03.07.2008

LIBERATION D'INGRID BETANCOURT

fb03e31442a171ed71a7d10133eedcbe.jpgOn ne peut que se réjouir de cette libération au bout de temps d'années de captivité. On ne peut que vouloir le meilleur pour cette femme inoubliable et d'une force incroyable. On ne peut que féliciter les forces colombiennes pour la maîtrise et le brio d'une évasion sans une goutte de sang.

Je joins ma voix à toutes les voix qui s'élèvent pour fêter cet évènement fantastique et qui a surpris tout le monde. Cet épisode rocambolesque, qu'est cette libération, fera parler beaucoup de monde pendant les jours à venir.


Moi la seule question que je me pose c'est: COMMENT REVENIR A UNE VIE NORMALE APRÈS CET ENFER...

 

Ma voix se joint à celle de tant de millions de gens ordinaires qui ont cru comme moi qu'elle s'en sortirait: Ingrid,  bonne chance et tout le bonheur du monde à vous et à votre famille

 

SUR LE WEB:

Déclaration de Bernard Kouchner 

COMMUNIQUÉ DE L'AFP

Une de 20Minutes 

Une de la Libre Belgique 

BBC News 

01.06.2008

Nés en 68


0856c0511b1803fd7ba3df8e734e5cf8.jpgHier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.

 

Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.

 

Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France,  certes un peu moins qu’en Californie.

 

Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance  souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.

 

3a077c831ab00262ef2c6ffe86e8c522.jpgUne erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!

 

Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.

 

2007 - France - Drame - 2h53
Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau
avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge)

 
Filmographie de Mme Laetitia Casta :

Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)

26.05.2008

Nouvelles de Tunis observations et pensées intimes

7bcd9a3eecc57e69567a4bb3a91c4321.jpgCela fait longtemps que je n’ai pas écrit sur ce blog. Je dois dire que la vie dans l’action fait passer le temps plus rapidement que dans la réaction et l’observation. Des problèmes techniques peuvent aussi ralentir et perturber totalement ce lien  quotidien à la toile et vous pouvez le comprendre simplement : je ne suis pas encore connectée à l’internet chez moi. Or je n’écris jamais hors de chez moi. La confidentialité m’est nécessaire, le calme et l’intimité avec mon ordinateur. Ces conditions, depuis mon arrivée en Tunisie ne sont pas totalement réunies et c’est pourquoi je me suis tue.

 
J’ai pourtant tant d’observations à partager plongée dans une vie autre. La langue d’abord à laquelle il faut s’accoutumer car si le français est partagé par la population éduquée, les petites mains et les jeunes gens ne maitrisent pas ou mal le Français, si bien que si je veux vraiment comprendre la culture tunisienne cela passe par l’apprentissage de la langue parlée, un mélange d’arabe, de berbère, d’italien et de français. Ce subtil mariage demande de l’attention, des qualités de mimétisme et quelques cours, peut-être à Bourguiba School. La télévision sans base minimale ne sert pas à grand-chose sauf peut-être pour réviser quelques vocabulaires grappillés ici et là. Les séries et les chansons passées en boucle à la télé me tiennent compagnie deux heures par jour et j’y observe les comportements et les manières de vie si différentes entre les jeunes gens et leurs parents.

J’y observe aussi les métissages évidents de la société, les yeux clairs côtoient les yeux noirs, les peaux claires et diaphanes se démarquent de toutes les teintes mates qui gravissent des gammes de plus en plus foncées. Les maquillages  accentués à la libanaise sont présents dans les soirées mais des femmes voilées et sans maquillage sont présentes dans la rue au même titre que des femmes en jean. On ne voit pratiquement pas de femmes ou jeunes filles en jupe. Elles réservent ces attributs à quelques soirées privées et mondaines. La jupe longue est préférée et partout le pantalon, le plus souvent noir ou de couleur foncé. Le jean est l’élément le plus évident qu’il soit porté par les hommes ou les femmes. Si la femme est très moderne et bien faite comme notre secrétaire au bureau, elle le porte moulant avec un haut jamais décolleté mais près du corps, très ajusté. Si elle est plus discrète la jeune femme porte une tunique souvent blanche sur le jean, elle cache ainsi ses formes.

7a967e002b2a55d60ee4ecf45a314e6e.jpg5e90853faeb81589ffd01f4994a6ee82.jpgLa classe moyenne est grandissante et la consommation est un moyen évident de marquer son appartenance à une petite bourgeoisie montante. Les Carrefour, Monoprix et autres grandes surfaces ont fleuri dans et autour de Tunis, les beaux magasins dans les quartiers de la Banlieue moderniste comme à El Nasr, tout proche de l’immeuble dans lequel j’ai trouvé un pied à terre confortable, me ravissent car je n’ai pas l’impression d’être perdue dans ce monde. Évidemment j’ai choisi en fonction des personnes que je fréquente, j’habite dans un immeuble où je suis la seule étrangère et je me fais la plus discrète possible et respecte les modes de vie ambiants. Je m’impose même, pour l’instant,  de ne pas inviter chez moi pour qu’il n’y ait pas de fausse réputation qui jaillisse à mauvais escient. La société est encore conformiste car traditionnelle, peu de femmes vivent seules. A 40 ans, une femme non mariée vit encore chez ses parents et respecte les volontés paternelles. Elle sort rarement seule et essaie de rentrer vers minuit. Bien sûr je suis une étrangère et ne suis pas musulmane et donc j’ai droit à me différencier mais il n’est pas question de choquer. Il est assez drôle de voir qu’on me conseille de trouver un ami, la présence d’un homme et un seul serait la bienvenue pour plusieurs de mes amies.

 
Je crois que si je devais vivre à 100 % de mon temps je serais poussée par la société ambiante à me conformer à ce diktat collectif. Les rapports entre les hommes et les femmes restent encore très codés et je sens que la réputation des étrangères est qu’elles sont libérées et donc convoitées à deux titres, sexuel et financier. C’est très désagréable à vivre et les amies tunisiennes m’ont mises en garde. Les jeunes gens sont les plus terribles, il ne faut surtout pas les prendre au mot car l’aventure peut s’avérer misérable. Les exemples sont trop nombreux pour les ignorer. J’essaie donc de mettre un espace entre mes amis masculins et moi. Ce n’est pas toujours facile mais il faut, pour leur faire confiance qu’ils aient eu une expérience assez longue à l’étranger. Les hommes ont je crois une conscience de leur virilité en affichant des conquêtes, donc ils s’essaient constamment à vous draguer. Les paroles d’amour et surtout les compliments fleurissent tout le temps à leur bouche. De séduisant au départ, cela devient vite comique…puis pesant. Car c’est une forme de séduction un peu lourde, surtout quant elle vient du chauffeur de taxi ou du type dans la rue qui vous aborde sur l’Avenue Bourguiba.

Le maitre mot est méfiance, encore plus quand on est une étrangère.

 
J’ai encore du mal à croire à l’amour et aux grands sentiments. Je viens de vivre une tellement grande déception dans ma vie personnelle que les hommes qui m’approchent peuvent à la rigueur me distraire, mais je ne ressens pas encore autre chose que de la surprise et de la curiosité. Je suis encline à vouloir trouver un ami de confiance plutôt que de remplacer un mari déficient. Préoccupée comme je le suis par la réussite professionnelle que je me dois de reconstruire, j’ai du mal à me repositionner dans une relation durable. Alors je suis un peu une âme en peine à Tunis. Et mon humeur fluctue en fonction des personnes qui m’entourent ou se détournent.

08.05.2008

La poésie résiste

De l'autre côté de l'océan aussi, de l'autre côté de la Méditerranée également, la poésie francophone résiste et elle nous émeut parce qu'elle est dans son rythme comme dans ses mots un condensé d'émotions, de douleurs et d'espérance.
L’espoir
Je ne sais quoi !
Je ne sais plus !
Quelle dague choisir pour me piquer ?
Dois-je utiliser une balle en argent dans la roulette de ma vie
Pour couper court à mon immortalité ?
Je ne sais plus !
Quel œil crever !
Pour ne plus me voir dans son reflet.
Quel bras mutiler !
Pour ne plus lever un toast en l’honneur de mon obsession
D’être le premier.
Pour ne plus écrire des poèmes d’éloge.
Je ne sais plus !
Quel mot prononcer !
Dans le balbutiement de mon mutisme.
Dois-je couper ma langue au milieu !
Pour la rendre fourchue !
Pour la rendre deux !
Et baisser les yeux.
Je ne sais plus !
Quel sang coulera !
Le jour de ma renaissance,
Si j’en aurai le courage !,
Quel pied me portera
Face à mon inépuisable déchéance
Face au poids de ma vanité !
Je ne sais plus !
Je ne sais quoi !
Mais ce que je sais
Ce que j’ai toujours su
Quelque part derrière la porte
Quelque part après la nuit
Quelque part…quelqu’un
Attend que je me désagrège
Pour me tendre sa tendresse
Qui collera mes fracas…
Qui me fera…
Je ne sais qui…
Je ne sais quoi…
Mais qui me fera.
Tunis 29 -01-2008
DIFFERENCES

Ne lui dites pas qu'il est anormal

Vous risquez seulement de lui faire mal

Car sait-on ce qu'est la normalité :

Force, par le nombre, contre l'unité ?

Vue de différents angles : Relativité

Ou seule et immuable, érigée VERITE ?

Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent

Mot, il est vrai, que tout le monde comprend

Différence qui porte tantôt sur les couleurs

Pure adaptation au milieu qui nous entoure

Dont le sens ne vous cause point de douleurs

Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin

Soyez simple, ne faites pas le malin,

De tracas et de malheur, il a eu sa dose

Victime frappée de mucoviscidose


Ou par le fait du sort, tétraplégique

Il préfère serrer une poignée énergique

Quoique son teint ne fasse pas couleur locale

Celle des seigneurs ou des ariens

Ou celle des démunis qui ne possèdent rien

Vous verrez sa santé dans sa force mentale


Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :

Voyez par delà ce qui vous paraît laid

Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,

Oyez le autrement qu'il ne vous parait

Vous verrez qu'il s'agit d'un humain

Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main


Si le Sida vous fait toujours peur

Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,

L'autre ne veut vous embarrasser,

Ni obséquieux ni trop élogieux

Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux

Et d'autres ont même osé l'embrasser

 Kamel M’Rad

Lyon  février 2008 


Et pour finir, une petite histoire toute simple dans le RER hier, alors que j'allais au Théâtre Edouard VII voir les Brasseur, père et Fils dans une pièce de Sacha Guitry qui fait fureur à Paris, ces temps-ci:
J'ai ramassé un journal à mes pieds, il était abandonné et j'ai remarqué quelques mots qui ont accroché mon attention...DERRIDA en dessous du mot SAVOIRS ...et le journal était ouvert sur Cinéma et son titre Journal d'un cinémateur...j'ai pris le journal, l'ai tourné, remis à l'endroit...je me demandais quel était donc ce journal, de culture sans aucun doute et... dans un élan de rationalisation, j'ai cherché la Une. Il s'agissait du journal Les Lettres françaises du mois de mai...c'était la première fois que je voyais ces feuilles de culture...moi qui me prétend cultivée...je me suis mise à dévorer les articles. Ce matin en écrivant ces mots, je me suis aperçue que c'était le supplément du journal l'Humanité du 3 mai 2008, très certainement abandonné dans ce RER déshérité de la banlieue parisienne. Tout s'explique je n'achète pas l'Humanité...
Il y avait un article intitulé La poésie résiste de Françoise Han, ce qui explique le titre de ma note de ce matin. Elle y parle, notamment d'un ouvrage sur la poésie juive pendant l'occupatin allemande:  Les poèmes de Czernovitz, traduits et présenté`s par François Mathieu, qui font partie d'une collection Bruits du temps aux Éditions Laurence Teper.
Je finis par des citations extraites de ce receuil de plusieurs poétesses:
"Plaie devient Mot/ mot devient geste/ geste poème"
"Ma patrie est morte/ils l'ont enterrée/dans le feu/ je vis/ dans ma mère patrie/ le mot "
Je vous quitte sur une phrase de Kafka que je rapproche d'une autre, de Paulo Coelho- Le pèlerin de Compostelle
« Ce que nous appelons chemin, c’est notre indécision. »

 

«L'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.»

A MEDITER !

 

27.04.2008

Arte de belles découvertes, Art et Musique

J'ai redécouvert la chaîne ARTE depuis quelques semaines. En général, je regardais sur cette chaine, depuis qu'elle était diffusée au Québec, certains films: les Almodovar, les Altman ou les grandes fresques russes. Or, depuis que je voyage pas mal, je suis beaucoup moins en train de me mettre devant le petit écran. A part Canal Plus en décodé, le midi quand je déjeune rapidement. Je travaille chez moi et je m'oblige à quelques pauses essentielles; je me suis mise depuis mon retour de Med-allia à grignoter le magazine CHIC, 26 minutes à 13h30, l'heure à laquelle je m'astreins à sortir la tête de mon ordinateur pour une assiette de crudités-taboulé, un morceau de fromage de chêvre souligné d'un verre de Cabernet-Sauvignon australien ou américain, le tout assaisonné d'un café moka expresso fait exclusivement d'Arabica d'Éthiopie et d'un carré de chocolat noir puissant en bouche. Une pause d'Épicurienne raisonnable et je zappe de Canal Plus vers ce magazine CHIC...un peu de frivolité à l'heure du repas m'apporte ma ration de détente et de rires. De temps en temps, un reportage me passionne et ce fut le cas mardi dernier avec le reportage sur une ville chinoise dont j'ignorais l'existence, Dafen.

Présentation du reportage par ARTE sur son site Internet:
Tendances » : Les peintres de Dafen
ec5f357139213f291fece402c187842c.jpgChic vous emmène en Chine, visiter le plus grand atelier du monde. Dans le village de Dafen, on reproduit à la chaîne les chefs-d’œuvre de la peinture. Une véritable industrie, qui génère près d'un milliard de dollars par an. Au départ, le faible loyer des appartements était le seul attrait de l’endroit. Mais avec les années, le village a gagné en notoriété, grâce à une clientèle répartie dans le monde entier, qui commande toujours plus de Cézanne ou de Picasso à moindre coût. De quoi susciter des vocations, quand on sait qu’un peintre de Dafen gagne dix fois plus qu’un ouvrier agricole


Ce petit voyage dans une Chine industrieuse et globalisée est une expérience étonnante et qui vaut de regarder ce reportage avec un oeil averti: non seulement on peut être soufflé par le talent et la vitesse de réalisation d'œuvres à la chaine qui vont peupler les Wall Mart du monde entier, copies vendues Hand-Made, et qui dans certains cas ont été réalisées grâce à un procédé ingénieux de photocopie laser en toile de fond, puis retouchés à la main par le jeune artiste...mais aussi par l'audace d'un jeune français issu de l'immigration qui n'a pas eu peur de quitter la France il ya deux ans pour monter une entreprise de copies Haut-de gamme et fabrication de cadres d'une qualité remarquable à des prix très inférieurs à ceux exorbitants pratiqués en France. Ce jeune chef d'entreprise s'appelle Khaled Feki et il parle déjà le chinois avec aisance...bravo. Son entreprise Epsilon art frames me paraît une excellente idée, soutenue évidemment par l'Internet puisqu'il communique avec ses clients sur la "Toile" virtuelle.d2f550f3964b38ad13a96ebbbce457f9.jpg

Hier soir vers 23 heures, j'ai découvert un magazine musical d'une qualité extraordinaire... j'ai adoré... car pour une fois ce n'est pas de la bouillie déversée à longueur d'ondes, mais de vrais artistes avec un talent inouï, une passion pour la musique et la voix, de vraies personnalités aux parcours intenses et que je découvrais pour la première fois. Un seul m'était connu, le créateur de l'émission Manu Katché, l'excellent percussionniste classique devenu le jazz man que l'on connait, mais aussi le drummer de Peter Gabriel dans l'Album "So", une consécration internationale avec ce monstre sacré du Pop-rock.

Manu Katche sur My space


Et hier soir, la découverte d'une facette de Manu Katché qui le fait citoyen d'honneur de ma "Constellation nomade".


Écoutons-le lorsqu'il parle de sa nouvelle émission sur ARTE, One Shot More, diffusée dans 15 pays, depuis peu.

Moi qui me sens très européen – j’ai joué avec des Croates, des Italiens, des Allemands, des Polonais, etc. –, je suis fier de faire cette émission pour une chaîne européenne, diffusée dans quinze pays. Car la musique ignore les frontières.
L’idée est de faire de ce plateau un lieu de vraies rencontres. One shot not se veut d’abord un brassage de genres et d’êtres humains. Tout est filmé de A à Z. On voit aussi bien le plateau que le technicien qui n’obtient pas le retour qu’il cherche, les secrets de fabrication, les tensions… Une démarche à rebours du côté “paillettes” généralement montré à la télévision. Des images d’archives retracent les carrières des artistes invités. Nous tournons aussi des séquences en amont. Pour cette première, je vais à la rencontre de Bryan Ferry. L’intérêt : écouter et (re)découvrir ce monsieur de 62 ans, qui a marqué la pop depuis Roxy Music. Pas à travers le single de son dernier album, mais par exemple en revenant sur Slave to love. Tout est permis !


Parmi ses invités, deux femmes m'ont interpellée, Camille et Morley dans des registres très différents mais avec en commun une qualité vocale et un appétit musical doublé d'une énergie à défendre la participation mais aussi les textes...

624bb7841dcadfd2f6237eed58e7b572.jpgMorley
Sensuel et poétique, l'univers musical de cette jeune femme au teint diaphane est nourri de ses engagements de citoyenne du monde. Doucement folk.
L'album de Morley, Seen, est sorti en janvier 2008 chez Polydor.

d5c6b9664e695715936f3653b548de89.jpgCamille
Véritable ovni sur la scène musicale française, Camille a tissé en deux albums (Le sac des filles et Le fil) un univers poétique à la fois grave et ludique. Dans de drôles de comptines rythmées par des beat box, ponctuées de cris, de murmures et de choeurs, elle dit avec humour ses obsessions, ses blessures d'enfance et ses chagrins d'adulte.
Le nouvel album de Camille, Music hole, sort le 7 avril chez Virgin.



 

J'ai été séduite par un groupe Ben Brothers, par la voix rauque incroyablement modulée du chanteur qui manie les aigüs et les graves dans la plus grande tradition pop anglaise...je d399fca37218b7ab4a92627d181576ad.jpgsuis fan

Ben's Brother
Quelque part entre Sam Cooke, Elton John ou Rod Stewart, Jamie Hartman (le frère de Ben, c'est lui) possède un style et un timbre véritablement uniques.
L'album de Ben's Brother, Beta Male Fairytales, est sorti en février 2008 chez Virgin


19.04.2008

L'amour au bord du gouffre

«C'est étrange comme les choses prennent du sens lorsqu'elles finissent... c'est là que l'histoire commence.»
On parle, on parle, et les mots se succèdent, mais ce n'est que lorsque la musique de la voix prépare au point final que l'on comprend enfin vers quoi ils nous entraî­naient. On vit, on vit, et les faits s'accumulent, mais ce n'est que lorsque le temps nous permet de nous retourner sur nous-même que l'on saisit enfin vers quoi notre existence tendait. «L'émergence du sens n'est possible que parce qu'en se succédant les mots meurent les uns aux autres.» Quand l'enfance s'éteint, on en fait un récit et quand la vie se meurt, on découvre pourquoi il a fallu la vivre.
C'est le temps qui nous fait naître au sens. Je devrais dire : c'est la représentation du temps, la manière dont je rappelle mon passé pour agencer mes souvenirs et me délecter de mes rêveries qui imprègnent de sens ce que je perçois. Le récit que je me fais de ce qui m'est arrivé et le tableau que je compose du bonheur espéré introduisent en moi un monde qui n'est pas là, qui n'est pas présent et que pourtant j'éprouve intensément.
extrait de Parler d'amour au bord du gouffre, Boris Cyrulnik


9695d99c0c52a1d809cbe0ba1ee687c1.jpgPour Pâques, alors que je me trouvais à Lyon, j'ai enfin saisi le moment de m'intéresser aux livres de Boris Cyrulnik, ce neuropsychiatre qui a porté à la connaissance du public français le concept de résilience. C'est au Québec en 2000, il y a huit ans déjà, que j'avais longuement entendu parler de cet homme au parcours fascinant et révélateur de ses choix de recherche. En effet, en 1942, alors qu'il grandit à Bordeaux, ses parents, juifs russo-polonais, sont arrêtés et déportés. Abandonné à l'assistance publique, le jeune Boris devient le protégé de son institutrice. Il échappe de justesse à la déportation lors d'une rafle en janvier 1944. Orphelin il se réfugie dans l'humour et la biologie. (source Evène)

 Je viens de retrouver l'émission archivée sur le site de Télé Québec
"Ceux qui surmontent un traumatisme éprouvent souvent une impression de sursis qui démultiplie le goût du bonheur et le plaisir de vivre ce qui reste encore possible."

Pourquoi m'aura-t-il fallu autant de temps pour me plonger dans la lecture de Cyrulnik? Tout simplement parce que je vis actuellement et depuis mon retour en France des traumas successifs qui me poussent à chercher des issues positives. Et je crois que Boris Cyrulnik développe dans ses recherches et ses écrits une vision optimiste, un certain art de cultiver le bonheur malgré les traumatismes et les aléas de la vie.6eee8d8311e2c70a3911e651823d06f2.jpg

Donc, vous l'aurez compris, le couple est en question, l'amour, la notion d'attachement, c'est de tout cela que nous entretient Boris Cyrulnik dans ce livre. N'oublions pas qu'il est directeur d'enseignement à la clinique de l'attachement à l'Université de Toulon. Et j'ai eu envie de lire ma propre histoire au travers de ses commentaires et exemples racontés et expliqués dans son livre. je vous recommande vraiment le chapitre Métaphysique de l'amour, ainsi que celui intitulé L'enfer en héritage, chapitres qui se suivent dans le livre, d'ailleurs. Le chapitre Métaphysique de l'amour tire son beau titre d'une œuvre du philosophe allemand, assez méconnu en France, Arthur Schopenhauer: Métaphysique de l'amour, Métaphysique de la mort.

Alors voilà je suis dans une impasse, moi qui me croyais préservée dans ma route nomade, mon ancrage affectif me semblait stable et je me sentais à l'abri de la rupture. Je n'ai pas vu venir la déchirure du couple fusionnel 1+1=1 nous sommes passés au couple léonin, comme dit Cyrulnik, le 1+1=2+0 et la fin non annoncée arrive brutalement avec ses incompréhensions, ses chagrins, ses tourments, ses maladresses et des torrents de larmes...
c7301200206d46c1d1703aa1cfc38deb.jpgJ'ai écrit dernièrement pour me définir sur Facebook que j'aimais la ligne brisée, ce n'est pas une abstraction, c'est mon caractère artistique et ma vie qui en est le reflet. La ligne Brisée, c'est la possibilité de rebondir, de rejaillir, je l'associe au concept de résilience. Je l'associe aussi à une forme d'anti-conformisme, une vision passionnée qui ne peut se complaire dans la ligne droite.
 
Si vous aimez la revue Psychologies, vous avez peut-être lu le numéro spécial dont l'invité était Boris Cyrulnik. J'ai retrouvé sur le Web cette interview qui commence ainsi: 
 
"Psychologies : Aimer, être aimé, pourquoi est-ce si difficile de trouver un équilibre ?
 
Boris Cyrulnik : Parce qu’il n’y a pas d’équilibre possible ! Le seul équilibre dans une vie amoureuse, c’est la routine, la mort psychique et la mort sentimentale. En amour, comme dans toutes les relations affectives, les deux êtres qui se font face sont deux êtres vivants. Chacun évoluant différemment, pour son propre compte et à l’intérieur de la relation, l’équilibre ne peut qu’être instable. D’autant que la vie elle-même est constamment changeante, biologiquement, affectivement et socialement.

« Aimer, être aimé », est-ce la bonne formule ? Ce n’est pas l’un "ou" l’autre, donner "ou" recevoir, défini une fois pour toutes. C’est l’un "et" l’autre, variablement, à des moments différents, avec des intensités différentes. A un moment, on est celui qui aime, celui qui donne ; à un autre, celui qui est aimé, qui reçoit. Quand deux personnes amoureuses se parlent, se regardent, se touchent, ils "s’affectent". Et ce simple fait crée un autre monde : le monde d’un homme, le monde d’une femme, ensemble, créent un troisième monde, entre eux deux et au-delà d’eux deux. Mais cela n’est pas uniquement vrai des amoureux. Ce "monde affectif" se crée quel que soit le lien : une mère et son enfant, des amis, des collègues de travail…
Deux êtres humains créent un autre monde du simple fait d’être ensemble." (passages surlignés par moi)
 
 
Bibliographie Wikipedia de Boris Cyrulnik
citations de Boris Cyrulnik à méditer:
«Le Moyen Âge nous racontait que le malheur sur terre, dans une vallée de larmes, nous permettait d'espérer le bonheur, ailleurs. Le XIXe nous expliquait que le bonheur, ça se mérite et que les malheureux sont à leur place, puisqu'ils ont échoué dans la conquête de cette faveur. Aujourd'hui, le discours qui légitime nos prouesses techniques nous demande de croire que le malheur est une maladie due à une chute de sérotonine.» (in L'Ensorcellement du monde, cité par J.-C. Guillebaud, La refondation du monde, Seuil, 1999)

"Le repli identitaire serait donc dû à l’expansion trop brutale du «modèle» occidental?
Il y a effectivement retour à une identité forcenée, qui devient une aliénation. Comme c’est l’Occident qui a les armes, l’argent et la technologie, il y a de fortes chances pour que les mentalités occidentales se mondialisent. Soit les gens s’y plieront mais seront malheureux. Soit, à l’opposé, la haine de l’Occident grandira, comme actuellement. Des identités imaginaires, vieilles de plusieurs siècles ou même de plusieurs millénaires, continueront à resurgir. Nous avons donc le choix entre la «désidentification» et l’aliénation. (...) Pour éviter d’être aliéné par une identité, il faut que les gens sachent qu’elle est constituée d’un patchwork de différents éléments." Propos recueillis par Sophie Boukhari, journaliste au Courrier de l’UNESCO.

06.04.2008

Dur Dur le retour...

Une nouvelle fois je me suis retrouvée dans une situation inconfortable...et oui, à peine descendue de l'avion, seule comme prévue, j'ai réussi à faire une chute dans l'escalier roulant du RER à Antony et je n'ai eu la chance de me relever que par l'intervention de femmes qui m'ont vue basculant sous le poids de mes bagages, totalement déséquilibrée...Bon pas mal d'ecchymoses et des ongles cassés...rien de malheureux mais une lassitude...et une envie de crier... Et voilà qu'arrivant à Maisons-Laffitte, le pire m'a fait pleurer...il neigeait...je venais de quitter la Tunisie sous un soleil magnifique et 25 degrés...alors la détresse de mon temps au Québec est revenue...

Il fallait encore que je monte tous mes bagages au 3ème étage sans ascenseur et cela a bien pris 20 minutes...

et puis je me suis mise à lire mes mails et à regarder les messages sur Facebook: il y avait un lien sur une chanteuse de 18 ans qu'Éric recommandait...je suis allée cliquer et me rendre sur My Space et franchement j'ai aimé, alors je vous la recommande: 

http://www.myspace.com/joycejonathan

Joyce LIVE - Ma musique
Vidéo envoyée par MyMajorCompany

Devenez producteur de Joyce sur www.mymajorcompany.com/joycejonathan !

 

 

 

 

04.04.2008

Ouled Lenine

Il y a quelques jours, j'ai présenté sur mon blog des distinctive women, une femme cinéaste franco-tunisienne Nadia El Fani qui a réalisé un film personnel sur son père et les compagnons de celui-ci, tous d'anciens militants du parti communiste tunisien.

Intriguée par le sujet et friande d'assister à une projection qui touche au passé proche et à la mémoire de ce pays où je suis né et que j'essaie de réapprivoiser, je suis allée à cette unique séance du Doc de Tunis, accompagnée de Nejib, le créateur du portail internet consacré au cinéma  tunisien et de mon ami Habib, professeur d'histoire à l'Université de la Manouba.

Un tel sujet aurait pu apparaître comme une entreprise périlleuse: faire parler des militants désillusionnés. Or, je dois dire que ce documentaire est fort riche et que j'ai littéralement absorbé les échanges de tous les protagonistes de cette histoire qu'on sent douloureuse, encore de nos jours.

Il est toujours difficile de parler du passé proche, surtout quand on est une artiste et qu'on ne cherche surtout pas à faire un catalogue historique, ni oeuvre journalistique. L'utopie communiste est effectivement, à mon avis, abordé de la meilleure façon, la plus tendre et la plus subjective, celle de l'approche familiale.

Dans ce documentaire, il est frappant de constater la relation intense Père-Fille. Ce film est littéralement un cri d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, un homme qu'on sent pur et attachant, un intellectuel de gauche, humaniste et intègre, une figure emblématique et brillante. C'est aussi un homme vieillisant auquel la fille veut rendre hommage. Cet intellectuel est entouré de ses amis, femmes et hommes, de cette famille que fut la parti communiste tunisien.

Nadia El Fani a choisi de donner la parole à une partie des anciens compagnons de route de son père et c'est un film plein de paradoxes où les femmes sont critiques et se souviennent combien elles éta