés exprès poèmes de cuisiniers, dans la gastronomie je lis aussi et surtout l'amour des bonnes choses, le sens du plaisir, la gourmandise, le temps passé en cuisine pour les autres, la créativité, l'envie d'étonner, de combler ses invités, de les honorer, de se gâter aussi, et tout ça ça me plaît!"
Sur BabeMed je découvre sous la plume de Sarah Ben Ammar ce parcours:
"Née en Egypte, cette journaliste et anthropologue libanaise connaît bien la société française. A l’âge de 6 ans, elle quitte Beyrouth avec sa famille et part s’installer en banlieue parisienne à Viry-Châtillon. Si «l'école publique (lui) a permis de pénétrer dans des familles françaises», d’aimer et d’adopter la culture de son pays d’adoption, Nadia Khouri Dagher explique comment elle reste pétrie de traditions orientales: «je vis en France depuis plus de trente ans, mais mes gestes de toilette au quotidien sont ceux d'une femme d'Orient». Tout comme Rica et Usbek, des «Lettres Persanes» de Montesquieu, l’anthropologue décrit les Français à travers son regard d’Orientale: leur rapport à l’argent, leur discrétion, leur pudeur souvent perçue comme de la froideur, leur épicurisme aussi… Car il s’agit bien de décrire, de constater et non de juger."Il me parait assez notable le fait que Nadhia ait eu un réflexe de Française en Tunisie elle le dit elle même :
«En France, je me sentais complètement libanaise et orientale. Et c’est en vivant en Tunisie- qui est pourtant un pays très moderne- que je me suis rendue compte que j’étais devenue très Française. Par exemple, à cette époque, durant les années 80/90, les cafés des centres villes étaient tous réservés aux hommes. Je ne pouvais donc pas m’asseoir à la terrasse d’un café. Bref, à travers tout un tas de petites choses, j’ai pris conscience que j’étais Française»
Les temps ont bien changé en Tunisie la société s'est modernisée et les femmes autonomisées, mais il est vrai que tout le monde ne boit pas de vin en Tunisie, surtout si les personnes sont pratiquantes et donc suivent les préceptes de la religion musulmanne qui déconseille l'ivresse et ne préconise pas du tout la consommation de vin. Il n'empêche que la culture du vin revient avec force et pas seulement pour l'exportation. Une grande partie de mes amies et amis sont des amateurs de Mornag et St Augustin, excellents vins tunisiens.
Ce livre, comme le signalE Babel Med, est un véritable pont entre les cultures, sous forme d'abécédaire et mettant en valeur l'alphabet inventé par les Phéniciens ancêtre des LiBANAIS et des TUNISIENS.
L'astuce choisie par l'écrivain permet une lecture facile et abordable par tous mais c,est chaque fois plein de sagacité et de poésie. Elle explique:
«Et puis je trouvais qu’un mot plus une entrée permettaient de ne pas s’imposer au lecteur avec une œuvre lourde. Ce livre est en fait composé comme un mezzé libanais que l’on peut picorer au gré de ses envies»Cette envie d'être un pont entre les cultures grâce à l'identité méditerranéenne, avant les divergences religieuses elle va la chercher, comme beaucoup en Tunisie aussi, dans le passé antique :
«Je voulais revenir à une antiquité commune qui date de bien avant l’Islam et l’âge du Christianisme, ces religions qui nous ont divisés, et revenir à une identité méditerranéenne antique qui nous rappelle que l’on a exactement les mêmes rites, la même façon de concevoir la vie, les mêmes plaisirs tels que la plage, le soleil, manger des figues…»Elle cherche à ouvrir les yeux des Français à leurs origines plurielles et à montrer que le métissage des cultures est encours de tous lescôtés de la Méditerranée et que nous sommes des citoyens du Monde avec au minimum une double culture
«Ce livre parle à des tas de gens parce que tous les Français ont dans leur famille quelqu’un qui vient de quelque part. Il s’adresse aussi bien à mes sœurs orientales de France qu’à mes sœurs orientales qui vivent là-bas car aujourd’hui, avec la mondialisation, même si on vit à Casa, Alger, Tunis ou Beyrouth, on fait partie de l’Occident parce que l’on parle une langue étrangère, parce que l’on écoute de la musique étrangère, parce que l’on porte un jeans… Aujourd’hui, que nous vivions là-bas ou ici, nous portons tous deux cultures.»Je me revendique totalement de cette lecture, j'y rajoute en plus ma touche américaine une transition de 12 ans entre Québec et Louisiane.
Lire :«Hammam et Beaujolais» par Nadia Khouri Dagher, paru aux éditions Zellige.
Sarah Ben Ammar
(17/07/2008)
13:20 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, Louisiane, personnalités, QUÉBEC, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hammam, Beaujolais, babelmed, Khouri-Dagher, anthropologie, Tunis, laiban
01.06.2008
Nés en 68
Hier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.
Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.
Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France, certes un peu moins qu’en Californie.
Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.
Une erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!
Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.
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| Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau | ||
| avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge) | ||
Filmographie de Mme Laetitia Casta :
Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)
23:35 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, Guerre, IMMIGRATION, SOCIÉTÉ, USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : casta, Laetitia, 68, Mai, France, hippies, Gauche
08.05.2008
La poésie résiste
Ne lui dites pas qu'il est anormal
Vous risquez seulement de lui faire mal
Car sait-on ce qu'est la normalité :
Force, par le nombre, contre l'unité ?
Vue de différents angles : Relativité
Ou seule et immuable, érigée VERITE ?
Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent
Mot, il est vrai, que tout le monde comprend
Différence qui porte tantôt sur les couleurs
Pure adaptation au milieu qui nous entoure
Dont le sens ne vous cause point de douleurs
Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin
Soyez simple, ne faites pas le malin,
De tracas et de malheur, il a eu sa dose
Victime frappée de mucoviscidose
Ou par le fait du sort, tétraplégique
Il préfère serrer une poignée énergique
Quoique son teint ne fasse pas couleur locale
Celle des seigneurs ou des ariens
Ou celle des démunis qui ne possèdent rien
Vous verrez sa santé dans sa force mentale
Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :
Voyez par delà ce qui vous paraît laid
Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,
Oyez le autrement qu'il ne vous parait
Vous verrez qu'il s'agit d'un humain
Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main
Si le Sida vous fait toujours peur
Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,
L'autre ne veut vous embarrasser,
Ni obséquieux ni trop élogieux
Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux
Et d'autres ont même osé l'embrasser
A MEDITER !
13:57 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, Guerre, IMMIGRATION, MEDIAS, RACISME, SOCIÉTÉ, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, poème, tunisien, Tunisie, France, Différence, résistance
24.04.2008
Que de chemin parcouru...Fais moi ton cinéma!
Puisque j'en suis aux constats, je vous le dis tout net...mon retour en France n'était qu'une étape sur ma route.
Un jour quelqu'un m'avait dit, quand tu pars de France, ne fais pas la bêtise d'y revenir...ce conseil je l'avais reçu trois mois avant mon départ au Canada. Cet inconnu rencontré dans un café était un amer désillusionné...il avait vécu aux États-Unis et en était revenu cinq ans plus tard, depuis lors, sa vie n'avait pas repris racine en France; il avait franchement l'air de végéter. Nous étions en 1993 avant l'heure d'Internet pour tous...je ne sais pas ce que cet homme est devenu, mais l'autre jour je suis allé au Café à Sartrouville tout à côté de l'ANPE...J'allais rencontrer la jeune femme qui suit mon dossier de "future créatrice" d'entreprise en France...sans indemnité...ne vous inquiétez-pas! ici, si j'étais totalement seule et compte tenu de mon PHD et encore plus de mon âge...on m'accorde 350 euros par mois, dans un pays où pour un studio comptez 450 euros minimum, à Paris 650, la place de théâtre coute 45 euros en moyenne et la bavette chez mon boucher 25 euros le kg...je ne vous parle pas de toutes mes notes de restaurant, où je ne suis même pas sure de manger quelque chose de savoureux...le thé sur Paris 4 euros...
Revenons à ce petit café propet tenu par une dame portuguaise et je voyais les mêmes têtes que 15 ans en arrière, des gens désillusionés et qui me savent pas pourquoi ils sont là...moi j'ai avalé un croissant et je suis allée rencontrée ma "personne ressource" pour lui annoncer que je mettais ma création en suspens...puisque deux jours avant mon mari m'avait déclaré tout de go...et sans préliminaires qu'il souhaitait descendre de notre train, pour poursuivre sa route dans une limousine... La tête de mon interlocutrice...Ah les hommes et voilà qu'elle me raconte sa vie...sans doute moins enviable que la mienne! Cela m'a fait du bien de voir que, Nous les Femmes, nous subissons des conjoints égoïstes, inconséquents, inconstants et bien souvent lâches...bon à part cela, pas de quoi se réjouir...Nous étions le 15 janvier 2008.
Depuis il s'est passé tant de choses en Tunisie que le moral est revenu et je viens de prendre la grande décision de ne pas stagner en France...Non je ne vais pas retourner au Canada, j'en suis partie pour trouver mes congénères et figurez-vous, je les ai trouvés... C'est unique, mais j'ai eu la chance de rencontrer mon double, un parcours identique dans le temps et dans l'espace Tuniso-canadien...RARE...mais non pas un fantasme d'écrivain...une vraie rencontre impromptue et irréelle...à faire un film...une abstraction devenue réalité...Vouloir très fort et très haut, se déclarer dans son authenticité, et les choses désirées arrivent...au bon moment à la place comme disent les Québécois...une synchronicité...époustouflante!
Les Flux sont des aspects de la géographie qui me passionnent, surtout quand on s'intéresse aux imaginaires qui font voyager, immigrer, être dans le mouvement... et tous les transports de l'esprit font partie intégrante de cette géographie symbolique que j'aimerais saisir...cartographier si c'était possible... Le Cinéma modèle l'Imaginaire contemporain...le Cinéma est un vecteur extrêmement important de ces flux et transports de l'âme. Le cinéma est un média qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, qui nous conduit aussi au plus profond de nous-mêmes dans ce voyage intérieur...dans cette rencontre avec notre identité personnelle et collective. Le Cinéma nous donne à voir notre visage social ou celui qu'on voudrait faire voir...plus encore le Cinéma d'Ailleurs, nous aide à rencontrer l'Autre, tel qu'il veut être vu et parfois, malgré le vernis, tel qu'il est vraiment. Le Cinéma est un miroir qui réfléchit nos bonheurs, nos misères, nos aspirations, nos velléités, nos appréhensions et nos victoires...les rencontres cinématographiques sont donc capitales et je les tiens en haute estime. Un pays sans cinéma n'existe pas, la culture véhiculée grâce à ce media est indissociable de ma géographie symbolique...
C'est pourquoi et pour répondre à une question d'un Français ignorant la réalité tunisienne...je finirais par l'annonce de ce qui se passe actuellement à Tunis : 23 au 27 avril à la salle 'Le Mondial' et à 'Cinémafricart': "Le cinéma tunisien des années 80" dans le cadre des Journées du Cinéma tunisien
Les journées du cinéma tunisien sont organisées par l’association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) en collaboration avec : le Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, les cinémas Le Mondial et CinémAfricArt, la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC) et l’Institut français de coopération (IFC).
Je n'y suis malheureusement pas mais je suis cela de près puisque j'ai la chance de connaître deux personnes grandement impliquées dans cet évènement: le secrétaire général de l’Association (ATPCC) Mohamed Naceur Sardi et le créateur du portail cinematunisien.com, et aussi graphiste de l'affiche, Nejib Riahi Il n'est pas innocent de préciser que ces deux amis ont aussi un lien particulier avec ma propre route tuniso-canadienne, l'un en est revenu dix ans avant moi et l'autre y part bientôt...
Le programme commenté :
Le mondial
Mercredi 23/04 19h Soirée d’ouverture « Le fou de Kairouan » De Jean André Kreuzy
Le Fou de Kairouan
1937, 73’, France / Tunisie, N&B
Réalisation : Jean André Kreuzy
Scénario : Paul Hug, Hassen Rachik
Avec : Mohieddine Mrad, Flifla Chamia, Abdelamajid Chabbi, Selma Ridha
Le Fou de Kairouan est une histoire d’amour comme au bon vieux temps, de celles qui ne peuvent être qu’en noir et blanc, de celles qui provoquent une émotion toute particulière, quand on va au cinéma pour y chercher les larmes d’une romance comme on n’en fait plus. Mais Le Fou de Kairouan, c’est aussi une rareté qui marque la naissance du cinéma tunisien, à l’époque coloniale, parce que le film est tiré d’un vieux conte arabe (l’amour fou de Majnun, poète fiévreux, pour sa cousine) et qu’il est parlé et chanté en arabe. Un film qui ne peut faire l’objet que d’une invitation à être vu, pour la culture du plaisir et le plaisir de la culture.
"Le Fou de Kairouan, premier film tourné en langue arabe en Tunisie, sorti sur les écrans durant l'hiver 1939, est ainsi l'occasion de réfléchir au possible développement d'une industrie cinématographique de langue arabe en Tunisie." Morgan Corriou auteur de la thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 "Les Français et la vie culturelle en Tunisiedurant la Seconde Guerre mondiale"
18h30 « Champagne amer » De Ridha Béhi
20h30 « Traversées » De Mahmoud Ben Mahmoud
Vendredi 25/04 15h00 « Les baliseurs du désert » De Nacer Khemir
17h30 « Leïla, ma raison » De Taieb Louhichi
20h00 « L’homme de cendres » De Nouri Bouzid
Samedi 26/04 15h00 « Programme FTCA » Films des années 80
17h30 « Arab » De F.Jaïbi et F.Jaziri
Dimanche 27/04 10h00 « Programme Dessins Animés Tunisiens » Années 80
15h00 « La nuit de la décennie » De Brahim Babaï
17h30 « Poussière de diamant » De Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaibi
CinémAfricArt
Samedi 26/04 20h30
Première Soirée Courts Métrages Tunisiens - années 80
Dimanche
27/04 20h30
Seconde Soirée Courts Métrages Tunisiens années 80
La Maison Maghrébine de la Culture – Ibn Khaldoun
Dimanche 27/04 10h00 Table Ronde
11:00 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, IMMIGRATION, MEDIAS, QUÉBEC, SOCIÉTÉ, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, CINEMA, Tunisie, Tunis, France, Canada, Bouzid
06.02.2008
Femmes: avoir 20 ans en Méditerranée
Lu sur BabelMed ce jour:
Quatre médias: la revue Afkar, le quotidien l’Orient le jour, les sites Bianet et Babelmed , en partenariat avec l’IEMED, donneront le coup d’envoi le 5 février à une grande enquête sur les jeunes femmes méditerranéennes: «Femmes: avoir 20 ans en Méditerranée».
La rencontre, dont le but est de constituer un réseau de femmes journalistes des deux rives de la Méditerranée, appelé à fonctionner de manière pérenne, débouchera sur un questionnement autour des problématiques du genre dans l’espace euro-méditerranéen.
Au delà du profil que ces enquêtes entendent tracer de la génération des 20-30 ans dans 9 pays des rives nord et sud de la Méditerranée (Algérie, Egypte, Espagne, France, Italie, Liban, Maroc, Palestine,Turquie), deux thèmes sensibles seront traités: «femmes en situation de conflit» , et «la jeune création féminine en Méditerranée».
Le 6 février, une table ronde sur «Visibilité et représentation des femmes dans les médias» aura lieu à l’IEMED, à partir de 11.00,
Quelle place occupent les femmes dans les médias? Quelles images et modèles féminins ces derniers diffusent-ils dans les différents pays européens et méditerranéens? Pourquoi le rôle des femmes au sein de leur société est-il si peu valorisé? Et enfin, comment est-il possible de contraster et de démonter les stéréotypes et les réductions dont celles-ci sont encore trop souvent victimes dans les médias?
C’est à ses grandes questions que les journalistes présentes à Barcelone tenteront de répondre en débattant avec le public.
Cette première rencontre sera suivie par une Conférence sur «Les Femmes méditerranéennes en situation de conflits» qui se tiendra au mois d’avril prochain à Rome.
20:45 Publié dans Femmes, IMMIGRATION, NETWORKING, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Femmes, mediterranée, Méditerrannée, forum IEMED, Afker, Babel med




























