29.07.2009
L'été en Tunisie; tranche de vie
Depuis fin mai je suis très prise par une belle aventure éditoriale. Si en octobre dernier; j'avais exprimé le souhait de créer un magazine de décoration en Tunisie car j'en voyais l'utilité...mais qu'hélas je n'avais pas réussi à la faire...grâce à une agence de Com tunisienne Alliance, je participe tout de même à cette nouvelle route...ce nouveau défi ....Dary Magazine sachant que Dar veut dire maison et Dary la maison vous avez compris journal de la maison. Autant je pensais réaliser un trimestriel...autant là le défi est immense nous avons la tâche exaltante et périlleuse d'un mensuel.
Je suis rédactrice principale et le résultat de ce premier numéro me rend fière de ce chemin pris.
voici le contenu de mon dossier principal Thema:
Thema
C’est la rubrique clé de Dary magazine : un thème mensuel à fort intérêt pour les lecteurs est présenté sous différents angles.
Le cœur du magazine, un dossier dont j’ai la responsabilité éditoriale. Le thème de ce premier numéro est Tunisie…maisons d’été un thème qui colle à l’actualité
Composé d’
Une introduction sur la genèse de la villégiature en Tunisie
Un reportage sur une maison de vacances Design à Djerba
Une composition Couleur et Lumière dans la maison
Un article complet sur le rotin, son origine et son utilisation en décoration
Un reportage sur une maison astucieuse à Sounine
Extrait de mon article sans les illustrations
Les vacances, ce temps du repos, ce temps de rupture avec le quotidien se cristallisent dans une maison où on a le loisir de ne rien faire. Une maison qui est le repère de tous les proches, celle où on aime se réunir avec la parenté, mais également les amis intimes.
La maison de vacances est aussi dans bien des cas, la maison de famille celle de sa région natale, celle de ses origines. Le temps des vacances est un moment fort où le Tunisien retrouve ses racines.
S’il y a une tendance aux retours des valeurs identitaires, à cette nostalgie de la Terre et de ses jardins fruitiers, à ce regard vers le passé qui conduit à alimenter une vogue certaine des produits artisanaux, il y a aussi un besoin d’innovation. Cette opposition entre patrimoine et modernité, entre reproduction et innovation est un enjeu de créativité pour l’architecte et le designer d’intérieur tunisien
En effet, le dilemme est de satisfaire deux aspirations opposées, tout en utilisant un registre moderne, il y a une demande pour ne pas rompre avec le passé et son vocabulaire architectural. Mais il ya également une volonté de ne pas vivre en dehors de la modernité voire même de la devancer et d’introduire le design.
La maison de vacances se veut moderne par son confort et son équipement, mais cherche à préserver son esthétique tunisienne, alliant des matériaux locaux et les talents des artisans régionaux, même en abordant un registre volontairement design.
1-Le temps des vacances : Les Tunisiens plébiscitent la Tunisie.
Durant la période estivale, ce sont les villes côtières qui connaissent une activité intense. Touristes et estivants se ruent sur ces destinations, comme Sousse, Nabeul, Hammamet, Tabarka, Bizerte…. Hormis les touristes internationaux, les Tunisiens eux-mêmes se précipitent au bord de l’eau pour trouver la fraicheur et sortir des villes écrasées par le soleil. Les Tunisiens de la classe moyenne y vont quelques jours, louant des chambres d’Hôtel ou se réservant une villa en location. Les plus aisés des Tunisiens sont eux propriétaires de leurs maisons de vacances et y installent leur famille pendant plusieurs mois en attendant que les chaleurs cessent.
La Tunisie des vacances est rythmée par son calendrier scolaire d’une part et son calendrier religieux d’autre part. N’oublions pas que pour cette année 2009, et l’année suivante, le grand moment du ramadan tombera en pleine période estivale…il viendra se surimposer à une période qui est plus généralement une période de plaisirs extérieurs. Cette année, le dernier tiers du mois d’Août devrait probablement mettre l’emphase sur l’intérieur de la maison, en revanche le mois de juillet sera complètement réservé à l’extérieur…au plaisir de la plage et de la baignade.
Ce temps des vacances suit également une évolution historique qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les Beys, puis les notables de Tunis qui bénéficient les premiers du temps libre, de celui des loisirs où ils s’installent dans la période la plus chaude de l’année, à l’écart de la ville et de ses miasmes dans des lieux de Villégiature.
Ainsi La Marsa, dès le XVIe se transforme en villégiature princière puis résidence des Beys et des notables tunisois au XVIIIe siècle. Il faut attendre le début du XXe pour voir éclore les villas des bourgeois tunisois qui quittent durant tout l’été la Medina pour leur station privilégiée de Villégiature. Le temps des vacances et de la plage, cette saison de la Khlaâ, s’étalent dans la première moitié du XXe siècle et l’on voit fleurir les cabines de bain à l’européenne et les traditionnelles « Barrakas ». La mode du bain de mer est lancée. Le bord de mer est apprivoisé et peu à peu se diffuse dans toute la société. La corniche joue son rôle de promenade de plaisirs à la fois d’ostentation et de séduction. Ce sont les villas aux façades à vérandas et aux jardins clôturés de la Marsa qui créent la première tendance de la maison de vacances.
Après l’indépendance, lorsque la Tunisie rentre dans l’ère du Tourisme international, l’influence de ce nouveau tourisme, qui choisit le bord de mer et la création d’un littoral bétonné, laisse des traces dans le paysage, mais aussi dans le choix de l’implantation de sa maison de vacances. Un nombre croissant de Tunisiens construisent des résidences secondaires au bord de la mer qui sont, selon la chercheure Sondes Zaïer, susceptibles par la suite de devenir des résidences principales.
17:21 Publié dans CULTURE, Femmes, MEDIAS, NETWORKING, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : geronimi, tunisie, tunis, presse, magazine, dary mag, décoration
25.03.2009
Atef El Atifi, pionnier du Cinéma romantique en Tunisie
Atef El Atifi, pionnier du Cinéma romantique en Tunisie
Lors d'une émission culturelle en plein Tunis, j'ai fait la connaissance d'un jeune auteur-réalisateur tunisien Atef El Atifi. Dès le premier regard, on sent vibrer une âme romantique et un amour pour le cinéma, dès les premiers échanges. Atef , beau ténébreux, vit sa passion pour l'écriture cinématographique depuis quelques années et nourrit un rêve, celui de créer une voie différente, celle du cinéma romantique en Tunisie.
Sa vision du romantisme s'éloigne de l'image habituelle d'un cinéma « à l'eau de rose », où tout n'est que rêve ; il se défend également de voir dans ce romantisme une vision négative dans laquelle la passion amoureuse se transforme toujours en obstacle. Atef El Atifi , lui, veut mettre l'accent sur une conception où le romantisme est un moteur et une force qui permettent à l'individu de se forger un Destin.
Son inspiration tire sa source dans ses relectures de Fréderic Nietzsche et de Jean Paul Sartre. Il est aussi nourri des Grands noms du Cinéma italien, comme Fellini, Pasolini ... Il accorde une place particulière au cinéaste syrien récemment assassiné, Mustafa El Akad. Enfin, les personnages de ses films atteignent une épaisseur réaliste grâce à sa formation initiale en psychologie.
Dans son premier documentaire de création, TARATATA, Atef El Atifi veut montrer les paradoxes entre Orient et Occident, entre le Moi et l'Autre, entre ces deux formes d'humanités qui tantôt veulent se surpasser et se rapprocher de la divinité et tantôt retourner dans les profondeurs de l'animalité. Il propose une vision critique de la violence insidieuse exercée sur les enfants par les actes violents dont ils sont témoins lors des fêtes de « Zaouia ».
Dans Sous l'embargo, son deuxième documentaire, Atef El atifi insiste sur cette mémoire visuelle des actes violents consommés par les enfants au travers des films d'action projetés sur les chaines de télévision ainsi que l'usage des jeux vidéos dans ce monde de plus en plus virtuel. Il veut alerter la société sur les méfaits de cette mémoire puisque les enfants reproduisent cette violence au détriment de leur vie et de celle des autres.
Dans son premier court métrage de fiction intitulé Tapis Rouge, Atef El Atifi exploite pour la première fois son concept de romantisme. Dans ce film, une histoire d'amour entre deux photo-journalistes qui se rencontrent en pleine guerre, les protagonistes rêvent de réaliser un scoop et de se retrouver ensemble sur le Tapis rouge d'un festival de presse. Mais la réalité les rattrape et les bombardements achèvent le rêve sur le Tapis rouge.
Son prochain film sera « Rendez-vous au Paradis ». C'est l'histoire de Nidhal, un jeune Tunisien qui vient de se faire rejeter par sa fiancée parce qu'il est pauvre. Il décide alors, pour changer le cours de son destin et se venger de la belle, de devenir opportuniste. Au hasard des rencontres, il fait la connaissance d'une femme italienne Rosa , d'origine tunisienne qui revient dans le pays de sa naissance. Il décide alors de la séduire pour profiter de sa générosité. Mais Nidhal est pris au piège de l'amour et de la mort annoncée de Rosa. Atef El Atifi développe pleinement dans ce scénario sa vision du romantisme.
Je vous laisse découvrir ce jeune talent et vous convie à l'encourager à poursuivre sa carrière pour le grand bonheur des cinéphiles.
Martine Geronimi , PhD
10:51 Publié dans CULTURE, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie cinéma, jeune, talent
04.02.2009
LOVE Difference, une initiative de paix
LOVE Difference, une initiative de paix logo.gif Love Difference : un mouvement artistique pour une politique interméditerranéenne Traduction Martine Geronimi Parce que des différences culturelles sont une valeur. Parce que par l'art il est possible de contribuer ... Read Moreà une transformation responsable de la société. Parce que nous activons les projets artistiques qui promeuvent la rencontre et le dialogue parmi les différents. pays de la Méditerranée "Love Difference est un Mouvement Artistique pour une politique interméditerranéenne qui a pour but d' apporter l'amour là où le conflit tragique surgit entre les Peuples et lkes Cultures" Michelangelo Pistoletto Love Difference une association à but non lucratif établie en juin 2002 par Cittadellarte - Fondazione Pistoletto ensemble avec des institutions internationales, des centres culturels, des chercheurs, des conservateurs et des artistes. Il compte actuellement 650 membres. L'objectif de l'Association Love Difference est de développer des projets créateurs de dialogue stimulant entre les peuples de contextes culturels, politiques et religieux différents et construire un réseau solide entre ceux qui veulent se rencontrer et résoudre des questions sociales par l'art et la créativité. Love Difference a gagné le Prix d'Evens pour l'Éducation Interculturelle 2005-06 pour son approche créatrice, interdisciplinaire incitant à la transformation responsable de la société en fondant un un réseau international pour étendre un nouveau modèle pour l'intégration culturelle par l'art et la créativité. Love Difference promeut et appuie : des Projets Créateurs pour une Société Interculturelle, un Réseau de Connaissance Libre(Gratuit), des Ateliers pour Activateurs Interculturels; Conventions, Rencontres, Séminaires, Concerts, Fonctionnement, expositions, autour de la Méditerranée, Mers du Monde. Les initiatives de Love Difference sont issues d'une approche créative interdisciplinaire. Elles sont innovatrices, transparentes, durables et participatives. UNE INITIATIVE ITALIENNE SI CELA VOUS INTERESSE Love Difference - Not for profit Association co. Cittadellarte-Fondazione Pistoletto via Serralunga, 27 - 13900 - Biella - Italy email: info@lovedifference.org En Tunisie fondation qui représente cette association DAR BACH HAMBA 9 Rue Bach Hamba 1000 - Tunis - Tunisie Tel/Fax: +216 71325115 fondationorestiadi@wanadoo.tn A vrai dire, je ne connaissais pas du tout cette association car elle n'est pas connue au Canada pays dans lequel j'ai vécu depuis 1994 jusqu'à ce que je décide de revenir tenter ma chance auprès de mon pays de naissance et des racines familiales sicilo-corse-tunisiennes... Alors voilà en faisant une recherche cet après-midi ce que je découvre...moi qui suis branchée par passion sur les Arts... bledi-3.jpgEX DE PROJET PROMU PAR LOVE DIFFERENCE: BLEDI UN DOCUMENTAIRE SUR LA COMPLEXITE DE LA VIE ALGERIENNE REALISE PAR UN JEUNE ARTISTE REALISATEUR FRANCO ALGERIEN KA
09:17 Publié dans CULTURE, POLITIQUE, TUNISIE, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, mediterranee, paix, tunis, tunisie
22.12.2008
La vie nous dépasse
Dans une discussion amoureuse avec mon ami, j’ai noté qu’il avait par deux fois insisté sur une notion philosophique très importante, la vie existe au-delà de notre propre personne. Cela me fait bien entendu réagir, car je suis en train de « revivre », après le plus grand choc affectif de ma vie. Cette assertion introduit le problème de la dépendance affective. A quel moment l’attachement se transforme en dépendance ?
J’ai l’impression que les femmes sont plus susceptibles de développer une dépendance vis-à-vis de l’homme de leur vie. Du moins les femmes traditionnelles pour lesquelles l’homme est essentiel, car il joue tous les rôles : le mari viril, le protecteur, le frère et l’ami. La dépendance est en plus totale quand elle est très souvent aussi financière. Maintenant sans aller à ses extrêmes, la Femme moderne qui aime un homme est à la recherche d’un attachement sincère et fort. Comment peut-on glisser d’un attachement fort et équilibré à la dépendance affective lorsqu’on est une femme soi-disant libérée ?
J’ai deux réponses qui se croisent probablement : l’amour se développe chez une femme au caractère passionné et romantique, cela peut être le cas d’un homme bénéficiant du mê
me tempérament, mais ils sont, à ma connaissance, moins nombreux…, l’amour est exclusif et vite exigeant, l’univers du couple est restreint à la relation amoureuse et la dépendance se créée d’elle-même. L’enfermement amoureux serait une juste lecture du couple. Tant que les deux adhèrent à ce modèle, tout va bien…le couple vit dans une névrose amoureuse qui est la dynamique du couple…mais à tout moment le moins passionné des deux va se détacher et l’autre sera de plus en plus dépendant voire malheureux jusqu’à la rupture finale, inexorable. Ne dit-on pas que la passion amoureuse nourrit sa fin ?
La solitude conduit à la dépendance. Dans des cas plus spécifiques, le couple fonctionne en quasi autarcie et il créé son propre équilibre fondé sur la dépendance réciproque, sorte de synergie pour avancer à deux. Placés dans un nouvel environnement plus favorable à l’épanouissement de l’un des deux du couple et la nouvelle dynamique va briser le rythme et celui qui a la situation qui s’améliore, va se déprendre de l’autre car il s’individualise…et n’a qu’un but quitter l’autre qui ressent alors la dépendance plus fortement…voire elle réalise quand on la quitte combien elle était dépendante de celui qui part…
Mon couple correspondait au deuxième cas de figure…je me suis trouvée dans une situation précaire en abordant le Canada. Très fragilisée par mon immigration je reportais tout sur mon compagnon qui, lui aussi était en souffrance personnelle, nous nous aimions et nous rassurions simultanément, seuls dans notre solitude partagée. La situation a changé arrivés en France, lorsque sa situation lui a été plus favorable dans un environnement où il s’épanouissait, alors que moi je me noyais dans le travail et les projets en Tunisie. Résultat des courses la rupture, le tsunami affectif parce que je ne voulais pas voir la réalité, nous ne partagions plus rien et il n’avait plus besoin de se sentir rassuré, il se sentait capable de fonctionner sans moi, mieux, lorsque je m’absentais pour la Tunisie, il vivait mieux sans moi. La rupture était inéluctable.
Depuis que j’ai accepté l’évidence de la nécessité de vivre chacun de notre côté, j’ai compris que j’avais tout misé sur Michel et que je vivais avec la certitude qu’il ne me quitterait jamais… je me suis bien trompée. Et c’est tellement vrai que la vie ne s’arrête pas à Michel ! Il avait compris avant moi combien sa vie ne s’arrêtait pas à Martine… Alors probablement, lorsqu’on aborde une nouvelle relation amoureuse, il faut se dire que la vie ne tient pas à cette personne, qu’elle sera une étape dans notre parcours de vie, sur notre route…et que nous sommes également une étape dans la sienne. Je ne voudrais pas penser ainsi, mais je crois que la réalité de notre vie contemporaine ne laisse pas la place à l’amour-toujours.
Comme je suis une optimiste de nature et que je positive les situations de la vie, je crois que la vie existe au-delà de nous, grâce à ce que nous laissons derrière nous. Je m’explique ; la vie ne se résume pas à la vie amoureuse, à la vie privée, elle est transcendée par nos engagements, nos œuvres, il existe une vie intellectuelle qui remplit notre univers et nous aide à nous sortir des crises affectives. Il est certain que je ne peux parler au nom de toutes les femmes, mais je sais combien les femmes jouent des rôles importants dans toutes les sociétés et que sans elles beaucoup de secteurs de la vie collective ne pourraient exister sans leurs dévouements et leurs actions.
En ce qui me concerne l’écriture, le cinéma, la peinture, la radio, la culture en général me permettent d’exister au-delà de ma petite personne, m’apportent une joie extrême et me donnent l’occasion de transmettre à celui qui veut m’entendre et me lire…je transcende ma petite personne pour atteindre l’autre au plus profond de son âme parfois. Je fais ainsi de magnifiques rencontres qui m’ouvrent à de nouveaux univers. Je ne suis plus la consommatrice de culture mais l’actrice voire la productrice. Cette attitude est à la fois individualiste et totalement altruiste. Elle me fait exister plus intensément car ma vie c’est l’art et je souhaite qu’au-delà de ma petite personne, j’aie réussi à donner le goût pour l’art aux lectrices et lecteurs à mes étudiants et aux personnes qui m’ont approchée sur ma route.
11:22 Publié dans CULTURE, Femmes, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : passion, tunisie, canada, france, philosophie, amour, amoureux
09.12.2008
Cinéma tunisien
Au moment des JCC, je déménageais à Hammamet et je n’avais pas une minute à moi prise dans cette nouvelle installation qui ne sera pas la dernière, comme chaque fois que j’essaie vainement de me poser quelque part. Je n’ai encore pas trouvé mon nid, pas plus que ma branche, moi l’oiseau migrateur. Désolée, mon refuge ne sera que temporaire, car je suis en train de sortir de cet état de femme qui cherche à se cacher pour se retrouver. Et puis je dois le proclamer, l’hiver vivre dans une maison berbère, c’est vivre dans l’obscurité, et à la lumière électrique, la pierre parait plus artificielle. L’air en hiver est très humide à Hammamet et la maison s’en ressent, ainsi que mes articulations…et le parc qui entoure la maison est plongé dans la noirceur sur 300m que je parcours à la lampe électrique…c’est malcommode et impressionnant…même si je ne suis pas de nature peureuse et qu’en Tunisie, c’est beaucoup plus sécuritaire que dans bien des pays. Il n’empêche…je n’y avais pas songé en août lorsque je découvrais la maison. Pour résumer, cette maison est excellente en vacances, week-end ou pour une habitation temporaire mais pas en permanence et à long terme. Pourquoi je dis cela parce que je n’envisage pas de vivre seule en permanence, ni de vivre cloitrée et que le centre ville d’Hammamet me semble plus propice à une vie paisible, du moins l’hiver, avec la mer et les plages à deux pas. De toute manière, je n’ai pris encore aucune décision…j’aviserai en temps et heure. Je vis l’expérience de ma première maison en Tunisie après celle de ma naissance. Et pour la première fois de ma vie, je vis seule chez moi depuis 7 mois…Pas évident, je le concède, mais comme je suis très occupée et toujours pleine d’énergie… je m’investis à fond dans tout ce que j’entreprends, je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer.
Donc au moment des JCC, j’ai fait un tour à la librairie El Kitab et j’ai trouvé un livre d’entretiens qui me semblent dans l’état modeste de mes connaissances sur le cinéma tunisien une lecture enrichissante. Le parcours et la Trace d’Hédi Khelil correspond précisément au sous-titre Témoignages et documents sur le cinéma tunisien. Tous ces entretiens datent de 2002 et sont assez récents pour servir encore comme une mine de connaissances et des visions particulières aux personnes interviewées. L’auteur bien entendu se défend de toute exhaustivité. L’ordre des entretiens découlent d’une chronologie et donc de la mise en évidence de la genèse du cinéma tunisien post- colonialiste. Les années 60 mettent au jour Al Fejr (l’Aube), le film tunisien d’Omar Khlifi, le tout premier projeté sur les écrans en 1967. Les années 70, le réalisateur du film Sejnane, Abdhelatif Ben Ammar est sélectionné comme l’homme de théâtre Fadhel JaÏbi dont le film La Noce est issu d’une œuvre collective. Les années 80 sont abordées autour du grand Nouri Bouzid auteur de deux films cultes, l’Homme de cendres et Sabots en or. Les années 90 nous sont présentées au travers de deux artistes, un homme Ferid Boughedir qui a réalisé le film probablement le plus connu dans la Francophonie Halfaouine et celui d’une femme cinéaste Moufida Tlatli et son film également très connu dans le monde francophone : Les Silences du Palais
Cette démarche chronologique est gardée quand il s’agit de faire parler les actrices et acteurs. Comme les Cinéastes, ils sont au nombre de six sélectionnés : Mouna Noureddine, la mémoire des années 60, Ahmed Senoussi de 70 à nos jours, Jalila Baccar issue du Théâtre, Hélène Catzaras que je connais personnellement au titre de plasticienne et découverte ici pour son parcours d’actrice, Hichem Rostom, un des acteurs les plus sollicités dans le cinéma tunisien et Hend Sabri, le plus jeune de la liste l’espoir de moins de 30 ans découvert dans les Silences du Palais et dans Poupées d’argile.
Deux remarques de l’auteur font écho à des réflexions que j’avais eues dans un passé proche : le bien petit nombre de cinéaste féminine et la rareté des producteurs tunisiens. Pour ces derniers, le livre publie les entretiens d’Hassen Daldoul et de Ahmed Baha Eddine Attia. Comme je suis intéressée par les femmes d’exception et pour rebondir sur les deux dernières remarques :depuis cet essai la tunisie a vu naitre une femme productrice de cinéma tunisien: Dorra Bouchoucha
Je vous invite à lire les témoignages des Producteurs, car on a rarement leurs sons de cloche, quelque soient les pays. Sans eux rien ne pourrait se faire, ils prennent les risques financiers et autres et restent dans l’ombre laissant l’œuvre exister, permettant l’éclosion d’un cinéma d’auteurs, avec toutes les difficultés que cela comportent. Hassen Daldoul co-produit en Belgique, notamment les Frères Dardenne pour leur film La promesse. Lui, qui a collaboré au Liban en produisant Beyrouth la Rencontre, ne mâche pas ses mots en parlant des co-productions avec les pays arabes. Il est le créateur dans des années 70 de l‘association des Cinéastes tunisiens. Hassen Daldoul, dans cet entretien rend hommage à un homme, Tahar Cheriaâ, le créateur de JCC et le maitre d’œuvre de la bataille contre les géants américains, qu’il considère comme son maître. Né à Touza, Daldoul a baptisé sa boite de production, Touza Films. Moi qui suis passionnée d’histoire de l’art, j’ai remarqué dans l’entretien qu’Hassen Daldoul a imposé à son fils ainé un DEA en histoire de l’Art. Cela me semble une bonne idée si son fils a le goût pour l’art, sinon c’est un devoir et cela ne donne pas vraiment le bonheur d’études choisies en fonction de ses propres centres d’intérêt. Je me suis dis que j’aimerais connaître l’avis de l’intéressé, son fils et de savoir s’il travaille six ans après l’entretien avec son père dans la production de films. Plus sérieusement, les critiques portées par le producteur sur la spécialisation à outrance de secteurs artistiques qui se tournent le dos lui font émettre une idée phare de sa vision du Cinéma et que j’approuve quant à moi :
« Un scénariste comme un producteur, doit être au service du film et de ce qui doit primer en définitive, à savoir l’image et la vision du réalisateur »
Dans cet entretien, j’y ai appris qu’un producteur ne peut toucher des subventions en Tunisie que s’il a un réalisateur avec lui et que des réalisateurs se proclament producteurs ce qui fait dire à Daldoul que « même un charbonnier pourrait devenir aujourd’hui producteur en Tunisie »…
Plus positif son choix de films à privilégier : Le Collier perdu de la Colombe, de Nacer Khemir, ensuite Traversées de Ben Mahmoud, Sabots en or et l’homme de cendres de Nouri Bouzid, les Silences du Palais de Moufida Tatli, enfin le film de Brahim, Babaï, Et Demain de 1972.
Tout un programme que je m’apprête à suivre pour me forger une opinion personnelle et écrire une critique cinématographique à portée internationale.
La vision de l’autre producteur, Ahmed Baha Eddine Attia, le fondateur de Cinétéléfilms, est également formatrice et révèle un autre point de vue et complète le choix de films du premier.
Le film qu’il rajoute est Au pays de Tararanni, un film drôle que je vais également rajouter à ma liste.
Attia, qui vient juste de décéder, a été formé par le grand producteur anglais Tim Hampton dont il a été l’assistant et le gestionnaire sur le tournage de La Vie de Bryan. La rencontre de sa vie de producteur est sa découverte de Nouri Bouzid et de son scénario L’Homme de Cendres. Et il parie sur son film, prenant tous les risques. Je vous propose de lire le long passage sur ce film et son metteur en scène, vu par le producteur qui a su prendre le risque de le produire. Il a également produit Halfaouine et La Guerre du Golfe et après?, film inter-arabe, ayant réuni le cinéaste libanais, Bohrane alaouié,le Palestinien Elia Suleiman, le Marocain Mustapha Derkaoui et les Tunisiens Nejia Ben Mabrouk et Nouri Bouzid.
Ce producteur a été considéré comme « un producteur qui ose ». Et effectivement il a produit plusieurs premiers films de cinéastes inconnus et il a été le producteur hormis Nouri Bouzid de Moufida Tlatli et Férid Boughedir. Il a osé des films singuliers comme ô Sultan de la Medina de Moncef Dhouib ou pris en charge la distribution du film Le Chant de la Noria de Ben Ammar, film qu’il savait ne pas être grand public.
Parlant du Cinéma tunisien, Attia concluait son interview sur :
« Traiter avec humour ou avec douleur, mais toujours avec émotion, nos blessures et nos difficultés, traiter sans complaisance notre quotidien, avoir un regard intérieur et pointu sur notre proximité, sont les seuls gages de nos succès futurs »
En 2002 il semblait confiant dans l’arrivée de jeunes cinéastes qui feront que « le cinéma tunisien retrouvera sa singularité, sa témérité et son public »
Quant à moi et les rencontres que je fais, je veux y croire.
PS:
Dernièrement en librairie "Abécédaire du Cinéma Tunisien", de Hédi Khelil
11:07 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, tunisien, réalisateur, producteur; festival, acteurs, artiste
24.11.2008
Maktoub
« Comme l'auteur qui ne contrôle pas son personnage, l'homme ne peut totalement contrôler son destin et Daniel (le héros) s’en retourne sur les lieux de ses origines pour ne plus échapper à son histoire et ainsi en terminer avec le mensonge. » Martine Geronimi, critique du film Le Prix du Désir
Je crois que le destin joue parfois des tours insoupçonnables et quand on se trouve dans le tourbillon de la révolution liée au changement du cours de sa vie, on est submergé par la vague des sentiments qui nous enveloppent alors.
Je dois avouer que le pire et le meilleur peuvent survenir lorsqu’on fait des choix anticonformistes. Les pessimistes diront que seule une issue fatale peut être la conclusion d’un tel choix. Alors laissons parler ces empêcheurs de bonheur! Je suis une optimiste-née et, malgré les vicissitudes de ces deux dernières années, où finalement j’ai réussi à perdre successivement l’intégralité de mon déménagement et l’homme qui partageait ma vie depuis 1994, je n’ai pas perdu l’espoir.
Là où sans aucun doute, d’autres se seraient laissé couler, j’ai affronté avec courage les coups du sort et j’ai pris le parti de continuer à vivre sans me retourner. Et je viens de voir mon choix de vie récompensé. Contre vents et marées, j’ai fermé les portes qui menaient à des voies sans issue. Qu’est-ce qui fait qu’une relation entre un homme et une femme peut aboutir à un grand bonheur…comment tombe-t-on amoureux? Moi qui pensais avoir un cœur rouillé, je le redécouvre s’animer et retrouver sa jeunesse, sans une ride : un sentiment de miel qui coule dans les veines lorsqu’on plonge ses yeux dans les yeux de l’Autre, un éblouissement dans la découverte du monde de l’Autre et de s’apercevoir qu’on partage des valeurs et des passions communes…c’est ce que je vis actuellement.
Bien sûr ce bonheur, vue ma dimension plurielle et originale, se fonde sur une rencontre hors norme et complètement décalée. Je me rends compte que je provoque sans le vouloir consciemment de telles relations par mes fréquentations qui se fichent des barrières de nations, de religions et d’âge. Citoyenne du Monde, électron libre, je me rattache à un capital solide, celui de la culture. Et le mode de sélection premier de mon entourage rapproché est son appartenance au monde de l’Art. Mais plus encore pour toucher mon âme, il est une clé que je n’avais pas franchement définie, qui m’est apparue clairement aujourd’hui, c’est celle de la Philosophie. L’être aimé était comme moi le premier de la classe en philosophie et c’est vrai que nous parlons des Existentialistes et que nous échangeons souvent en lien avec la philosophie. Comme il est un jeune cinéaste tunisien et que je me passionne pour le cinéma depuis longtemps, les discussions sont riches et intellectuellement fécondes. Et aujourd’hui, j’ai vu combien nous avons d’atomes crochus car j’ai découvert qu’il adore l’Opéra. Alors là j’explose de joie, car j’ai vraiment extrêmement peu de relations qui apprécient sincèrement l’Opéra. Finalement l’entente repose sur des sensibilités communes et des rythmes qui s’accordent.
Après, l’amour est une fascination de l’Autre. Cette fascination repose sur une admiration et une recherche réciproque d’un archétype masculin ou féminin. Quand il m’a parlée de sa théorie de la Femme Monde, cette femme totale qui est à la fois la mère, l’amante, la sœur, la fille pour l’homme qu’elle chérit. J’ai compris que c’était avec ses yeux-là qu’il me voyait, il venait de trouver celle qui pouvait incarner toutes ses attentes. Bien sûr, il a des espérances immenses! Pourrais-je toutes les combler? Il sait toutefois qu’il peut me faire confiance, car je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réussir notre défi de vivre de nos talents respectifs et complémentaires.
J’ai déjà dans ma vie fréquenté des artistes, particulièrement des plasticiens et musiciens. Seul un cinéaste est capable de remplir mes attentes intellectuelles aujourd’hui, car dans cet univers mondialisé dans lequel nous vivons, ce créateur passe par un media qui est un formidable langage universel, profondément ancré dans la contemporanéité, le Cinéma.
Le cinéma permet de tout exprimer. Je ne suis pas une technicienne du cinéma mais une cinéphile et j’aime écrire des critiques de film depuis plusieurs années. Le cinéma permet de réunir les talents d’une équipe menée par un authentique chef d’orchestre à la sensibilité aiguisée, le cinéaste, ce créateur qui exprime en images son univers intérieur. Et lorsque je mets en mots mes sentiments après la projection, cette vision personnelle se mêle à celle offerte par le cinéaste. Je tente de comprendre la philosophie de l’auteur, sa perspective et vers quoi il veut nous mener. Je tente d’amener mon lecteur ou ma lectrice à s’intéresser au film qui m’a conquis. Ouvrir une porte d’un univers différent et dans lequel je suis attiré à tel point que j’aie envie de le faire partager. Evidemment je ne m’intéresse pas souvent aux films commerciaux, même s’il m’arrive d’en voir…à l’occasion.
Le cinéma, comme le dit mon ami, doit être loin du théâtre, cet art de la scène et du dialogue avec le public présent dans la salle. Le film n’a pas de filet de protection, une fois mis en boite il ne peut être modifié ni repris, il ne peut être sauvé par le jeu des acteurs. Il est un tout en soi et vit dans le cadre d’une série de films du même auteur qui compose s’il en a le talent, le temps, le souffle et l’argent, une œuvre. Ainsi par le hasard de cette rencontre amoureuse, je me retrouve plongée dans un univers où la genèse du film est tout prêt de moi, ce qui donne une perspective insoupçonnée à ma soif de connaissance.
J’ai pensé une scène de film en 1991 alors que je roulais en voiture avec mon copain Christophe sur une route polonaise à la tombée de la nuit à la Toussaint. Cette scène est restée graver dans ma mémoire depuis lors…et j’avais aussitôt exprimé le fait que, si j’avais le talent du cinéaste, je voudrais la reproduire par ce media : une scène sans mots, une scène dramatique, de nuit …une voiture qui roule dans la noirceur de ce mois de novembre lugubre et des petites lucioles qui se balancent au gré du vent …et lorsque l’on se rapproche, on comprend que ce sont des lampions portés à bout de bras par des marcheurs fantômes qui se rendent au cimetière, le long de la route.
Une scène qui pourrait être le début d’un film qui s’appellerait : On the Road Polska…
Mais voilà je ne suis pas cinéaste, je pourrais être scénariste…je n’y ai pas franchement songé…
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22.11.2008
Cercle Nature et Culture en Tunisie
Alors qu’un papillon blanc furète sur le bougainvillée accroché à ma façade, je pense à la rencontre au café d’hier soir entre moi et deux jeunes étudiants présentés par une amie rockeuse dans le cadre du Cercle Nature et Culture en Tunisie. Je ne sais plus si je vous ai parlé de cette initiative que j’ai avancée en Tunisie depuis le début juin et qui semble passionner de nombreuses personnes et particulièrement les Jeunes depuis octobre. Le groupe s’est étoffé grâce à FACEBOOK. Je publicise ce cercle sur cette vitrine accessible aux Tunisiens. Ce cercle d’amis a pour objectif de promouvoir EN MÊME TEMPS, la Nature et la Culture tunisienne dans un même élan de sauvegarde d’un héritage merveilleux à ne pas dilapider. Et il y a du travail…
La première mission est de se faire connaître et de faire en sorte que des projets éclosent de la base des Tunisiennes et Tunisiens. Ainsi, la Tunisie pourrait être reconnue à travers ces initiatives privées de mise en valeur du patrimoine naturel et culturel. La jeunesse a besoin de s’exprimer dans des actions bénévoles et en accord avec des valeurs fortes, comme celles du développement durable et de la valorisation des traditions.
La culture, souvent malmenée par le monde du Business, est pourtant une richesse. Est-ce parce que certains hommes d’affaire, eux-mêmes peu enclins à perdre une minute de leur précieux temps, reculent devant les efforts pour rentrer dans un monde qui ne peut rapporter que sur du long terme, qu’ils négligent les domaines liés à la Culture??? Ou bien n’est-ce pas plutôt cette déformation longtemps française d’attribuer au terme culture un sens seulement élitiste? Pour moi, la culture est inclusive et non pas exclusive. La Culture est le sel de la vie. Un peuple sans culture ne peut que s’éteindre. Cette culture en marche moderne et fière de son passé demande à être promue à l’International. Bien entendu, il s’agit d’utiliser toutes les bonnes volontés de la jeunesse et les talents de tous les artistes.
C’est pourquoi nos premières performances seront artistiques : au programme concert Rock en Mars, Expositions plastiques dans un jardin en mai… Mais, il y a plein d’idées qui germent du « Brain Storming » bouillonnant des amis de Facebook et le chemin le plus plébiscité, et j’en suis extrêmement heureuse, est l’alliance tourisme-culture (mon cheval de bataille au Canada). Ces jeunes hier soir sont prêts à faire « du terrain » et d’aller explorer le pays en traçant les routes culturelles autour des « Maisons d’hôtes » et autres Hôtels dits de Charme. Nous nous préparons à de beaux partages et de belles redécouvertes d’un pays enchanteur par ses paysages, sa lumière et la gentillesse naturelle de ses habitants.
Je veux ici souligner le bonheur que m’apportent les poètes, peintres, sculpteurs, cinéastes, auteurs que je rencontre ici. Doucement sans stratégie fixe, je m’approprie cette culture qui aurait pu être la mienne depuis si longtemps et qui m’a échappé par les aléas de l’Histoire. Mais cette dernière ne représente jamais la totalité des histoires individuelles et on peut vivre une grande histoire personnelle dans un parcours de vie riche et volontaire, sans pour autant succomber totalement à l’Histoire des Peuples. Je suis déterminée désormais à retrouver ma citoyenneté tunisienne, moi dont les parents et grands-parents sont nés en Tunisie, originaires de l’Italie ou de la Corse. Pas une goutte de mon sang n’est autre que Méditerranéen et ma beauté est celle d’une Tunisienne multiculturelle…vous ne trouvez pas.
Je suis plurielle et fière de l’être,
Un Kaléidoscope de tous mes héritages mêlés,
Ardente et noble, passionnée et déterminée,
Riche d’une culture ancestrale et forte,
Ma mission sera d’être une passerelle
Entre tous mes mondes…
16:27 Publié dans Blog, Chroniques de France, CULTURE, ENVIRONNEMENT, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, tunisien, femmes, geronimi, facebook, tourisme culturel, culture
06.11.2008
L'Amérique a choisi OBAMA, j'en suis fière

L'Amérique blanche anglo-saxonne a pour la première fois dépassé ses démons. Enfin pour l'unique MOMENT de l'histoire des Etats-Unis, un Africain Américain est à la présidence. De peur d'être déçue et, jusqu'à la dernière minute, j'ai pensé qu'il serait battu au profit d'une homme de la continuité, un vétéran de droite, l'homme blanc de référence. Mais les américains, un peuple mature a voté massivement pour ce jeune leader de la minorité en pleine tourmente des Subprimes, dans un contexte de guerre qui n'en finit plus.
Les sondages, cinq jours avant l'élection annonçaient que Barack Obama serait élu avec 59 % des voix, contre 40 % pour John McCain.
En fait le triomphe est complet:
52% des voix au niveau national contre 46% pour son adversaire républicain John McCain
C'est la première fois qu'un démocrate remporte la majorité du vote populaire depuis Jimmy Carter en 1976 et Obama le fait avec le meilleur score depuis Lyndon Johnson en 1964. Il a obtenu 62,98 millions de voix et John McCain 55,78 millions, selon la chaîne NBC.
extrait du premier discours traduit par AFP
"Hello, Chicago.
S'il y a quelque part quelqu'un qui doute encore qu'en Amérique tout est possible, qui se demande encore si le rêve de nos Pères fondateurs vit encore à notre époque, qui s'interroge encore sur la force de notre démocratie, ce soir, voici votre réponse.
C'est la réponse donnée par les files d'attentes qui se sont allongées devant les écoles et les églises dans des proportions que ce pays n'avait jamais vues, par des gens qui ont attendu trois ou quatre heures, souvent pour la première fois de leur vie, parce qu'ils pensaient que cette fois devait être différente, et que leur voix pouvait faire cette différence.
C'est la réponse donnée par les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les démocrates et les républicains, les Noirs, les Blancs, les Hispaniques, les Asiatiques, les Indiens (natifs), les homosexuels, les hétérosexuels, les handicapés et les valides. Des Américains qui ont envoyé au monde un message: nous n'avons jamais été une simple juxtaposition d'individus ou une juxtaposition d'Etats rouges et d'Etats bleus (Etats républicains et Etats démocrates, ndlr).
Nous sommes, et nous serons toujours, les Etats-Unis d'Amérique"Lire la suite
Les Américains étaient aussi appelés à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. Selon des résultats partiels, les démocrates auraient remporté 56 sièges sur 100 au Sénat et ont conforté leur majorité à la Chambre des représentants.
Mais le labeur qui attend le Président et sa nouvelle équipe est colossale:
N'oublions pas que, sur le plan international, Barrack OBAMA a promis de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de concentrer les efforts à la lutte contre Al-Qaïda et les talibans. Les services de renseignement américains tiendrait dès aujourd'hui une rencontre avec Barack Obama selon l' l'AFP.
Il s'est engagé à baisser les impôts pour 95% des salariés, à de grands travaux d'infrastructures (ponts, télécommunications, énergies renouvelables) et à garantir une couverture santé pour tous.
Surtout, cette élection historique redore le Blason de l'Amérique qui depuis quelques années étaint conspuée par une large partie de la planète. L'amérique retrouve " ses amis, ses partenaires et ses admirateurs par la grâce d’un homme, d’un seul, qui avant de conquérir le monde a su redonner foi, confiance et optimisme aux Américains. L’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis est vécue comme une transition historique vers un Etat moderne."
12:50 Publié dans Blog, CULTURE, personnalités, PODCAST, POLITIQUE, RACISME, SOCIÉTÉ, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : obama, président, usa, etats-unis, states, tunisie
23.10.2008
Tunisie-Canada
Je veux vous parler des liens que j'entretiens avec le Canada. Ils ne sont pas ce que vous croyez; Je suis Canadienne mais je ne m'en préoccupe guère et je crois même que je pourrais l'oublier si mes jeunes amis ici en Tunisie n'avaient pas leur imaginaire tourné vers cette destination. Elle les hante, ils soupirent pour un visa qu'ils attendent depuis plusieurs années. Ils pensent que leur salut, leur réussite passera par cet Eldorado et moi de leur dire que leurs rêves sont des illusions.
Vous allez me dire, ce n'est pas gentil, mais ceux qui sont très cultivés de mes amis ne trouveront pas ou très peu leur place au Québec. Je fais la distinction entre ceux anglophones qui probablement trouveront une place soit dans la communauté anglophone du Québec soit à l'extérieur du Québec. Mais pour les autres, je reste sceptique. Mais après tout ils sont jeunes et c'est leur vie.
Il est certain que ma présence ici est fortement liée à des personnes qui veulent en partir ou qui en sont revenues: parfois en faisant le même raisonnement que moi comme Naceur ou a contrario, contre leur gré, pour des raisons familiales comme Ferid.
Mais je veux vous parler du plus intéressant d'entre eux, à mon avis car c'est un garçon jeune, il a juste 27 ans et il est épris de la culture de son pays et essaie coûte que coûte de la promouvoir. C'est un informaticien...on a toujours besoin d'un informaticien...non? mais lui il est en plus passionné de cinéma de théâtre et d'art en général. Aussi lorsqu'il m'a contacté sur Internet en mars dernier, j'ai voulu le connaître. Il s'appelle Nejib Riahi.
Sa grande réussit est le portail Cinema Tunisien qui est une vrai merveille; Mais il a aussi mis en place celui du théâtre Tunisien
Non content de ses portails, il inaugure aussi une première, la seule radio culturelle tunisienne sur Internet La voix de l'art Funun
Et maintenant il a réussi à m'entraîner dans cette aventure d'une émision radio et je me lance dans l'animation de ma propre émission sur l'Histoire de l'art plastique et la vie des arts en Tunisie. Mon premier enregistrement sera samedi et je parlerai des Orientalistes.
Et puis dimanche démarrent les JCC, les journées du Cinéma de Carthage où il m'entraînera comme il le fit à la découverte du film Ouled Lenine, la première fois où nous nous sommes rencontrés à Tunis en avril dernier. Et je l'enremercie, caar il m'avait ouvert un pan de mon histoire celle que je recherche depuis 1995. Mon guide dans la culture tunisienne, c'est ce Nejib apprécié par d'autres blogeuses comme Joli coeur
Découvrez
Au fait il est en partance pour le canada, cela vous étonne?
19:54 Publié dans Blog, CULTURE, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cinema, theatre, culture, art, radio, tunis, tunisie
15.10.2008
Un commentaire pour tous
Hier en donnant de mes nouvelles, je savais que mes amis allaient réagir et ce fut le cas. Comme les commentaires sont rarement lus et que celui de mon ami le professeur Habib Kazdaghli est extrêmement précieux, j'en reproduit ici la plus grande partie. Cet Hammametois est un spécialiste de l'identité tunisienne et de l'histoire des communautés ayant vécues ici en Tunisie. Dans ce commentaire très senti, il nous raconte l'histoire oubliée, l'histoire occultée ... car l'histoire officielle, quelque soit le pays, procède d'un choix fait d'oublis et de mise en exergue de moments privilégiés en fonction du message que l'on veut faire passer. La mémoire collective se détache de l'Histoire, le rôle du passeur de souvenirs collectifs est donc fort important. Je vous laisse lire ce commentaire et vous fais juge de la nécessité du SOUVENIR ET DU DEVOIR DE MÉMOIRE.
"Le cimetière marin musulman a été sauvé une première fois au cours des années soixante lorsqu'on a failli le déloger de ce site pour cosntruire à sa place un hôtel. Il faut rendre hommage à Georges Sébastien (ancien propriétaire de ce qui allait devenir le centre culturel International) qui s'est opposé au projet. Aprés avoir vendu sa villa et son domaine à l'Etat tunisien et non un privé tunisien qui aurait certainement défiguré le lieu, Georges Sébastien avait travaillé un moment comme conseiller pour le tourisme pour le gouvernement tunisien. Il a pensé à juste titre que la médina d'Hammamet n'aurait plus aucune âme sans ce cimetière marin, car à côté de la vie il y a toujours la mort.
Le cimetière a été sauvé une seconde fois au début des années quatrevingt du siècle dernier par le maire de l'époque Mohamed Boudina qui avait entrepris de le clôturer de trois côtés et construit la Palce des martyres alors que d'autres "hammetois" voulaient édifier un centre commercial dans ce lieu pour rivaliser avec le riche Kairouanai "intrus" qui venait à l'époque de contruire son centre commercial. Le projet du maire de l"époque a rendu difficile toute opération de muselage de ce terrain par les rapaces et les spéculateurs de toute origine.
Enfin, merci au Prince de Monaco,(...) pour avoir contribué au financement de la construction de la clôture sud du cimetière et à la mise en place de la belle promenade du côté de la mer, on peut maintenant se promener et méditer entre les morts et la mer, deux mondes qui s'agitent calmement. Enfin, grâce à Bettino Craxi, personnage contesté chez lui mais un vrai amoureux d'Hammamet, le cimetière dit chrétien a été réouvert depuis la mort de ce dernier en 2001, après été pendant plus de seize années fermé aux inhumations. Désormais, le cimetière des "roumis" est propre et bien gardé, mais des stèles ont été arrachées et des tombes devenues anonymes.
Un devoir s'impose, il faut au moins chercher à identifier une tombe, celle du Dr Auguste Cuenod (1868-1954) décédé à Hammamet où il a passé sa retraite paisible de 1945 à à sa mort en 1954. Lui, le médecin protestant d'origine suissesse, qui a tant fait avec son élève Roger Nataf pour combattre le trachome, dans notre pays. Il a servi pendant plus de 50 ans dans la fameuse clinique de la la rue Zarkoun a Tunis, il a soigné des milliers de pauvres gratuitement. Dans une lettre au Résident Mast datée de 1945 pour demander l'édification d'un Institut Ophtalmologique pour lutter contre le Trachome, il avait le nombre des personnes soignées d' après lui s'élevaient à 200.000. Dr Cuenod, avait une maison et non une ferme à Hammamet, elle existe toujours, mais sans aucune plaque commémorative. C'était un lieu plus de soins que de villégiature. Les weed end, les gens humbles de la ville venaient taper à sa porte, il les soignait gratuitement (...) mais à Hammamet, il y a une rue pour Craxi, une rue pour Nevers, une rue pour Akaba, pour le Koweit mais pas de rue pour Georges Sebastien ni pour Auguste Cuenod. Ah cette mémoire est encore souffrante de tant d'occualtations et d'oublis...je ne désespère pas."
09:57 Publié dans Blog, CULTURE, personnalités, Science, SOCIÉTÉ, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, hammamet, mémoire, histoire, craxi, sebastian, dr auguste cuenod
























