14.12.2009
Des nouvelles culturelles sur ma route tunisienne
Il est doux d'écrire une fois qu'un évènement pour lequel on a consacré six mois de sa vie se concrétise. Même si, malheureusement, ce fut un travail de quasi bénévolat...il faut le dire...je me suis lancée imprudemment avec ma fougue inconsciente habituelle dans une aventure exaltante certes, mais qui m'a fait comprendre mes limites: je ne serais jamais une productice d'artistes car je n'ai pas l'assise financière.
Bon comme je ne lache jamais, je vais évidemment jusqu'au bout de mes paroles et je viens d'écrire un article sur Distinctive Women in Tunisia...mon blog de femmes ...qui concerne l'évènement et sa fondatrice pour lequel j'ai eu tant de fil à retordre. Je me suis testée et ai surtout vérifié par l'expérience la fiabilité de mon réseau en Tunisie, la profondeur de mes contacts, la réalité des "amitiés"...la solidité de mon entourage. Le bilan humain de l'opération est correct, le bilan financier beaucoup moins...
Apparemment, je dois apprendre à surtout faire moins confiance...et lorsqu'on vient d'un pays nordique et, en tous les cas du Canada, c'est un frein à la croissance dans un pays du Sud...on peut vite passer pour une idiote crédule et ce n'est pas drôle! Il est certain que les années universitaires et l'enseignement ont émoussé en moi la hargne du vendeur killer... Pour réussir des affaires, on n'a certes pas besoin d'avoir un doctorat...je pense même que c'est un handicap...bref...on apprend à tout âge de ses erreurs...mais bon...une femme seule en Tunisie...c'est pas si facile! Pourtant, je crois toujours à la possibilité de faire ma place dans ce pays...parce que je sais que je peux lui apporter beaucoup de compétence et de savoir faire. Un certain savoir être aussi et plein d'idées...car je suis une vraie boîte à idées...
Cette vie difficile me donne une certaine sensibilité et je me suis mise à écrire pas mal de poèmes ces temps-ci...La vie privée prise dans le remou des affaires...est délicat; je dois également apprendre à gérer le privé et le professionnel; ne pas mélanger les deux est une règle difficile à tenir. Tout se complique quand les affaires battent de l'aile. Enfin j'aurais au moins la satisfaction d'être active...et de montrer aussi que je réalise des actions concrètes...dans un pays que je commence à apprivoiser alors que j'y habite depuis un an et demi, sans filet professionnel et sans structure qui me soutiennent... Pas simple mais je tiens bon ....après tout, la vie peut nous apporter aussi des bonnes surprises...je crois aux rencontres et à ma part de chance même si depuis 2006 le vent a tourné quelque peu....je veux me convaincre que c'est seulement une mauvaise passe...et je m'attelle à l'ouvrage.
Une chose est certaine...je ne veux pas retourner enseigner au Canada et je veux poser mes valises ici...je me suis imposée cette année de rester dans le même appart...je vais même commencer à le décorer...pour m'y sentir totalement chez moi...mais il faut que je gagne plus régulièrement ma vie...Pas simple...Donc je viens de monter avec un copain tunisien une boite d'organisation de séminaires et activités en direction d'un public féminin ici à Tunis...DISTINCTIVE WOMEN AGENCY. Suivant mes idées de 2007 de séjours au féminin...en Tunisie...je reprends ces idées et les rapprochent de mon expérience passée.
Cette prémière activité de lancement d'agence est l'organisation d'un défilé...celui d'Arlette....
22:56 Publié dans CULTURE, Femmes, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, gammarth, tunis, fashion, afrique, bad
29.11.2009
Hommage à Baudelaire, moi et mon chat
Toi mon gros matou, noir
Je t’ai trouvé perdu sur le boulevard
Et sans y penser tu m’as apprivoisé
Tu refusais mes caresses traitresses
Je te tendais ma douce main, maîtresse
Pour te reprendre dans mes bras blasés
Plus je t’approchais et plus tu te refusais
Mais quand subtilement tu venais te lover
Contre mon sein, je me sauvais
Et tes miaulements en gerbe fusaient
De mille éclats de rire, je te régalais
A sentir ton dépit je me rapprochais
Pour t’entendre à nouveau ronronner
Toi mon beau matou aux poils lustrés
Moutonnant comme vagues au crépuscule
Je me perds dans tes doux yeux et bascule
Dans un infini dilemme car frustrée
Faute de t’amadouer
Je décide de t’abandonner
C’est là que tu te pelotonnes
Comme un minet et me mignonnes
De ta langue tu as fait une arme
Celle de m’ensorceler
Et de te faire rendre l’âme
Sous la fureur de mes baisers
Mais d’un coup tu te rebiffes
D’une griffe tu me menaces
Je me retire… me sentant lésée
De n’avoir pu réussir à te garder
Tu reviendras comme d’habitude
Au détour du chemin vers midi
Chercher le lait de ta plénitude
Et sans un mot, d’un sourire infini
Je te prendrais dans mes bras amis
Tu soupiras d’aise repu et comblé
Tu me laisseras alors… te cajoler !
Mon p'tit démon tu m'ensorcelles
de tes mirettes, l'étincelle
jaillit coquine et infidèle
mais je succombe sous le charme
de ton minois qui me désarme
17:37 Publié dans CULTURE, Femmes, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, amour, joie, comportement, jeu
27.11.2009
Solitude je me rebelle
Toutefois, depuis que je suis en Tunisie, j'ai un problème avec le Temps...car ici je vis à contre temps bien souvent. Le temps des Tunisiens est spécifique ils ne vivent pas un Temps celui de Greenwich et dicté par la Géographie....ils vivent plusieurs temps sociaux et avec une intensité très différente...
Le temps religieux et des traditions dicte la culture et se surimpose à un temps que je dirai plus occidental. Cela me parait très avantageux pour les contemplatifs car finalement cela double les fêtes et surtout les jours fériés par l'accumulation d'héritages diférents...
Vous me direz c'est génial ...plus de temps sans avoir l'obligation de travailler, plus de temps pour sa famille et ses enfants...certes mais pour moi qui suis sans famille ici et qui vit seule...C'est ennuyeux et peut devenir à la longue pesant...J'en ai réellement conscience car mon ordinateur est mon meilleur ami puisque je passe tout mon temps avec lui, pour le travail comme pour le loisir. Et mon ami de coeur lui passe tout son temps avec sa famille comme il se doit dans une société traditionnelle.
Je ne suis surement pas la seule dans mon cas...mais cela est une piètre consolation...etre à contre-temps en permanence ne convient pas à la nature de l'homme...ni même à celle de l'Intellectuel. La vie moderne est un gouffre de solitude en Occident et j'en ai souffert atrocement au Québec...les relations étaient réduites à celles du travail...mais là bas j'avais un compagnon et nous comblions nos solitudes.Je ne vous dis pas que je ne souffrais pas ...loin de là...mais je partageais ma souffrance. Ici je suis exclue...et je se sens que la rébellion n'est pas loin...dois je me trouver un ami européen ou américain libre et seul?
Hormis le temps de la tradition, il y a le temps du Football...ce sport érigé en absolu dicte aussi le temps du travail car essayez d'aller dans une administration ou chez mon imprimeur s'il y a une finale importante..vous ne trouverez aucun homme à leur poste...et ma tranquillité est fortement compromise les soirs de résultat de match car sous mes fenêtres d'Ennasr c'est le concert de klaxons de hurlements chants at autres manifestations bruyantes et bon enfant...Un vrai spectacle... En tant que femme intellectuelle...je vous jure je me sens un peu exclue... mais tout de même amusée et puis avec tout ce vacarme je ne me sens pas seule!
Enfin il y a le temps de la villégiature...qui commence assez rapidement en mai et dure jusqu'en septembre voir plus s'il s'enchaîne avec celui du Ramadan, comme cette année...Les gens fuient la ville trop chaude et s'en vont dans leur cabanon à la mer...super...mais moi je n'en ai pas...et cette année j'ai trempé une seule fois mes pieds dans la mer...Horrible me direz-vous...habitez en Tunisie et ne pas vivre près de l'eau....Mais je ne suis pas touriste...et pas encore assez argentée pour me passer de travailler. D'autant que je doive faire face seule à toutes les dépenses et franchement la vie à Tunis n'est pas donnée...Je ne suis pas une expat aux fabuleux revenus et je n'ai pas de salaires fixes n'étant pas un prof universitaire en place...mais une simple consultante...
J'ai toujours la solution de fréquenter des groupes d'étrangers en Tunisie...mais dans mon esprit idéaliste, je ne suis pas revenue en Tunisie, mon pays de naissance, pour m'exclure moi même d'avoir la possibilité de rencontrer des amis tunisiens merveilleux, d'apprendre enfin tout un pan de culture que j'ignore, de recontacter avec le pays et ses habitants... Alors le problème est insoluble???
Non je ne suis totalement pessimiste, la réponse est dans le temps...Il faut du temps pour se réinstaller dans un pays nouveau...Il faut laisser le temps au temps
http://www.frmusique.ru/te
Félix Gray
IL FAUT LAISSER LE TEMPS AU TEMPS
Paroles: Didier Barbelivien, musique: Félix Gray
Il faut laisser le temps au temps
Et nos amours auraient quinze ans
Et nos pères seraient nos enfants
Lennon serait encore vivant
Il faut laisser le temps au temps
Et elle m'aurait aimé sûrement
Quand nous étions deux étudiants
Deux oiseaux sur le fil du vent.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Et renaître au soleil levant.
Il faut laisser le temps au temps
Pour que Vincent ait du talent
Que Jimmy devienne un géant
L'histoire pour faire un président
Il faut laisser le temps au temps
Et elle m'aurait vu autrement
Que ce poète indifférent
À ces yeux qui me disaient tant.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Et renaître au soleil levant.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps
14:53 Publié dans CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, femme, solitude, réflexion, intellectuel
16.11.2009
Tunisie tu m'inspires
Parce que je me sens toujours Ulysse en Jupons et que partie de Montréal en passant par Paris, j'ai abouti en Tunisie
Parce que dernièrement j'ai passé un week end enchanteur à Djerba...j'ai composé ce poème... et je vous l'offre
Tunisie où j’ai vu le jour,
Tu m’intrigues et me soutiens
Dans ma quête de l’éternel retour
Au pays de mes amours
Ta terre m’inspire jour après jour
Dans un regain de passion où le Bien
Lutte avec le Mal pour conquérir l’Ivresse
Du Fou rempli de sagesses.
L’olivier aux fruits rebondis caresse
Mon esprit de mille parfums
Aux effluves enivrantes, et soudain
Je repense à l’enfance perdue
Très loin aux confins
De l’absence…éperdue
Réminiscences de la France
Matins chagrins en Nouvelle France
Toujours à la recherche d’une autre France
Mythique et imaginaire
Ambiguë et altière
Un théâtre d’ombres et de lumières
Dans une chambre aux persiennes closes
Où ma mémoire enfin explose
Au soleil de Djerba, tout proche d’Ulysse
J’ai retrouvé un zeste d’intime passé
Le sentiment du connu jamais effacé
Cette lumière si forte que les yeux plissent
En admirant les flots d’une mer d’huile
Que j’aimerais au bout du monde emporter
Du bout de mon pinceau sur la toile fixer
Le bleu et le vert mêlés
A la blancheur des houchs lovés
Dans ces villages animés
Aux femmes aux voiles bigarrés
Tunisie changeante et chatoyante
Toutes tes identités attirantes
Me laissent pantelante devant ta nature
Mille fois occultée
Par un monde d’ignorance pour un futur
Oublieux de ta grâce innocente
Tunisie comme Tes enfants
M’offrent leurs doux regards
J’ai levé mes yeux sur ce ciel, espoir
D’un beau matin où je renaîtrais
Sur cette terre près du grenadier
Dans la maison du brigadier
Humant l’air jusqu’au soir
Espoir
18:51 Publié dans CULTURE, Femmes, Poésie, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, djerba, france, nouvelle france, houch, amour, souvenir
29.07.2009
L'été en Tunisie; tranche de vie
Depuis fin mai je suis très prise par une belle aventure éditoriale. Si en octobre dernier; j'avais exprimé le souhait de créer un magazine de décoration en Tunisie car j'en voyais l'utilité...mais qu'hélas je n'avais pas réussi à la faire...grâce à une agence de Com tunisienne Alliance, je participe tout de même à cette nouvelle route...ce nouveau défi ....Dary Magazine sachant que Dar veut dire maison et Dary la maison vous avez compris journal de la maison. Autant je pensais réaliser un trimestriel...autant là le défi est immense nous avons la tâche exaltante et périlleuse d'un mensuel.
Je suis rédactrice principale et le résultat de ce premier numéro me rend fière de ce chemin pris.
voici le contenu de mon dossier principal Thema:
Thema
C’est la rubrique clé de Dary magazine : un thème mensuel à fort intérêt pour les lecteurs est présenté sous différents angles.
Le cœur du magazine, un dossier dont j’ai la responsabilité éditoriale. Le thème de ce premier numéro est Tunisie…maisons d’été un thème qui colle à l’actualité
Composé d’
Une introduction sur la genèse de la villégiature en Tunisie
Un reportage sur une maison de vacances Design à Djerba
Une composition Couleur et Lumière dans la maison
Un article complet sur le rotin, son origine et son utilisation en décoration
Un reportage sur une maison astucieuse à Sounine
Extrait de mon article sans les illustrations
Les vacances, ce temps du repos, ce temps de rupture avec le quotidien se cristallisent dans une maison où on a le loisir de ne rien faire. Une maison qui est le repère de tous les proches, celle où on aime se réunir avec la parenté, mais également les amis intimes.
La maison de vacances est aussi dans bien des cas, la maison de famille celle de sa région natale, celle de ses origines. Le temps des vacances est un moment fort où le Tunisien retrouve ses racines.
S’il y a une tendance aux retours des valeurs identitaires, à cette nostalgie de la Terre et de ses jardins fruitiers, à ce regard vers le passé qui conduit à alimenter une vogue certaine des produits artisanaux, il y a aussi un besoin d’innovation. Cette opposition entre patrimoine et modernité, entre reproduction et innovation est un enjeu de créativité pour l’architecte et le designer d’intérieur tunisien
En effet, le dilemme est de satisfaire deux aspirations opposées, tout en utilisant un registre moderne, il y a une demande pour ne pas rompre avec le passé et son vocabulaire architectural. Mais il ya également une volonté de ne pas vivre en dehors de la modernité voire même de la devancer et d’introduire le design.
La maison de vacances se veut moderne par son confort et son équipement, mais cherche à préserver son esthétique tunisienne, alliant des matériaux locaux et les talents des artisans régionaux, même en abordant un registre volontairement design.
1-Le temps des vacances : Les Tunisiens plébiscitent la Tunisie.
Durant la période estivale, ce sont les villes côtières qui connaissent une activité intense. Touristes et estivants se ruent sur ces destinations, comme Sousse, Nabeul, Hammamet, Tabarka, Bizerte…. Hormis les touristes internationaux, les Tunisiens eux-mêmes se précipitent au bord de l’eau pour trouver la fraicheur et sortir des villes écrasées par le soleil. Les Tunisiens de la classe moyenne y vont quelques jours, louant des chambres d’Hôtel ou se réservant une villa en location. Les plus aisés des Tunisiens sont eux propriétaires de leurs maisons de vacances et y installent leur famille pendant plusieurs mois en attendant que les chaleurs cessent.
La Tunisie des vacances est rythmée par son calendrier scolaire d’une part et son calendrier religieux d’autre part. N’oublions pas que pour cette année 2009, et l’année suivante, le grand moment du ramadan tombera en pleine période estivale…il viendra se surimposer à une période qui est plus généralement une période de plaisirs extérieurs. Cette année, le dernier tiers du mois d’Août devrait probablement mettre l’emphase sur l’intérieur de la maison, en revanche le mois de juillet sera complètement réservé à l’extérieur…au plaisir de la plage et de la baignade.
Ce temps des vacances suit également une évolution historique qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les Beys, puis les notables de Tunis qui bénéficient les premiers du temps libre, de celui des loisirs où ils s’installent dans la période la plus chaude de l’année, à l’écart de la ville et de ses miasmes dans des lieux de Villégiature.
Ainsi La Marsa, dès le XVIe se transforme en villégiature princière puis résidence des Beys et des notables tunisois au XVIIIe siècle. Il faut attendre le début du XXe pour voir éclore les villas des bourgeois tunisois qui quittent durant tout l’été la Medina pour leur station privilégiée de Villégiature. Le temps des vacances et de la plage, cette saison de la Khlaâ, s’étalent dans la première moitié du XXe siècle et l’on voit fleurir les cabines de bain à l’européenne et les traditionnelles « Barrakas ». La mode du bain de mer est lancée. Le bord de mer est apprivoisé et peu à peu se diffuse dans toute la société. La corniche joue son rôle de promenade de plaisirs à la fois d’ostentation et de séduction. Ce sont les villas aux façades à vérandas et aux jardins clôturés de la Marsa qui créent la première tendance de la maison de vacances.
Après l’indépendance, lorsque la Tunisie rentre dans l’ère du Tourisme international, l’influence de ce nouveau tourisme, qui choisit le bord de mer et la création d’un littoral bétonné, laisse des traces dans le paysage, mais aussi dans le choix de l’implantation de sa maison de vacances. Un nombre croissant de Tunisiens construisent des résidences secondaires au bord de la mer qui sont, selon la chercheure Sondes Zaïer, susceptibles par la suite de devenir des résidences principales.
17:21 Publié dans CULTURE, Femmes, MEDIAS, NETWORKING, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : geronimi, tunisie, tunis, presse, magazine, dary mag, décoration
25.03.2009
Atef El Atifi, pionnier du Cinéma romantique en Tunisie
Atef El Atifi, pionnier du Cinéma romantique en Tunisie
Lors d'une émission culturelle en plein Tunis, j'ai fait la connaissance d'un jeune auteur-réalisateur tunisien Atef El Atifi. Dès le premier regard, on sent vibrer une âme romantique et un amour pour le cinéma, dès les premiers échanges. Atef , beau ténébreux, vit sa passion pour l'écriture cinématographique depuis quelques années et nourrit un rêve, celui de créer une voie différente, celle du cinéma romantique en Tunisie.
Sa vision du romantisme s'éloigne de l'image habituelle d'un cinéma « à l'eau de rose », où tout n'est que rêve ; il se défend également de voir dans ce romantisme une vision négative dans laquelle la passion amoureuse se transforme toujours en obstacle. Atef El Atifi , lui, veut mettre l'accent sur une conception où le romantisme est un moteur et une force qui permettent à l'individu de se forger un Destin.
Son inspiration tire sa source dans ses relectures de Fréderic Nietzsche et de Jean Paul Sartre. Il est aussi nourri des Grands noms du Cinéma italien, comme Fellini, Pasolini ... Il accorde une place particulière au cinéaste syrien récemment assassiné, Mustafa El Akad. Enfin, les personnages de ses films atteignent une épaisseur réaliste grâce à sa formation initiale en psychologie.
Dans son premier documentaire de création, TARATATA, Atef El Atifi veut montrer les paradoxes entre Orient et Occident, entre le Moi et l'Autre, entre ces deux formes d'humanités qui tantôt veulent se surpasser et se rapprocher de la divinité et tantôt retourner dans les profondeurs de l'animalité. Il propose une vision critique de la violence insidieuse exercée sur les enfants par les actes violents dont ils sont témoins lors des fêtes de « Zaouia ».
Dans Sous l'embargo, son deuxième documentaire, Atef El atifi insiste sur cette mémoire visuelle des actes violents consommés par les enfants au travers des films d'action projetés sur les chaines de télévision ainsi que l'usage des jeux vidéos dans ce monde de plus en plus virtuel. Il veut alerter la société sur les méfaits de cette mémoire puisque les enfants reproduisent cette violence au détriment de leur vie et de celle des autres.
Dans son premier court métrage de fiction intitulé Tapis Rouge, Atef El Atifi exploite pour la première fois son concept de romantisme. Dans ce film, une histoire d'amour entre deux photo-journalistes qui se rencontrent en pleine guerre, les protagonistes rêvent de réaliser un scoop et de se retrouver ensemble sur le Tapis rouge d'un festival de presse. Mais la réalité les rattrape et les bombardements achèvent le rêve sur le Tapis rouge.
Son prochain film sera « Rendez-vous au Paradis ». C'est l'histoire de Nidhal, un jeune Tunisien qui vient de se faire rejeter par sa fiancée parce qu'il est pauvre. Il décide alors, pour changer le cours de son destin et se venger de la belle, de devenir opportuniste. Au hasard des rencontres, il fait la connaissance d'une femme italienne Rosa , d'origine tunisienne qui revient dans le pays de sa naissance. Il décide alors de la séduire pour profiter de sa générosité. Mais Nidhal est pris au piège de l'amour et de la mort annoncée de Rosa. Atef El Atifi développe pleinement dans ce scénario sa vision du romantisme.
Je vous laisse découvrir ce jeune talent et vous convie à l'encourager à poursuivre sa carrière pour le grand bonheur des cinéphiles.
Martine Geronimi , PhD
10:51 Publié dans CULTURE, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie cinéma, jeune, talent
04.02.2009
LOVE Difference, une initiative de paix
LOVE Difference, une initiative de paix logo.gif Love Difference : un mouvement artistique pour une politique interméditerranéenne Traduction Martine Geronimi Parce que des différences culturelles sont une valeur. Parce que par l'art il est possible de contribuer ... Read Moreà une transformation responsable de la société. Parce que nous activons les projets artistiques qui promeuvent la rencontre et le dialogue parmi les différents. pays de la Méditerranée "Love Difference est un Mouvement Artistique pour une politique interméditerranéenne qui a pour but d' apporter l'amour là où le conflit tragique surgit entre les Peuples et lkes Cultures" Michelangelo Pistoletto Love Difference une association à but non lucratif établie en juin 2002 par Cittadellarte - Fondazione Pistoletto ensemble avec des institutions internationales, des centres culturels, des chercheurs, des conservateurs et des artistes. Il compte actuellement 650 membres. L'objectif de l'Association Love Difference est de développer des projets créateurs de dialogue stimulant entre les peuples de contextes culturels, politiques et religieux différents et construire un réseau solide entre ceux qui veulent se rencontrer et résoudre des questions sociales par l'art et la créativité. Love Difference a gagné le Prix d'Evens pour l'Éducation Interculturelle 2005-06 pour son approche créatrice, interdisciplinaire incitant à la transformation responsable de la société en fondant un un réseau international pour étendre un nouveau modèle pour l'intégration culturelle par l'art et la créativité. Love Difference promeut et appuie : des Projets Créateurs pour une Société Interculturelle, un Réseau de Connaissance Libre(Gratuit), des Ateliers pour Activateurs Interculturels; Conventions, Rencontres, Séminaires, Concerts, Fonctionnement, expositions, autour de la Méditerranée, Mers du Monde. Les initiatives de Love Difference sont issues d'une approche créative interdisciplinaire. Elles sont innovatrices, transparentes, durables et participatives. UNE INITIATIVE ITALIENNE SI CELA VOUS INTERESSE Love Difference - Not for profit Association co. Cittadellarte-Fondazione Pistoletto via Serralunga, 27 - 13900 - Biella - Italy email: info@lovedifference.org En Tunisie fondation qui représente cette association DAR BACH HAMBA 9 Rue Bach Hamba 1000 - Tunis - Tunisie Tel/Fax: +216 71325115 fondationorestiadi@wanadoo.tn A vrai dire, je ne connaissais pas du tout cette association car elle n'est pas connue au Canada pays dans lequel j'ai vécu depuis 1994 jusqu'à ce que je décide de revenir tenter ma chance auprès de mon pays de naissance et des racines familiales sicilo-corse-tunisiennes... Alors voilà en faisant une recherche cet après-midi ce que je découvre...moi qui suis branchée par passion sur les Arts... bledi-3.jpgEX DE PROJET PROMU PAR LOVE DIFFERENCE: BLEDI UN DOCUMENTAIRE SUR LA COMPLEXITE DE LA VIE ALGERIENNE REALISE PAR UN JEUNE ARTISTE REALISATEUR FRANCO ALGERIEN KA
09:17 Publié dans CULTURE, POLITIQUE, TUNISIE, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, mediterranee, paix, tunis, tunisie
22.12.2008
La vie nous dépasse
Dans une discussion amoureuse avec mon ami, j’ai noté qu’il avait par deux fois insisté sur une notion philosophique très importante, la vie existe au-delà de notre propre personne. Cela me fait bien entendu réagir, car je suis en train de « revivre », après le plus grand choc affectif de ma vie. Cette assertion introduit le problème de la dépendance affective. A quel moment l’attachement se transforme en dépendance ?
J’ai l’impression que les femmes sont plus susceptibles de développer une dépendance vis-à-vis de l’homme de leur vie. Du moins les femmes traditionnelles pour lesquelles l’homme est essentiel, car il joue tous les rôles : le mari viril, le protecteur, le frère et l’ami. La dépendance est en plus totale quand elle est très souvent aussi financière. Maintenant sans aller à ses extrêmes, la Femme moderne qui aime un homme est à la recherche d’un attachement sincère et fort. Comment peut-on glisser d’un attachement fort et équilibré à la dépendance affective lorsqu’on est une femme soi-disant libérée ?
J’ai deux réponses qui se croisent probablement : l’amour se développe chez une femme au caractère passionné et romantique, cela peut être le cas d’un homme bénéficiant du mê
me tempérament, mais ils sont, à ma connaissance, moins nombreux…, l’amour est exclusif et vite exigeant, l’univers du couple est restreint à la relation amoureuse et la dépendance se créée d’elle-même. L’enfermement amoureux serait une juste lecture du couple. Tant que les deux adhèrent à ce modèle, tout va bien…le couple vit dans une névrose amoureuse qui est la dynamique du couple…mais à tout moment le moins passionné des deux va se détacher et l’autre sera de plus en plus dépendant voire malheureux jusqu’à la rupture finale, inexorable. Ne dit-on pas que la passion amoureuse nourrit sa fin ?
La solitude conduit à la dépendance. Dans des cas plus spécifiques, le couple fonctionne en quasi autarcie et il créé son propre équilibre fondé sur la dépendance réciproque, sorte de synergie pour avancer à deux. Placés dans un nouvel environnement plus favorable à l’épanouissement de l’un des deux du couple et la nouvelle dynamique va briser le rythme et celui qui a la situation qui s’améliore, va se déprendre de l’autre car il s’individualise…et n’a qu’un but quitter l’autre qui ressent alors la dépendance plus fortement…voire elle réalise quand on la quitte combien elle était dépendante de celui qui part…
Mon couple correspondait au deuxième cas de figure…je me suis trouvée dans une situation précaire en abordant le Canada. Très fragilisée par mon immigration je reportais tout sur mon compagnon qui, lui aussi était en souffrance personnelle, nous nous aimions et nous rassurions simultanément, seuls dans notre solitude partagée. La situation a changé arrivés en France, lorsque sa situation lui a été plus favorable dans un environnement où il s’épanouissait, alors que moi je me noyais dans le travail et les projets en Tunisie. Résultat des courses la rupture, le tsunami affectif parce que je ne voulais pas voir la réalité, nous ne partagions plus rien et il n’avait plus besoin de se sentir rassuré, il se sentait capable de fonctionner sans moi, mieux, lorsque je m’absentais pour la Tunisie, il vivait mieux sans moi. La rupture était inéluctable.
Depuis que j’ai accepté l’évidence de la nécessité de vivre chacun de notre côté, j’ai compris que j’avais tout misé sur Michel et que je vivais avec la certitude qu’il ne me quitterait jamais… je me suis bien trompée. Et c’est tellement vrai que la vie ne s’arrête pas à Michel ! Il avait compris avant moi combien sa vie ne s’arrêtait pas à Martine… Alors probablement, lorsqu’on aborde une nouvelle relation amoureuse, il faut se dire que la vie ne tient pas à cette personne, qu’elle sera une étape dans notre parcours de vie, sur notre route…et que nous sommes également une étape dans la sienne. Je ne voudrais pas penser ainsi, mais je crois que la réalité de notre vie contemporaine ne laisse pas la place à l’amour-toujours.
Comme je suis une optimiste de nature et que je positive les situations de la vie, je crois que la vie existe au-delà de nous, grâce à ce que nous laissons derrière nous. Je m’explique ; la vie ne se résume pas à la vie amoureuse, à la vie privée, elle est transcendée par nos engagements, nos œuvres, il existe une vie intellectuelle qui remplit notre univers et nous aide à nous sortir des crises affectives. Il est certain que je ne peux parler au nom de toutes les femmes, mais je sais combien les femmes jouent des rôles importants dans toutes les sociétés et que sans elles beaucoup de secteurs de la vie collective ne pourraient exister sans leurs dévouements et leurs actions.
En ce qui me concerne l’écriture, le cinéma, la peinture, la radio, la culture en général me permettent d’exister au-delà de ma petite personne, m’apportent une joie extrême et me donnent l’occasion de transmettre à celui qui veut m’entendre et me lire…je transcende ma petite personne pour atteindre l’autre au plus profond de son âme parfois. Je fais ainsi de magnifiques rencontres qui m’ouvrent à de nouveaux univers. Je ne suis plus la consommatrice de culture mais l’actrice voire la productrice. Cette attitude est à la fois individualiste et totalement altruiste. Elle me fait exister plus intensément car ma vie c’est l’art et je souhaite qu’au-delà de ma petite personne, j’aie réussi à donner le goût pour l’art aux lectrices et lecteurs à mes étudiants et aux personnes qui m’ont approchée sur ma route.
11:22 Publié dans CULTURE, Femmes, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : passion, tunisie, canada, france, philosophie, amour, amoureux
09.12.2008
Cinéma tunisien
Au moment des JCC, je déménageais à Hammamet et je n’avais pas une minute à moi prise dans cette nouvelle installation qui ne sera pas la dernière, comme chaque fois que j’essaie vainement de me poser quelque part. Je n’ai encore pas trouvé mon nid, pas plus que ma branche, moi l’oiseau migrateur. Désolée, mon refuge ne sera que temporaire, car je suis en train de sortir de cet état de femme qui cherche à se cacher pour se retrouver. Et puis je dois le proclamer, l’hiver vivre dans une maison berbère, c’est vivre dans l’obscurité, et à la lumière électrique, la pierre parait plus artificielle. L’air en hiver est très humide à Hammamet et la maison s’en ressent, ainsi que mes articulations…et le parc qui entoure la maison est plongé dans la noirceur sur 300m que je parcours à la lampe électrique…c’est malcommode et impressionnant…même si je ne suis pas de nature peureuse et qu’en Tunisie, c’est beaucoup plus sécuritaire que dans bien des pays. Il n’empêche…je n’y avais pas songé en août lorsque je découvrais la maison. Pour résumer, cette maison est excellente en vacances, week-end ou pour une habitation temporaire mais pas en permanence et à long terme. Pourquoi je dis cela parce que je n’envisage pas de vivre seule en permanence, ni de vivre cloitrée et que le centre ville d’Hammamet me semble plus propice à une vie paisible, du moins l’hiver, avec la mer et les plages à deux pas. De toute manière, je n’ai pris encore aucune décision…j’aviserai en temps et heure. Je vis l’expérience de ma première maison en Tunisie après celle de ma naissance. Et pour la première fois de ma vie, je vis seule chez moi depuis 7 mois…Pas évident, je le concède, mais comme je suis très occupée et toujours pleine d’énergie… je m’investis à fond dans tout ce que j’entreprends, je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer.
Donc au moment des JCC, j’ai fait un tour à la librairie El Kitab et j’ai trouvé un livre d’entretiens qui me semblent dans l’état modeste de mes connaissances sur le cinéma tunisien une lecture enrichissante. Le parcours et la Trace d’Hédi Khelil correspond précisément au sous-titre Témoignages et documents sur le cinéma tunisien. Tous ces entretiens datent de 2002 et sont assez récents pour servir encore comme une mine de connaissances et des visions particulières aux personnes interviewées. L’auteur bien entendu se défend de toute exhaustivité. L’ordre des entretiens découlent d’une chronologie et donc de la mise en évidence de la genèse du cinéma tunisien post- colonialiste. Les années 60 mettent au jour Al Fejr (l’Aube), le film tunisien d’Omar Khlifi, le tout premier projeté sur les écrans en 1967. Les années 70, le réalisateur du film Sejnane, Abdhelatif Ben Ammar est sélectionné comme l’homme de théâtre Fadhel JaÏbi dont le film La Noce est issu d’une œuvre collective. Les années 80 sont abordées autour du grand Nouri Bouzid auteur de deux films cultes, l’Homme de cendres et Sabots en or. Les années 90 nous sont présentées au travers de deux artistes, un homme Ferid Boughedir qui a réalisé le film probablement le plus connu dans la Francophonie Halfaouine et celui d’une femme cinéaste Moufida Tlatli et son film également très connu dans le monde francophone : Les Silences du Palais
Cette démarche chronologique est gardée quand il s’agit de faire parler les actrices et acteurs. Comme les Cinéastes, ils sont au nombre de six sélectionnés : Mouna Noureddine, la mémoire des années 60, Ahmed Senoussi de 70 à nos jours, Jalila Baccar issue du Théâtre, Hélène Catzaras que je connais personnellement au titre de plasticienne et découverte ici pour son parcours d’actrice, Hichem Rostom, un des acteurs les plus sollicités dans le cinéma tunisien et Hend Sabri, le plus jeune de la liste l’espoir de moins de 30 ans découvert dans les Silences du Palais et dans Poupées d’argile.
Deux remarques de l’auteur font écho à des réflexions que j’avais eues dans un passé proche : le bien petit nombre de cinéaste féminine et la rareté des producteurs tunisiens. Pour ces derniers, le livre publie les entretiens d’Hassen Daldoul et de Ahmed Baha Eddine Attia. Comme je suis intéressée par les femmes d’exception et pour rebondir sur les deux dernières remarques :depuis cet essai la tunisie a vu naitre une femme productrice de cinéma tunisien: Dorra Bouchoucha
Je vous invite à lire les témoignages des Producteurs, car on a rarement leurs sons de cloche, quelque soient les pays. Sans eux rien ne pourrait se faire, ils prennent les risques financiers et autres et restent dans l’ombre laissant l’œuvre exister, permettant l’éclosion d’un cinéma d’auteurs, avec toutes les difficultés que cela comportent. Hassen Daldoul co-produit en Belgique, notamment les Frères Dardenne pour leur film La promesse. Lui, qui a collaboré au Liban en produisant Beyrouth la Rencontre, ne mâche pas ses mots en parlant des co-productions avec les pays arabes. Il est le créateur dans des années 70 de l‘association des Cinéastes tunisiens. Hassen Daldoul, dans cet entretien rend hommage à un homme, Tahar Cheriaâ, le créateur de JCC et le maitre d’œuvre de la bataille contre les géants américains, qu’il considère comme son maître. Né à Touza, Daldoul a baptisé sa boite de production, Touza Films. Moi qui suis passionnée d’histoire de l’art, j’ai remarqué dans l’entretien qu’Hassen Daldoul a imposé à son fils ainé un DEA en histoire de l’Art. Cela me semble une bonne idée si son fils a le goût pour l’art, sinon c’est un devoir et cela ne donne pas vraiment le bonheur d’études choisies en fonction de ses propres centres d’intérêt. Je me suis dis que j’aimerais connaître l’avis de l’intéressé, son fils et de savoir s’il travaille six ans après l’entretien avec son père dans la production de films. Plus sérieusement, les critiques portées par le producteur sur la spécialisation à outrance de secteurs artistiques qui se tournent le dos lui font émettre une idée phare de sa vision du Cinéma et que j’approuve quant à moi :
« Un scénariste comme un producteur, doit être au service du film et de ce qui doit primer en définitive, à savoir l’image et la vision du réalisateur »
Dans cet entretien, j’y ai appris qu’un producteur ne peut toucher des subventions en Tunisie que s’il a un réalisateur avec lui et que des réalisateurs se proclament producteurs ce qui fait dire à Daldoul que « même un charbonnier pourrait devenir aujourd’hui producteur en Tunisie »…
Plus positif son choix de films à privilégier : Le Collier perdu de la Colombe, de Nacer Khemir, ensuite Traversées de Ben Mahmoud, Sabots en or et l’homme de cendres de Nouri Bouzid, les Silences du Palais de Moufida Tatli, enfin le film de Brahim, Babaï, Et Demain de 1972.
Tout un programme que je m’apprête à suivre pour me forger une opinion personnelle et écrire une critique cinématographique à portée internationale.
La vision de l’autre producteur, Ahmed Baha Eddine Attia, le fondateur de Cinétéléfilms, est également formatrice et révèle un autre point de vue et complète le choix de films du premier.
Le film qu’il rajoute est Au pays de Tararanni, un film drôle que je vais également rajouter à ma liste.
Attia, qui vient juste de décéder, a été formé par le grand producteur anglais Tim Hampton dont il a été l’assistant et le gestionnaire sur le tournage de La Vie de Bryan. La rencontre de sa vie de producteur est sa découverte de Nouri Bouzid et de son scénario L’Homme de Cendres. Et il parie sur son film, prenant tous les risques. Je vous propose de lire le long passage sur ce film et son metteur en scène, vu par le producteur qui a su prendre le risque de le produire. Il a également produit Halfaouine et La Guerre du Golfe et après?, film inter-arabe, ayant réuni le cinéaste libanais, Bohrane alaouié,le Palestinien Elia Suleiman, le Marocain Mustapha Derkaoui et les Tunisiens Nejia Ben Mabrouk et Nouri Bouzid.
Ce producteur a été considéré comme « un producteur qui ose ». Et effectivement il a produit plusieurs premiers films de cinéastes inconnus et il a été le producteur hormis Nouri Bouzid de Moufida Tlatli et Férid Boughedir. Il a osé des films singuliers comme ô Sultan de la Medina de Moncef Dhouib ou pris en charge la distribution du film Le Chant de la Noria de Ben Ammar, film qu’il savait ne pas être grand public.
Parlant du Cinéma tunisien, Attia concluait son interview sur :
« Traiter avec humour ou avec douleur, mais toujours avec émotion, nos blessures et nos difficultés, traiter sans complaisance notre quotidien, avoir un regard intérieur et pointu sur notre proximité, sont les seuls gages de nos succès futurs »
En 2002 il semblait confiant dans l’arrivée de jeunes cinéastes qui feront que « le cinéma tunisien retrouvera sa singularité, sa témérité et son public »
Quant à moi et les rencontres que je fais, je veux y croire.
PS:
Dernièrement en librairie "Abécédaire du Cinéma Tunisien", de Hédi Khelil
11:07 Publié dans CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, tunisien, réalisateur, producteur; festival, acteurs, artiste
24.11.2008
Maktoub
« Comme l'auteur qui ne contrôle pas son personnage, l'homme ne peut totalement contrôler son destin et Daniel (le héros) s’en retourne sur les lieux de ses origines pour ne plus échapper à son histoire et ainsi en terminer avec le mensonge. » Martine Geronimi, critique du film Le Prix du Désir
Je crois que le destin joue parfois des tours insoupçonnables et quand on se trouve dans le tourbillon de la révolution liée au changement du cours de sa vie, on est submergé par la vague des sentiments qui nous enveloppent alors.
Je dois avouer que le pire et le meilleur peuvent survenir lorsqu’on fait des choix anticonformistes. Les pessimistes diront que seule une issue fatale peut être la conclusion d’un tel choix. Alors laissons parler ces empêcheurs de bonheur! Je suis une optimiste-née et, malgré les vicissitudes de ces deux dernières années, où finalement j’ai réussi à perdre successivement l’intégralité de mon déménagement et l’homme qui partageait ma vie depuis 1994, je n’ai pas perdu l’espoir.
Là où sans aucun doute, d’autres se seraient laissé couler, j’ai affronté avec courage les coups du sort et j’ai pris le parti de continuer à vivre sans me retourner. Et je viens de voir mon choix de vie récompensé. Contre vents et marées, j’ai fermé les portes qui menaient à des voies sans issue. Qu’est-ce qui fait qu’une relation entre un homme et une femme peut aboutir à un grand bonheur…comment tombe-t-on amoureux? Moi qui pensais avoir un cœur rouillé, je le redécouvre s’animer et retrouver sa jeunesse, sans une ride : un sentiment de miel qui coule dans les veines lorsqu’on plonge ses yeux dans les yeux de l’Autre, un éblouissement dans la découverte du monde de l’Autre et de s’apercevoir qu’on partage des valeurs et des passions communes…c’est ce que je vis actuellement.
Bien sûr ce bonheur, vue ma dimension plurielle et originale, se fonde sur une rencontre hors norme et complètement décalée. Je me rends compte que je provoque sans le vouloir consciemment de telles relations par mes fréquentations qui se fichent des barrières de nations, de religions et d’âge. Citoyenne du Monde, électron libre, je me rattache à un capital solide, celui de la culture. Et le mode de sélection premier de mon entourage rapproché est son appartenance au monde de l’Art. Mais plus encore pour toucher mon âme, il est une clé que je n’avais pas franchement définie, qui m’est apparue clairement aujourd’hui, c’est celle de la Philosophie. L’être aimé était comme moi le premier de la classe en philosophie et c’est vrai que nous parlons des Existentialistes et que nous échangeons souvent en lien avec la philosophie. Comme il est un jeune cinéaste tunisien et que je me passionne pour le cinéma depuis longtemps, les discussions sont riches et intellectuellement fécondes. Et aujourd’hui, j’ai vu combien nous avons d’atomes crochus car j’ai découvert qu’il adore l’Opéra. Alors là j’explose de joie, car j’ai vraiment extrêmement peu de relations qui apprécient sincèrement l’Opéra. Finalement l’entente repose sur des sensibilités communes et des rythmes qui s’accordent.
Après, l’amour est une fascination de l’Autre. Cette fascination repose sur une admiration et une recherche réciproque d’un archétype masculin ou féminin. Quand il m’a parlée de sa théorie de la Femme Monde, cette femme totale qui est à la fois la mère, l’amante, la sœur, la fille pour l’homme qu’elle chérit. J’ai compris que c’était avec ses yeux-là qu’il me voyait, il venait de trouver celle qui pouvait incarner toutes ses attentes. Bien sûr, il a des espérances immenses! Pourrais-je toutes les combler? Il sait toutefois qu’il peut me faire confiance, car je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réussir notre défi de vivre de nos talents respectifs et complémentaires.
J’ai déjà dans ma vie fréquenté des artistes, particulièrement des plasticiens et musiciens. Seul un cinéaste est capable de remplir mes attentes intellectuelles aujourd’hui, car dans cet univers mondialisé dans lequel nous vivons, ce créateur passe par un media qui est un formidable langage universel, profondément ancré dans la contemporanéité, le Cinéma.
Le cinéma permet de tout exprimer. Je ne suis pas une technicienne du cinéma mais une cinéphile et j’aime écrire des critiques de film depuis plusieurs années. Le cinéma permet de réunir les talents d’une équipe menée par un authentique chef d’orchestre à la sensibilité aiguisée, le cinéaste, ce créateur qui exprime en images son univers intérieur. Et lorsque je mets en mots mes sentiments après la projection, cette vision personnelle se mêle à celle offerte par le cinéaste. Je tente de comprendre la philosophie de l’auteur, sa perspective et vers quoi il veut nous mener. Je tente d’amener mon lecteur ou ma lectrice à s’intéresser au film qui m’a conquis. Ouvrir une porte d’un univers différent et dans lequel je suis attiré à tel point que j’aie envie de le faire partager. Evidemment je ne m’intéresse pas souvent aux films commerciaux, même s’il m’arrive d’en voir…à l’occasion.
Le cinéma, comme le dit mon ami, doit être loin du théâtre, cet art de la scène et du dialogue avec le public présent dans la salle. Le film n’a pas de filet de protection, une fois mis en boite il ne peut être modifié ni repris, il ne peut être sauvé par le jeu des acteurs. Il est un tout en soi et vit dans le cadre d’une série de films du même auteur qui compose s’il en a le talent, le temps, le souffle et l’argent, une œuvre. Ainsi par le hasard de cette rencontre amoureuse, je me retrouve plongée dans un univers où la genèse du film est tout prêt de moi, ce qui donne une perspective insoupçonnée à ma soif de connaissance.
J’ai pensé une scène de film en 1991 alors que je roulais en voiture avec mon copain Christophe sur une route polonaise à la tombée de la nuit à la Toussaint. Cette scène est restée graver dans ma mémoire depuis lors…et j’avais aussitôt exprimé le fait que, si j’avais le talent du cinéaste, je voudrais la reproduire par ce media : une scène sans mots, une scène dramatique, de nuit …une voiture qui roule dans la noirceur de ce mois de novembre lugubre et des petites lucioles qui se balancent au gré du vent …et lorsque l’on se rapproche, on comprend que ce sont des lampions portés à bout de bras par des marcheurs fantômes qui se rendent au cimetière, le long de la route.
Une scène qui pourrait être le début d’un film qui s’appellerait : On the Road Polska…
Mais voilà je ne suis pas cinéaste, je pourrais être scénariste…je n’y ai pas franchement songé…
17:03 Publié dans CULTURE, MEDIAS, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, tunis, geronimi, atef atefi, cinéma, cinéaste, amour


























