« 2011-03 | Page d'accueil | 2011-07 »

24/04/2011

Traversée Interdite! Les harragas face à la forteresse Europe

Troquer la misère pour l’Enfer ou le sort des harragas en Europe

Dr Martine Geronimi, géographe citoyenne

Cet article est un compte rendu personnel du livre de Virginie Lydie,  Traversée Interdite! Les harragas face à la forteresse Europe,  qui vient de paraître en France, chez l’éditeur Le passager clandestin

Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, SarkozyEn pleine actualité, alors qu’à Lampedusa les harragas de Tunisie, et aussi de Lybie, ne cessent d’amerrir dans une incompréhension généralisée, voire un mépris digne des meilleures périodes racistes, ce livre vient éclairer avec chiffres à l’appui,  et enquête minutieuse durant trois années, la problématique des jeunes qui « brûlent » et quittent la Tunisie ou les côtes d’Afrique du Nord.  

Alors que la Révolution vient juste de  fêter ses trois mois d’existence en Tunisie, alors que les premières élections libres pointent leur nez et que les débats démocratiques traversent le pays et réunissent des foules considérables, le phénomène des Harragas s’amplifie, servi par un manque évident de police et un  moindre contrôle aux frontières.

Ce livre que je viens de lire d’une traite est passionnant, à plus d’un titre : il est une mise au point presque chirurgicale sur le sort réservé à ces jeunes clandestins arrivés dans la Forteresse Europe. Misérable et infernal, tel est le destin qui attend  « le Brûleur », celui qui brûle ses papiers pour passer les frontières et espérer trouver une vie meilleure dans cette Europe fantasmée.  Hélas comme l’écrit si bien, Virginie Lydie, ces jeunes sont ceux qui « brûlent même leur vie ». Ce livre veut  aussi répondre aux questions simples que les gens en général ne se posent pas vraiment, notamment en France : qui sont ces jeunes ? Que veulent-ils ? Finalement l’auteure nous fait prendre conscience de l’absurdité et de la cruauté de la mondialisation, qui d’une part ouvre au rêve et d’autre part refuse catégoriquement ces aventuriers du XXIe siècle, « ces héros de la désespérance » !

France, centre, rétentions, interdiction,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, SarkozyLa bien nommée forteresse Europe mène une politique de confinement des populations d’Afrique du Nord, en refusant les visas qu’elle a systématiquement instaurés au départ de ces pays. En limitant les départs officiels, elle pousse les plus pauvres à tenter l’aventure périlleuse de la fuite par les mers ou les déserts. Dans ce livre on apprend d’emblée le compte funèbre  des décès et des disparus aux frontières de l’Europe : 209 décès et 464 disparus, rien qu’en 2009. Entre 1988 et 2010, on ne compte pas moins de 15638 décès, dont 6556 disparus en mer. Malgré ces morts et ces chiffres macabres, le « harrag » n’en reste pas moins déterminé car, comme l’écrit l’auteure, « la Harga  n’est pas une simple fuite…elle est avant tout un défi ». Du côté de leurs pays d’origine,  « ces jeunes désœuvrés acquièrent même un statut  de héros ».  Ils prennent à un moment leur avenir en main et partent pour ne pas mourir ! Ce rêve d’ailleurs qui les tiraille de façon lancinante, ils veulent le réussir, sans savoir réellement ce qui les attend.  Sans projet réel et avec des informations tronquées, ils ne se doutent pas de l’enfer dans lequel ils ne manqueront pas de tomber peu ou prou.

Virgine Lydie,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, SarkozyVirginie Lydie décortique l’appareil répressif dont s’est doté les pays européens pour lutter contre ces clandestins indésirables. Et cela coûte fort cher puisque  pas moins de 88 millions d’euros ont été dépensés en 2009 pour l’agence Frontex, installée à Varsovie. Ce système européen de la surveillance de la frontière maritime méridionale, soit 3800 kms de Gibraltar à Beyrouth, inclut tous les pays européens, dont la France qui serait très impliquée avec 9704 agents de police des frontières. Cet énorme tribu est en totale adéquation avec la politique d’immigration initiée en 2006 par la France et confirmée par les orientations de 2009. La France ne ménage pas ses efforts, utilisant  les radars à haute fréquence, les drones et même les satellites.

Frontex, Police, frontières,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, Sarkozy

L’Italie est au premier front de l’immigration clandestine. L’ile de Lampedusa avait connu son pic d’immigration illégale en 2008 avec 31 700 arrivées. Depuis 2009, ce flot s’était tari au profit d’autres routes passant par la Grèce et la Turquie. Nous apprenons que les trois quarts des 40 000 personnes arrêtées en Europe en 2010 étaient passées par la Grèce… De nouveau en 2011, les clandestins se ruent sur Lampedusa. L’agence Frontex estime les Illégaux interpellés  aux frontières de l’Europe à 175 000 individus. En France, il y aurait moins de 6000 interpellations. Remettons les pendules à l’heure, 175 000 illégaux arrêtés pour une population de 41 millions d’immigrés légaux en Europe.

france, prison,Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, Sarkozy

Mais le plus fort du livre ce sont les témoignages du parcours des clandestins qui, après parfois plusieurs tentatives arrivent à passer les mailles du filet, et sont  entrés dans les pays. Alors là, ce que nous décrit l’auteure s’apparente à la descente aux enfers. Pour la plupart des clandestins sans papier arrivés en France, la réalité est simple et sordide : la prison. Le séjour irrégulier en France est passible d’un an de prison et d’une ITF (interdiction de territoire français). Si un clandestin s’oppose à son expulsion, il peut écoper de trois ans de prison, sans n’avoir commis aucun autre délit.  Le chiffre effarant que révèle Virginie Lydie est qu’en France 6% des prisonniers sont des étrangers en situation irrégulière. Hormis les prisons, les CRA (centres de rétention administrative) sous contrôle de la police ou de la gendarmerie comptent 2000 places, on y place dans des conditions sordides les étrangers en attente d’expulsion.

Il apparait que le sort des clandestins ballotés de séjours en prisons à sans domicile fixe, de galères en larcins voire en trafics en tous genres pour survivre, les conduisent à un délabrement mental et physique. Pour  finir, ils sont expulsés au mieux, si leurs consulats délivrent des laissez-passer.  Ceux qui vivent parfois plus de vingt ans dans la clandestinité sont dans des situations désastreuses. Ainsi  Virginie Lydie nous dit « le drame des clandestins de longue date, c’est d’être dans l’incapacité de mener une vie « normale » en Europe et de vivre dans leurs pays d’origine dont ils ne connaissent pas Harragas, clandestins, afrique du nord, tunisie, italie, Lampedusa, France, Sarkozydavantage les règles ».

Le problème des harragas qui décident finalement de retourner dans leurs pays après tous ces mois ou années de galères est  loin d’être simple, sans passeport et sans argent ! Les situations kafkaïennes donnent froid dans le dos. En conclusion, méditons sur ce constat donné par l’auteure : «  les harragas sont le symbole  de l’échec cuisant des politiques migratoires… Un mur est tombé, une mer l’ a remplacé. Jusqu’à quand ? »

 

15/04/2011

Périple à Sidi Bouzid en Tunisie

Notre périple se terminait par un hommage à ce martyr que fut Bouazizi, Saint bouazizi comme le dit si bien Madame Hélé Béji, dès le 9 janvier. Sa mort fut le déclencheur de la chute du Régime et de cette période révolutionnaire que nous vivons encore.

Les étudiants, les profs et moi-même avions tous besoin de nous retrouver à Sidi bouzid pour comprendre et pour saluer de ce geste la mémoire de ce jeune diplômé au chômage, comme plus de 50 pour cent d'entre eux, et qui a fini par craquer après des gestes d'humiliation répétés de la part des autorités municipales. L'ultime violence, la claque donnée par une femme, agent de mairie...l'a ainsi déterminé à en finir de façon spectaculaire...tel un cri lancé à la face de la société mais aussi du Monde. Je me suicide pour vous tous!

La Révolution est là mais tout n'est pas réglé et les emplois ne sont pas encore revenus et avec un tourisme moribond ...le chemin va être long!

SIDIOUZID, Tunisie, Révolution, bouazizi

Sidi Bouzid décor planté en ce vendredi 1er avil printannier.

 

La municipalité reouverte de tous les diplômes des chômeurs; municipalité fermée et gardée par des  chmilitaires en retrait dans des guérites intérieures. le poste de police en annexe et en face des jeunes qui chantent pour que le Révolution continue sa route pour atteindre ses objectifs non encore atteints :

 

LA DIGNITE POUR TOUS PAR LE TRAVAIL

 




 

 Paix à son Ame et que la Révolution des Consciences se fassent pour que la Tunisie, ma Terre, retrouve le chemin de la Lumière et non celui des Ténèbres...Que les revendications légitimes de Dignité, Liberté et Equité trouvent enfin leur vrai sens et soient présents dans la Nouvelle Tunisie!

10/04/2011

Album photo voyage sud tunisien avec mes étudiants

Rien de mieux qu'un album photo et dans ce cas j'ai fait quelques photos montages, merveilleux condensés de moments inoubliables!

Partie avec les Elèves et Professeurs de l'Institut des Haute-Etudes Touristiques dans le Sud-Ouest de la Tunisie...nous avons parcouru quelques milliers de Kms, tous ensemble en formation des futurs guides touristiques qui vous acueilleront lors de vos prochains séjours en Tunisie. Certains étudiants sont originaires de ces régions et ont su aussi nous faire découvrir leurs lieux.


 

HOTEL PALM TOZEUR.jpg


 Notre hôtel à Tozeur

Douz.jpg

Douz si poétique


oasis.jpg

 

Les Oasis de Montagne; un choc amoureux

 

 

Sur la Route

 

SUFFETULA.jpg

Suffetula, Sbeitla la Romaine

Alors j'espère que vous aurez envie de venir nous rejoindre...et comme moi devenir une bédouine, le temps d'un instant! car c'est bien moi la femme au foulard rouge ocre!

A très bientôt

All the posts