18.06.2008
De la constance...
« Le sage ne sera touché des insultes de qui que ce soit ; car en vain les hommes diffèrent tous entre eux, il les estime tous pareils en ce que leur folie est égale. S’il s’abaissait jusqu’à prendre à cœur une injure, ou grave ou légère, jouirait-il jamais de la sécurité qui est le propre, le trésor du sage ? Il se gardera de tirer vengeance d’une insulte : ce serait en honorer l’auteur. Car s’il existe un homme dont le mépris nous pèse, nécessairement son estime nous flatte. »
Sénèque, De la Constance du Sage, Traduction J. Baillard, 1914.
Je viens d'être confrontée à une situation délicate et qui me fait sourire à la fois...délicate car il n'est guère agréable, quand on a rien à se reprocher, de se voir mettre à la porte en cinq minutes par une personne que l'on croit être un ami. Mais la scène peut être tellement décalée par rapport à une réalité de loin plus dramatique que cela peut même amuser un esprit comme le mien qui ne s'attend pas à des miracles de constance parmi les relations qu'elle entretient tout au long de cette route qu'est finalement la vie, ma vie. Et je dois dire que les promesses ne nourrissent pas une amitié ce sont les actes et surtout les actes renouvelés.
Comme je viens d'essuyer quelques crises sérieuses dans ma vie privée, je reste finalement imperturbable face aux aléas dus aux incompréhensions dans le cadre du travail. J'ai appris au fil des années qu'on ne doit pas compter sur les Autres, qu'on est seul face aux difficultés de la vie, que par moments une rencontre peut changer le cours de l'existence mais que rien ne dure. Cette vision un peu pessimiste, vous me direz en est une de sagesse.
J’ai vraiment l’impression que j’ai mûri car je suis imperturbable et que je m’accroche sur mon radeau toujours plus comme Ulysse. La difficulté de l’installation en Tunisie ne me fait pas renoncer. Je trouve sur mon chemin chaque fois une personne qui vient pallier à la difficulté immédiate et finalement je me sens soutenue. Je crois que j’ai pris un pari difficile celui d’encore une fois reprendre la route. Je suis au bord d’une nouvelle immigration, mais cette fois vers le pays des origines dans un moment qui peut sembler favorable mais qui n’est pas forcément simple pour une femme seule.
Comme je l’ai écrit plusieurs fois, je crois qu’on se révèle à soi-même dans le défi et qu’on progresse dans sa connaissance de l’Autre en se frottant à sa différence. Imaginez-vous, j’ai décidé d’apprendre une langue dialectale, le Tunisien pour m’intégrer mieux dans une société fort différente de celles que j’ai connues par le passé. Comme je ne suis absolument pas douée pour cet exercice l’apprentissage sera surement assez long. Là aussi je suis confiante et je persisterai.
Si je rencontre de temps en temps sur mon passage des girouettes, des personnes de peu de parole et qui sont d’une remarquable versatilité, j’ai la chance de croiser des personnes généreuses et dignes d’admiration. Je me trompe et ne cherche jamais à tromper, mais je comprends également que je puisse décevoir : ce sera probablement que l’Autre aura posé sur moi des attentes irréalistes, ou peut être que mon individualisme le choquera. Il n’empêche que je continue stoïque ma route tout en essayant de ne pas m’égarer.
PS
Pour ceux, les plus enclins à la philosophie et qui veulent s'initier au Stoicisme et à la pensée deSénèque je vous convie à lire L'encyclopédie de l'Agora
19:50 Publié dans CULTURE , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunis, récit, réflexion, philosophie, constance, Stoicisme, Sénèque
01.06.2008
Nés en 68
Hier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.
Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.
Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France, certes un peu moins qu’en Californie.
Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.
Une erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!
Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.
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| Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau | ||
| avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge) | ||
Filmographie de Mme Laetitia Casta :
Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)
23:35 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , SOCIÉTÉ , USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : casta, Laetitia, 68, Mai, France, hippies, Gauche
26.05.2008
Nouvelles de Tunis observations et pensées intimes
Cela fait longtemps que je n’ai pas écrit sur ce blog. Je dois dire que la vie dans l’action fait passer le temps plus rapidement que dans la réaction et l’observation. Des problèmes techniques peuvent aussi ralentir et perturber totalement ce lien quotidien à la toile et vous pouvez le comprendre simplement : je ne suis pas encore connectée à l’internet chez moi. Or je n’écris jamais hors de chez moi. La confidentialité m’est nécessaire, le calme et l’intimité avec mon ordinateur. Ces conditions, depuis mon arrivée en Tunisie ne sont pas totalement réunies et c’est pourquoi je me suis tue.
J’ai pourtant tant d’observations à partager plongée dans une vie autre. La langue d’abord à laquelle il faut s’accoutumer car si le français est partagé par la population éduquée, les petites mains et les jeunes gens ne maitrisent pas ou mal le Français, si bien que si je veux vraiment comprendre la culture tunisienne cela passe par l’apprentissage de la langue parlée, un mélange d’arabe, de berbère, d’italien et de français. Ce subtil mariage demande de l’attention, des qualités de mimétisme et quelques cours, peut-être à Bourguiba School. La télévision sans base minimale ne sert pas à grand-chose sauf peut-être pour réviser quelques vocabulaires grappillés ici et là. Les séries et les chansons passées en boucle à la télé me tiennent compagnie deux heures par jour et j’y observe les comportements et les manières de vie si différentes entre les jeunes gens et leurs parents.
J’y observe aussi les métissages évidents de la société, les yeux clairs côtoient les yeux noirs, les peaux claires et diaphanes se démarquent de toutes les teintes mates qui gravissent des gammes de plus en plus foncées. Les maquillages accentués à la libanaise sont présents dans les soirées mais des femmes voilées et sans maquillage sont présentes dans la rue au même titre que des femmes en jean. On ne voit pratiquement pas de femmes ou jeunes filles en jupe. Elles réservent ces attributs à quelques soirées privées et mondaines. La jupe longue est préférée et partout le pantalon, le plus souvent noir ou de couleur foncé. Le jean est l’élément le plus évident qu’il soit porté par les hommes ou les femmes. Si la femme est très moderne et bien faite comme notre secrétaire au bureau, elle le porte moulant avec un haut jamais décolleté mais près du corps, très ajusté. Si elle est plus discrète la jeune femme porte une tunique souvent blanche sur le jean, elle cache ainsi ses formes.

La classe moyenne est grandissante et la consommation est un moyen évident de marquer son appartenance à une petite bourgeoisie montante. Les Carrefour, Monoprix et autres grandes surfaces ont fleuri dans et autour de Tunis, les beaux magasins dans les quartiers de la Banlieue moderniste comme à El Nasr, tout proche de l’immeuble dans lequel j’ai trouvé un pied à terre confortable, me ravissent car je n’ai pas l’impression d’être perdue dans ce monde. Évidemment j’ai choisi en fonction des personnes que je fréquente, j’habite dans un immeuble où je suis la seule étrangère et je me fais la plus discrète possible et respecte les modes de vie ambiants. Je m’impose même, pour l’instant, de ne pas inviter chez moi pour qu’il n’y ait pas de fausse réputation qui jaillisse à mauvais escient. La société est encore conformiste car traditionnelle, peu de femmes vivent seules. A 40 ans, une femme non mariée vit encore chez ses parents et respecte les volontés paternelles. Elle sort rarement seule et essaie de rentrer vers minuit. Bien sûr je suis une étrangère et ne suis pas musulmane et donc j’ai droit à me différencier mais il n’est pas question de choquer. Il est assez drôle de voir qu’on me conseille de trouver un ami, la présence d’un homme et un seul serait la bienvenue pour plusieurs de mes amies.
Je crois que si je devais vivre à 100 % de mon temps je serais poussée par la société ambiante à me conformer à ce diktat collectif. Les rapports entre les hommes et les femmes restent encore très codés et je sens que la réputation des étrangères est qu’elles sont libérées et donc convoitées à deux titres, sexuel et financier. C’est très désagréable à vivre et les amies tunisiennes m’ont mises en garde. Les jeunes gens sont les plus terribles, il ne faut surtout pas les prendre au mot car l’aventure peut s’avérer misérable. Les exemples sont trop nombreux pour les ignorer. J’essaie donc de mettre un espace entre mes amis masculins et moi. Ce n’est pas toujours facile mais il faut, pour leur faire confiance qu’ils aient eu une expérience assez longue à l’étranger. Les hommes ont je crois une conscience de leur virilité en affichant des conquêtes, donc ils s’essaient constamment à vous draguer. Les paroles d’amour et surtout les compliments fleurissent tout le temps à leur bouche. De séduisant au départ, cela devient vite comique…puis pesant. Car c’est une forme de séduction un peu lourde, surtout quant elle vient du chauffeur de taxi ou du type dans la rue qui vous aborde sur l’Avenue Bourguiba.
Le maitre mot est méfiance, encore plus quand on est une étrangère.
J’ai encore du mal à croire à l’amour et aux grands sentiments. Je viens de vivre une tellement grande déception dans ma vie personnelle que les hommes qui m’approchent peuvent à la rigueur me distraire, mais je ne ressens pas encore autre chose que de la surprise et de la curiosité. Je suis encline à vouloir trouver un ami de confiance plutôt que de remplacer un mari déficient. Préoccupée comme je le suis par la réussite professionnelle que je me dois de reconstruire, j’ai du mal à me repositionner dans une relation durable. Alors je suis un peu une âme en peine à Tunis. Et mon humeur fluctue en fonction des personnes qui m’entourent ou se détournent.
11:40 Publié dans CULTURE , Femmes , SOCIÉTÉ , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, tunis, voyageuse, femmes, hommes, amoue, drague
08.05.2008
La poésie résiste
Ne lui dites pas qu'il est anormal
Vous risquez seulement de lui faire mal
Car sait-on ce qu'est la normalité :
Force, par le nombre, contre l'unité ?
Vue de différents angles : Relativité
Ou seule et immuable, érigée VERITE ?
Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent
Mot, il est vrai, que tout le monde comprend
Différence qui porte tantôt sur les couleurs
Pure adaptation au milieu qui nous entoure
Dont le sens ne vous cause point de douleurs
Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin
Soyez simple, ne faites pas le malin,
De tracas et de malheur, il a eu sa dose
Victime frappée de mucoviscidose
Ou par le fait du sort, tétraplégique
Il préfère serrer une poignée énergique
Quoique son teint ne fasse pas couleur locale
Celle des seigneurs ou des ariens
Ou celle des démunis qui ne possèdent rien
Vous verrez sa santé dans sa force mentale
Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :
Voyez par delà ce qui vous paraît laid
Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,
Oyez le autrement qu'il ne vous parait
Vous verrez qu'il s'agit d'un humain
Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main
Si le Sida vous fait toujours peur
Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,
L'autre ne veut vous embarrasser,
Ni obséquieux ni trop élogieux
Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux
Et d'autres ont même osé l'embrasser
A MEDITER !
13:57 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Guerre , IMMIGRATION , MEDIAS , RACISME , SOCIÉTÉ , TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, poème, tunisien, Tunisie, France, Différence, résistance
27.04.2008
Arte de belles découvertes, Art et Musique
Présentation du reportage par ARTE sur son site Internet:
Tendances » : Les peintres de Dafen
Chic vous emmène en Chine, visiter le plus grand atelier du monde. Dans le village de Dafen, on reproduit à la chaîne les chefs-d’œuvre de la peinture. Une véritable industrie, qui génère près d'un milliard de dollars par an. Au départ, le faible loyer des appartements était le seul attrait de l’endroit. Mais avec les années, le village a gagné en notoriété, grâce à une clientèle répartie dans le monde entier, qui commande toujours plus de Cézanne ou de Picasso à moindre coût. De quoi susciter des vocations, quand on sait qu’un peintre de Dafen gagne dix fois plus qu’un ouvrier agricole
Ce petit voyage dans une Chine industrieuse et globalisée est une expérience étonnante et qui vaut de regarder ce reportage avec un oeil averti: non seulement on peut être soufflé par le talent et la vitesse de réalisation d'œuvres à la chaine qui vont peupler les Wall Mart du monde entier, copies vendues Hand-Made, et qui dans certains cas ont été réalisées grâce à un procédé ingénieux de photocopie laser en toile de fond, puis retouchés à la main par le jeune artiste...mais aussi par l'audace d'un jeune français issu de l'immigration qui n'a pas eu peur de quitter la France il ya deux ans pour monter une entreprise de copies Haut-de gamme et fabrication de cadres d'une qualité remarquable à des prix très inférieurs à ceux exorbitants pratiqués en France. Ce jeune chef d'entreprise s'appelle Khaled Feki et il parle déjà le chinois avec aisance...bravo. Son entreprise Epsilon art frames me paraît une excellente idée, soutenue évidemment par l'Internet puisqu'il communique avec ses clients sur la "Toile" virtuelle.
Hier soir vers 23 heures, j'ai découvert un magazine musical d'une qualité extraordinaire... j'ai adoré... car pour une fois ce n'est pas de la bouillie déversée à longueur d'ondes, mais de vrais artistes avec un talent inouï, une passion pour la musique et la voix, de vraies personnalités aux parcours intenses et que je découvrais pour la première fois. Un seul m'était connu, le créateur de l'émission Manu Katché, l'excellent percussionniste classique devenu le jazz man que l'on connait, mais aussi le drummer de Peter Gabriel dans l'Album "So", une consécration internationale avec ce monstre sacré du Pop-rock.
Manu Katche sur My space
Et hier soir, la découverte d'une facette de Manu Katché qui le fait citoyen d'honneur de ma "Constellation nomade".
Écoutons-le lorsqu'il parle de sa nouvelle émission sur ARTE, One Shot More, diffusée dans 15 pays, depuis peu.
Moi qui me sens très européen – j’ai joué avec des Croates, des Italiens, des Allemands, des Polonais, etc. –, je suis fier de faire cette émission pour une chaîne européenne, diffusée dans quinze pays. Car la musique ignore les frontières.
L’idée est de faire de ce plateau un lieu de vraies rencontres. One shot not se veut d’abord un brassage de genres et d’êtres humains. Tout est filmé de A à Z. On voit aussi bien le plateau que le technicien qui n’obtient pas le retour qu’il cherche, les secrets de fabrication, les tensions… Une démarche à rebours du côté “paillettes” généralement montré à la télévision. Des images d’archives retracent les carrières des artistes invités. Nous tournons aussi des séquences en amont. Pour cette première, je vais à la rencontre de Bryan Ferry. L’intérêt : écouter et (re)découvrir ce monsieur de 62 ans, qui a marqué la pop depuis Roxy Music. Pas à travers le single de son dernier album, mais par exemple en revenant sur Slave to love. Tout est permis !
Parmi ses invités, deux femmes m'ont interpellée, Camille et Morley dans des registres très différents mais avec en commun une qualité vocale et un appétit musical doublé d'une énergie à défendre la participation mais aussi les textes...
Morley
Sensuel et poétique, l'univers musical de cette jeune femme au teint diaphane est nourri de ses engagements de citoyenne du monde. Doucement folk.
L'album de Morley, Seen, est sorti en janvier 2008 chez Polydor.
Camille
Véritable ovni sur la scène musicale française, Camille a tissé en deux albums (Le sac des filles et Le fil) un univers poétique à la fois grave et ludique. Dans de drôles de comptines rythmées par des beat box, ponctuées de cris, de murmures et de choeurs, elle dit avec humour ses obsessions, ses blessures d'enfance et ses chagrins d'adulte.
Le nouvel album de Camille, Music hole, sort le 7 avril chez Virgin.
J'ai été séduite par un groupe Ben Brothers, par la voix rauque incroyablement modulée du chanteur qui manie les aigüs et les graves dans la plus grande tradition pop anglaise...je
suis fan
Ben's Brother
Quelque part entre Sam Cooke, Elton John ou Rod Stewart, Jamie Hartman (le frère de Ben, c'est lui) possède un style et un timbre véritablement uniques.
L'album de Ben's Brother, Beta Male Fairytales, est sorti en février 2008 chez Virgin
15:35 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , Femmes , Musique , personnalités , PODCAST | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : MANU, KATCHE, CAMILLE, MORLEY, BEN'S BROTHER, ARTE, ONE SHOT NOT
24.04.2008
Que de chemin parcouru...Fais moi ton cinéma!
Puisque j'en suis aux constats, je vous le dis tout net...mon retour en France n'était qu'une étape sur ma route.
Un jour quelqu'un m'avait dit, quand tu pars de France, ne fais pas la bêtise d'y revenir...ce conseil je l'avais reçu trois mois avant mon départ au Canada. Cet inconnu rencontré dans un café était un amer désillusionné...il avait vécu aux États-Unis et en était revenu cinq ans plus tard, depuis lors, sa vie n'avait pas repris racine en France; il avait franchement l'air de végéter. Nous étions en 1993 avant l'heure d'Internet pour tous...je ne sais pas ce que cet homme est devenu, mais l'autre jour je suis allé au Café à Sartrouville tout à côté de l'ANPE...J'allais rencontrer la jeune femme qui suit mon dossier de "future créatrice" d'entreprise en France...sans indemnité...ne vous inquiétez-pas! ici, si j'étais totalement seule et compte tenu de mon PHD et encore plus de mon âge...on m'accorde 350 euros par mois, dans un pays où pour un studio comptez 450 euros minimum, à Paris 650, la place de théâtre coute 45 euros en moyenne et la bavette chez mon boucher 25 euros le kg...je ne vous parle pas de toutes mes notes de restaurant, où je ne suis même pas sure de manger quelque chose de savoureux...le thé sur Paris 4 euros...
Revenons à ce petit café propet tenu par une dame portuguaise et je voyais les mêmes têtes que 15 ans en arrière, des gens désillusionés et qui me savent pas pourquoi ils sont là...moi j'ai avalé un croissant et je suis allée rencontrée ma "personne ressource" pour lui annoncer que je mettais ma création en suspens...puisque deux jours avant mon mari m'avait déclaré tout de go...et sans préliminaires qu'il souhaitait descendre de notre train, pour poursuivre sa route dans une limousine... La tête de mon interlocutrice...Ah les hommes et voilà qu'elle me raconte sa vie...sans doute moins enviable que la mienne! Cela m'a fait du bien de voir que, Nous les Femmes, nous subissons des conjoints égoïstes, inconséquents, inconstants et bien souvent lâches...bon à part cela, pas de quoi se réjouir...Nous étions le 15 janvier 2008.
Depuis il s'est passé tant de choses en Tunisie que le moral est revenu et je viens de prendre la grande décision de ne pas stagner en France...Non je ne vais pas retourner au Canada, j'en suis partie pour trouver mes congénères et figurez-vous, je les ai trouvés... C'est unique, mais j'ai eu la chance de rencontrer mon double, un parcours identique dans le temps et dans l'espace Tuniso-canadien...RARE...mais non pas un fantasme d'écrivain...une vraie rencontre impromptue et irréelle...à faire un film...une abstraction devenue réalité...Vouloir très fort et très haut, se déclarer dans son authenticité, et les choses désirées arrivent...au bon moment à la place comme disent les Québécois...une synchronicité...époustouflante!
Les Flux sont des aspects de la géographie qui me passionnent, surtout quand on s'intéresse aux imaginaires qui font voyager, immigrer, être dans le mouvement... et tous les transports de l'esprit font partie intégrante de cette géographie symbolique que j'aimerais saisir...cartographier si c'était possible... Le Cinéma modèle l'Imaginaire contemporain...le Cinéma est un vecteur extrêmement important de ces flux et transports de l'âme. Le cinéma est un média qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, qui nous conduit aussi au plus profond de nous-mêmes dans ce voyage intérieur...dans cette rencontre avec notre identité personnelle et collective. Le Cinéma nous donne à voir notre visage social ou celui qu'on voudrait faire voir...plus encore le Cinéma d'Ailleurs, nous aide à rencontrer l'Autre, tel qu'il veut être vu et parfois, malgré le vernis, tel qu'il est vraiment. Le Cinéma est un miroir qui réfléchit nos bonheurs, nos misères, nos aspirations, nos velléités, nos appréhensions et nos victoires...les rencontres cinématographiques sont donc capitales et je les tiens en haute estime. Un pays sans cinéma n'existe pas, la culture véhiculée grâce à ce media est indissociable de ma géographie symbolique...
C'est pourquoi et pour répondre à une question d'un Français ignorant la réalité tunisienne...je finirais par l'annonce de ce qui se passe actuellement à Tunis : 23 au 27 avril à la salle 'Le Mondial' et à 'Cinémafricart': "Le cinéma tunisien des années 80" dans le cadre des Journées du Cinéma tunisien
Les journées du cinéma tunisien sont organisées par l’association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) en collaboration avec : le Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, les cinémas Le Mondial et CinémAfricArt, la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC) et l’Institut français de coopération (IFC).
Je n'y suis malheureusement pas mais je suis cela de près puisque j'ai la chance de connaître deux personnes grandement impliquées dans cet évènement: le secrétaire général de l’Association (ATPCC) Mohamed Naceur Sardi et le créateur du portail cinematunisien.com, et aussi graphiste de l'affiche, Nejib Riahi Il n'est pas innocent de préciser que ces deux amis ont aussi un lien particulier avec ma propre route tuniso-canadienne, l'un en est revenu dix ans avant moi et l'autre y part bientôt...
Le programme commenté :
Le mondial
Mercredi 23/04 19h Soirée d’ouverture « Le fou de Kairouan » De Jean André Kreuzy
Le Fou de Kairouan
1937, 73’, France / Tunisie, N&B
Réalisation : Jean André Kreuzy
Scénario : Paul Hug, Hassen Rachik
Avec : Mohieddine Mrad, Flifla Chamia, Abdelamajid Chabbi, Selma Ridha
Le Fou de Kairouan est une histoire d’amour comme au bon vieux temps, de celles qui ne peuvent être qu’en noir et blanc, de celles qui provoquent une émotion toute particulière, quand on va au cinéma pour y chercher les larmes d’une romance comme on n’en fait plus. Mais Le Fou de Kairouan, c’est aussi une rareté qui marque la naissance du cinéma tunisien, à l’époque coloniale, parce que le film est tiré d’un vieux conte arabe (l’amour fou de Majnun, poète fiévreux, pour sa cousine) et qu’il est parlé et chanté en arabe. Un film qui ne peut faire l’objet que d’une invitation à être vu, pour la culture du plaisir et le plaisir de la culture.
"Le Fou de Kairouan, premier film tourné en langue arabe en Tunisie, sorti sur les écrans durant l'hiver 1939, est ainsi l'occasion de réfléchir au possible développement d'une industrie cinématographique de langue arabe en Tunisie." Morgan Corriou auteur de la thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 "Les Français et la vie culturelle en Tunisiedurant la Seconde Guerre mondiale"
18h30 « Champagne amer » De Ridha Béhi
20h30 « Traversées » De Mahmoud Ben Mahmoud
Vendredi 25/04 15h00 « Les baliseurs du désert » De Nacer Khemir
17h30 « Leïla, ma raison » De Taieb Louhichi
20h00 « L’homme de cendres » De Nouri Bouzid
Samedi 26/04 15h00 « Programme FTCA » Films des années 80
17h30 « Arab » De F.Jaïbi et F.Jaziri
Dimanche 27/04 10h00 « Programme Dessins Animés Tunisiens » Années 80
15h00 « La nuit de la décennie » De Brahim Babaï
17h30 « Poussière de diamant » De Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaibi
CinémAfricArt
Samedi 26/04 20h30
Première Soirée Courts Métrages Tunisiens - années 80
Dimanche
27/04 20h30
Seconde Soirée Courts Métrages Tunisiens années 80
La Maison Maghrébine de la Culture – Ibn Khaldoun
Dimanche 27/04 10h00 Table Ronde
11:00 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , IMMIGRATION , MEDIAS , QUÉBEC , SOCIÉTÉ , Souvenirs souvenirs , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, CINEMA, Tunisie, Tunis, France, Canada, Bouzid
10.04.2008
3ème Panorama des cinémas du Maghreb
Annonce pour tous ceux présents dans la Région parisienne
Merci à Rym Temimi du groupe LE MONDE DU CINEMA TUNISIEN SUR FACEBOOK, de m'avoir signalé cette manifestation au travers de la projection du film du cinéate tunisien Moncef Dhouib
"Talfza jaya de Moncef Dhouib, sera projeté à Paris le 13 avril à la salle l'écran (Saint-Denis) dans le cadre du Panorama des cinémas du Maghreb.
I
l sera projeté le même jour en Australie dans le cadre du Sydney Arab Film Festival.
Le 3 mars dernier la Yale University (USA) avait organisé une projection du film suivie d'un débat dirigé par le penseur Hammadi Redissi."
Synopsis du film (source www.cinematunisien.com)
El-Malga, village tranquille dans le Sud Tunisien, vit au rythme des fêtes nationales pendant lesquelles le comité culturel propose systématiquement le même programme. Un coup de téléphone de la capitale, annonce la visite prochaine d'une équipe de télévision Allemande dans la région. Le comité culturel décide alors, de donner une image positive du village et du pays et se livre à une mise en scène qui travestit la réalité.
3ème Panorama des cinémas du Maghreb
Dates : du Jeudi 10 au 13 avril 2008
Lieu : cinéma l’Écran de Saint-Denis (Saint-denis 93200)
Tarif : 6 € / 5 € TR / accès gratuit à la tente nomade
À travers des productions de plus en plus importantes et une nouvelle vague de cinéastes talentueux - du Maroc, d’Algérie, Tunisie mais aussi des diasporas dans le monde - les cinématographies maghrébines font parler d’elles dans les festivals internationaux où leurs films sont régulièrement récompensés.
Le 3ème PANORAMA DES CINEMAS DU MAGHREB, c’est :
::: DES PROJECTIONS de longs-métrages (Fiction et documentaires inédits) : 7 films marocains ; 3 tunisiens ; 5 algériens (dont 1 film du patrimoine) ; 2 reprises “Vivre au Paradis” et “Le gone du chaâba” et 9 courts métrages.
::: DES RENCONTRES avec les réalisateurs, comédiens et producteurs invités
::: DEUX TABLES RONDES ouvertes au public : “En quoi les films parlent de nos racines” “Comment sauver les salles de cinéma du Maghreb ? ”
::: UNE TENTE NOMADE AVEC SALON DE THE ORIENTAL Dressée en face du Cinéma, sur la place du Caquet, elle permettra d’offrir un lieu de rencontre convivial entre les professionnels et le public et d’accueillir les tables rondes et le concert du groupe MEJJA.
::: TROIS CONCERTS EXCEPTIONNELS La chanteuse NAZIHA MEFTAH, (la Piaf orientale), le groupe MEJJA (musique sud marocaine berbère gnawa) et la grande comédienne et chanteuse FETTOUMA BOUAMARI viendront déployer tout leur talent et nous entraîner dans leurs univers.
Infos pratiques 3ème Panorama des cinémas du Maghreb :
Lieu : cinéma l’Écran de Saint-Denis
Adresse : 14, passage de l’Aqueduc
Ville : Saint-denis 93200
Métro : Basilique de Saint-Denis (L13)
Contact / Plus d'infos sur 3ème Panorama des cinémas du Maghreb :
Téléphone : 01 49 33 66 88
Mail : lecran.stdenis@club-internet.fr
Site : www.lecranstdenis.org
Source: Parisetudiant.com
15:50 Publié dans Chroniques de France , CULTURE , SOCIÉTÉ , TUNISIE , Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris, Tunis, cinéma, tunisie, tunisien, Moncef Dhouib, Maghreb
04.04.2008
Ouled Lenine
Il y a quelques jours, j'ai présenté sur mon blog des distinctive women, une femme cinéaste franco-tunisienne Nadia El Fani qui a réalisé un film personnel sur son père et les compagnons de celui-ci, tous d'anciens militants du parti communiste tunisien.



























