18/10/2011

Journalisme Citoyen en Tunisie reconnu à Marseille

Le week end dernier Sim Jerbia de Journalisme Citoyen connu selon son pseudonyme Slim Ayedi est allé parler à la prestigieuse conférence Les Rendez-vous de la Méditérrannée...Le Journal Econostrum en fait état et la photo ci-jointe montre tout l'intérêt qu'a suscité son intervention devant le Cercle des Economistes et l'Institut de la Méditerranée

slim jebia Marseille.jpg

 

 

 

copyright (photo : CG)

 

 Slim de Journalisme Citoyen a défendu le dossier des jeunes tunisiens et de la nécessité d'agir très vite contre la pauvreté...assez de diagnostics...de l'action...

 

 

 

24/09/2011

Compte-rendu Dr Martine Geronimi: La prochaine guerre en Tunisie

Compte-rendu Dr Martine Geronimi

La prochaine guerre en Tunisie 

La victoire en 5 batailles

de Cyril Grislain Karray

                         C'est à partir de la compréhension que l'on peut

                         lutter contre la haine et l'exclusion. 

                         Edgar Morin "La tête bien faite" 1999

 

 

Tunisie, guerre, révolution, économie, karray,ceresEn juin et en juillet un livre a été bien médiatisé, celui de Cyril Grislain Karray, "la Prochaine guerre en Tunisie"...avec un titre marketing en diable, suivi d'un "victoire en 5 batailles". Depuis la fièvre médiatique est retombée et pourtant ce livre mérite d'être lu avec attention. 

Ce cri d'alarme lancé par l'auteur, un ex directeur et associé du Cabinet de consultants, mondialement connu McKinsey & company, est le résultat d'une analyse fine de la situation de la Tunisie telle qu'elle lui est apparue  après s'être installé en Tunisie au premier Janvier 2011. C'est alors que la révolution tunisienne l'a surpris comme la plupart des Tunisiens... mais il a aussi découvert les chiffres cachés et complaisants de l'ancienne époque ... celle où son cabinet avait été approché pour faire des audits sur la Tunisie. Je me souviens d'avoir vu notre auteur présenter officiellement le rapport en 2010, au forum de Carthage, alors que j'accompagnais un prospect français, voulant investir en Tunisie.

Bien sûr en présence des vrais chiffres et d'une réalité percutante, Cyril Grislain Karray est en mesure d'estimer les dégâts derrière les statistiques "poudre aux yeux", maquillant la réelle disparité économique et sociale de la Tunisie. C'est intéressant de voir que la vision de l'auteur est combative. On sent combien, catastrophé par cette réalité tronquée et étouffée par une dictature, l'auteur cherche à trouver non seulement des solutions efficaces mais aussi à mettre en garde la société tunisienne et ses élites sur les dangers qui guettent un pays dont 1 résidant sur 5 est un exclu. 

 

tunis,jeunes, exclusion, chômage

Photo Slim Ayedi reporter de Journalisme Citoyen 

 

En effet, la thèse de Cyril Grislain Karray s'appuie sur le concept d'exclusion...Pour lui, si un Tunisien sur 5 après la Révolution du 14 janvier n'a pas d'avenir, il est un danger pour la stabilité du pays, il est une proie courtisée par des manipulateurs ...et là on comprend où il veut en venir...Il est d'autant plus important à ses yeux de créer de l'emploi qu'il a l'intuition que deux millions d'exclus face à seulement 100 000 personnes dans les forces de l'ordre ...le déséquilibre est flagrant. Partant du principe qu'il souhaite préserver une Tunisie démocratique et moderne orientée vers le progrès, il propose une stratégie rigoureuse et sans concession pour créer de l'emploi et éviter ce qu'il appelle un tsunami social...une deuxième révolution, une "guerre civile" ...pas moins.

Que préconise-t'il? Il nous parle de 5 batailles...

Je dirai plutôt à la lecture un but à atteindre absolument et 4 axes à privilégier pour l'atteindre : il ne s'agit pas moins que de "Révolutionner l'Economie pour créer 500 000 emplois".en dix ans. Le chapitre portant ce titre est le plus dense et on sent combien l'auteur est un expert en économie mais aussi combien il se place en conseiller ...je dirai même en coach...car il veut une Tunisie la Tête Haute...une Tunisie qui ose vouloir briller (p.66)...Voulant rompre avec une certaine atonie économique et même une culture de l'échec, l'auteur, de mère a tunisienne, a une fibre patriotique évidente...et ne peut se résoudre à voir la Tunisie perdre la bataille et se contenter "des strapontins du monde" (p.33)...

En 11 points précis il développe une marche à suivre percutante qui assurerait un changement réel de modèle économique car son constat est sans appel: on n'a pas le choix il faut oser des sauts de modernité et des stratégies en rupture (p.37). Parmi les 11 points ou gisements à privilégier deux m'apparaissent comme essentiels mais venant heurter de plein fouet certaines mentalités conservatrices...et donc auront probablement du mal à voir le jour...même si la première est dans l'air du temps, le développement d'un véritable pôle associatif à vocation régionale (p.42), il ne sera pas facile de créer des associations qui s'autofinancent et commercialisent des services et des biens à prix modérés...Il sera encore moins aisé de faire changer les mentalités des Tunisiens nantis pour stimuler la consolidation des entreprises. La purge requise par l'auteur contre les "hanouts" et les familles possédantes vivant sur des logiques "tribalo-économiques" (p.53) semblent une nécessité mais accepteront-ils? rien n'est moins sûr.

 

tunisie, femmesLES QUATRE AXES PRIORITAIRES.. CONCERNENT LES JEUNES, LES FINANCES, LES FEMMES, ET L'ADMINISTRATION

 

La culture du travail chez les jeunes est la bataille la plus dure à mener. Elle ne peut se faire qu'à coup de réorientation vers des filières de métiers porteurs: ingénierie informatique et énergies renouvelables. Dans les changements drastiques proposés deux me semblent essentiels: Re-former les formateurs et cesser de s'inspirer du modèle éducatif français...Enfin, focaliser sur l'apprentissage des langues étrangères, et notamment l'anglais, apparaît comme une nécessité absolue. On voit, en lisant cette partie, combien l'auteur est un citoyen du monde qui a su s'éloigner de modèle de la vieille Europe pour se rapprocher d'un standard mondial.

Le chapitre sur les finances est proprement révolutionnaire voire utopique, dans la mesure où pour la première fois on peut lire une volonté de redistribution de l'argent afin de désamorcer la bombe sociale (p.89). Les plus riches doivent faire des sacrifices et notamment réduire leur surconsommation (p.97). Il fustige les citadins et les exhortent à "reconstruire leur conception de la richesse" en retrouvant la richesse du partage équitable et celle du "bien être" et non du "bien avoir" (p.99).

L'auteur, et ce ne sera pas pour déplaire aux Tunisiennes, est féministe, il croit aux femmes tunisiennes et les veut placer en première ligne. Il propose également de rémunérer le travail de mères, cette "bourse de famille" pour les mères nécessiteuses inspirée de l'expérience brésilienne...

Le quatrième et dernier axe met l'accent sur les institutions et le leadership et parmi ces propositions je relève la première et la plus difficile: tuer l'Etatisme et la Bureaucratie. Je souligne la dernière qui me concerne et qui est très loin d'être le cas actuellement: faire un pont d'or aux compétences tunisiennes expatriées et aux professionnels étrangers confirmés.

Pour conclure je vous dirai d'aller lire ce livre car il décoiffe, il ose annoncer la couleur, il est un programme à la fois libéral et social, il est d'avant-garde sur les moyens et en même temps lucide sur le constat...Intellectuellement je me sens proche d'un grand nombre des solutions préconisées, mais je reste sur la réserve quant à la faisabilité de l'ensemble de son programme par trop révolutionnaire et qui pourrait heurter les nouveaux riches et autres potentats.

C'est un livre toutefois qui plaira à bien des femmes de ce pays qui commencent déjà à réfléchir sur de nouvelles valeurs...et qui se trouveront en adéquation avec le raisonnement et les stratégies proposées.

17/09/2011

L'avenir du Journalisme citoyen en Tunisie

 


FBLe journalisme citoyen tunisien est à la croisée des chemins. Reposant sur très peu de personnes, et toutes des bénévoles, son avenir est voué à l'échec sur du long terme, s'il ne trouve pas son modèle économique. C'est aussi simple que cela. Tous les sites qui résistent ont réussi cette transformation...le premier Agoravox qui s'est monté en fondation

 

Un site de Journalisme Citoyen digne de ce nom est une sorte de Start-Up qui doit pouvoir lever des fonds et accepter les dons des lecteurs qui veulent de ce journalisme TOTALEMENT indépendant. Pour l'instant toutes les tentatives allant dans ce sens n'ont trouvé aucun echo en Tunisie, aucune oreille attentive assez désintéressée et capable de risquer sur une équipe de jeunes 8 personnes en tout et pour tout. Pourtant les compétences de Slim Ayedi semblent commencer à être reconnues...mais encore insuffisamment.

 

Quant à moi je crois au partenariat avec des fondations étrangères non présentes dans le pays dans les temps anciens pour cautionner notre initiative citoyenne. 

 

netcitizen, ohMyNews, Seoul, journalisme citoyenA l'étranger dans une certaine portion de la planète, le journalisme citoyen triomphe. Nous n'avons qu'à observer l'exemple de OhmyNews, le journalisme citoyen Sud-Coréen.

A Seoul, à l'aide de «guérilleros de la nouvelle», le journaliste Oh Yeon Ho a pris d'assaut les médias traditionnels sud-coréens en criant haut et fort: «Chaque citoyen est un reporter!». Son journalisme citoyen commencé en 2000 sur le portail OhmyNews est devenu le chef de file mondial du journalisme citoyen.  

 

Voilà ce qu'il déclarait au journal montréalais Le Devoir: «Oui, on peut s'improviser journaliste. C'est indispensable pour la démocratie directe et participative» Ce portail d'information qui compte désormais un million de visiteurs par jour.


Pourquoi cette entreprise peut être un modèle pour nous en Tunisie...et bien c'est assez simple. La Corée du Sud est sortie d'une dictature il y a seulement vingt-ans et elle a dû elle-aussi créer son modèle de démocratie...

 


femme, tunisie, puvreté, misère, maladieL'avenir du portail d'information JCT Journalisme Citoyen tunisien...,appelé de nos voeux Slim Ayedi et moi, a un avenir de formation du Citoyen tunisien ...A l'instar de ce qui s'est fait en Corée avec l'entreprise OhmyNews, le citoyen tunisien pourrait sans pour autant s'improviser journaliste du jour au lendemain, s'investir dans l'information, et accomplir son devoir de citoyenneté en devenant un citizenet ...un reporter citoyen. Cela sera formidablement bon pour la démocratie naissante.


Pour autant cela ne veut pas dire la fin des journalistes professionnels car si on se réfère à l'expérience sud coréenne,   au contraire, les deux vont de pair»; Chez OhmyNews l'équipe rédactionnelle professionnelle rédige 20 % des articles du plus grand portail d'information sud-coréen. Ainsi le rêve serait de transformer la page Journalisme Citoyen en un portail d'information dont 30% serait du journalisme classique de qualité et 70% du journalisme citoyen.

 

Il faut énoncer ses rêves pour qu'ils se matérialisent...telle est notre devise à Journalisme Citoyen.

 

Dr Martine Nicole Geronimi

Tunis 15 septembre 2011 

8 MOIS APRES LA REVOLUTION DU 14 JANVIER

 

13/09/2011

Mon dernier-né ...Enfants de Tunisie sur FaceBook

                                                                 

 

IMG_1778.jpg

 

En 2006 avec deux de mes étudiantes françaises à Montréal, je ne m'imaginais pas un jour vous parler des Enfants de la Tunisie...la vie en a voulu ainsi et c'est vrai que je viens de créer une nouvelle page sur FB concernant ces Enfants de Tunisie.

A vrai dire je me retrouve en eux...je me rappelle de moi petite fille arrivée à 5 ans en France perdue et crevant de froid...passée de Mégrine et ses 18 degrés au -5 de Pontoise la Grise...avec tout le monde pleurant ma mère la première...

Moi en plus une coqueluche....

tyna Baby

Il est loin ce temps ...et pourtant cette photo me rappelle que je suis une petite tunisienne même si je n'ai pas la nationalité

Il me serait difficile de nier l'évidence quand je regarde depuis 5 ans et mon retour à Mégrine à la recherche de mes origines, les jeunes enfants d'ici..Je me souviens...

Et durant ce Ramadan interminable par une chaleur caniculaire où je ne voyais quasiment personne...sauf la visite de la classe de Berlin et de Katja leur prof...et de quelques rares sorties....j'ai pensé aux enfants et surtout à la nécessité de réfléchir sur une nouvelle éducation plus adaptée aux défis de la mondialisation mais surtout de la citoyenneté qui prend doucemenent forme en Tunisie...

Et voilà j'ai créé cette page le 25 août avec derrière des idées et un projet intéressant les enfants de 4 à 11 ans... Nous verrons si ce projet a des chances de sortir des tablettes...en tous les cas il ne demande qu'à mûrir!

Après 20 jours d'existence cette page compte 222 amis et elle est extrêmement interactive ce qui est un très bon signe pour mon projet. Pour terminer Regardez la page écran...la photo est celle d'une petite Ghalia qui a 2ans et 9 mois...N'est-elle pas mignone?

 

 

Ecran

 

                      Cliquez sur la photo pour nous rejoindre sur FB

18/08/2011

Pour suivre les news en Tunisie, Echos de Tunis, le journal

Une revue de presse quotidienne que je concocte à partir de mes contributions Twitter et  celle de mes contacts

 

N'hésitez pas à vous abonner.

 

Journal, Tunis, Tunisie, Echos de Tunis, Dr Geronimi, gratuit, quotidien

 CE JOURNAL EST UN QUOTIDIEN GRATUIT


23/07/2011

23 juillet 2011, quatrième été en Tunisie...post-révolutionnaire

Cela fait trois mois que je n'ai as écrit sur ce blog, et pourtant, j'écris toujours autant et je vis intensément une situation dramatique et historique transformée en un quotidien presque banal. La Tunisie profonde celle du Sud et de la misère s'est soulevée pour bannir le Tyran, mais les problèmes sont encore là...et même si le futur peut apporter une amélioration notable...le présent est catastrophique pour bien des gens...et la rumeur gronde...tous les périls nous guettent si les hommes qui tentent de nous gouverner ne mettent pas au point des stratégies économiques pour nous en sortir. Après tout, n'est ce pas ce que les révolutionnaires réclament: la DIGNITE par le TRAVAIL

livre-hijab-mohamed-kerrou.jpgD'autre part le paysage de nos rues et de nos villes change à vue d'oeil...avec l'arrivée des Lybiens réfugiés et le retour des islamistes, les femmes sont de plus en plus voilées...il n'est plus rare de voir des femmes en burqua et les hommes barbus avec djellabas sont très nombreux dans mon quartier. Hier soir, tout près de carrefour, la voiture qui était arrêtée  près de nous était conduite par une femme seule au volant, mais en tchador complet...et c'était une voiture banale tunisienne.

Ce matin dans le supplément de la Presse, le journaliste et romancier Mohamed Bouamoud s'inquiétait de la suite des évènements avec le retour du fanatisme religieux

EXTRAIT "Et c'est le soir dans un coin de rue, qu'ils se réunissent en "comité restreint" pour ruminer leur haine et leur aversion par devers le gouvernement provisoire, les hommes de culture, la femme-surtout!- mais aussi les journalistes dont on se gausse à souhait".

D'après lui ''c'est la culture tunisienne qui est sérieusement menacée d'extinction''. Il semble convaincu du péril et affirme que ''dans chaque ville (petite ou grande)'' il y aurait des représentations politiques religieuses dans lesquelles 80% des partisans sont des gens illettrés. Et tout ce beau monde considérerait la culture comme impure et la femme non voilée de pied en cap comme impure.

Cela donne le frisson! car l'auteur de Ce qu'Allah n'a pas dit à fin décembre 2010 publié un livre pamphlet contre le fanatisme religieux...et franchement j'espère que tout cela ne restera que fiction et que l'ensemble des électeurs ne se fera pas manipulé.

grand.jpgMaintenant j'ai quelques craintes car pour l'instant moins de 600 000 personnes se sont inscrites sur les listes électorales et il y aurait un corps potentiel d'électeurs de  7,9 millions personnes.  Le taux de participation 12 jours après le démarrage de la campagne est très faible. Tout ce week end les personnes se mobilisent pour convaincre leurs proches à aller s'inscrire. Beaucoup n'ont pas encore refait leurs cartes d'identité....et la date butoir pour s'inscrire est le 2 août pour des élections promises le 23 octobre. Depuis le début je pense que ce Blizz d'inscription de toute la population en plein été, sur seulement 3 semaines, est une Erreur colossale voire une aberration, dans un pays où personne n'a de culture démocratique.... Est-ce un manque de sens pratico-pratique ou une volonté d'éloigner les moins instruits ou les plus pauvres...je ne sais mais en tous les cas ...cette campagne court au fiasco et au mieux je pronostique Trois millions d'inscrits...au 3 août au début du Ramadhan.

Les autorités vont-elles encore changer leur fusil d'épaule et finalement reprendre les inscriptions du 20 août au 15 septembre...? Je ne sais, mais je ne vois pas la situation d'un oeil très positif. Combien de contestations si on n'inscrit pas plus d'un tiers des électeurs? Pourquoi faire déplacer les gens systématiquement et individuellement...?alors qu'on utilise les ordinateurs pour avoir ses résultats d'examen. ...Oui je sais que c'est pour contrôler l'existence des électeurs...mais comme l'obligation de la carte d'identité pour prouver son  état civil est exigée au moment du vote, pourquoi n'avoir pas fait une inscription sur Internet...par famille...en donnant les noms des membres composant sa famille et en se référant aux bases de donnée du ministère de l'intérieur?

Moi je ne vote pas, je ne suis qu'une observatrice mais qui en tant que Femme se sent très concernée par la cause des Femmes. Je ne vois pas d'un bon oeil les proclamations de polygamie dont on nous parle depuis quelques mois et je suis contre le port obligatoire du voile. En plus comme intellectuelle j'ai peur de la bêtise d'hommes illettrés.261641_186371874754402_146434805414776_478463_1938461_a.jpg

Le gouvernement transitoire ne donne pas assez de garantie aux pauvres qui se tournent vers la religion. Les 100 partis politiques créent un émiettement et une cacophonie d'où seulement peu de gens vont émerger et notamment le parti religieux d'Ennadha, mais aussi des gens connus localement qui peuvent avoir une clientèle...

Moi je voudrais savoir quimages?q=tbn:ANd9GcRteemd5ulM6GBArQlUnrXVP1xSdw8UVpCVUv2kGIsF1zeG8DsLand l'économie pourra repartir...et si une légitimité politique pourra sortir de ce magma amorphe ... qui pourrait s'embraser d'un coup et emporter tout sur son passage!

 Je me pose évidemment enfin la question de ma place dans cette société et il est clair que les conditions de ma vie ici reposent sur des minimas incompressibles de TOLERANCE et de MODERNITE qui sont des valeurs communes pour mes amis ici....Tunisiens et amis des Tunisiens.

La période du Ramadan sera cruciale. Nous sommes à Trois mois aujourd'hui des élections de la Constituante

24/04/2011

Traversée Interdite! Les harragas face à la forteresse Europe

Troquer la misère pour l’Enfer ou le sort des harragas en Europe

Dr Martine Geronimi, géographe citoyenne

Cet article est un compte rendu personnel du livre de Virginie Lydie,  Traversée Interdite! Les harragas face à la forteresse Europe,  qui vient de paraître en France, chez l’éditeur Le passager clandestin

Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, SarkozyEn pleine actualité, alors qu’à Lampedusa les harragas de Tunisie, et aussi de Lybie, ne cessent d’amerrir dans une incompréhension généralisée, voire un mépris digne des meilleures périodes racistes, ce livre vient éclairer avec chiffres à l’appui,  et enquête minutieuse durant trois années, la problématique des jeunes qui « brûlent » et quittent la Tunisie ou les côtes d’Afrique du Nord.  

Alors que la Révolution vient juste de  fêter ses trois mois d’existence en Tunisie, alors que les premières élections libres pointent leur nez et que les débats démocratiques traversent le pays et réunissent des foules considérables, le phénomène des Harragas s’amplifie, servi par un manque évident de police et un  moindre contrôle aux frontières.

Ce livre que je viens de lire d’une traite est passionnant, à plus d’un titre : il est une mise au point presque chirurgicale sur le sort réservé à ces jeunes clandestins arrivés dans la Forteresse Europe. Misérable et infernal, tel est le destin qui attend  « le Brûleur », celui qui brûle ses papiers pour passer les frontières et espérer trouver une vie meilleure dans cette Europe fantasmée.  Hélas comme l’écrit si bien, Virginie Lydie, ces jeunes sont ceux qui « brûlent même leur vie ». Ce livre veut  aussi répondre aux questions simples que les gens en général ne se posent pas vraiment, notamment en France : qui sont ces jeunes ? Que veulent-ils ? Finalement l’auteure nous fait prendre conscience de l’absurdité et de la cruauté de la mondialisation, qui d’une part ouvre au rêve et d’autre part refuse catégoriquement ces aventuriers du XXIe siècle, « ces héros de la désespérance » !

France, centre, rétentions, interdiction,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, SarkozyLa bien nommée forteresse Europe mène une politique de confinement des populations d’Afrique du Nord, en refusant les visas qu’elle a systématiquement instaurés au départ de ces pays. En limitant les départs officiels, elle pousse les plus pauvres à tenter l’aventure périlleuse de la fuite par les mers ou les déserts. Dans ce livre on apprend d’emblée le compte funèbre  des décès et des disparus aux frontières de l’Europe : 209 décès et 464 disparus, rien qu’en 2009. Entre 1988 et 2010, on ne compte pas moins de 15638 décès, dont 6556 disparus en mer. Malgré ces morts et ces chiffres macabres, le « harrag » n’en reste pas moins déterminé car, comme l’écrit l’auteure, « la Harga  n’est pas une simple fuite…elle est avant tout un défi ». Du côté de leurs pays d’origine,  « ces jeunes désœuvrés acquièrent même un statut  de héros ».  Ils prennent à un moment leur avenir en main et partent pour ne pas mourir ! Ce rêve d’ailleurs qui les tiraille de façon lancinante, ils veulent le réussir, sans savoir réellement ce qui les attend.  Sans projet réel et avec des informations tronquées, ils ne se doutent pas de l’enfer dans lequel ils ne manqueront pas de tomber peu ou prou.

Virgine Lydie,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, SarkozyVirginie Lydie décortique l’appareil répressif dont s’est doté les pays européens pour lutter contre ces clandestins indésirables. Et cela coûte fort cher puisque  pas moins de 88 millions d’euros ont été dépensés en 2009 pour l’agence Frontex, installée à Varsovie. Ce système européen de la surveillance de la frontière maritime méridionale, soit 3800 kms de Gibraltar à Beyrouth, inclut tous les pays européens, dont la France qui serait très impliquée avec 9704 agents de police des frontières. Cet énorme tribu est en totale adéquation avec la politique d’immigration initiée en 2006 par la France et confirmée par les orientations de 2009. La France ne ménage pas ses efforts, utilisant  les radars à haute fréquence, les drones et même les satellites.

Frontex, Police, frontières,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, Sarkozy

L’Italie est au premier front de l’immigration clandestine. L’ile de Lampedusa avait connu son pic d’immigration illégale en 2008 avec 31 700 arrivées. Depuis 2009, ce flot s’était tari au profit d’autres routes passant par la Grèce et la Turquie. Nous apprenons que les trois quarts des 40 000 personnes arrêtées en Europe en 2010 étaient passées par la Grèce… De nouveau en 2011, les clandestins se ruent sur Lampedusa. L’agence Frontex estime les Illégaux interpellés  aux frontières de l’Europe à 175 000 individus. En France, il y aurait moins de 6000 interpellations. Remettons les pendules à l’heure, 175 000 illégaux arrêtés pour une population de 41 millions d’immigrés légaux en Europe.

france, prison,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, Sarkozy

Mais le plus fort du livre ce sont les témoignages du parcours des clandestins qui, après parfois plusieurs tentatives arrivent à passer les mailles du filet, et sont  entrés dans les pays. Alors là, ce que nous décrit l’auteure s’apparente à la descente aux enfers. Pour la plupart des clandestins sans papier arrivés en France, la réalité est simple et sordide : la prison. Le séjour irrégulier en France est passible d’un an de prison et d’une ITF (interdiction de territoire français). Si un clandestin s’oppose à son expulsion, il peut écoper de trois ans de prison, sans n’avoir commis aucun autre délit.  Le chiffre effarant que révèle Virginie Lydie est qu’en France 6% des prisonniers sont des étrangers en situation irrégulière. Hormis les prisons, les CRA (centres de rétention administrative) sous contrôle de la police ou de la gendarmerie comptent 2000 places, on y place dans des conditions sordides les étrangers en attente d’expulsion.

Il apparait que le sort des clandestins ballotés de séjours en prisons à sans domicile fixe, de galères en larcins voire en trafics en tous genres pour survivre, les conduisent à un délabrement mental et physique. Pour  finir, ils sont expulsés au mieux, si leurs consulats délivrent des laissez-passer.  Ceux qui vivent parfois plus de vingt ans dans la clandestinité sont dans des situations désastreuses. Ainsi  Virginie Lydie nous dit « le drame des clandestins de longue date, c’est d’être dans l’incapacité de mener une vie « normale » en Europe et de vivre dans leurs pays d’origine dont ils ne connaissent pas Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, Sarkozydavantage les règles ».

Le problème des harragas qui décident finalement de retourner dans leurs pays après tous ces mois ou années de galères est  loin d’être simple, sans passeport et sans argent ! Les situations kafkaïennes donnent froid dans le dos. En conclusion, méditons sur ce constat donné par l’auteure : «  les harragas sont le symbole  de l’échec cuisant des politiques migratoires… Un mur est tombé, une mer l’ a remplacé. Jusqu’à quand ? »

 

15/04/2011

Périple à Sidi Bouzid en Tunisie

Notre périple se terminait par un hommage à ce martyr que fut Bouazizi, Saint bouazizi comme le dit si bien Madame Hélé Béji, dès le 9 janvier. Sa mort fut le déclencheur de la chute du Régime et de cette période révolutionnaire que nous vivons encore.

Les étudiants, les profs et moi-même avions tous besoin de nous retrouver à Sidi bouzid pour comprendre et pour saluer de ce geste la mémoire de ce jeune diplômé au chômage, comme plus de 50 pour cent d'entre eux, et qui a fini par craquer après des gestes d'humiliation répétés de la part des autorités municipales. L'ultime violence, la claque donnée par une femme, agent de mairie...l'a ainsi déterminé à en finir de façon spectaculaire...tel un cri lancé à la face de la société mais aussi du Monde. Je me suicide pour vous tous!

La Révolution est là mais tout n'est pas réglé et les emplois ne sont pas encore revenus et avec un tourisme moribond ...le chemin va être long!

SIDIOUZID, Tunisie, Révolution, bouazizi

Sidi Bouzid décor planté en ce vendredi 1er avil printannier.

 

La municipalité reouverte de tous les diplômes des chômeurs; municipalité fermée et gardée par des  chmilitaires en retrait dans des guérites intérieures. le poste de police en annexe et en face des jeunes qui chantent pour que le Révolution continue sa route pour atteindre ses objectifs non encore atteints :

 

LA DIGNITE POUR TOUS PAR LE TRAVAIL

 




 

 Paix à son Ame et que la Révolution des Consciences se fassent pour que la Tunisie, ma Terre, retrouve le chemin de la Lumière et non celui des Ténèbres...Que les revendications légitimes de Dignité, Liberté et Equité trouvent enfin leur vrai sens et soient présents dans la Nouvelle Tunisie!

04/03/2011

Une vision réaliste de l'économie de la Tunisie

Je viens  de lire un texte qui peut nous faire oublier les effets d'annonce et les pronostics optimistes...

" La crise est telle qu’elle a réussi à faire tomber le tyran ! On n’ose imaginer l’état réel de l’économie tunisienne, dissimulé jusqu’à lors par des statistiques triomphantes. C’est donc à un besoin massif de pain et d’emploi que le (les) gouvernement(s) va avoir à faire face. Là réside la véritable menace : une pression insoutenable sur la stabilité de tous les mo

dèles de gestion.

Or la saison touristique est perdue pour cette année, et les investissements étrangers ne se précipiteront guère dans un pays dont l’agence de notation Moody’s vient d’ores et déjà de dégrader la note. Ce qui veut dire que tout ceux qui croient à l’avenir de la Tunisie et les organisations internationales doivent se mobiliser pour soutenir fortement l’activité économique de ce pays. Pendant un long moment ce pays va naviguer sur le fil du rasoir. L’économie sera donc le juge de paix de la transformation politique du pays du jasmin."

Ce texte date d'il y a un mois, il est de la plume d'un spécialiste, Jean-François Daguzan,Co-directeur de la revue Sécurité globale et rédacteur en chef de Maghreb-Machreck

Nous sommes en fait sur le fil du rasoir. L'agence de notation Fitch s’attend, en ce début mars, à une croissance économique de seulement 1 à 2 % en 2011, très inférieure aux 5% prévus fin 2010… La raison en serait la baisse de la production pendant les événements et les répercussions sur le tourisme et les investissements.

Pierre Morville sur son blog, bien qu'optimiste à long terme, émettait dès le 18 février des doutes sur le court terme:

"L'assainissement nécessaire d’une économie de marché détournée aux profits de petites minorités est certes, gage à terme d’une nouvelle croissance mieux partagée, mais elle prendra du temps et ne fournira pas dans l’immédiat les marges budgétaires à la résolution des problèmes d’urgence." Pierre Morville "« L'économie [tunisienne] se contractera ou va croître à un rythme lent, compris entre 1,6 % à 2 %, ce qui ne suffit pas à générer de l’emploi », établit  la Banque africaine de développement (BAD) dans ses plus récentes projections."

PIC_2194.JPGLa situation financière est plus que préoccupante

La dette extérieure de la Tunisie s'élèverait à 20.2 milliards d’euros € en 2011, prévisions établies par le FMI avant la Révolution. On peut s'attendre à plus après ces deux mois de troubles et de grèves. Les réserves de fonds de la Tunisie s’élevaient à 13,04 milliards de dollars en 2010. elles seraient de 12,3milliards de dollars à la mi-janvier soit en baisse car cela correspond à 139 jours d’importation contre 177 jours en 2010

Par ailleurs la balance commerciale est négative de -4.740 milliards d’euros en 2010. De plus, la Tunisie doit régler une dette de 750 millions d'euros pour l’exercice 2011 dont une partie en Avril et l'autre en Septembre 2011. 

Mais ce qui préoccupe encire plus les agences de notation étrangères, c’est notre capacité à établir une démocratie.  Fitch par exemple  estime qu’il « existe un risque pour que les premières élections totalement démocratiques de la Tunisie échouent et ne permettent pas d'instaurer un gouvernement stable avec un mandat fort. » La mise en œuvre d'une politique économique responsable est le seul moyen d’attirer à nouveau  la confiance des investisseurs.

Là encore, de mauvaises langues parient sur la survivance de la corruption en Tunisie, comme le proclame le journal Le Figaro citant l'économiste de l'AFD, Jean-Raphaël Chaponnière

 

Jeunes, chomeurs, révolution,tunisie, KasbahOù sont les projets économiques et sociaux?

La Révolution s'est faite au départ pour des raisons de chômage des diplômés qui n'en peuvent plus d'attendre un emploi qui ne vient jamais. La capacité de création d'emplois de la Tunisie est estimée à un maximum de 70000 nouveaux emplois par an, selon une expertise présentée par le magazine l'expansion; d'aucuns pensent encore moins.

Nous savons désormais que 'le taux de chômage chez les diplômés de l'enseignement supérieur a quasiment doublé en dix ans, passant de 22,1% en 1999 à 44,9%. Que les jeunes en général sont pour environ 30% au chômage, que les chiffres avoisinent pour la population active les 20% !

Nous savons également que le pays compte un million de personnes dans la pauvreté extrême pour un total de 10,7 millions.

Quelles sont donc les mesures effectives préconisées pour le Futur... ?

Au-delà de l’établissement de la Constitution, sujet primordial à court terme, un autre point est à mettre à l’ordre du jour le travail pour tous dans la dignité.

Fin janvier des mesures ont été annoncées pour soutenir les jeunes diplômés sans emplois. La mise en place d'un système baptisé AMAL,  en faveur des diplômés de l'enseignement supérieur permettrait  de recevoir une formation dans les spécialités demandées par le marché de l'emploi et d'effectuer des stages dans différents domaines, contre une indemnité sous forme d'allocation de 200 dinars par mois pour une période maximale d'une année ainsi que d'une couverture médicale. Cette mesure est envisagée pour 50 000 jeunes

Est-ce bien suffisant? Quelle sera l’efficacité de ce programme ?

D'autre part, a été annoncé  le recrutement de 14 mille demandeurs d'emploi dans la fonction publique, dont 8150 diplômés de l'enseignement supérieur, à travers des concours régionaux; et enfin,  pour 10000 autres jeunes chômeurs diplômées de longue durée, une autre formation à l'emploi "Préparation au travail dans la fonction publique", un programme relavant comme le premier d'une allocation de 200 dinars pour le jeune sélectionné.

Bref, environ 75000 diplômés au chômage devraient bénéficier de ces dispositions...et Après! On ne peut en ce 4 mars 2011 savoir ce que ces mesures donneront...Elles partent d'un bon sentiment...mais ne pourront à elles seules régler le problème de l'emploi des jeunes.

Il n’y a pas d’activité économique sans sécurité et sans stabilité politique, nous le savons alors, si la reprise, qui pourrait se consolider, était confirmée dans les jours à venir, la Tunisie n'est toutefois pas au bout de ses peines

Et franchement j'espère que les têtes pensantes de ce pays tiendront compte de plusieurs commentaires comme celui de Mohamed HADDAR dans La Presse "l’atténuation de la pauvreté passe par la réalisation d’une croissance soutenue et durable mais elle exige, aussi, l’adoption de plusieurs mesures sociales conduisant à une meilleure répartition des revenus"

Il s'agit de garder en ligne de mire les revendications des jeunes qui ont réclamé, au prix de leur vie, un emploi dans la dignité et le respect, tout en sachant admettre que l'Etat ne peut pas dépenser s'il n'a pas de recettes et.... donc qu'un équilibre budgétaire est gage d'avenir

Il s'agit aussi de réfléchir aux moyens de donner le goût au travail et à l'effort...car franchement, la valeur "Travail" est loin d'être essentielle en Tunisie...or pour se relever il faut absolument TRAVAILLER.

Mais le gouvernement provisoire et les suivants, démocratiquement élus, on l'espère...de tous nos voeux...doivent se pencher sur la lutte contre la corruption, le développement d'autres spécialités que le Tourisme et le Textile, le développement d'autres marchés que l'Europe....Pour moi qui vient du Canada, je préconise l'investissement dans la Recherche et le Développement... A long terme le pays en sortira gagnant.

 

Jeunes, chomeurs, révolution,tunisie, Kasbah

 

Pour aller plus loin:

Actualités de la Banque centrale de Tunisie