16.11.2009
Tunisie tu m'inspires
Parce que je me sens toujours Ulysse en Jupons et que partie de Montréal en passant par Paris, j'ai abouti en Tunisie
Parce que dernièrement j'ai passé un week end enchanteur à Djerba...j'ai composé ce poème... et je vous l'offre
Tunisie où j’ai vu le jour,
Tu m’intrigues et me soutiens
Dans ma quête de l’éternel retour
Au pays de mes amours
Ta terre m’inspire jour après jour
Dans un regain de passion où le Bien
Lutte avec le Mal pour conquérir l’Ivresse
Du Fou rempli de sagesses.
L’olivier aux fruits rebondis caresse
Mon esprit de mille parfums
Aux effluves enivrantes, et soudain
Je repense à l’enfance perdue
Très loin aux confins
De l’absence…éperdue
Réminiscences de la France
Matins chagrins en Nouvelle France
Toujours à la recherche d’une autre France
Mythique et imaginaire
Ambiguë et altière
Un théâtre d’ombres et de lumières
Dans une chambre aux persiennes closes
Où ma mémoire enfin explose
Au soleil de Djerba, tout proche d’Ulysse
J’ai retrouvé un zeste d’intime passé
Le sentiment du connu jamais effacé
Cette lumière si forte que les yeux plissent
En admirant les flots d’une mer d’huile
Que j’aimerais au bout du monde emporter
Du bout de mon pinceau sur la toile fixer
Le bleu et le vert mêlés
A la blancheur des houchs lovés
Dans ces villages animés
Aux femmes aux voiles bigarrés
Tunisie changeante et chatoyante
Toutes tes identités attirantes
Me laissent pantelante devant ta nature
Mille fois occultée
Par un monde d’ignorance pour un futur
Oublieux de ta grâce innocente
Tunisie comme Tes enfants
M’offrent leurs doux regards
J’ai levé mes yeux sur ce ciel, espoir
D’un beau matin où je renaîtrais
Sur cette terre près du grenadier
Dans la maison du brigadier
Humant l’air jusqu’au soir
Espoir
18:51 Publié dans CULTURE, Femmes, Poésie, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, djerba, france, nouvelle france, houch, amour, souvenir
29.07.2009
L'été en Tunisie; tranche de vie
Depuis fin mai je suis très prise par une belle aventure éditoriale. Si en octobre dernier; j'avais exprimé le souhait de créer un magazine de décoration en Tunisie car j'en voyais l'utilité...mais qu'hélas je n'avais pas réussi à la faire...grâce à une agence de Com tunisienne Alliance, je participe tout de même à cette nouvelle route...ce nouveau défi ....Dary Magazine sachant que Dar veut dire maison et Dary la maison vous avez compris journal de la maison. Autant je pensais réaliser un trimestriel...autant là le défi est immense nous avons la tâche exaltante et périlleuse d'un mensuel.
Je suis rédactrice principale et le résultat de ce premier numéro me rend fière de ce chemin pris.
voici le contenu de mon dossier principal Thema:
Thema
C’est la rubrique clé de Dary magazine : un thème mensuel à fort intérêt pour les lecteurs est présenté sous différents angles.
Le cœur du magazine, un dossier dont j’ai la responsabilité éditoriale. Le thème de ce premier numéro est Tunisie…maisons d’été un thème qui colle à l’actualité
Composé d’
Une introduction sur la genèse de la villégiature en Tunisie
Un reportage sur une maison de vacances Design à Djerba
Une composition Couleur et Lumière dans la maison
Un article complet sur le rotin, son origine et son utilisation en décoration
Un reportage sur une maison astucieuse à Sounine
Extrait de mon article sans les illustrations
Les vacances, ce temps du repos, ce temps de rupture avec le quotidien se cristallisent dans une maison où on a le loisir de ne rien faire. Une maison qui est le repère de tous les proches, celle où on aime se réunir avec la parenté, mais également les amis intimes.
La maison de vacances est aussi dans bien des cas, la maison de famille celle de sa région natale, celle de ses origines. Le temps des vacances est un moment fort où le Tunisien retrouve ses racines.
S’il y a une tendance aux retours des valeurs identitaires, à cette nostalgie de la Terre et de ses jardins fruitiers, à ce regard vers le passé qui conduit à alimenter une vogue certaine des produits artisanaux, il y a aussi un besoin d’innovation. Cette opposition entre patrimoine et modernité, entre reproduction et innovation est un enjeu de créativité pour l’architecte et le designer d’intérieur tunisien
En effet, le dilemme est de satisfaire deux aspirations opposées, tout en utilisant un registre moderne, il y a une demande pour ne pas rompre avec le passé et son vocabulaire architectural. Mais il ya également une volonté de ne pas vivre en dehors de la modernité voire même de la devancer et d’introduire le design.
La maison de vacances se veut moderne par son confort et son équipement, mais cherche à préserver son esthétique tunisienne, alliant des matériaux locaux et les talents des artisans régionaux, même en abordant un registre volontairement design.
1-Le temps des vacances : Les Tunisiens plébiscitent la Tunisie.
Durant la période estivale, ce sont les villes côtières qui connaissent une activité intense. Touristes et estivants se ruent sur ces destinations, comme Sousse, Nabeul, Hammamet, Tabarka, Bizerte…. Hormis les touristes internationaux, les Tunisiens eux-mêmes se précipitent au bord de l’eau pour trouver la fraicheur et sortir des villes écrasées par le soleil. Les Tunisiens de la classe moyenne y vont quelques jours, louant des chambres d’Hôtel ou se réservant une villa en location. Les plus aisés des Tunisiens sont eux propriétaires de leurs maisons de vacances et y installent leur famille pendant plusieurs mois en attendant que les chaleurs cessent.
La Tunisie des vacances est rythmée par son calendrier scolaire d’une part et son calendrier religieux d’autre part. N’oublions pas que pour cette année 2009, et l’année suivante, le grand moment du ramadan tombera en pleine période estivale…il viendra se surimposer à une période qui est plus généralement une période de plaisirs extérieurs. Cette année, le dernier tiers du mois d’Août devrait probablement mettre l’emphase sur l’intérieur de la maison, en revanche le mois de juillet sera complètement réservé à l’extérieur…au plaisir de la plage et de la baignade.
Ce temps des vacances suit également une évolution historique qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les Beys, puis les notables de Tunis qui bénéficient les premiers du temps libre, de celui des loisirs où ils s’installent dans la période la plus chaude de l’année, à l’écart de la ville et de ses miasmes dans des lieux de Villégiature.
Ainsi La Marsa, dès le XVIe se transforme en villégiature princière puis résidence des Beys et des notables tunisois au XVIIIe siècle. Il faut attendre le début du XXe pour voir éclore les villas des bourgeois tunisois qui quittent durant tout l’été la Medina pour leur station privilégiée de Villégiature. Le temps des vacances et de la plage, cette saison de la Khlaâ, s’étalent dans la première moitié du XXe siècle et l’on voit fleurir les cabines de bain à l’européenne et les traditionnelles « Barrakas ». La mode du bain de mer est lancée. Le bord de mer est apprivoisé et peu à peu se diffuse dans toute la société. La corniche joue son rôle de promenade de plaisirs à la fois d’ostentation et de séduction. Ce sont les villas aux façades à vérandas et aux jardins clôturés de la Marsa qui créent la première tendance de la maison de vacances.
Après l’indépendance, lorsque la Tunisie rentre dans l’ère du Tourisme international, l’influence de ce nouveau tourisme, qui choisit le bord de mer et la création d’un littoral bétonné, laisse des traces dans le paysage, mais aussi dans le choix de l’implantation de sa maison de vacances. Un nombre croissant de Tunisiens construisent des résidences secondaires au bord de la mer qui sont, selon la chercheure Sondes Zaïer, susceptibles par la suite de devenir des résidences principales.
17:21 Publié dans CULTURE, Femmes, MEDIAS, NETWORKING, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : geronimi, tunisie, tunis, presse, magazine, dary mag, décoration
30.05.2009
Partir
S'il vous prenez l'envie de refaire votre vie, parce que vous voyez que le temps passe et que votre compagne ne vous accorde plus autant d'intérêt ou que votre compagnon ne partage plus vos passions et que peu à peu s'installe le ronron d'une petite vie qui ne vous exalte plus. Que feriez-vous ? Ne me dites pas que cette question ne vous a jamais effleuré ? Je suis sure que certains soirs, au fond de votre lit, vous regrettez le temps qui passe et soudain, parce que vous approchez la quarantaine ou que vous venez juste de la dépasser, vous avez du mal à vous dire que tout va rester ainsi jusqu'à votre retraite. Là l'épouvante vous saisit et cette nuit-là vous décidez de tout remettre en question.
Ce tournant décisif de votre vie va vous conduire vers les aventures les plus folles car elle va tout d'abord vous donner un second souffle, vous obligeant à vous remettre en question. Elle vous laissera une douce impression de liberté et pour certains elle vous conduira à vous retrouver rapidement le ou la nouvelle partenaire de votre vie. Pour d'autres un célibat aux aventures multiples et toutes plus insipides vous laissera dans une infinie solitude, à tel point que vous pourriez regretter l'ancienne quiétude ennuyeuse, mais si confortable.
Bien entendu, lorsqu'on choisit de quitter l'Autre, on est dans l'action et il est souvent grisant de remettre à plat ses anciennes habitudes pour s'en forger de nouvelles. Les familles reconstituées si nombreuses sont le reflet de ce constat du mitan de la vie... Comme l'homme possède un instinct grégaire, il reconstruit généralement une deuxième famille...vous êtes-vous jamais posé cette question d'adopter les enfants d'une autre ? De vivre dans un nouveau décor totalement éloigné de tout ce que vous avez connu jusque là ? Avez-vous-même songé à changer de pays et de langue...Partir...Partir...Voyage...Voyage
Peu d'entre nous n'ont assez de cran ou de folie, selon les points de vue, pour une telle échappée! D'ailleurs celui qui est tenu par des enfants, rivé à un lieu, une école ou des parents âgés se risquera moins facilement à cette dérive. Il y aura toujours les baroudeurs et les aventuriers de tout sexe qui quitteront à tout moment le port, mais ceux-là ne sont bien que dans le mouvement, dans l'ailleurs incapables d'affronter réalité et responsabilité.
Celui qui est abandonné, laissé pour compte ne comprend pas tout de suite la chance qui lui sourit car c'est même plutôt le contraire qu'il perçoit. Lui ou Elle n'avait pas envie de se remettre en question et vivait finalement bien cette quotidienneté que vous teniez pour banale et morose comme un bonheur tranquille. Une fois passé le choc de la rupture de cette séparation inenvisagée car inenvisageable, le délaissé comme l'abandonnée sont contraints de se repositionner par rapport aux autres, à réapprendre à séduire, à se retrouver dans les bras d'une autre ou d'un autre, à oser à nouveau le regard d'un étranger ou d'une étrangère. Une porte se ferme malgré vous et bien sûr une autre s'ouvre...
L'expérience prouve que la vie de nos jours ne nous contraint pas à la solitude, que les occasions de rencontres sont démultipliées par les nouveaux usages sociaux d'Internet et que des sites comme Facebook empêchent bien des gens de sombrer dans une dépression profonde après un choc affectif. Après une rupture non souhaitée, il n'est pas rare de voir celui qui a été plaqué refaire sa vie plus rapidement et avec plus de bonheur que dans sa précédente union.
Je trouve que toute rupture, même la plus poignante, nous fait progresser : dans la connaissance de soi en premier lieu, car nous n'avons plus ni d'écran ni de miroir...et dans la connaissance des autres, tous les témoins de notre chagrin. Pour se reconstruire, il faut du temps et de la patience, du courage et du sang froid pour ne pas céder à la panique première de l'inconnu, de cette incertitude dans laquelle on tombe forcément au début. Et puis la chance tourne forcément en notre faveur, un jour ou l'autre ; parce que ce jour-là on réalise que le petit vendeur de journaux vous sourie, qu'un merle est venu vous rendre visite dans votre jardin et que la nouvelle voisine est si jolie... Alors la vie reprend son cours et le monde se recompose sous vos yeux !
La clé pour retrouver le bonheur perdu, c'est de regarder autour de soi ; car la vie ne peut et ne doit pas s'arrêter à une seule personne.
Partir Partir
Même loin de quelqu'un
Ou de quelqu'une
Même pas pour aller chercher fortune
Oh partir sans rien dire
Vivre en s'en allant
Chanson de Julien Clerc
11:06 Publié dans Femmes, IMMIGRATION, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie, psychologie, couple, crise, voyage, séparation
25.05.2009
Bilan depuis ma réinstallation à Tunis fin janvier 2009
Alors que les marchés économiques sont en berne, je tente de survivre professionnellement, en pleine tourmente, dans un monde qui marche sur la tête. Tous les jours un peu plus, ma petite vie d’Ulysse en jupons m’apporte son lot de déceptions, mais aussi de moments de gentillesse, de très petits bonheurs presqu’inaperçus et qu’on pourrait croire inaccessibles. Discuter avec le vendeur de légumes m’enchantent, non pas pour le contenu de ces mots échangés, mais par le regard souriant de cet homme, né à Jendouba et qui, un soir que j’étais visiblement fatiguée et trop chargée, m’a aidée à porter mes paquets jusqu’à l’ascenseur de mon immeuble.
Car, oui j’ai quitté ce que beaucoup de personnes recherchent, la petite maisonnette au fond d’un parc à Hammamet, pour retrouver mes marques en ville et habiter dans une résidence du nord de Tunis, un immeuble de standing dans un quartier qui ne dort jamais avec ses néons et ses fêtards, un quartier jeune, branché et qui vibre aux cris des supporters des équipes de foot. Oui la Tunisie n’existerait pas sans son football… Et moi je m’amuse de voir toutes les semaines ces hordes de jeunes avec leurs fanfares, leurs hymnes et leurs maillots qui exultent sous mon balcon…La rue Hedi Nouira est sans doute la plus animée en ville, mais je l’adore…Je suis seule la plupart du temps chez moi et je m’aperçois combien cet effervescence, cette jeunesse non seulement me tient compagnie, mais me dynamise. Je suis transformée. Car c’est vrai, je ne peux le nier, je déteste la solitude et le calme qui sont pour moi les ferments de l’angoisse. Ici je passe mon temps dans mon bureau appartement ou de l’autre côté de la rue, à la Phalène, un salon de thé qui possède deux vertus essentielles, un cadre vraiment cosy et un accès Internet permanent… Il a de plus une valeur suprême, il est fortement climatisé et en ce début de saison caniculaire…vous ne vous imaginez pas combien c’est merveilleux…depuis une semaine j’en ai fait mon deuxième bureau.
Après une période un peu difficile en février, durant laquelle j’ai dû prendre en charge ma santé et me reposer car j’étais extenuée, je retrouve non seulement un appétit de vivre mais aussi le goût de créer à nouveau. L’ouverture de Castorama, non loin de chez moi, vient de me donner un grand bonheur : j’ai pu enfin me racheter un chevalet (le troisième, tout un symbole…j’entame ma troisième vie…) et des toiles. J’étais si contente que je parlais à tout le monde dans le magasin, du moins à tous les employés…et même au directeur commercial de la chaine. On m’a souvent reprochée au Québec de prendre trop de place…Combien de fois mon Directeur de Thèse ne m’a-t-il suggéré de faire low profile et bien, figurez-vous que je revendique ce côté too much de ma personnalité, parce que je suis authentiquement un personnage qui ne passe pas inaperçu. Si j’étais si mal dans ma peau au Québec, c’est que j’étouffais littéralement, je n’étais pas à ma place dans cet enfer blanc, glacial et trop ordonné. Car oui j’aime le fouillis, l’esprit souk, les odeurs, les cris et les sirènes…finalement c’est ça pour moi la VIE. D’aucuns diront, c’est le stress, c’est vrai …il me convient…Les psys qu’en pensez-vous ?
Alors ce retour au pays de mes origines, dans un moment où la Tunisie est en pleine transformation, dans une course pour se hisser au niveau des pays occidentaux me semble une grande chance. Après tout, ma situation personnelle après mon départ de Montréal il y a près de trois ans avait pris une tournure catastrophique : vol de mon déménagement, déception à l’arrivée en France, séparation de mon mari non désirée…plus de travail aucune part…plus d’horizon clair fin janvier 2008. Seize mois plus tard, je rebondis. Je négocie en douceur un nouveau virage…j’ai des projets clairs et je me sens bien dans ma tête car je me dis que j’ai beaucoup d’atouts dans mon jeu : j’ai accumulé une expérience internationale énorme, j’ai toujours vécu la tête haute, je peux me regarder dans un miroir et me dire que chaque abandon ou chaque échec ont un sens et m’aident à mieux me comprendre. Je crois à la nécessité d’affronter des épreuves et que la vie est encore plus belle quand on arrive à surmonter ces difficultés…on en ressort plus fort.
Il y a quelques jours, j’ai appris la mort accidentelle d’un collègue français du département de géographie de l’UQAM. Il allait avoir 44 ans et cela a été un vrai choc… Je me souviens encore de notre dernière discussion dans son bureau qu’il quittait alors, las de l’hostilité des personnes rencontrées au Québec. Je me souviens de son envie de retourner en France, de son incompréhension envers une société d’accueil qui l’ignorait… Et puis, il est retourné en France où il poursuivait une fort brillante carrière jamais interrompue et le destin a voulu que cette route s’achève si jeune… Je me suis souvenue qu’il avait plusieurs enfants et que ce drame est atroce pour ces jeunes orphelins. Une fois de plus, avec encore plus d’acuité, j’ai pensé qu’il fallait savourer tous les petits moments de la vie, les plus simples, les plus insignifiants…j’ai le sentiment qu’il faut dire son amour aux gens qu’on aime et que l’instant est la chose la plus précieuse et qu’il nous faut apprendre à le savourer…cet instant … avant qu’il ne soit trop tard.
Cette pensée m’accompagne depuis et je me sens sereine.
22:21 Publié dans Femmes, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
02.03.2009
La destruction créatrice
La destruction créatrice
Détournant le concept de Schumpeter et l'appliquant à ma propre vie, je trouve cette expression pleine de sens. L'artiste aime la ligne brisée et vit souvent un équilibre dans un déséquilibre. Vivre c'est se mettre en danger, c'est ne pas être contraint par la routine, ce fameux train-train quotidien. Dans un moment où toutes les certitudes fléchissent, les mieux adaptés sont ceux qui avaient par leur esprit conquis un certain détachement. L'écriture donne cette force-là. La rupture amoureuse donne aussi une créativité renforcée par le sentiment de manque et la souffrance. Depuis quelques jours je n'arrête pas d'écrire...les sentiments contradictoires créent un nouveau souffle, une inspiration...
Alors j'ose encore écrire:
Le vacarme de tes yeux
Assourdit ma mémoire
L'éclair de ton refrain
Chante dans mon miroir
La lumière de ma prison
étreint tous nos espoirs
Le tintamarre de ton vide
Éblouit notre histoire
L'absence est création
et comble le désespoir
Nota bene: pour mes amies et amis, ne pas prendre à la lettre tout ce que j'écris, les mots sont un prétexte à un plaisir indicible, celui de les agencer...la poésie se lit et s'écrit à haute voix et j'en éprouve le rythme et les sonorités...je me libère et suis beaucoup mieux une fois, la dernière ligne posée.
22:59 Publié dans Femmes, Musique, Poésie, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.02.2009
Malentendus
Je veux plus de ces amours cachées parce qu'elles se vivent dans le déséquilibre perpétuel...je sais qui je suis, j'ai le sentiment que lorsqu'on aime, les différences ne comptent pas et, seule, la sincérité doit guider notre chemin. Mais dans notre monde, où que je sois, je ne trouve que mépris, abus et mauvais esprit...l'amour est vénal ou trop souvent se cache sous le masque de la bienpensanse. Et pourtant...
Amour Passion : malentendus
UNIQUE je suis
Et telle veux être vue
Et telle veux être aimée
UNIQUE et reconnue
A ton bras, adulée
Dans mon lit, vénérée
Fière de ton regard
Libres face à la foule
Débarrassés des contingences
Admirés et heureux
Enviés et radieux
Se moquant de l'ignorance
Libres face à la houle
Fier de mon regard
A mon bras, admiré
Dans ton lit, passionné
Uniques et reconnus
Tels je veux nous AIMER
Je veux plus de ces amours cachées parce qu'elles se vivent dans le déséquilibre perpétuel...je sais qui je suis, j'ai le sentiment que lorsqu'on aime, les différences ne comptent pas et, seule, la sincérité doit guider notre chemin. Mais dans notre monde, où que je sois, je ne trouve que mépris, abus et mauvais esprit...l'amour est vénal ou trop souvent se cache sous le masque de la bienpensanse. Et pourtant...
08:28 Publié dans Femmes, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, poésie, amour, aimer, passion
17.01.2009
Palestine anti-poésie
Palestine meurtrie,
Palestine endolorie,
Palestine ton cri
N'arrive plus dans nos vies
a soulever nos esprits
Pourquoi pourquoi pourquoi
nos yeux sont taris
et cette paralysie
devant ces victimes
de Palestine
M.Geronimi
A la veille d‘un cessez le feu unilatéral. dit-on aujourd’hui, samedi 17 janvier, je me réveille comme tous les jours et je regarde France 24 depuis ma tanière d’Hammamet.
Depuis le début de l’année, je n’ai pas eu envie d’écrire…
Chaque année depuis deux ans, le début d’année m’avait apporté détresse et désarroi :
- en janvier 2007 j’avais appris que toutes mes affaires incluses dans mon déménagement entre Montréal et Paris avaient disparu. Je perdais ainsi l‘intégralité de mes douze ans passés au Québec, à savoir toutes mes toiles peintes durant le séjour, l‘intégralité de mes documents papiers de recherche sur Québec et La Nouvelle Orléans, la totalité de mes 300 livres, l’ensemble de mes CDs Jazz et Classique sans compter les bibelots et autres pièces que je ramenais…mais le pire ce sont toutes les photos avant le numérique, toute ma vie évaporée… une petite mort…
- en Janvier 2008, mon conjoint québécois depuis 1994 m’annonçait simplement et très élégamment à Roissy à ma descente d’avion d’un séjour de travail de 5 jours en Tunisie : j’ai pris une décision, je te quitte Martine. Un véritable tsunami affectif pour moi qui s’est soldé par une séparation, puisque nos vies ne pouvaient plus suivre le même chemin. On ne peut forcer aucune personne à vous aimer.
En ce début d’une année triste car endeuillée par cette guerre sale et médiatisée à outrance sans intervention efficace des voyeurs et en attente des décisions du géant américain et de son nouveau Président, le très espéré Obama, je fais profil bas. Je me demande ce que l’avenir nous réserve encore à la fois professionnellement et personnellement. La crise boursière et financière a mis à mal depuis septembre toutes les économies et les investisseurs se font plus rares, soit qu’ils sont ruinés ou qu’ils sont dans une situation de retraits et d’attente prudente voire de repli.
L’heure est à la réflexion et au repositionnement au niveau des valeurs indispensables. L’honnêteté n’est pas toujours une valeur essentielle dans le milieu des affaires et pourtant je la revendique parce que face à tous les indélicats (des hommes en général) que je rencontre sur ma route, c’est une force indéniable et je peux le proclamer haut et fort : je suis incapable de m’associer avec un partenaire que j’ai pu tester et qui est soit perfide soit incompétent. Et je suis sure que mes clients sauront faire la différence car mon service, qui bien entendu s’est affiné en prenant le temps de connaître encore mieux la Comédie humaine, pourra se développer pleinement, une fois la tourmente passée. Je suis optimiste de nature.
Mes valeurs sont fortes, je soutiens comme vous le savez toutes les initiatives culturelles et patrimoniales, l’alliance nature et culture, la cause des femmes. Je suis foncièrement pacifiste et je crois que la femme est le meilleur de l’homme car elle lui apporte une qualité primordiale qui lui manque : l’intuition.
Vous savez ces mois de solitude, cette vie de célibat forcé, me font plonger jusque dans mes limites les plus intimes. Le stress est majeur par moment et se traduit par des malaises physiques. J’apprends combien je suis foncièrement urbaine, comment je déteste être seule dans une maison retirée où j’entends les chiens errants hurler toutes les nuits au milieu des oliviers et les coqs vociférés à tue tête…seul l’appel du Muezzin au loin arrive à me calmer au petit matin et les images de guerre lorsque j’ouvre ma télé satellitaire ne viennent pas à mon secours, non plus.
Les déceptions se sont accumulées et je dois dire que les appels à la prudence de toute part ne sont pas vains. Je pourrais écrire des tonnes de nouvelles qui raconteraient telle ou telle mésaventure arrivée ici mais à quoi bon…il existe deux types d’être humain, une majorité casanière et pusillanime et dont la vie est un long fleuve tranquille, une minorité foncièrement aventurière allant jusqu’â l’excès et qui a envie de prendre des risques quitte à perdre, pour mieux rebondir…alors les appels à la prudence sont donnés par les premiers et écoutés parfois par les seconds qui ne veulent pas en tenir compte.
Si vous aimez avoir des émotions et mettre votre vie en danger alors sortez de France ou du Canada et frottez-vous à la vraie vie, pas celle des expats à la cage dorée…non une vie sans filet, une vie d’entrepreneur… au moins quelques temps pour retrouver votre moi intime, pour connaitre finalement ces limites qu’on ignore de soi, celles qui vous font comprendre que vous existez vraiment que la vie ne se résume pas au Voiture-Boulot-Télé ou couche-culottes.
Je vous assure que ce n’est pas toujours facile mais prendre sa vie à bras le corps c’est un défi qui me parait celui du courage et de la lucidité.
Si vous faites partie de la deuxième catégorie je vous invite au voyage, celui-là non organisé
10:20 Publié dans Femmes, Guerre, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : palestine, guerre, tunisie, hammamet, crise
22.12.2008
La vie nous dépasse
Dans une discussion amoureuse avec mon ami, j’ai noté qu’il avait par deux fois insisté sur une notion philosophique très importante, la vie existe au-delà de notre propre personne. Cela me fait bien entendu réagir, car je suis en train de « revivre », après le plus grand choc affectif de ma vie. Cette assertion introduit le problème de la dépendance affective. A quel moment l’attachement se transforme en dépendance ?
J’ai l’impression que les femmes sont plus susceptibles de développer une dépendance vis-à-vis de l’homme de leur vie. Du moins les femmes traditionnelles pour lesquelles l’homme est essentiel, car il joue tous les rôles : le mari viril, le protecteur, le frère et l’ami. La dépendance est en plus totale quand elle est très souvent aussi financière. Maintenant sans aller à ses extrêmes, la Femme moderne qui aime un homme est à la recherche d’un attachement sincère et fort. Comment peut-on glisser d’un attachement fort et équilibré à la dépendance affective lorsqu’on est une femme soi-disant libérée ?
J’ai deux réponses qui se croisent probablement : l’amour se développe chez une femme au caractère passionné et romantique, cela peut être le cas d’un homme bénéficiant du mê
me tempérament, mais ils sont, à ma connaissance, moins nombreux…, l’amour est exclusif et vite exigeant, l’univers du couple est restreint à la relation amoureuse et la dépendance se créée d’elle-même. L’enfermement amoureux serait une juste lecture du couple. Tant que les deux adhèrent à ce modèle, tout va bien…le couple vit dans une névrose amoureuse qui est la dynamique du couple…mais à tout moment le moins passionné des deux va se détacher et l’autre sera de plus en plus dépendant voire malheureux jusqu’à la rupture finale, inexorable. Ne dit-on pas que la passion amoureuse nourrit sa fin ?
La solitude conduit à la dépendance. Dans des cas plus spécifiques, le couple fonctionne en quasi autarcie et il créé son propre équilibre fondé sur la dépendance réciproque, sorte de synergie pour avancer à deux. Placés dans un nouvel environnement plus favorable à l’épanouissement de l’un des deux du couple et la nouvelle dynamique va briser le rythme et celui qui a la situation qui s’améliore, va se déprendre de l’autre car il s’individualise…et n’a qu’un but quitter l’autre qui ressent alors la dépendance plus fortement…voire elle réalise quand on la quitte combien elle était dépendante de celui qui part…
Mon couple correspondait au deuxième cas de figure…je me suis trouvée dans une situation précaire en abordant le Canada. Très fragilisée par mon immigration je reportais tout sur mon compagnon qui, lui aussi était en souffrance personnelle, nous nous aimions et nous rassurions simultanément, seuls dans notre solitude partagée. La situation a changé arrivés en France, lorsque sa situation lui a été plus favorable dans un environnement où il s’épanouissait, alors que moi je me noyais dans le travail et les projets en Tunisie. Résultat des courses la rupture, le tsunami affectif parce que je ne voulais pas voir la réalité, nous ne partagions plus rien et il n’avait plus besoin de se sentir rassuré, il se sentait capable de fonctionner sans moi, mieux, lorsque je m’absentais pour la Tunisie, il vivait mieux sans moi. La rupture était inéluctable.
Depuis que j’ai accepté l’évidence de la nécessité de vivre chacun de notre côté, j’ai compris que j’avais tout misé sur Michel et que je vivais avec la certitude qu’il ne me quitterait jamais… je me suis bien trompée. Et c’est tellement vrai que la vie ne s’arrête pas à Michel ! Il avait compris avant moi combien sa vie ne s’arrêtait pas à Martine… Alors probablement, lorsqu’on aborde une nouvelle relation amoureuse, il faut se dire que la vie ne tient pas à cette personne, qu’elle sera une étape dans notre parcours de vie, sur notre route…et que nous sommes également une étape dans la sienne. Je ne voudrais pas penser ainsi, mais je crois que la réalité de notre vie contemporaine ne laisse pas la place à l’amour-toujours.
Comme je suis une optimiste de nature et que je positive les situations de la vie, je crois que la vie existe au-delà de nous, grâce à ce que nous laissons derrière nous. Je m’explique ; la vie ne se résume pas à la vie amoureuse, à la vie privée, elle est transcendée par nos engagements, nos œuvres, il existe une vie intellectuelle qui remplit notre univers et nous aide à nous sortir des crises affectives. Il est certain que je ne peux parler au nom de toutes les femmes, mais je sais combien les femmes jouent des rôles importants dans toutes les sociétés et que sans elles beaucoup de secteurs de la vie collective ne pourraient exister sans leurs dévouements et leurs actions.
En ce qui me concerne l’écriture, le cinéma, la peinture, la radio, la culture en général me permettent d’exister au-delà de ma petite personne, m’apportent une joie extrême et me donnent l’occasion de transmettre à celui qui veut m’entendre et me lire…je transcende ma petite personne pour atteindre l’autre au plus profond de son âme parfois. Je fais ainsi de magnifiques rencontres qui m’ouvrent à de nouveaux univers. Je ne suis plus la consommatrice de culture mais l’actrice voire la productrice. Cette attitude est à la fois individualiste et totalement altruiste. Elle me fait exister plus intensément car ma vie c’est l’art et je souhaite qu’au-delà de ma petite personne, j’aie réussi à donner le goût pour l’art aux lectrices et lecteurs à mes étudiants et aux personnes qui m’ont approchée sur ma route.
11:22 Publié dans CULTURE, Femmes, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : passion, tunisie, canada, france, philosophie, amour, amoureux
15.12.2008
Bilan personnel 2008
J’ai perdu mes certitudes en perdant Michel, parce que je n’avais pas su voir venir la rupture définitive. Le fil qui nous liait, aussi fort était-il, s’est progressivement effiloché et a fini par céder face aux changements radicaux de vie et aux aléas du hasard. Depuis le début de l’année, date du tsunami affectif et jusqu’au mois de novembre, j’ai eu la sensation tangible d’être une feuille qui flotte au gré des rencontres. Je ne me suis plus fixé à rien ni ai suivi aucun tracé, j’ai oscillé entre les rêves les plus fous et la réalité la plus plate.
Je me suis armée de courage et ai affronté ce rejet définitif en me jetant dans la bataille d’une séparation non pas subie, mais active. J’ai décidé de poursuivre mes buts, à la fois de travail et de retrouvailles avec ma terre d’origine : j’ai donc depuis début juin pris le parti de m’installer à Tunis jusqu’en octobre, puis à Hammamet. Comme la vie nous joue des tours qui peuvent s’avérer tantôt positifs et tantôt négatifs, mon lot de déceptions, tant dans les affaires que dans les relations humaines, semble vouloir marquer le pas avec la rencontre d’une lumière dans ma nuit en la personne d’un jeune cinéaste romantique plein d’imagination et que je considère comme mon porte-bonheur.
J’ai toujours cherché la compagnie des artistes : j’en suis une. Malgré tout le sérieux et les études poussés à l’extrême et réussies qui me caractérisent, ma vérité profonde est celle d’une artiste hypersensible qui a choisi de vivre sa vie comme une oeuvre d’art. Même si cela peut paraître prétentieux, je me vis avec le sentiment sincère de faire partie des acteurs, sauf que mon rôle s’écrit au fur et à mesure de mes choix bons ou mauvais. Je n’ai pas de stratégie, je m’adapte aux circonstances. Une de mes forces est celle d’être volontaire et surtout pas velléitaire. Lorsque je décide, j’exécute mon choix coûte que coûte. Ainsi en a-t-il été lorsque je suis partie pour le Canada.
Arrivée sur place, les premiers mois furent un véritable fiasco et au bout du tunnel, j’avais rencontré Michel, un tout jeune étudiant en informatique que je considérais comme mon ange. Je le parais de toutes les vertus et vivais un amour douloureux et décousu, passionné et étouffant, totalement déséquilibré, nourri de stress et d’angoisses, inadaptée que j’étais dans ce pays froid, si peu fait pour moi, avec un compagnon très souvent dépressif. Je voulais voir en Michel une facette artistique, mais il laissa tomber le cinéma et la dance, rapidement, après notre installation dans la première demeure d’une longue série d’appartements.
Huit mois après le début de notre liaison, nous emménagions à Québec dans un appartement qui surplombait le Jardin des Ursulines. Nous étions tellement fauchés que nous hébergions un locataire pour pouvoir régler le loyer pourtant minime. C’est dans cet appartement que je finissais ma maîtrise, pétrie de douleurs mystérieuses qui ont perdurées jusqu’à mon retour en Tunisie, douleurs répétées sous forme de spasmes handicapants et qui m’ont rendue accrocs aux Benzodiazépines, pendant une dizaine d’années. C’est dans cet appartement que je peignais certaines de mes toiles qui ont toutes disparu dans mon déménagement volé à Montréal en fin 2006. J’ai retrouvé récemment chez mes parents une photo de ce moment que je leur avais envoyée, moi allongée sur un vieux canapé sous une de mes toiles, un aquarium géant dans lequel flotte la tête de Michel au milieu des poissons exotiques…tout un programme
J’aime voir cette photo car elle me représente assez bien dans un moment positif de ma vie, un moment créatif, un moment plein d’assurance malgré le manque d’argent, un moment d’insouciance et de repos. Le plaisir d’être photographiée est évident sur ce cliché…le besoin de cristalliser l’accrochage de cette toile dans ma première maison dans le Vieux-Québec. Le photographe Michel a gardé cette passion et a réussi à devenir un spécialiste de la technique photographique et à se faire plaisir pendant de nombreuses années durant lesquelles je fus son modèle préféré. Les vertus du numérique ont ainsi contaminé bien des Terriens et j’abandonnais également mon Olympus pour un Canon qu’il m’avait offert. Tous les vestiges de cette vie québécoise furent engloutis dans la perte totale de notre déménagement à Montréal au moment de notre retour en France.
La fin de notre amour est consécutive à cette perte…Au lieu de nous souder face à l’adversité, cela nous a entraîné vers le fond…j’ai misé sur l’attachement de douze années partagées, mais j’avais complètement tort. Je me suis accrochée à une relation insatisfaisante depuis bien des années et je suis restée fidèle à une vision artistique d’un couple libre et original, dans lequel la différence d’âge ne rentre pas en ligne de compte…je me suis leurrée moi-même finalement…car lui n’a jamais assumé notre différence lorsqu’il en a pris conscience…Je n’aurai jamais dû accepter ce mariage que je voyais comme une reconnaissance et un point d’orgue à notre amour et qui ne fut que le couperet du bourreau… La raison est mon erreur de l'avoir trop vite classé comme étant un artiste...il ne l'est pas du tout...et en vieillissant encore moins... et moi de plus en plus...ce n'était pas la différence d'âge notre problème, mais notre différence profonde de valeurs!
Et bien en y réfléchissant bien, après tous ses mois passés en Tunisie à essayer de retrouver mes « congénères », j’ai la conviction que ma quête s’affine au point d’être comblée. Je cherchais inconsciemment l’âme sœur, moi l’électron libre…il est artiste, il est intelligent, il est né sur cette Terre qui me manque depuis si longtemps et qui me hante. Ses yeux brillent d’un éclat égal au mien et quand nos regards se rencontrent, ils s’interpénètrent et nos âmes se parlent. Il est venu me chercher alors que j’avais fait une très longue route. Il arrive à point nommé et je lui tends les bras pour un équilibre dans le déséquilibre.
12:45 Publié dans Femmes, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, rupture, québec, immigration
11.12.2008
Le premier Geronimi en Tunisie: 400ème note
Je sais maintenant combien mes origines sont la source de ma vie nomade. J’ai essayé toute ma vie de me trouver enfin un lieu où me sentir bien et suffisamment calme. Mais à vrai dire j’ai toujours eu la bougeotte et surtout aucun endroit ne pouvait vraiment me combler du plus riche au plus misérable. Je me suis surnommée Ulysse en Jupons. Certains comme mon père m’ont désignée comme La Bohémienne. On peut effectivement dire que je vis La Bohème car je suis vraiment une artiste dans l’âme.
Il y a un mois, j’ai eu la chance de rencontrer Aida Bellagha, à Takrouna dans son antre Le Rocher Bleu. Elle m’a montré une archive très intéressante Le livre d’Or des Français dans les années 30 et j’ai ainsi enfin découvert mon parent, celui qui avait fait venir mon grand-père en Tunisie, son oncle corse de Propriano. Mon grand père, une tête brûlé était arrivé en 1929 à Tunis, un an plus tard, il épousait Anna Palazzolo ma grand-mère, une sicilo tunisienne, une alliance catastrophique pour ma grand-mère qui ne fut jamais aimée. Elle avait 18 ans il en avait 22. Il se casait et entrait dans l’administration coloniale à titre de flic, policier si l’on préfère.
Et voilà que dans ce livre d’or, je trouvais la photo et un texte relatant la carrière de ce grand Oncle, Geronimi Mathieu. En 1927, il était Vice-Président adjoint de la Commune de la Goulette. Dès 21 il était receveur municipal de la Ville de Tunis. Or il était arrivé en Tunisie en 1884, il avait 16 ans. Il avait 60 ans alors que mon grand père en avait 20 et il était un notable respecté et décoré : grand Officier du Nich-Iftik, Com du Ouissam Alaouite, Officier de l’Instruction Publique et Membre du Conseil de la 2ème région. La Photo montre un homme mince, bel homme, encore dans la petite quarantaine sur le cliché, un homme aux yeux clairs et à l’allure séduisante. Les Geronimi avaient les yeux clairs et le cheveu châtain clair, comme mon grand-père. Mon père a des yeux gris-vert.
Cette photo comble une absence, un grand vide au puzzle personnel. La figure du grand Oncle mythique ressemblait étrangement à la légende de l’Oncle d’Amérique dans bien des familles françaises. Il s’appelait M Geronimi comme moi. Mathieu Geronimi et moi Martine Geronimi. La boucle est bouclée.
La terre de Tunisie m’habitait et je sais que ce n’était pas une lubie, mais l’expression d’un manque. En être privée depuis si longtemps, y être devenue sensible en 95 pour mes 40 ans, l’avoir désirée en 97 et ne m’y installée qu’11 ans plus tard, au moment où je suis seule à nouveau. Quel bonheur.
09:58 Publié dans Femmes, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : geronimi, corse, tunisie, france, protectorat, tunis, la goulette
























