17.01.2009

Palestine anti-poésie

Anti-poésie sur un air de Rap

Palestine meurtrie,
Palestine endolorie,
Palestine ton cri
N'arrive plus dans nos vies
a soulever nos esprits
Pourquoi pourquoi pourquoi
nos yeux sont taris
et cette paralysie
devant ces victimes
de Palestine

M.Geronimi


A la veille d‘un cessez le feu unilatéral. dit-on aujourd’hui, samedi 17 janvier, je me réveille comme tous les jours et je regarde France 24 depuis ma tanière d’Hammamet.
Depuis le début de l’année, je n’ai pas eu envie d’écrire…

 

Chaque année depuis deux ans, le début d’année m’avait apporté détresse et désarroi :

  • en janvier 2007 j’avais appris que toutes mes affaires incluses dans mon déménagement entre Montréal et Paris avaient disparu. Je perdais ainsi l‘intégralité de mes douze ans passés au Québec, à savoir toutes mes toiles peintes durant le séjour, l‘intégralité de mes documents papiers de recherche sur Québec et La Nouvelle Orléans, la totalité de mes 300 livres, l’ensemble de mes CDs Jazz et Classique sans compter les bibelots et autres pièces que je ramenais…mais le pire ce sont toutes les photos avant le numérique, toute ma vie évaporée… une petite mort…
  • en Janvier 2008, mon conjoint québécois depuis 1994 m’annonçait simplement et très élégamment à Roissy à ma descente d’avion d’un séjour de travail de 5 jours en Tunisie : j’ai pris une décision, je te quitte Martine. Un véritable tsunami affectif pour moi qui s’est soldé par une séparation, puisque nos vies ne pouvaient plus suivre le même chemin. On ne peut forcer aucune personne à vous aimer.

En ce début d’une année triste car endeuillée par cette guerre sale et médiatisée à outrance sans intervention efficace des voyeurs et en attente des décisions du géant américain et de son nouveau Président, le très espéré Obama, je fais profil bas. Je me demande ce que l’avenir nous réserve encore à la fois professionnellement et personnellement. La crise boursière et financière a mis à mal depuis septembre toutes les économies et les investisseurs se font plus rares, soit qu’ils sont ruinés ou qu’ils sont dans une situation de retraits et d’attente prudente voire de repli.


L’heure est à la réflexion et au repositionnement au niveau des valeurs indispensables. L’honnêteté n’est pas toujours une valeur essentielle dans le milieu des affaires et pourtant je la revendique parce que face à tous les indélicats (des hommes en général) que je rencontre sur ma route, c’est une force indéniable et je peux le proclamer haut et fort : je suis incapable de m’associer avec un partenaire que j’ai pu tester et qui est soit perfide soit incompétent. Et je suis sure que mes clients sauront faire la différence car mon service, qui bien entendu s’est affiné en prenant le temps de connaître encore mieux la Comédie humaine, pourra se développer pleinement, une fois la tourmente passée. Je suis optimiste de nature.

Mes valeurs sont fortes, je soutiens comme vous le savez toutes les initiatives culturelles et patrimoniales, l’alliance nature et culture, la cause des femmes. Je suis foncièrement pacifiste et je crois que la femme est le meilleur de l’homme car elle lui apporte une qualité primordiale qui lui manque : l’intuition.


Vous savez ces mois de solitude, cette vie de célibat forcé, me font plonger jusque dans mes limites les plus intimes. Le stress est majeur par moment et se traduit par des malaises physiques. J’apprends combien je suis foncièrement urbaine, comment je déteste être seule dans une maison retirée où j’entends les chiens errants hurler toutes les nuits au milieu des oliviers et les coqs vociférés à tue tête…seul l’appel du Muezzin au loin arrive à me calmer au petit matin et les images de guerre lorsque j’ouvre ma télé satellitaire ne viennent pas à mon secours, non plus.


Les déceptions se sont accumulées et je dois dire que les appels à la prudence de toute part ne sont pas vains. Je pourrais écrire des tonnes de nouvelles qui raconteraient telle ou telle mésaventure arrivée ici mais à quoi bon…il existe deux types d’être humain, une majorité casanière et pusillanime et dont la vie est un long fleuve tranquille, une minorité foncièrement aventurière allant jusqu’â l’excès et qui a envie de prendre des risques quitte à perdre, pour mieux rebondir…alors les appels à la prudence sont donnés par les premiers et écoutés parfois par les seconds qui ne veulent pas en tenir compte.

 

Si vous aimez avoir des émotions et mettre votre vie en danger alors sortez de France ou du Canada et frottez-vous à la vraie vie, pas celle des expats à la cage dorée…non une vie sans filet, une vie d’entrepreneur… au moins quelques temps pour retrouver votre moi intime, pour connaitre finalement ces limites qu’on ignore de soi, celles qui vous font comprendre que vous existez vraiment que la vie ne se résume pas au Voiture-Boulot-Télé ou couche-culottes.
Je vous assure que ce n’est pas toujours facile mais prendre sa vie à bras le corps c’est un défi qui me parait celui du courage et de la lucidité.

Si vous faites partie de la deuxième catégorie je vous invite au voyage, celui-là non organisé

01.06.2008

Nés en 68


0856c0511b1803fd7ba3df8e734e5cf8.jpgHier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.

 

Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.

 

Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France,  certes un peu moins qu’en Californie.

 

Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance  souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.

 

3a077c831ab00262ef2c6ffe86e8c522.jpgUne erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!

 

Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.

 

2007 - France - Drame - 2h53
Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau
avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge)

 
Filmographie de Mme Laetitia Casta :

Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)

08.05.2008

La poésie résiste

De l'autre côté de l'océan aussi, de l'autre côté de la Méditerranée également, la poésie francophone résiste et elle nous émeut parce qu'elle est dans son rythme comme dans ses mots un condensé d'émotions, de douleurs et d'espérance.
L’espoir
Je ne sais quoi !
Je ne sais plus !
Quelle dague choisir pour me piquer ?
Dois-je utiliser une balle en argent dans la roulette de ma vie
Pour couper court à mon immortalité ?
Je ne sais plus !
Quel œil crever !
Pour ne plus me voir dans son reflet.
Quel bras mutiler !
Pour ne plus lever un toast en l’honneur de mon obsession
D’être le premier.
Pour ne plus écrire des poèmes d’éloge.
Je ne sais plus !
Quel mot prononcer !
Dans le balbutiement de mon mutisme.
Dois-je couper ma langue au milieu !
Pour la rendre fourchue !
Pour la rendre deux !
Et baisser les yeux.
Je ne sais plus !
Quel sang coulera !
Le jour de ma renaissance,
Si j’en aurai le courage !,
Quel pied me portera
Face à mon inépuisable déchéance
Face au poids de ma vanité !
Je ne sais plus !
Je ne sais quoi !
Mais ce que je sais
Ce que j’ai toujours su
Quelque part derrière la porte
Quelque part après la nuit
Quelque part…quelqu’un
Attend que je me désagrège
Pour me tendre sa tendresse
Qui collera mes fracas…
Qui me fera…
Je ne sais qui…
Je ne sais quoi…
Mais qui me fera.
Tunis 29 -01-2008
DIFFERENCES

Ne lui dites pas qu'il est anormal

Vous risquez seulement de lui faire mal

Car sait-on ce qu'est la normalité :

Force, par le nombre, contre l'unité ?

Vue de différents angles : Relativité

Ou seule et immuable, érigée VERITE ?

Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent

Mot, il est vrai, que tout le monde comprend

Différence qui porte tantôt sur les couleurs

Pure adaptation au milieu qui nous entoure

Dont le sens ne vous cause point de douleurs

Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin

Soyez simple, ne faites pas le malin,

De tracas et de malheur, il a eu sa dose

Victime frappée de mucoviscidose


Ou par le fait du sort, tétraplégique

Il préfère serrer une poignée énergique

Quoique son teint ne fasse pas couleur locale

Celle des seigneurs ou des ariens

Ou celle des démunis qui ne possèdent rien

Vous verrez sa santé dans sa force mentale


Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :

Voyez par delà ce qui vous paraît laid

Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,

Oyez le autrement qu'il ne vous parait

Vous verrez qu'il s'agit d'un humain

Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main


Si le Sida vous fait toujours peur

Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,

L'autre ne veut vous embarrasser,

Ni obséquieux ni trop élogieux

Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux

Et d'autres ont même osé l'embrasser

 Kamel M’Rad

Lyon  février 2008 


Et pour finir, une petite histoire toute simple dans le RER hier, alors que j'allais au Théâtre Edouard VII voir les Brasseur, père et Fils dans une pièce de Sacha Guitry qui fait fureur à Paris, ces temps-ci:
J'ai ramassé un journal à mes pieds, il était abandonné et j'ai remarqué quelques mots qui ont accroché mon attention...DERRIDA en dessous du mot SAVOIRS ...et le journal était ouvert sur Cinéma et son titre Journal d'un cinémateur...j'ai pris le journal, l'ai tourné, remis à l'endroit...je me demandais quel était donc ce journal, de culture sans aucun doute et... dans un élan de rationalisation, j'ai cherché la Une. Il s'agissait du journal Les Lettres françaises du mois de mai...c'était la première fois que je voyais ces feuilles de culture...moi qui me prétend cultivée...je me suis mise à dévorer les articles. Ce matin en écrivant ces mots, je me suis aperçue que c'était le supplément du journal l'Humanité du 3 mai 2008, très certainement abandonné dans ce RER déshérité de la banlieue parisienne. Tout s'explique je n'achète pas l'Humanité...
Il y avait un article intitulé La poésie résiste de Françoise Han, ce qui explique le titre de ma note de ce matin. Elle y parle, notamment d'un ouvrage sur la poésie juive pendant l'occupatin allemande:  Les poèmes de Czernovitz, traduits et présenté`s par François Mathieu, qui font partie d'une collection Bruits du temps aux Éditions Laurence Teper.
Je finis par des citations extraites de ce receuil de plusieurs poétesses:
"Plaie devient Mot/ mot devient geste/ geste poème"
"Ma patrie est morte/ils l'ont enterrée/dans le feu/ je vis/ dans ma mère patrie/ le mot "
Je vous quitte sur une phrase de Kafka que je rapproche d'une autre, de Paulo Coelho- Le pèlerin de Compostelle
« Ce que nous appelons chemin, c’est notre indécision. »

 

«L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.»

A MEDITER !

 

28.03.2008

Festival du film documentaire à Tunis

Je pars une nouvelle fois à Tunis et durant la semaine prochaine a lieu une belle aventure Doc à Tunis:

"Afin de s’inscrire dans l’histoire universelle du documentaire, une œuvre notoire sera (re)visitée. «Doc à Tunis» rend ainsi hommage à un auteur parmi les plus représentatifs de son époque. Pour cette année, une rétrospective de plusieurs documentaires est prévue pour rendre hommage à Agnès Varda, cinéaste française. Parmi les 16 films au menu, citons : Ulysse (1982); 22’), Salut les Cubains (1962-63, 30’), Le Lion volatil (2003, 12’), Réponse de femmes (1975,8’).
25b17745e8cb707208d016a4695f5a00.jpgAutre hommage : consacré à Mustapha Hasnaoui, Tunisien résidant en France. 7 films sont proposés dont L’écriture sous surveillance (20’), Des belles étrangères, Palestine (75’), Le Caire mère et fils (55’), Essayad musicien (60’).
Cet hommage s’inscrit dans le cadre de la fenêtre sur le documentaire tunisien, une thématique, le documentaire qui réfléchit sur le cinéma permettra de découvrir des films parfois inédits ou peu vus. L’écran réservera une place particulière à ce documentariste qui réside et travaille en France depuis les années 1980 et dont l’œuvre reste peu connue du public tunisien." La Presse

 Du 2 au 6 avril se succéderont:

• 60 films, hommages, rencontres, débats et ateliers de cinéma
• Inauguration de la compétition consacrée aux documentaires arabes
• Ouverture avec Mots d’après la guerre de Anouar Braham, le 2 avril
• Clôture avec L’avocat de la terreur de Barbet Schrœder, le 6 avril
 
Ce festival est à l'initiative d'une équipe soudée autour de Frédéric Mitterrand : président, Syhem Belkodja : directrice, Hichem Ben Ammar : directeur artistique et Houria Abdelkhalek : délégué générale.
Syhem Belkodja, dont j'ai parlé dans mon blog Distinctive Women in Tunisia a annoncé à la presse: 
 
«l’objectif est d’impulser plus d’élan à la production et à la diffusion d’images documentaires au moyen d’une coopération entre les pays des deux rives du bassin méditerranéen n’est plus seulement en germe. L’idée a mûri et des initiatives commencent à se concrétiser ça et là. Des films découverts par «Doc à Tunis» ont connu une belle carrière internationale, les prouesses documentaires annoncent l’émergence de nouveaux talents, des films sont en chantiers, rouverte sous le label Cinéma d’art et d’essai, une salle de Tunis réserve une place de choix aux films documentaires. En deux sessions, l’impact du festival est patent et c’est pourquoi il nous paraît nécessaire de consolider cet acquis pour assurer un développement durable à la profession».

Dans cette programmation le choix du film d'ouverture est très intéressant:

cad39263472ee62db9e72efdc6a684cc.jpgC'est un film tunisien qui a été choisi et qui nous parle du Liban meurtri a l'été 2006: Mots d’après la guerre, ce documentaire de 58’ du musicien Anouar Braham, nous montre es témoignages d’artistes libanais et arabes recueillis après le cessez-le-feu de la guerre au Liban en été 2006. Ce film a été sélectionn au festival de Locarno en Août dernier.

Le dossier de presse du Festival de Locarno 

Parmi les films tunisiens au programme, citons :
- Ouled Lenine de Nadia El Fani (84’),
- Histoires vives de Fitouri Belhiba et Jean Marie Fawer (52’) (Tunisie-France),
- De Casa au paradis de Hend Meddeb (44’),
- Gharsallah, la semence de Dieu de Ridha Béhi (55’). (source Rim Temimi)36bb9b06e4796d266e3bd06a935698f3.jpg

Depuis l'ouverture à Tunis de la première salle de cinéma l'OMNIA-PATHE en 1909, le cinéma a droit de cité en Tunisie. C'est en 1937 qu,est tourné le 1er long-métrage Tunisien "Le fou de Kairouan" de Jean André Crezy avec Mohieddine M'Rad (parlant arabe).
C'est la même année qu'on voit éclore  la première revue tunisienne de cinéma "Arradio wa Assinima" (Radio et Cinéma).

C'est en 1955 que naît la première société de production (privée) de la Tunisie indépendante El Ahd El Jadid (l'Ere Nouvelle) qui produit les Actualités Tunisiennes.

Et si vous vous intéressez au cinéma Tunisien je vous invite à rejoindre Facebook et la groupe du Monde du Cinéma Tunisien, créé par Rim Temimi

Je sais aussi qu'un portail du Cinéma tunisien est en cours d'élaboration et que la saison sera riche en projection de films tunisiens.

 

LA PAGE LA DOC A TUNIS 

15.12.2007

MOBILISONS-NOUS POUR INGRID BETANCOURT

Ce clip de soutien est tout en contraste. Ingrid Betancourt, 9 jours avant son enlèvement : Avec les autres candidats à l'élection présidentielle colombienne, elle rencontre les FARC et leur demande de cesser les prises d'otages. Ingrid, 6 ans après son enlèvement : Accablée et épuisée par sa prise d'otage, il faut agir et se mobiliser pour sa libération. Mobilisez-vous, participez aux actions, signez la pétition sur www.agirpouringrid.com

NOUS NE POUVONS ADMETTRE CETTE BARBARIE ORDINAIRE EN COLOMBIE! 

04.11.2007

La pitoyable affaire de l'Arche de Zoé


Me Jean-Bernard Padaré, l'avocat des reporters composés de trois journalistes français, a annoncé à l'AFP à Djamena, qu'un juge tchadien a ordonné dimanche la libération de ces trois reporters et des quatre hôtesses de l'air espagnoles incarcérés au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé

41449fdf2385bf05084940c4ad521439.jpg«Le juge d'instruction vient de me notifier la main levée du mandat de dépôt conformément aux articles 248 et 249 du code de procédure pénal», a déclaré l'avocat des journalistes français.

Les trois reporters sont : Marc Garmirian (agence Capa), Jean-Daniel Guillou (agence Synchro X) et Marie-Agnès Peleran (télévision France 3 Méditerranée).

Me Padaré aurait ajouté, selon l'AFP que ces sept personnes «vont venir chercher leurs effets personnels au palais de justice de N'Djamena et ensuite se rendre à l'aéroport».

L'affaire fait grand bruit en France à tel point que le Président Sarkozy soit parti au Tchad pour aller récupérer les Français embarqués dans cette galère.  Dimanche en début d'après-midi, dans la capitale tchadienne, le Président  Idriss Deby Itno accueilli le Président français.

4dbcde769a8f78470e9b2147756fa322.jpgCe soir d'arès le journal "Le Monde":

"N'DJAMENA (Reuters) - Au terme d'une visite-éclair à N'Djamena, Nicolas Sarkozy a ramené dans son avion les trois journalistes français et quatre hôtesses de l'air espagnoles inculpés au Tchad dans l'affaire de "L'Arche de Zoé" et libérés dans la journée.

Dix autres Européens - les six membres français de l'ONG, les trois stewards espagnols et le pilote belge de l'avion qui devait acheminer en France 103 enfants africains - restent inculpés et écroués pour enlèvement ou complicité.

L'avion du président français se posera aux alentours de 21h00 locales sur un aéroport militaire de Madrid pour y déposer les hôtesses avant de repartir pour l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, où il est attendu vers 23h45 locales, fait savoir l'Elysée.

Lors d'une conférence de presse à N'Djamena avec le président tchadien Idriss Déby, Nicolas Sarkozy a manifesté sa préférence pour que les membres de l'ONG détenus au Tchad soient jugés en France, tout en se défendant de toute ingérence.

"Il est assez normal (que le président français) souhaite que des ressortissants français puissent être jugés dans leur pays", a-t-il déclaré.

Sarkozy a souligné que des accords de 1976 entre les deux pays permettaient que les six humanitaires toujours détenus soient jugés en France. "C'est à la justice de nos deux pays d'en décider", a-t-il dit.

Ajoutant qu'un juge français viendrait "vraisemblablement au Tchad", il a espéré une solution "le plus rapidement possible, en terme de semaines".

Le chef de l'Etat a cependant souligné que le président Idriss Déby avait "aussi ses propres contraintes" et qu'il devait "en tenir en compte.""

On navigue depuis quelques jours dans un mauvais roman avec personnages sortis des Pieds Nickelés ou pire imposteurs... En attendant les ONG ont mauvaise presse...et l'idée même de pouvoir récupérer des enfants au nom d'une guerre, sans contrôle d'état à état, me paraît pitoyable et digne du bon temps du colonialisme... Maintenant je crois que des gens de bonne foi se sont laissé entraîner dans une histoire scabreuse...ils risquent tout simplement de payer le prix fort!

Une bonne dose de réflexion éthique est nécessaire! 

05.10.2007

Les Tirailleurs tunisiens

f1a13d451a2db80b180ba2a0b246a372.jpg« Le 19 mars 1945, les Tirailleurs tunisiens de la 3ème division  d’infanterie algérienne sont les premières unités françaises  à pénétrer en Allemagne »

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Paroles indigènes. Les soldats oubliés de la Seconde Guerre mondiale, Librio, Paris, 2006, p.43

 Je viens de lire un petit livre trouvé à la bibliothèque de Paris, intitulé Paroles d'Indigènes. Ce livre écrit par Isabelle bournier et Marc Pottier est sorti à la suite du film Indigènes. Cette collection de documents synthétiques Librio est une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine à connaitre.

J'y ai appris un grand nombre de témoignages, dont je vous livre certains détails qui me parlaient. 

04627f912673a87c526666cb6b7a9b58.jpgLa libération de l’Alsace est due en partie au sacrifice des Tirailleurs Tunisiens ceux du 4e régiment des tirailleurs tunisiens (ci contre emblème)

 Et en cherchant des détails sur le net, j'ai retrouvé des détails:

« Le Honneck  avait été pris «  dans la nuit du 3 au 4 décembre par un détachement du régiment de FFI de France-Comté rattaché à la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) . Passablement éprouvé, froid et neige font des ravages, il est relevé par la 1re compagnie du 4e régiment de tirailleurs tunisiens  (4e RTT) Ceux-ci, retranchés dans l'hôtel qui se trouve au sommet du Hohneck, ont fait l'objet d'une violente attaque au lance flamme et au Panzerfaust le 8.
Trois jours après, nouvelle attaque plus violente encore: il y a un mètre de neige, les tirailleurs tunisiens, sans ravitaillement, sans service de santé, se battent avec l'énergie du désespoir, sans même la possibilité d'un contact radio, jusqu'à la dernière cartouche. On essaie de les dégager: c'est impossible.
(…)
Lors du dernier assaut de la ferme du Chitelet (Schlüechtli), les Allemands ont utilisé des lances flammes, puis se fut le combat au corps à corps, le bataillon du 4 RTT  était pratiquement anéanti les quelques survivant pour la plupart blessés se sont rendus.

Le 12 décembre Hohneck est à nouveau aux mains des Allemands.»

Lu sur le site http://www.witzgilles.com/le_hohneck.htm

88f1ea322f330b73307ea3e3f155f104.jpgUne chose est frappante concernant les Tunisiens c’est que dans les documents officiels ils sont inclus dans la division d’Infanterie Algérienne et sont donc absorbés sous ce vocable. Cette constatation est corroborée par le spécialiste de la question, Eric Deroo co-auteur  avec Pascal Le Pautremat du livre Héros de Tunisie. Spahis et Tirailleurs d’Ahmed 1er à M. Lamine Bey

Répondant à la question sur la confusion des Tunisiens avec les Algériens, E. Deroo affirme :

« C’est vrai, cela tient au statut particulier de la Tunisie, « protectorat » français ; jusqu’à la fin de la 1ère guerre mondiale, les soldats tunisiens étaient désignés par l’appellation générale « algériens », pour des raisons d’hypocrisie coloniale, la Tunisie étant un protectorat, ces troupes avaient un statut ambigu, qui jouera un rôle dans le fait que leur histoire est peu connue. Ce n’est qu’en 1939 qu’ils prennent le nom de « tunisiens », y compris sur leur drapeau. »

 4748ca52ef287841ec2c251832c5232e.jpgMême l’iconographie est déficiente, je vous en présente une extraite du site http://www.witzgilles.com/
qui montre les Alsaciennes si heureuses de renconter leurs libérateurs tunisiens

 « Jusqu’à la fin de la Grande guerre, il y a confusion sur toutes les photos avec les Algériens, il faut donc tout passer en revue à la loupe pour identifier les troupes selon leurs insignes. Ces difficultés sont issues de raisons de politique coloniales que nous avons évoquée par ailleurs.
Mais il y a une autre raison à cette difficulté, plus curieuse : on a beaucoup valorisé la geste guerrière des marocains, plus pittoresque, les tunisiens correspondaient moins à des archétypes coloniaux, ils correspondaient moins aux stéréotypes coloniaux qu’affectionnaient les photographes de l’époque. Ils n’étaient tout simplement pas assez « exotiques » pour l’œil du propagandiste de l’époque ; on touche là à l’autre raison de l’oubli des soldats tunisiens dans les documents de l’histoire militaire récente ; ils ont tout simplement payé le prix de leurs qualités : efficaces, nets, disciplinés.
 »

J'ai appris, dans ce petit libre, que la tradition est fort longue des Spahis tunisiens puisque l'unité a été créée en 1886. On peut se mettre à lire un grand nombre de livres sortis cette même année 2006 sur la colonisation. En voici quelques uns :

1885 : le tournant colonial de la République, Jules Ferry contre Georges Clémenceau et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale, introduction de Gilles Manceron, La Découverte / Poche, 2007, 166 p., 7 €

La fracture coloniale, la société française au prisme de l’héritage colonial, dir. Pascal Blanchard, Nicolas Bancel & Sandrine Lemaire, La Découverte, 2006, 315 p., 12 €

La France contre l’Afrique, Retour au Cameroun, Mongo Beti, La Découverte, 2006, 217 p., 9,50 €

Génocides tropicaux, catastrophes naturelles et famines coloniales aux origines du sous-développement, Mike Davis, La Découverte, 2006, 479 p., 14 €

Culture post-coloniale 1961-2006. Traces et mémoires coloniales en France, Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, 2006, Autrement, 288 p., 19 €

Atlas des esclavages, traites, sociétés coloniales, abolitions de l’Antiquité à nos jours, Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Autrement, 2006, 80 p., 15 €

Les trois exils juifs d’Algérie, Benjamin Stora, Stock, 2006, 233 p., 19 €

Alsace brune, les extrêmes droites alsaciennes d’hier et d’aujourd’hui, Editions No Pasaran, 2006, 163 p., 10 €

Quand l’Etat se mêle de l’histoire, René Rémond, Stock, 2006, 107 p., 12 €

Rouler plus vite laver moins blanc, modernisation de la France et décolonisation au tournant des années 60, Kristin Ross, Flammarion, 2006, 296 p., 20 €

 

Et je vous recommande absolument un INCONTOURNABLE, découvert il y a bien des années en anglais:

L’invention de la tradition, dir. Eric Hobsbawm et Terence Ranger, Editions Amsterdam, 2006, 370 p., 21 €

 

20.09.2007

Rumeurs de Guerre


781bc7a0a27a58e0433a53e6d342c6fd.jpg« Les propos de Bernard Kouchner quant à la possibilité d'une "guerre" contre l'Iran ont provoqué de nombreuses réactions, lundi 17 septembre. Le chef de la diplomatie française, critiqué par l'opposition, a reçu le soutien du premier ministre qui, sans prononcer le mot de "guerre", a souligné que les Iraniens doivent comprendre que la situation dans la région "est à son extrême".

Tout en estimant que M. Kouchner "a raison", François Fillon a indiqué que "tout doit être fait pour éviter la guerre". "Le rôle de la France, a-t-il ajouté, est de conduire vers une solution pacifique une situation qui serait extrêmement dangereuse pour le reste du monde."

A l'étranger, la réaction de la Russie contraste avec celle des Etats-Unis. Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Alexandre Lossioukov, a estimé qu'une éventuelle intervention militaire contre l'Iran serait "une erreur politique" avec "des conséquences catastrophiques". "Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de règlement militaire au problème iranien", a-t-il ajouté.

A Washington, le département d'Etat a observé qu'il "serait faux de parler de menaces de guerre", ajoutant : "Au contraire, nous prenons cela comme la preuve que nos amis français prennent la situation au sérieux." »

 Le Monde  18 septembre 2007

Alors que Bernard Kouchner se trouve aujourd’hui à Washington en plein réchauffement des relations irano-américaines, et après avoir soufflé le chaud, il se dit prêt à aller demain en Iran pour négocier.

Dans le Figaro de ces derniers jours, pourtant, j’avais lu que le ton montait et que les patrons français devaient se mettre de la partie : «Le patron du Quai d’Orsay a également souhaité que l'Union européenne prépare des sanctions contre Téhéran. «Nous avons décidé, pendant que la négociation se poursuit -et elle doit s'amplifier- de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l'ONU, qui seraient des sanctions européennes», a-t-il déclaré. «Nos amis allemands l'ont proposé», a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de «sanctions économiques à propos des circuits financiers» visant notamment «les grandes fortunes, les banques» en Iran, pas la population ordinaire.»

Maintenant la baudruche se dégonfle-t-elle... mais à quoi joue Bernard Kouchner?

Il se dit mal compris et joue à la victime :

«J’ai été tellement mal compris qu’il est temps de rétablir l’honnêteté et la transparence de ma démarche. Nous ne sommes pas hostiles au dialogue avec les Iraniens, au contraire. Nous l’avons toujours maintenu. J’ai moi-même reçu à Paris Ali Larijani (président du Conseil de sécurité iranien, patron de la diplomatie et de la défense de l’Iran); à New York, j’ai rendez-vous avec mon homologue iranien; il n’y a pas une semaine qui passe sans que je téléphone à M. Larijani. Nous disons à tous ceux qui ont mal interprété des mots pris hors de leur contexte que nous sommes prêts à continuer à dialoguer avec acharnement avec les Iraniens, sans craindre les échecs. Aucun échec ne nous fera renoncer au dialogue nécessaire. Mais ces discussions ne peuvent pas durer des années : il faut trouver une solution. Je ne veux surtout pas faire de procès d’intention à l’Iran, mais certains observateurs estiment que l’accord que l’Iran a passé avec l’AIEA est une façon de gagner du temps. Tous les experts de la planète sont inquiets. » Le figaro d’aujourd’hui

57283ac5a78594148f55df9f79172087.jpgPour moi, la poudrière du Moyen Orient est le principal nœud de politique international, bien sûr et le Liban, ce matin, est là, une fois encore, pour nous le rappeler : un nouvel attentat extrêmement meurtrier a coûté la vie à un député anti-syrien  Antoine Ghanem362269adfcfd12887605a94689a1cee1.jpg, qui avait été dernièrement accueilli par la France et donc Bernard Kouchner à la conférence de La Celle-Saint-Cloud du 14 et 15 juillet 2007

Tribune de Bernard Kouchner du 4 juillet 2007 précédant la Conférence

 Les victimes de cet attentat: 5 morts et 71 blessés

d'après les médias suisses couvrant de près ce drame : "Antoine Ghanem et quatre autres personnes ont été tuées et 71 blessées dans l'attentat à la voiture piégée dans une banlieue chrétienne de Beyrouth. Vingt kilos de TNT disposés dans une voiture ont explosé.

Malgré cet attentat, le président du Parlement Nabih Berri a affirmé au quotidien An-Nahar que la convocation des députés pour élire le successeur du président prosyrien Emile Lahoud était maintenue au 25 septembre." Je vous invite à lire et écouter la télévision radio Suisse romande RSR.Ch

 Ecoutez  pour en savoir plus:

L'assassinat du député franco-libanais antisyrien Antoine Ghanem, mercredi à Beyrouth, viserait à torpiller l'élection d'un nouveau président de la République, d'après la presse libanaise de ce jeudi matin.

La France, médiatrice au Moyen Orient a vaiment fort à faire!!! 

11.08.2007

Persepolis ou l'itinéraire de la petite Marjane

Hier soir, je suis allée aux Quatre-Temps à La Défense, avec mon conjoint, découvrir un film d'animation dont on dit le plus grand bien ces temps-ci: PERSEPOLIS.3726774b4aa15be441ad4999f6f307fc.jpg

a763007ed20900aeef078603df763f96.jpgL'auteure Marjane Satrapi y raconte ses souvenirs de petite fille puis jeune fille en Iran. En fait, ce film d'animation est une adaptation d'une série de BD du même nom : Persepolis.

Plongés dans l'univers intime de l'enfant, nous assistons à la Révolution Iranienne et à l'histoire familiale du clan Satrapi. Ce regard naïf et enfantin nous comble par sa fraîcheur et nous donne à revoir le film des événements d’une période historique qui exalta bien des Iraniens et qui, au fur et à mesure du temps, a pris une tournure de cauchemar. La jeune fille est une enfant privilégiée qui peut même, à un moment pour échapper à son destin funeste, se réfugier en Occident à Vienne, plus précisément. Elle nous y montre les travers du monde occidental, les désillusions de la jeunesse, les trahisons et l’indifférence. Nous sommes dans les années 80 au moment de la guerre impitoyable entre l’Irak et l’Iran, alimentés par les différents clans occidentaux, notamment en armes. Et puis le retour dans le giron de la famille, car la nostalgie et la culpabilité sont omniprésentes. Mais l’Iran après la Guerre est un vrai cimetière et les noms de rue rappellent les Martyrs de la Révolution, ces jeunes d’à peine 14 ans transformés en chair à canons. La jeune fille nous fait entrer dans sa névrose mais son spleen ne peut se résoudre dans un mariage traditionnel. La jeune femme quitte définitivement l’Iran pour la France. Cet enfant à l’imaginaire exalté est nourri de la sagesse d’une grand-mère iconoclaste et merveilleusement décrite. Le dessin animé a de la grâce et de la poésie. Le jasmin y joue un rôle inattendu que je vous laisse découvrir. Car ce film, pour ceux qui comme moi, ne connaissaient pas la BD, dégage plusieurs atouts : d’une part une poésie qui estompe les horreurs de la situation de révolution et de guerre, d’autre part, un humour qui fait découvrir un univers où l’horreur peut être nuancé par un regard plein d’esprit, enfin une vision très pédagogique et sans prétention.

Franchement, nous sommes sortis de ce film conquis avec l’envie d’en savoir plus sur l’auteure qui vit à Paris.

ad4eac6ef92f91c2acb4813531d32dbc.jpgPlus tard dans la nuit, mes souvenirs ont été réactivés : je me suis mise à revoir cette jeune femme lyonnaise qui avait été infirmière pour une ONG dans un orphelinat du temps du Shah et qui me racontait en octobre 79 combien la misère était noire dans les quartiers qu’elle fréquentait, deux ans auparavant à Téhéran. Je suivais les événements dans le journal Le Monde, comme toute étudiante en Histoire&Géographie à l’université de Lyon. Puis me sont revenues les images de la guerre et des corps déchiquetés projetés à la Télévision. En 83, je me souviens d’une soirée de poésie persane, offerte par deux lycéens réfugiés à Lyon, qui nous avaient éblouis par leur beauté et leur culture. En 1988, je me souviens d’une amie polonaise, elle-même immigrante à Lyon, dont le petit ami était un apatride iranien, étudiant en mathématiques. Il vivait dans des conditions sordides, dans un immeuble écoeurant du 5e arrondissement de Lyon, sans hygiène et sans chauffage. Il nous rappelait inlassablement son départ illicite par les montagnes pour échapper à l’enfer de la guerre. Et puis au Canada, j’ai rencontré M., un océanographe iranien formidable, dont la femme québécoise était devenue une amie chère et j’ai su, là aussi la difficulté de vivre en immigration pour un Iranien dont les autorités se méfient et que le racisme ordinaire mine et empêche de vivre sa passion. Leurs enfants sont magnifiques mais ne connaissent encore pas l’Iran. En janvier 2006, j’ai accueilli dans ma classe Elahé Choukrai présidente de l’association des Femmes iraniennes de Montréal. Elle a pu nous parler de façon émouvante de l’histoire de l’Iran et de son parcours personnel, totalement en accord avec celui de la jeune Marjane. Ce cours,  qui, à ce que je sache, n’existe pas en France s’intitule Ethnicité et enjeux géographiques. Je crois qu’on gagnerait à l’introduire sous forme de séminaires dans toutes les universités du Monde. C’est je pense, aux vues des réactions de mes élèves Français et Québécois de Montréal, la clé de la Tolérance !

 
Alors pour mieux comprendre et pour réfléchir sur les soubresauts de l’histoire, la mémoire est un puissant outil, surtout quand le talent de l’artiste sait métamorphoser le sordide en un univers qui nous touche et nous révèle la vérité.

 

16.06.2007

Martyrs de la politique Libanaise

Chronologie des assassinats politiques au Liban depuis la mort de Hariri. Qui a tué ces hommes ?

Vidéo en réponse au commentaire d'Hamadi...

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