22.11.2008
Cercle Nature et Culture en Tunisie
Alors qu’un papillon blanc furète sur le bougainvillée accroché à ma façade, je pense à la rencontre au café d’hier soir entre moi et deux jeunes étudiants présentés par une amie rockeuse dans le cadre du Cercle Nature et Culture en Tunisie. Je ne sais plus si je vous ai parlé de cette initiative que j’ai avancée en Tunisie depuis le début juin et qui semble passionner de nombreuses personnes et particulièrement les Jeunes depuis octobre. Le groupe s’est étoffé grâce à FACEBOOK. Je publicise ce cercle sur cette vitrine accessible aux Tunisiens. Ce cercle d’amis a pour objectif de promouvoir EN MÊME TEMPS, la Nature et la Culture tunisienne dans un même élan de sauvegarde d’un héritage merveilleux à ne pas dilapider. Et il y a du travail…
La première mission est de se faire connaître et de faire en sorte que des projets éclosent de la base des Tunisiennes et Tunisiens. Ainsi, la Tunisie pourrait être reconnue à travers ces initiatives privées de mise en valeur du patrimoine naturel et culturel. La jeunesse a besoin de s’exprimer dans des actions bénévoles et en accord avec des valeurs fortes, comme celles du développement durable et de la valorisation des traditions.
La culture, souvent malmenée par le monde du Business, est pourtant une richesse. Est-ce parce que certains hommes d’affaire, eux-mêmes peu enclins à perdre une minute de leur précieux temps, reculent devant les efforts pour rentrer dans un monde qui ne peut rapporter que sur du long terme, qu’ils négligent les domaines liés à la Culture??? Ou bien n’est-ce pas plutôt cette déformation longtemps française d’attribuer au terme culture un sens seulement élitiste? Pour moi, la culture est inclusive et non pas exclusive. La Culture est le sel de la vie. Un peuple sans culture ne peut que s’éteindre. Cette culture en marche moderne et fière de son passé demande à être promue à l’International. Bien entendu, il s’agit d’utiliser toutes les bonnes volontés de la jeunesse et les talents de tous les artistes.
C’est pourquoi nos premières performances seront artistiques : au programme concert Rock en Mars, Expositions plastiques dans un jardin en mai… Mais, il y a plein d’idées qui germent du « Brain Storming » bouillonnant des amis de Facebook et le chemin le plus plébiscité, et j’en suis extrêmement heureuse, est l’alliance tourisme-culture (mon cheval de bataille au Canada). Ces jeunes hier soir sont prêts à faire « du terrain » et d’aller explorer le pays en traçant les routes culturelles autour des « Maisons d’hôtes » et autres Hôtels dits de Charme. Nous nous préparons à de beaux partages et de belles redécouvertes d’un pays enchanteur par ses paysages, sa lumière et la gentillesse naturelle de ses habitants.
Je veux ici souligner le bonheur que m’apportent les poètes, peintres, sculpteurs, cinéastes, auteurs que je rencontre ici. Doucement sans stratégie fixe, je m’approprie cette culture qui aurait pu être la mienne depuis si longtemps et qui m’a échappé par les aléas de l’Histoire. Mais cette dernière ne représente jamais la totalité des histoires individuelles et on peut vivre une grande histoire personnelle dans un parcours de vie riche et volontaire, sans pour autant succomber totalement à l’Histoire des Peuples. Je suis déterminée désormais à retrouver ma citoyenneté tunisienne, moi dont les parents et grands-parents sont nés en Tunisie, originaires de l’Italie ou de la Corse. Pas une goutte de mon sang n’est autre que Méditerranéen et ma beauté est celle d’une Tunisienne multiculturelle…vous ne trouvez pas.
Je suis plurielle et fière de l’être,
Un Kaléidoscope de tous mes héritages mêlés,
Ardente et noble, passionnée et déterminée,
Riche d’une culture ancestrale et forte,
Ma mission sera d’être une passerelle
Entre tous mes mondes…
16:27 Publié dans Blog, Chroniques de France, CULTURE, ENVIRONNEMENT, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, tunisien, femmes, geronimi, facebook, tourisme culturel, culture
28.07.2008
Hammam et Beaujolais
Ce matin j'ai beaucoup navigué sur le Net et parmi mes sites fétiches j'ai celui de BabelMed qui s'intéresse aux cultures méditerranéennes en plein évidemment mes centres d'intérêt, vous vous en doutez.
Et je découvre un livre qui m'a l'air bien intéressant, Hammam et Beaujolais. à la fois une étude socio-anthropologique et une nouvelle, celle d'une femme au parcours multiculturel: Nadhia Khouri-Dagher
“Je suis née Arabe. Je suis Française aujourd’hui. Nous sommes des millions, émigrants, enfants d’émigrants, venus d’Algérie, du Maroc, du Vietnam, de Pologne, d’Italie ou du Mali, à vivre ainsi en France notre double identité, notre double appartenance. Moi, je viens du Liban.”
Et son site possède un abécédaire très astucieux dans lequel chaque rubrique est un régal...j'ai pris "au hasard", le terme gastronomie.
Je lis:
"Dans la gastronomie française, je lis l'épicurisme des Français je lis Watteau Boucher Fragonard, des siècles de raffinement, une culture sophistiquée, un vestige aujourd'hui de siècles d'une culture aristocratique royale princière qui continue ainsi à marquer les pratiques les rites dominicaux les repas d'hommes d'affaires les soirées d'amoureux, je lis aussi l'amour des Français pour la littérature car ces noms de plats sont littérairissimes pour moi, petits textes créés exprès poèmes de cuisiniers, dans la gastronomie je lis aussi et surtout l'amour des bonnes choses, le sens du plaisir, la gourmandise, le temps passé en cuisine pour les autres, la créativité, l'envie d'étonner, de combler ses invités, de les honorer, de se gâter aussi, et tout ça ça me plaît!"
Sur BabeMed je découvre sous la plume de Sarah Ben Ammar ce parcours:
"Née en Egypte, cette journaliste et anthropologue libanaise connaît bien la société française. A l’âge de 6 ans, elle quitte Beyrouth avec sa famille et part s’installer en banlieue parisienne à Viry-Châtillon. Si «l'école publique (lui) a permis de pénétrer dans des familles françaises», d’aimer et d’adopter la culture de son pays d’adoption, Nadia Khouri Dagher explique comment elle reste pétrie de traditions orientales: «je vis en France depuis plus de trente ans, mais mes gestes de toilette au quotidien sont ceux d'une femme d'Orient». Tout comme Rica et Usbek, des «Lettres Persanes» de Montesquieu, l’anthropologue décrit les Français à travers son regard d’Orientale: leur rapport à l’argent, leur discrétion, leur pudeur souvent perçue comme de la froideur, leur épicurisme aussi… Car il s’agit bien de décrire, de constater et non de juger."Il me parait assez notable le fait que Nadhia ait eu un réflexe de Française en Tunisie elle le dit elle même :
«En France, je me sentais complètement libanaise et orientale. Et c’est en vivant en Tunisie- qui est pourtant un pays très moderne- que je me suis rendue compte que j’étais devenue très Française. Par exemple, à cette époque, durant les années 80/90, les cafés des centres villes étaient tous réservés aux hommes. Je ne pouvais donc pas m’asseoir à la terrasse d’un café. Bref, à travers tout un tas de petites choses, j’ai pris conscience que j’étais Française»
Les temps ont bien changé en Tunisie la société s'est modernisée et les femmes autonomisées, mais il est vrai que tout le monde ne boit pas de vin en Tunisie, surtout si les personnes sont pratiquantes et donc suivent les préceptes de la religion musulmanne qui déconseille l'ivresse et ne préconise pas du tout la consommation de vin. Il n'empêche que la culture du vin revient avec force et pas seulement pour l'exportation. Une grande partie de mes amies et amis sont des amateurs de Mornag et St Augustin, excellents vins tunisiens.
Ce livre, comme le signalE Babel Med, est un véritable pont entre les cultures, sous forme d'abécédaire et mettant en valeur l'alphabet inventé par les Phéniciens ancêtre des LiBANAIS et des TUNISIENS.
L'astuce choisie par l'écrivain permet une lecture facile et abordable par tous mais c,est chaque fois plein de sagacité et de poésie. Elle explique:
«Et puis je trouvais qu’un mot plus une entrée permettaient de ne pas s’imposer au lecteur avec une œuvre lourde. Ce livre est en fait composé comme un mezzé libanais que l’on peut picorer au gré de ses envies»Cette envie d'être un pont entre les cultures grâce à l'identité méditerranéenne, avant les divergences religieuses elle va la chercher, comme beaucoup en Tunisie aussi, dans le passé antique :
«Je voulais revenir à une antiquité commune qui date de bien avant l’Islam et l’âge du Christianisme, ces religions qui nous ont divisés, et revenir à une identité méditerranéenne antique qui nous rappelle que l’on a exactement les mêmes rites, la même façon de concevoir la vie, les mêmes plaisirs tels que la plage, le soleil, manger des figues…»Elle cherche à ouvrir les yeux des Français à leurs origines plurielles et à montrer que le métissage des cultures est encours de tous lescôtés de la Méditerranée et que nous sommes des citoyens du Monde avec au minimum une double culture
«Ce livre parle à des tas de gens parce que tous les Français ont dans leur famille quelqu’un qui vient de quelque part. Il s’adresse aussi bien à mes sœurs orientales de France qu’à mes sœurs orientales qui vivent là-bas car aujourd’hui, avec la mondialisation, même si on vit à Casa, Alger, Tunis ou Beyrouth, on fait partie de l’Occident parce que l’on parle une langue étrangère, parce que l’on écoute de la musique étrangère, parce que l’on porte un jeans… Aujourd’hui, que nous vivions là-bas ou ici, nous portons tous deux cultures.»Je me revendique totalement de cette lecture, j'y rajoute en plus ma touche américaine une transition de 12 ans entre Québec et Louisiane.
Lire :«Hammam et Beaujolais» par Nadia Khouri Dagher, paru aux éditions Zellige.
Sarah Ben Ammar
(17/07/2008)
13:20 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, Louisiane, personnalités, QUÉBEC, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hammam, Beaujolais, babelmed, Khouri-Dagher, anthropologie, Tunis, laiban
14.07.2008
14 Juillet à Tunis
C’est mon premier 14 juillet en Tunisie et je suis encore ce matin à Villa Noria l’hôtel de charme Hammamétois de mon amie Amel, propriétaire d’un lieu conçu par elle jusqu’au moindre détail, de la céramique grège des salles de bains refaite à l’ancienne à la mosaïque antique de la piscine intérieure en passant par le choix des tissus, une variation subtile de vert, crème et rouge. Ici à Hammamet, c’est le calme et le confort esthétique qui est de mise dans un jardin arrosé à la main toutes les nuits pour que nous puissions jouir de sa fraicheur au matin. J’aime y aller, car c’est un endroit où le mot luxe flirte avec simplicité, cela change des décors orientaux fastueux, mais lourds ; ici le maître mot est pureté, légèreté et harmonie.
Après un mois difficile à Tunis, m’offrir 5 jours à Hammamet est une belle récompense, d’autant que nous avons eu le
privilège d’être conviées aux festivités portuaires. Amel est une personnalité très respectée en Tunisie et elle est propriétaire d’un hôtel à Yasmine Hammamet, deux raisons pour se faire inviter à la plupart des évènements VIP. Ce week end avait lieu le premier Grand Prix de Tunisie pour les courses des monstres des mers, les bateaux Offshore (Powerboat P1). Non seulement nous avons assisté au diner gala du samedi soir, mais nous avons également eu la surprise d’une soirée sous la tente bédouine dans un village organisé pour l’occasion sur une plage recouvertes de tapis tunisiens sur lesquels avaient été arrimées les tentes. Des petits coins avec poufs et tables basses avaient été organisés pour accueillir les convives de toutes les nationalités, en grand nombre les Italiens et les Anglais, la nourriture était savoureuse et l’ambiance très agréable, humide et chaude le premier soir et agrémentée de brise hier soir. Hammamet est réellement un endroit festif et branché qu’il faut fréquenter l’été comme le font les Tunisiens eux-mêmes. En hors saison, on peut s’y ennuyer et on ne remarque alors que les constructions qui sont parfois d’une esthétique douteuse. Je ne conseille pas cet endroit pour des touristes qui recherchent la nature et le dépouillement, c’est tout le contraire…L’urbanité et la modernité, tendance Cannes, seraient plus adéquates. Si vous aimez les boîtes de nuit branchées il vous faut aller à l’Oasis et si vous aimez les langoustes ne ratez pas Achour. Un endroit pour les Jet-Setteurs de la Nuit tunisienne.
Vous allez me dire comment pouvez-vous fréquenter de tels endroits avec vos idées environnementales et sociales…et bien c’est simple…je suis mue par la curiosité des chercheurs et l’envie de connaître d’autres milieux. J’ai l’occasion de participer de temps en temps à ce genre de festivités et je ne refuse pas. Trois Week end sur quatre je les avais passés en solitaire, cloîtrée dans mon appart de Menzah, allongée sur mon sofa à regarder la télé…pas drôle je vous assure avec une cheville enflée pendant une dizaine de jours, seule à Tunis avec des amis non disponibles pour différentes bonnes raisons et comme je n’ai pas de voiture et que les transports en commun sont réduits et inconfortables…des moments pénibles que ces premiers week-ends en solitaire. Mais il faut que je m’y fasse, que ce soit à Paris, à Tunis ou dans n’importe quelle ville que je pourrais fréquenter, je suis seule à présent…Je me prépare à cet état de fait non recherché et mon compagnon de vie depuis quatorze ans me quitte pour incompatibilité…il ne m’admire plus et me l’a dit, ne veut plus me suivre dans mes pérégrinations intellectuelles et autres. Il quitte ma bulle qu’il ne trouve plus confortable, au moment où effectivement je prends le plus de risques dans ma vie professionnelle. Il m’a forcé par son abandon à me recentrer sur la Tunisie. Il voulait se débarrasser de moi et m’a repoussée vers le pays de mes origines avec la satisfaction perverse de me faire du bien !!!

Alors voilà ce soir je vais fêter le 14 juillet à l’Ambassade de France à Tunis… Un 14 juillet très spéciale car j’ai décidé il y a 2 mois de le passer ici pour marquer le démarrage d’une « nouvelle vie », mais là j’y suis et l’humeur est sceptique. Suis-je encore Française ? Oui probablement mais mes 12 ans d’Amérique du Nord ont profondément transformé mon angle de vision du Monde et apporter une grille de lecture de la France que je n’avais pas en partant en 1994…quatorze ans plus tard la France est plus proche du concept que d'une entité tangible et je ne me sens pas tout à fait Française, mais réellement citoyenne du Monde de culture française.
Française de Tunisie, Canadienne-Française…un esprit libre en partance…
Alors le 14 juillet un jour comme les autres ???
11:33 Publié dans Chroniques de France, Femmes, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : France, Française, Tunis, Tunisie, Hammamet, Villa Noria, Powerboat
07.07.2008
Boris Cyrulnik, de Chair et d’âme
A peine achevée la lecture de ce livre publié chez Odile Jacob en 2006, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager mes impressions de lectrice en quête de réponses.
Ainsi dans le chapitre « Formule chimique du bonheur », le paragraphe intitulé la mémoire n’est pas le retour du passé, j’ai souligné cette citation :
« (…) on peut dire que les souvenirs que l’on va chercher dans son passé et les mots qu’on choisit pour leur donner forme construisent des autobiographies différentes selon le partenaire du récit. Il ne s’agit pas de mensonges mais de représentations induites par les relations. »
Cette remarque me paraît tellement pertinente! Ainsi, lorsque je racontais un évènement vécu en couple devant des amis et en présence de mon mari, les souvenirs « communs » ne collaient pas avec ceux de mon mari, il me reprochait de travestir la réalité : en fait, nos autobiographies étaient simplement différentes, car nos représentations passaient par deux personnalités très opposées, une personne imaginative et passionnée et une personne logique et froide.
L’auteur explique qu’après un trauma, un événement dramatique, un désespoir, la mémoire se met en route en fonction du vécu présent et retrouve dans le passé, les mots et les images qui donnent forme à ce présent. Le ressenti présent, guidé par l’émotion, appelle la mémoire pour aller chercher dans le passé une représentation de soi cohérente avec le moment vécu. Comme l’affirme Cyrulnik : « C’est pourquoi tout est vrai même quand on dit le contraire »
Au fur et à mesure de la vie se forge en chacun de nous, ce que l’auteur appelle, une sensibilité préférentielle, construite chaque jour et petit à petit par des micro-interactions banales mais personnelles. A cause de cette sensibilité préférentielle acquise, un couple venant de deux milieux différents et éloignés par l’âge ou la culture peuvent réellement vivre côte à côte un moment passé ensemble et différent. Pour le premier ce sera un événement majeur qu’il va cristalliser et pour l’autre ce moment sera sans signification aucune. Ainsi en était-il dans notre couple, particulièrement en vacances, nous ne vivions pas les mêmes choses, tout en étant toujours ensemble.
Un autre chapitre qui m’a intéressé est celui intitulé « Le souci de l’autre ». La notion d’empathie est très importante pour moi…je l’ai même érigée en valeur nécessaire pour partager ma vision du monde…elle est le fondement de l’humanisme. A mon grand dam, je me suis aperçue que mon mari en manquait cruellement, non seulement envers les étrangers mais même envers moi, à partir d’un certain moment. En effet, me voir souffrir dans le cadre d’une détresse psychologique qui se transforme en pathologie psycho-somatique à répétition, l’a conduit à être furieux contre moi et pire à devenir indifférent devant chaque trouble me rejetant comme une « anormale », lassé de me voir souffrir sans cause logique apparente et au fur à mesure du temps, rejetant ces troubles sur le compte du vieillissement. Plus je devais être parfaite et plus mes troubles s’accentuaient. La peur de déplaire à un être que vous voulez retenir décuplait les malaises. Mais ce que je ne voulais pas voir c’est combien mon mari ne m’aimait plus à partir du moment où il a commencé à s’agacer de mes troubles. Véritablement, un être amoureux est mal quand l’autre souffre, quelque soit l’origine de la souffrance. L’empathie n’existe pas uniquement entre amoureux, c’est généralement « une aptitude émotionnelle à se laisser modifier par le monde d’un autre, auquel on est attaché ». On peut dire que l’on ressent de l’empathie pour toute personne qui compte pour nous. Et là on retrouve la notion d’attachement développé dans les travaux de Cyrulnik : « L’attachement est un lien biologique tracé dans la mémoire qui transforme l’être investi en figure saillante. Désormais la souffrance de la figure d’attachement provoque chez le partenaire une souffrance d’une autre nature. » L’auteur parle d’une empathie cognitive, un contrepoint émotionnel provoqué par la vue de la souffrance de l’autre.
C’est singulier, en écrivant je pense à l’expression française un peu vieillotte « je ne peux plus le souffrir » et je me dis que lorsqu’un proche ne plus « encadrer » sa femme, sa maîtresse ou tout(e) ami(e), cela signifie que la vue de la souffrance de cette personne lui fait horreur, c'est-à-dire qu’il a rompu pour une raison ou un autre le lien d’attachement à cette personne. Je ne peux plus la souffrir veut plutôt dire : je ne veux plus souffrir de la voir, je ne la supporte plus… C’est une vision égoïste de la relation.
Je pense sincèrement que les personnes aux capacités empathiques réduites sont avant tout des personnes très égo-centrées et qui ne supporte pas fondamentalement l’autre surtout si cet autre dysfonctionne.
Là où Cyrulnik m’intéresse fortement, c’est quand il explique comment l’empathie est le fondement cognitif de la Morale :
« Cette aptitude à désorganiser son propre monde intime quand celui d’un proche est désorganisé constitue le point
de départ, la base cognitive de la Morale »
Est-ce dire que les êtres incapables d’empathie sont des êtres a-moraux? Qu’ils n’auraient pas d’échelle de valeurs entre le Bien et le Mal? Le postulat de la Morale serait pour Cyrulnik la vision judéo-chrétienne classique : « projet de faire du bien pour éviter le mal ». Alors penchons nous sur une réalité de notre quotidien ces jours-ci :
L’empathie collective est de mise en France…Ingrid Bétancourt a bénéficié de cet élan de toute une société qui s’inquiète du sort malheureux de cette femme politique franco-colombienne. Les Français dans leur ensemble se sont mobilisés et ont souffert en place et lieu d’une compatriote, image quasi mythique de la madone, symbole de justice, injustement enlevée. La société française s’est prise à éprouver la détresse de ses enfants privés d’une mère impliquée en politique dans un pays lointain, celui de ses origines, la Colombie. Le dénouement heureux de six ans de détention dans la jungle a fait naître une explosion de joie parmi les Français et un sentiment de faire partie d’une nation qui n’abandonne pas ses citoyens. Cette empathie sociale donne raison à l’intuition de Cyrulnik concernant les bases cognitives de la morale.
14:45 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, personnalités, SANTÉ, SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Psychologie, cyrulnik, amour, empathie, ingrid, Bétancourt
05.07.2008
L’Islam dans la pensée occidentale
Dimanche matin dernier, le 29 juin à Tunis, alors qu’une fois de plus ma cheville m’immobilisait sur mon canapé, je suis tombée sur une émission de la chaine française France2, qui m’a fascinée. Autant il m’est arrivé assez souvent d’écouter au Québec les conférences du Rabbin Sitruk, autant je ne crois pas avoir une seule fois suivi cette émission du culte musulman de ma vie. Pourtant, je suis fortement intéressée par l’histoire des religions et particulièrement, l’histoire croisée des grandes religions monothéistes. Les lieux de Culte au Québec faisaient partie de mon cours de Géographie culturelle, de cette appropriation du territoire par les communautés interculturelles si fécondes à Montréal.
Ce Dimanche il était remarquable de voir deux universitaires, un Français et un Suisse, nous entretenir d’un sujet qui pourrait paraître aux yeux de certains auditeurs comme tendancieux voire glissant et pourquoi pas même scandaleux. Et pourtant, cette question est captivante…car elle laisse place à un nouveau regard qui n’est pas européo-centré, mais plutôt islamo-centré.
Ainsi Thierry Fabre des Rencontres Averroès et Ruedi Imbach, professeur au Centre Pierre Abélard, un médiéviste réputé à Paris Sorbonne4 donnaient la réplique à Chaleb Boucheik. Il était question de deux livres dont « L’Islam dans la pensée Occidentale, d’Averroès à Martin Eckart » de Kurt Flasch. Dans ce livre qui a d’abord été publié en Allemagne, ce professeur remet en cause les acquis traditionnels de la pensée occidentale fondée sur les écrits de Thomas d’Aquin, Alain le Grand et surtout Maitre Eckart. Ces Dominicains auraient été inspirés par Ibn Sinna, mieux connu en Occident sous le nom d’Avicenne ainsi qu’Averroès (Ibn Rushd). Toute la question est de comprendre les sources arabes de la rationalité européenne. Averroès est
l’auteur du grand Commentaire de la Métaphysique d’Aristote.
Dans cette nouvelle approche de la pensée de Thomas d’Aquin, l’auteur Kurt Flash cherche au travers de l’exégèse des textes du Philosophe chrétien à retrouver les filiations : ainsi le Maitre de Thomas d’Aquin était Albert le Grand qui aurait été inspiré par Averroès (Ibn Rushd). Ces influences seraient arrivées par la Sicile et l’Andalousie, terres d’interculturalité. Thierry Fabre fait référence au livre d’un auteur espagnol : « Ce que les Arabes ont apporté à la culture » que j’aimerais bien lire mais je n’ai pas retenu la référence.
L’idée générale développée est que nous faisons partis d’un monde commun et que le message chrétien serait passé par les commentaires d’Averroès. L’intérêt de ses relectures est qu’elles conduisent à retisser les liens de la filiation et qu’au-delà des lectures judéochrétiennes, ces approches tripartites sont là pour ne pas vivre le Choc des Civilisations cher à Huntington et à Bush.
L’intérêt de ces lectures inclusives est aussi qu’elles replacent le monde méditerranéen à sa place, celui d’un des échanges entre l’Occident et l’Orient
19:05 Publié dans Chroniques de France, CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Averroès, Avicenne, Thomas d'Aquin, Aristote, dominicains, philosophie, métaphysique
03.07.2008
LIBERATION D'INGRID BETANCOURT
On ne peut que se réjouir de cette libération au bout de temps d'années de captivité. On ne peut que vouloir le meilleur pour cette femme inoubliable et d'une force incroyable. On ne peut que féliciter les forces colombiennes pour la maîtrise et le brio d'une évasion sans une goutte de sang.
Je joins ma voix à toutes les voix qui s'élèvent pour fêter cet évènement fantastique et qui a surpris tout le monde. Cet épisode rocambolesque, qu'est cette libération, fera parler beaucoup de monde pendant les jours à venir.
Moi la seule question que je me pose c'est: COMMENT REVENIR A UNE VIE NORMALE APRÈS CET ENFER...
Ma voix se joint à celle de tant de millions de gens ordinaires qui ont cru comme moi qu'elle s'en sortirait: Ingrid, bonne chance et tout le bonheur du monde à vous et à votre famille
SUR LE WEB:
12:00 Publié dans Chroniques de France, Femmes, personnalités, POLITIQUE, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : INGRID, BETANCOURT, LIBERE, Libération, ôtage, Colombie, Farc
27.06.2008
France à la Une
A la veille de la Présidence Française de la communauté européenne, le voyage du président Sarkozy en Israël et dans les Territoires Palestiniens restera dans les annales!
Son discours à la Knesset a réussi le tour de force de réunir un consensus sur ses prises de position.
"Je suis plus que jamais convaincu que la sécurité d'Israël ne sera vraiment assurée qu'avec la naissance du deuxième Etat, l'Etat palestinien".
"Un accord est possible, demain, et cet accord permettra aux deux peuples de vivre côte à côte dans la paix et sécurité"
"La France pense que cela fait trop longtemps qu'il y a de la souffrance et des morts"
"Au Moyen-Orient se mélangent et s’affrontent depuis des millénaires des peuples qui ont donné à l’humanité tout entière ce qu’il y a de plus élevé dans la pensée, de plus beau dans la religion, de plus important dans le savoir. Mais, au Moyen-Orient, tous les peuples, tous, dans leurs prières, parlent d’amour, de justice et de paix. Au Moyen-Orient, tous les peuples aiment la vie. Tous sont les enfants d’Abraham. Tous ont la Bible en partage. Et avec cela, on va continuer à avoir une guerre millénaire ?
Ayant bu à la même source, car vous avez bu à la même source, ayant partagé si souvent la même histoire, les peuples du Moyen-Orient ont tout pour se comprendre et s’entendre. Et cette terre pour laquelle ils se battent avec tant de désespoir, cette terre qui les a vus naître, cette terre où reposent vos morts, cette terre dans laquelle s’inscrit le souvenir de vos souffrances et de vos joies, pardon de vous le dire, où vous vous ressemblez tant, cette terre dont on pressent, en regardant ce qui a été accompli ici, en Israël, ce qu’elle pourrait donner à force d’intelligence, de travail et de courage, cette terre, la vôtre, pourrait devenir un paradis pour tous et grâce à laquelle la misère pourrait être vaincue si elle n’était si souvent ruinée par la guerre, cette terre, la vôtre, qui pourrait être si féconde si tous la travaillaient ensemble au lieu de verser sur elle le sang des innocents, cette terre, elle est si belle qu’elle devrait unir les peuples au lieu de les opposer."
Bravo à l'auteur de ces lignes!
Je ne suis pas la personne qui encense le Président Sarkozy mais je dois dire que je me suis réjoui de ce passage.
En discutant avec mon ami en Tunisie, j'ai constaté avec bonheur que lui même avait apprécié ce message. Et l'autre soir de Tunis, j'ai entendu sur une chaine française le patron de Marianne, Jean-François Kahn, encenser Nicolas Sarkozy, lui qui depuis des mois voire des années lui porte une critique sévère... Il faut reconnaître que ce discours a de quoi montrer une France de haut niveau.
Espérons que la paix sera au rendez-vous!
15:49 Publié dans Chroniques de France, personnalités, POLITIQUE, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Israel, Palestine, Paix, État palestinien, Moyen-Orient
10.06.2008
La France n'est plus ce qu'elle était: l'habitat indigne
J’habite encore pour quelques mois une des plus charmantes petites villes de la Région parisienne et sans doute une des plus cossues : Maisons-Laffitte.
Cette commune est lisse, on se sent comme dans un cocon quand on débarque du train, je l’ai déjà écrit, j’ai eu le coup de foudre en débarquant du Canada. On dirait une ville de poupées. J’habite la plus belle avenue avec ses contre-allées et ses tilleuls : avenue de Longueil. Tout près s’ouvre le Parc de Maisons-Laffitte et son château précédés de portes franchissables en voiture comme à pied à travers d’allées dessinées et superbes. Un parc classé et protégé. Au milieu de ce parc, on peut admirer de belles demeures et des petits immeubles de quatre étages maximum dans une verdure luxuriante.
Et puis samedi matin, le choc de ma vie, une distribution de tracts jaunes par quelques passants amassés autour de l’entrée de la gare de RER et je lis :
« Depuis plusieurs année des dizaines de familles occupent ce qu’il faut bien appeler des caves, dans plusieurs résidences du Parc de Maisons-Laffitte. Cette situation existe aussi dans plusieurs autres communes riches des Yvelines.
Ces locaux transformés en « chambres de 9 à 12 m2, plus ou moins équipés suivant les cas, plus ou moins aux normes …sont souvent loués entre 300 et 500 euros par mois. Précisons qu’il n’ya souvent qu’un sanitaire pour plusieurs chambres , sans parle de la promiscuité due au surpeuplement!
Les familles concernées, souvent constituées de travailleurs précaires avec enfants n’ont pas le choix. Les logements sociaux étant en nombre insuffisant, avec des délais d’attente de plusieurs années pour obtenir un logement HLM!!! Elles se retrouvent donc contraintes de vivre dans ces conditions, qu’elles espèrent transitoire, sinon c’est la rue!!! »
C’est là que je me suis souvenue, les femmes noires sortant du local du Secours catholique niché derrière l’église de Maisons Laffitte se dirigeant pieds nus dans leurs chaussures vers le Parc avec des enfants dans les poussettes en plein hiver 2007 alors que j’habitais sur la rue de la Muette à une entrée subséquente du Parc. Je n’avais pas cherché à comprendre…j’étais seulement surprise…et puis à Maisons-Laffite les Nounous noires sont légion… elles travaillent pour les riches familles installées dans le parc.
Mais la réalité est nettement plus sordide !
Qui distribuait ce trac? L’association loi 1901 Lutter contre l’habitat Indigne.
Je ne connais pas ces personnes mais je leur tire mon chapeau pour avoir alerté les Mansoniens de cette honte. Et dire que moi, on avait exigé de verser un an de caution supplémentaire pour louer un 2 pièces et qu’on m’avait finalement refusé dans l’agence Real 21 de Maisons-Laffitte parce que le propriétaire installé à Londres jugeait mon profil trop « nomade »! J’avais cependant trouvé un autre deux-pièces dans les mêmes conditions en bloquant un an de loyers en garanties supplémentaires des 2 mois officiels de garanties exigées à l’époque et de la commission d’agence d’un mois de loyer. Vous imaginez…la FORTERESSE MAISONS-LAFFITTE!
Sur le site du gouvernement français au ministère du logement et de la ville je suis allée me renseigner
QU'APPELLE-T-ON HABITAT INDIGNE ?
La notion d'habitat indigne recouvre l'ensemble des situations d'habitat qui sont un déni au droit au logement et portent atteinte à la dignité humaine; c'est un concept politique et non juridique. Cette notion recouvre les logements, immeubles et locaux insalubres, locaux où le plomb est accessible (saturnisme), immeubles menaçant ruine, hôtels meublés dangereux, habitats précaires, et dont la suppression ou la réhabilitation relève des pouvoirs de police administrative exercés par les maires et les préfets.
Il y a un vrai problème en France de pauvreté et de mépris des pauvres car comme le dit le tract, ceux qui louent cet habitat indigne sont des « marchands de sommeil » qui font fortune sur la crise du logement qui perdure en France, due à la spéculation immobilière et aux loyers trop chers en découlant.
12:03 Publié dans Chroniques de France, POLITIQUE, SOCIÉTÉ | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, Maisons-laffitte, logement, crise, Indigne, Parc, château
01.06.2008
Nés en 68
Hier soir, je suis allée voir un film dont le titre me tentait, Nés en 68…l’anniversaire de ce mai très spécial et qui a marqué l’histoire de la France. J’y suis allée sans a priori par rapport aux acteurs ne sachant pas qui jouaient, quasiment à l’aveuglette tant le titre avait de l’impact dans ma conscience d’ancien prof d’histoire-géo. Si je n’avais aucune attente par rapport aux comédiens, j’en avais par rapport à la trame du film, car je savais que ce n’étais pas un documentaire, mais bien une fiction à laquelle j’allais assister.
Le synopsis est simple, la vie de quelques jeunes idéalistes menées par Catherine, une jeune bourgeoise juive révoltée qui veut faire éclater tous les tabous et qui milite pour un monde meilleur où l’amour libre est un principe érigé en norme, où l’avortement est un droit et où la campagne est un havre de sérénité. Autour d’elles gravitent des hommes qui la quittent, tour à tour, et des enfants bien malmenés par un environnement familial anti-conformiste.
Je ne vous cacherai pas ma déception face à ce film trop long qui veut embrasser 40 ans de la vie des protagonistes dans une fresque qui ne convainc pas. Un tel sujet aurait pu donner un grand film, si le synopsis avait été plus travaillé et si les personnages n’avaient pas été aussi outrés. Le film se déroule dans une campagne, certes belle mais pas si hospitalière, qu’on aime à se l’imaginer. Le côté bucolique des hippies dansant nus au son de la guitare frise quasiment le ridicule, même s’il veut dépeindre un mode de vie ayant effectivement existé pendant quelques temps en France, certes un peu moins qu’en Californie.
Le défaut principal du film est de vouloir montrer trop de choses, de ne pas avoir fait un choix, de rester dans un discours sociographique : rien ne nous est épargné des thèmes de lutte ayant effectivement existés en France depuis mai 68. Mais cela ne sent pas le réel, la concentration de tous les malaises de la société française voire de l’humanité tournant autour du même personnage ne lui donne plus la consistance souhaitée pour laisser une trace impérissable. De l’avortement au suicide, de la guerre d’Algérie au racisme, du militantisme au meurtre, du mariage mixte au pacs, en passant par l’homosexualité, le sida et le cancer…le film ne provoque pas l’émotion attendue. On s’ennuie ferme car on décroche. Je me suis surprise à bailler.
Une erreur de Casting n’a pas arrangé la crédibilité du film : autant Laetitia Casta en jeune étudiante militante demeure crédible au début du film, autant vouloir lui faire tenir le rôle d’une femme ayant passé la cinquantaine est ridicule. La transformer en mère d’une jeune femme à peine moins âgée, est dramatique. Les personnages ne vieillissent pas et restent impénétrables. Les jeunes enfants issus de la génération de mai 68 sont traités de manière aussi caricaturale, la fille cherche à devenir le contraire de sa mère, dégoûtée par le comportement sexuel libéral de celle-ci et le fils est un jeune homosexuel papillonnant. Comme si une fille mère ne pouvait qu’avoir des enfants à problèmes!
Résultat des courses ce film est imsipide, la mayonnaise ne monte pas cat la recette est indigeste, à telle preuve que la salle de cinéma peu remplie au début de séance s’est avérée désertée au bout de deux heures. Moins de dix personnes dans la Salle sur le boulevard des Capucines à Paris un samedi soir, c’est dire l’étendue du désastre. Or, Mme Laetitia Casta est une artiste fort recherchée au cachet impressionnant…ce film est probablement un flop commercial.
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| Réalisation : Olivier Ducastel et Réalisation : Jacques Martineau | ||
| avec : Laetitia Casta (Catherine), Yannick Renier (Yves), Yann Trégouët (Hervé), Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge) | ||
Filmographie de Mme Laetitia Casta :
Nés en 68 d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau (21/05/2008)
La Jeune fille et les loups de Gilles Legrand (13/02/2008)
Le Petit monde de Charlotte de Gary Winick (voxographie) (2007)
Le Grand appartement de Pascal Thomas (2006)
Errance de Damien Odoul (2003)
Gitano de Manuel Palacios (2002)
Rue des plaisirs de Patrice Leconte (2002)
Les Ames fortes de Raoul Ruiz (2001)
La Bicyclette bleue (téléfilm) (2000)
Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi (1999)
23:35 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, Guerre, IMMIGRATION, SOCIÉTÉ, USA | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : casta, Laetitia, 68, Mai, France, hippies, Gauche
08.05.2008
La poésie résiste
Ne lui dites pas qu'il est anormal
Vous risquez seulement de lui faire mal
Car sait-on ce qu'est la normalité :
Force, par le nombre, contre l'unité ?
Vue de différents angles : Relativité
Ou seule et immuable, érigée VERITE ?
Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent
Mot, il est vrai, que tout le monde comprend
Différence qui porte tantôt sur les couleurs
Pure adaptation au milieu qui nous entoure
Dont le sens ne vous cause point de douleurs
Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin
Soyez simple, ne faites pas le malin,
De tracas et de malheur, il a eu sa dose
Victime frappée de mucoviscidose
Ou par le fait du sort, tétraplégique
Il préfère serrer une poignée énergique
Quoique son teint ne fasse pas couleur locale
Celle des seigneurs ou des ariens
Ou celle des démunis qui ne possèdent rien
Vous verrez sa santé dans sa force mentale
Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :
Voyez par delà ce qui vous paraît laid
Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,
Oyez le autrement qu'il ne vous parait
Vous verrez qu'il s'agit d'un humain
Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main
Si le Sida vous fait toujours peur
Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,
L'autre ne veut vous embarrasser,
Ni obséquieux ni trop élogieux
Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux
Et d'autres ont même osé l'embrasser
A MEDITER !
13:57 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, Guerre, IMMIGRATION, MEDIAS, RACISME, SOCIÉTÉ, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, poème, tunisien, Tunisie, France, Différence, résistance

























