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05.07.2008
L’Islam dans la pensée occidentale
Dimanche matin dernier, le 29 juin à Tunis, alors qu’une fois de plus ma cheville m’immobilisait sur mon canapé, je suis tombée sur une émission de la chaine française France2, qui m’a fascinée. Autant il m’est arrivé assez souvent d’écouter au Québec les conférences du Rabbin Sitruk, autant je ne crois pas avoir une seule fois suivi cette émission du culte musulman de ma vie. Pourtant, je suis fortement intéressée par l’histoire des religions et particulièrement, l’histoire croisée des grandes religions monothéistes. Les lieux de Culte au Québec faisaient partie de mon cours de Géographie culturelle, de cette appropriation du territoire par les communautés interculturelles si fécondes à Montréal.
Ce Dimanche il était remarquable de voir deux universitaires, un Français et un Suisse, nous entretenir d’un sujet qui pourrait paraître aux yeux de certains auditeurs comme tendancieux voire glissant et pourquoi pas même scandaleux. Et pourtant, cette question est captivante…car elle laisse place à un nouveau regard qui n’est pas européo-centré, mais plutôt islamo-centré.
Ainsi Thierry Fabre des Rencontres Averroès et Ruedi Imbach, professeur au Centre Pierre Abélard, un médiéviste réputé à Paris Sorbonne4 donnaient la réplique à Chaleb Boucheik. Il était question de deux livres dont « L’Islam dans la pensée Occidentale, d’Averroès à Martin Eckart » de Kurt Flasch. Dans ce livre qui a d’abord été publié en Allemagne, ce professeur remet en cause les acquis traditionnels de la pensée occidentale fondée sur les écrits de Thomas d’Aquin, Alain le Grand et surtout Maitre Eckart. Ces Dominicains auraient été inspirés par Ibn Sinna, mieux connu en Occident sous le nom d’Avicenne ainsi qu’Averroès (Ibn Rushd). Toute la question est de comprendre les sources arabes de la rationalité européenne. Averroès est
l’auteur du grand Commentaire de la Métaphysique d’Aristote.
Dans cette nouvelle approche de la pensée de Thomas d’Aquin, l’auteur Kurt Flash cherche au travers de l’exégèse des textes du Philosophe chrétien à retrouver les filiations : ainsi le Maitre de Thomas d’Aquin était Albert le Grand qui aurait été inspiré par Averroès (Ibn Rushd). Ces influences seraient arrivées par la Sicile et l’Andalousie, terres d’interculturalité. Thierry Fabre fait référence au livre d’un auteur espagnol : « Ce que les Arabes ont apporté à la culture » que j’aimerais bien lire mais je n’ai pas retenu la référence.
L’idée générale développée est que nous faisons partis d’un monde commun et que le message chrétien serait passé par les commentaires d’Averroès. L’intérêt de ses relectures est qu’elles conduisent à retisser les liens de la filiation et qu’au-delà des lectures judéochrétiennes, ces approches tripartites sont là pour ne pas vivre le Choc des Civilisations cher à Huntington et à Bush.
L’intérêt de ces lectures inclusives est aussi qu’elles replacent le monde méditerranéen à sa place, celui d’un des échanges entre l’Occident et l’Orient
19:05 Publié dans Chroniques de France , CULTURE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Averroès, Avicenne, Thomas d'Aquin, Aristote, dominicains, philosophie, métaphysique
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