01.06.2008
Nés en 68
Hier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.
Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.
Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France, certes un peu moins qu’en Californie.
Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.
Une erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!
Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.
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| Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau | ||
| avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge) | ||
Filmographie de Mme Laetitia Casta :
Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)
23:35 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , SOCIÉTÉ , USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : casta, Laetitia, 68, Mai, France, hippies, Gauche
08.05.2008
La poésie résiste
Ne lui dites pas qu'il est anormal
Vous risquez seulement de lui faire mal
Car sait-on ce qu'est la normalité :
Force, par le nombre, contre l'unité ?
Vue de différents angles : Relativité
Ou seule et immuable, érigée VERITE ?
Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent
Mot, il est vrai, que tout le monde comprend
Différence qui porte tantôt sur les couleurs
Pure adaptation au milieu qui nous entoure
Dont le sens ne vous cause point de douleurs
Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin
Soyez simple, ne faites pas le malin,
De tracas et de malheur, il a eu sa dose
Victime frappée de mucoviscidose
Ou par le fait du sort, tétraplégique
Il préfère serrer une poignée énergique
Quoique son teint ne fasse pas couleur locale
Celle des seigneurs ou des ariens
Ou celle des démunis qui ne possèdent rien
Vous verrez sa santé dans sa force mentale
Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :
Voyez par delà ce qui vous paraît laid
Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,
Oyez le autrement qu'il ne vous parait
Vous verrez qu'il s'agit d'un humain
Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main
Si le Sida vous fait toujours peur
Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,
L'autre ne veut vous embarrasser,
Ni obséquieux ni trop élogieux
Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux
Et d'autres ont même osé l'embrasser
A MEDITER !
13:57 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , MEDIAS , RACISME , SOCIÉTÉ , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, poème, tunisien, Tunisie, France, Différence, résistance
28.03.2008
Festival du film documentaire à Tunis
Je pars une nouvelle fois à Tunis et durant la semaine prochaine a lieu une belle aventure Doc à Tunis:
Autre hommage : consacré à Mustapha Hasnaoui, Tunisien résidant en France. 7 films sont proposés dont L’écriture sous surveillance (20’), Des belles étrangères, Palestine (75’), Le Caire mère et fils (55’), Essayad musicien (60’).Du 2 au 6 avril se succéderont:
Dans cette programmation le choix du film d'ouverture est très intéressant:
C'est un film tunisien qui a été choisi et qui nous parle du Liban meurtri a l'été 2006: Mots d’après la guerre, ce documentaire de 58’ du musicien Anouar Braham, nous montre es témoignages d’artistes libanais et arabes recueillis après le cessez-le-feu de la guerre au Liban en été 2006. Ce film a été sélectionn au festival de Locarno en Août dernier.
Le dossier de presse du Festival de Locarno
Parmi les films tunisiens au programme, citons :
- Ouled Lenine de Nadia El Fani (84’),
- Histoires vives de Fitouri Belhiba et Jean Marie Fawer (52’) (Tunisie-France),
- De Casa au paradis de Hend Meddeb (44’),
- Gharsallah, la semence de Dieu de Ridha Béhi (55’). (source Rim Temimi)
Depuis l'ouverture à Tunis de la première salle de cinéma l'OMNIA-PATHE en 1909, le cinéma a droit de cité en Tunisie. C'est en 1937 qu,est tourné le 1er long-métrage Tunisien "Le fou de Kairouan" de Jean André Crezy avec Mohieddine M'Rad (parlant arabe).
C'est la même année qu'on voit éclore la première revue tunisienne de cinéma "Arradio wa Assinima" (Radio et Cinéma).
C'est en 1955 que naît la première société de production (privée) de la Tunisie indépendante El Ahd El Jadid (l'Ere Nouvelle) qui produit les Actualités Tunisiennes.
Et si vous vous intéressez au cinéma Tunisien je vous invite à rejoindre Facebook et la groupe du Monde du Cinéma Tunisien, créé par Rim Temimi
Je sais aussi qu'un portail du Cinéma tunisien est en cours d'élaboration et que la saison sera riche en projection de films tunisiens.
LA PAGE LA DOC A TUNIS
22:55 Publié dans CULTURE , Guerre , SOCIÉTÉ , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tunisie, films, documentaires, Varda, Mitterrand, Locarno, Liban
15.12.2007
MOBILISONS-NOUS POUR INGRID BETANCOURT
Ce clip de soutien est tout en contraste. Ingrid Betancourt, 9 jours avant son enlèvement : Avec les autres candidats à l'élection présidentielle colombienne, elle rencontre les FARC et leur demande de cesser les prises d'otages. Ingrid, 6 ans après son enlèvement : Accablée et épuisée par sa prise d'otage, il faut agir et se mobiliser pour sa libération. Mobilisez-vous, participez aux actions, signez la pétition sur www.agirpouringrid.com
NOUS NE POUVONS ADMETTRE CETTE BARBARIE ORDINAIRE EN COLOMBIE!
19:50 Publié dans Guerre , personnalités , PODCAST , POLITIQUE , SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : FARC, Enlèvement, Ingrid, Betancourt, AGIR, barbarie, chantage
04.11.2007
La pitoyable affaire de l'Arche de Zoé
Me Jean-Bernard Padaré, l'avocat des reporters composés de trois journalistes français, a annoncé à l'AFP à Djamena, qu'un juge tchadien a ordonné dimanche la libération de ces trois reporters et des quatre hôtesses de l'air espagnoles incarcérés au Tchad dans l'affaire de l'Arche de Zoé
«Le juge d'instruction vient de me notifier la main levée du mandat de dépôt conformément aux articles 248 et 249 du code de procédure pénal», a déclaré l'avocat des journalistes français.
Les trois reporters sont : Marc Garmirian (agence Capa), Jean-Daniel Guillou (agence Synchro X) et Marie-Agnès Peleran (télévision France 3 Méditerranée).
Me Padaré aurait ajouté, selon l'AFP que ces sept personnes «vont venir chercher leurs effets personnels au palais de justice de N'Djamena et ensuite se rendre à l'aéroport».
L'affaire fait grand bruit en France à tel point que le Président Sarkozy soit parti au Tchad pour aller récupérer les Français embarqués dans cette galère. Dimanche en début d'après-midi, dans la capitale tchadienne, le Président Idriss Deby Itno accueilli le Président français.
Ce soir d'arès le journal "Le Monde":
"N'DJAMENA (Reuters) - Au terme d'une visite-éclair à N'Djamena, Nicolas Sarkozy a ramené dans son avion les trois journalistes français et quatre hôtesses de l'air espagnoles inculpés au Tchad dans l'affaire de "L'Arche de Zoé" et libérés dans la journée.
Dix autres Européens - les six membres français de l'ONG, les trois stewards espagnols et le pilote belge de l'avion qui devait acheminer en France 103 enfants africains - restent inculpés et écroués pour enlèvement ou complicité.L'avion du président français se posera aux alentours de 21h00 locales sur un aéroport militaire de Madrid pour y déposer les hôtesses avant de repartir pour l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris, où il est attendu vers 23h45 locales, fait savoir l'Elysée.
Lors d'une conférence de presse à N'Djamena avec le président tchadien Idriss Déby, Nicolas Sarkozy a manifesté sa préférence pour que les membres de l'ONG détenus au Tchad soient jugés en France, tout en se défendant de toute ingérence.
"Il est assez normal (que le président français) souhaite que des ressortissants français puissent être jugés dans leur pays", a-t-il déclaré.
Sarkozy a souligné que des accords de 1976 entre les deux pays permettaient que les six humanitaires toujours détenus soient jugés en France. "C'est à la justice de nos deux pays d'en décider", a-t-il dit.
Ajoutant qu'un juge français viendrait "vraisemblablement au Tchad", il a espéré une solution "le plus rapidement possible, en terme de semaines".
Le chef de l'Etat a cependant souligné que le président Idriss Déby avait "aussi ses propres contraintes" et qu'il devait "en tenir en compte.""
On navigue depuis quelques jours dans un mauvais roman avec personnages sortis des Pieds Nickelés ou pire imposteurs... En attendant les ONG ont mauvaise presse...et l'idée même de pouvoir récupérer des enfants au nom d'une guerre, sans contrôle d'état à état, me paraît pitoyable et digne du bon temps du colonialisme... Maintenant je crois que des gens de bonne foi se sont laissé entraîner dans une histoire scabreuse...ils risquent tout simplement de payer le prix fort!
Une bonne dose de réflexion éthique est nécessaire!
21:10 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Guerre , POLITIQUE , SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tchad, France, enfants, ONG, Darfour, Guerre
05.10.2007
Les Tirailleurs tunisiens
« Le 19 mars 1945, les Tirailleurs tunisiens de la 3ème division d’infanterie algérienne sont les premières unités françaises à pénétrer en Allemagne »
Paroles indigènes. Les soldats oubliés de la Seconde Guerre mondiale, Librio, Paris, 2006, p.43
Je viens de lire un petit livre trouvé à la bibliothèque de Paris, intitulé Paroles d'Indigènes. Ce livre écrit par Isabelle bournier et Marc Pottier est sorti à la suite du film Indigènes. Cette collection de documents synthétiques Librio est une série d'ouvrages sur l'histoire contemporaine à connaitre.
J'y ai appris un grand nombre de témoignages, dont je vous livre certains détails qui me parlaient.
La libération de l’Alsace est due en partie au sacrifice des Tirailleurs Tunisiens ceux du 4e régiment des tirailleurs tunisiens (ci contre emblème)
Et en cherchant des détails sur le net, j'ai retrouvé des détails:
« Le Honneck avait été pris « dans la nuit du 3 au 4 décembre par un détachement du régiment de FFI de France-Comté rattaché à la 3e division d'infanterie algérienne (3e DIA) . Passablement éprouvé, froid et neige font des ravages, il est relevé par la 1re compagnie du 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT) Ceux-ci, retranchés dans l'hôtel qui se trouve au sommet du Hohneck, ont fait l'objet d'une violente attaque au lance flamme et au Panzerfaust le 8.
Trois jours après, nouvelle attaque plus violente encore: il y a un mètre de neige, les tirailleurs tunisiens, sans ravitaillement, sans service de santé, se battent avec l'énergie du désespoir, sans même la possibilité d'un contact radio, jusqu'à la dernière cartouche. On essaie de les dégager: c'est impossible. (…)
Lors du dernier assaut de la ferme du Chitelet (Schlüechtli), les Allemands ont utilisé des lances flammes, puis se fut le combat au corps à corps, le bataillon du 4 RTT était pratiquement anéanti les quelques survivant pour la plupart blessés se sont rendus.
Le 12 décembre Hohneck est à nouveau aux mains des Allemands.»
Lu sur le site http://www.witzgilles.com/le_hohneck.htm
Une chose est frappante concernant les Tunisiens c’est que dans les documents officiels ils sont inclus dans la division d’Infanterie Algérienne et sont donc absorbés sous ce vocable. Cette constatation est corroborée par le spécialiste de la question, Eric Deroo co-auteur avec Pascal Le Pautremat du livre Héros de Tunisie. Spahis et Tirailleurs d’Ahmed 1er à M. Lamine Bey
Répondant à la question sur la confusion des Tunisiens avec les Algériens, E. Deroo affirme :
« C’est vrai, cela tient au statut particulier de la Tunisie, « protectorat » français ; jusqu’à la fin de la 1ère guerre mondiale, les soldats tunisiens étaient désignés par l’appellation générale « algériens », pour des raisons d’hypocrisie coloniale, la Tunisie étant un protectorat, ces troupes avaient un statut ambigu, qui jouera un rôle dans le fait que leur histoire est peu connue. Ce n’est qu’en 1939 qu’ils prennent le nom de « tunisiens », y compris sur leur drapeau. »
Même l’iconographie est déficiente, je vous en présente une extraite du site http://www.witzgilles.com/
qui montre les Alsaciennes si heureuses de renconter leurs libérateurs tunisiens
« Jusqu’à la fin de la Grande guerre, il y a confusion sur toutes les photos avec les Algériens, il faut donc tout passer en revue à la loupe pour identifier les troupes selon leurs insignes. Ces difficultés sont issues de raisons de politique coloniales que nous avons évoquée par ailleurs.
Mais il y a une autre raison à cette difficulté, plus curieuse : on a beaucoup valorisé la geste guerrière des marocains, plus pittoresque, les tunisiens correspondaient moins à des archétypes coloniaux, ils correspondaient moins aux stéréotypes coloniaux qu’affectionnaient les photographes de l’époque. Ils n’étaient tout simplement pas assez « exotiques » pour l’œil du propagandiste de l’époque ; on touche là à l’autre raison de l’oubli des soldats tunisiens dans les documents de l’histoire militaire récente ; ils ont tout simplement payé le prix de leurs qualités : efficaces, nets, disciplinés. »
J'ai appris, dans ce petit libre, que la tradition est fort longue des Spahis tunisiens puisque l'unité a été créée en 1886. On peut se mettre à lire un grand nombre de livres sortis cette même année 2006 sur la colonisation. En voici quelques uns :
1885 : le tournant colonial de la République, Jules Ferry contre Georges Clémenceau et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale, introduction de Gilles Manceron, La Découverte / Poche, 2007, 166 p., 7 €
La fracture coloniale, la société française au prisme de l’héritage colonial, dir. Pascal Blanchard, Nicolas Bancel & Sandrine Lemaire, La Découverte, 2006, 315 p., 12 €
La France contre l’Afrique, Retour au Cameroun, Mongo Beti, La Découverte, 2006, 217 p., 9,50 €
Génocides tropicaux, catastrophes naturelles et famines coloniales aux origines du sous-développement, Mike Davis, La Découverte, 2006, 479 p., 14 €
Culture post-coloniale 1961-2006. Traces et mémoires coloniales en France, Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, 2006, Autrement, 288 p., 19 €
Atlas des esclavages, traites, sociétés coloniales, abolitions de l’Antiquité à nos jours, Marcel Dorigny et Bernard Gainot, Autrement, 2006, 80 p., 15 €
Les trois exils juifs d’Algérie, Benjamin Stora, Stock, 2006, 233 p., 19 €
Alsace brune, les extrêmes droites alsaciennes d’hier et d’aujourd’hui, Editions No Pasaran, 2006, 163 p., 10 €
Quand l’Etat se mêle de l’histoire, René Rémond, Stock, 2006, 107 p., 12 €
Rouler plus vite laver moins blanc, modernisation de la France et décolonisation au tournant des années 60, Kristin Ross, Flammarion, 2006, 296 p., 20 €
Et je vous recommande absolument un INCONTOURNABLE, découvert il y a bien des années en anglais:
L’invention de la tradition, dir. Eric Hobsbawm et Terence Ranger, Editions Amsterdam, 2006, 370 p., 21 €
23:10 Publié dans Guerre , IMMIGRATION , POLITIQUE , Souvenirs souvenirs , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : livres, Tunisie, Histoire, Spahis, colonie, colonialisme, guerre
20.09.2007
Rumeurs de Guerre
« Les propos de Bernard Kouchner quant à la possibilité d'une "guerre" contre l'Iran ont provoqué de nombreuses réactions, lundi 17 septembre. Le chef de la diplomatie française, critiqué par l'opposition, a reçu le soutien du premier ministre qui, sans prononcer le mot de "guerre", a souligné que les Iraniens doivent comprendre que la situation dans la région "est à son extrême".
Tout en estimant que M. Kouchner "a raison", François Fillon a indiqué que "tout doit être fait pour éviter la guerre". "Le rôle de la France, a-t-il ajouté, est de conduire vers une solution pacifique une situation qui serait extrêmement dangereuse pour le reste du monde."
A l'étranger, la réaction de la Russie contraste avec celle des Etats-Unis. Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Alexandre Lossioukov, a estimé qu'une éventuelle intervention militaire contre l'Iran serait "une erreur politique" avec "des conséquences catastrophiques". "Nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de règlement militaire au problème iranien", a-t-il ajouté.
A Washington, le département d'Etat a observé qu'il "serait faux de parler de menaces de guerre", ajoutant : "Au contraire, nous prenons cela comme la preuve que nos amis français prennent la situation au sérieux." »
Alors que Bernard Kouchner se trouve aujourd’hui à Washington en plein réchauffement des relations irano-américaines, et après avoir soufflé le chaud, il se dit prêt à aller demain en Iran pour négocier.
Dans le Figaro de ces derniers jours, pourtant, j’avais lu que le ton montait et que les patrons français devaient se mettre de la partie : «Le patron du Quai d’Orsay a également souhaité que l'Union européenne prépare des sanctions contre Téhéran. «Nous avons décidé, pendant que la négociation se poursuit -et elle doit s'amplifier- de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l'ONU, qui seraient des sanctions européennes», a-t-il déclaré. «Nos amis allemands l'ont proposé», a-t-il ajouté, en précisant qu'il s'agirait de «sanctions économiques à propos des circuits financiers» visant notamment «les grandes fortunes, les banques» en Iran, pas la population ordinaire.»
Maintenant la baudruche se dégonfle-t-elle... mais à quoi joue Bernard Kouchner?
Il se dit mal compris et joue à la victime :
«J’ai été tellement mal compris qu’il est temps de rétablir l’honnêteté et la transparence de ma démarche. Nous ne sommes pas hostiles au dialogue avec les Iraniens, au contraire. Nous l’avons toujours maintenu. J’ai moi-même reçu à Paris Ali Larijani (président du Conseil de sécurité iranien, patron de la diplomatie et de la défense de l’Iran); à New York, j’ai rendez-vous avec mon homologue iranien; il n’y a pas une semaine qui passe sans que je téléphone à M. Larijani. Nous disons à tous ceux qui ont mal interprété des mots pris hors de leur contexte que nous sommes prêts à continuer à dialoguer avec acharnement avec les Iraniens, sans craindre les échecs. Aucun échec ne nous fera renoncer au dialogue nécessaire. Mais ces discussions ne peuvent pas durer des années : il faut trouver une solution. Je ne veux surtout pas faire de procès d’intention à l’Iran, mais certains observateurs estiment que l’accord que l’Iran a passé avec l’AIEA est une façon de gagner du temps. Tous les experts de la planète sont inquiets. » Le figaro d’aujourd’hui
Pour moi, la poudrière du Moyen Orient est le principal nœud de politique international, bien sûr et le Liban, ce matin, est là, une fois encore, pour nous le rappeler : un nouvel attentat extrêmement meurtrier a coûté la vie à un député anti-syrien Antoine Ghanem
, qui avait été dernièrement accueilli par la France et donc Bernard Kouchner à la conférence de La Celle-Saint-Cloud du 14 et 15 juillet 2007
Tribune de Bernard Kouchner du 4 juillet 2007 précédant la Conférence
Les victimes de cet attentat: 5 morts et 71 blessés
d'après les médias suisses couvrant de près ce drame : "Antoine Ghanem et quatre autres personnes ont été tuées et 71 blessées dans l'attentat à la voiture piégée dans une banlieue chrétienne de Beyrouth. Vingt kilos de TNT disposés dans une voiture ont explosé.
Malgré cet attentat, le président du Parlement Nabih Berri a affirmé au quotidien An-Nahar que la convocation des députés pour élire le successeur du président prosyrien Emile Lahoud était maintenue au 25 septembre." Je vous invite à lire et écouter la télévision radio Suisse romande RSR.Ch
L'assassinat du député franco-libanais antisyrien Antoine Ghanem, mercredi à Beyrouth, viserait à torpiller l'élection d'un nouveau président de la République, d'après la presse libanaise de ce jeudi matin.
La France, médiatrice au Moyen Orient a vaiment fort à faire!!!
15:15 Publié dans Blog , Chroniques de France , Guerre , MEDIAS , POLITIQUE , SOCIÉTÉ , USA , Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Iran, Liban, Proc he Orient, Syrie, attentat, Ghanem, Kouchner
11.08.2007
Persepolis ou l'itinéraire de la petite Marjane
Hier soir, je suis allée aux Quatre-Temps à La Défense, avec mon conjoint, découvrir un film d'animation dont on dit le plus grand bien ces temps-ci: PERSEPOLIS.
L'auteure Marjane Satrapi y raconte ses souvenirs de petite fille puis jeune fille en Iran. En fait, ce film d'animation est une adaptation d'une série de BD du même nom : Persepolis.
Plongés dans l'univers intime de l'enfant, nous assistons à la Révolution Iranienne et à l'histoire familiale du clan Satrapi. Ce regard naïf et enfantin nous comble par sa fraîcheur et nous donne à revoir le film des événements d’une période historique qui exalta bien des Iraniens et qui, au fur et à mesure du temps, a pris une tournure de cauchemar. La jeune fille est une enfant privilégiée qui peut même, à un moment pour échapper à son destin funeste, se réfugier en Occident à Vienne, plus précisément. Elle nous y montre les travers du monde occidental, les désillusions de la jeunesse, les trahisons et l’indifférence. Nous sommes dans les années 80 au moment de la guerre impitoyable entre l’Irak et l’Iran, alimentés par les différents clans occidentaux, notamment en armes. Et puis le retour dans le giron de la famille, car la nostalgie et la culpabilité sont omniprésentes. Mais l’Iran après la Guerre est un vrai cimetière et les noms de rue rappellent les Martyrs de la Révolution, ces jeunes d’à peine 14 ans transformés en chair à canons. La jeune fille nous fait entrer dans sa névrose mais son spleen ne peut se résoudre dans un mariage traditionnel. La jeune femme quitte définitivement l’Iran pour la France. Cet enfant à l’imaginaire exalté est nourri de la sagesse d’une grand-mère iconoclaste et merveilleusement décrite. Le dessin animé a de la grâce et de la poésie. Le jasmin y joue un rôle inattendu que je vous laisse découvrir. Car ce film, pour ceux qui comme moi, ne connaissaient pas la BD, dégage plusieurs atouts : d’une part une poésie qui estompe les horreurs de la situation de révolution et de guerre, d’autre part, un humour qui fait découvrir un univers où l’horreur peut être nuancé par un regard plein d’esprit, enfin une vision très pédagogique et sans prétention.
Plus tard dans la nuit, mes souvenirs ont été réactivés : je me suis mise à revoir cette jeune femme lyonnaise qui avait été infirmière pour une ONG dans un orphelinat du temps du Shah et qui me racontait en octobre 79 combien la misère était noire dans les quartiers qu’elle fréquentait, deux ans auparavant à Téhéran. Je suivais les événements dans le journal Le Monde, comme toute étudiante en Histoire&Géographie à l’université de Lyon. Puis me sont revenues les images de la guerre et des corps déchiquetés projetés à la Télévision. En 83, je me souviens d’une soirée de poésie persane, offerte par deux lycéens réfugiés à Lyon, qui nous avaient éblouis par leur beauté et leur culture. En 1988, je me souviens d’une amie polonaise, elle-même immigrante à Lyon, dont le petit ami était un apatride iranien, étudiant en mathématiques. Il vivait dans des conditions sordides, dans un immeuble écoeurant du 5e arrondissement de Lyon, sans hygiène et sans chauffage. Il nous rappelait inlassablement son départ illicite par les montagnes pour échapper à l’enfer de la guerre. Et puis au Canada, j’ai rencontré M., un océanographe iranien formidable, dont la femme québécoise était devenue une amie chère et j’ai su, là aussi la difficulté de vivre en immigration pour un Iranien dont les autorités se méfient et que le racisme ordinaire mine et empêche de vivre sa passion. Leurs enfants sont magnifiques mais ne connaissent encore pas l’Iran. En janvier 2006, j’ai accueilli dans ma classe Elahé Choukrai présidente de l’association des Femmes iraniennes de Montréal. Elle a pu nous parler de façon émouvante de l’histoire de l’Iran et de son parcours personnel, totalement en accord avec celui de la jeune Marjane. Ce cours, qui, à ce que je sache, n’existe pas en France s’intitule Ethnicité et enjeux géographiques. Je crois qu’on gagnerait à l’introduire sous forme de séminaires dans toutes les universités du Monde. C’est je pense, aux vues des réactions de mes élèves Français et Québécois de Montréal, la clé de la Tolérance !
Alors pour mieux comprendre et pour réfléchir sur les soubresauts de l’histoire, la mémoire est un puissant outil, surtout quand le talent de l’artiste sait métamorphoser le sordide en un univers qui nous touche et nous révèle la vérité.
15:50 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , POLITIQUE , SOCIÉTÉ , Souvenirs souvenirs , Voyage , Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Iran, révolution, Shah, Persepolis,
























