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18.06.2008
De la constance...
« Le sage ne sera touché des insultes de qui que ce soit ; car en vain les hommes diffèrent tous entre eux, il les estime tous pareils en ce que leur folie est égale. S’il s’abaissait jusqu’à prendre à cœur une injure, ou grave ou légère, jouirait-il jamais de la sécurité qui est le propre, le trésor du sage ? Il se gardera de tirer vengeance d’une insulte : ce serait en honorer l’auteur. Car s’il existe un homme dont le mépris nous pèse, nécessairement son estime nous flatte. »
Sénèque, De la Constance du Sage, Traduction J. Baillard, 1914.
Je viens d'être confrontée à une situation délicate et qui me fait sourire à la fois...délicate car il n'est guère agréable, quand on a rien à se reprocher, de se voir mettre à la porte en cinq minutes par une personne que l'on croit être un ami. Mais la scène peut être tellement décalée par rapport à une réalité de loin plus dramatique que cela peut même amuser un esprit comme le mien qui ne s'attend pas à des miracles de constance parmi les relations qu'elle entretient tout au long de cette route qu'est finalement la vie, ma vie. Et je dois dire que les promesses ne nourrissent pas une amitié ce sont les actes et surtout les actes renouvelés.
Comme je viens d'essuyer quelques crises sérieuses dans ma vie privée, je reste finalement imperturbable face aux aléas dus aux incompréhensions dans le cadre du travail. J'ai appris au fil des années qu'on ne doit pas compter sur les Autres, qu'on est seul face aux difficultés de la vie, que par moments une rencontre peut changer le cours de l'existence mais que rien ne dure. Cette vision un peu pessimiste, vous me direz en est une de sagesse.
J’ai vraiment l’impression que j’ai mûri car je suis imperturbable et que je m’accroche sur mon radeau toujours plus comme Ulysse. La difficulté de l’installation en Tunisie ne me fait pas renoncer. Je trouve sur mon chemin chaque fois une personne qui vient pallier à la difficulté immédiate et finalement je me sens soutenue. Je crois que j’ai pris un pari difficile celui d’encore une fois reprendre la route. Je suis au bord d’une nouvelle immigration, mais cette fois vers le pays des origines dans un moment qui peut sembler favorable mais qui n’est pas forcément simple pour une femme seule.
Comme je l’ai écrit plusieurs fois, je crois qu’on se révèle à soi-même dans le défi et qu’on progresse dans sa connaissance de l’Autre en se frottant à sa différence. Imaginez-vous, j’ai décidé d’apprendre une langue dialectale, le Tunisien pour m’intégrer mieux dans une société fort différente de celles que j’ai connues par le passé. Comme je ne suis absolument pas douée pour cet exercice l’apprentissage sera surement assez long. Là aussi je suis confiante et je persisterai.
Si je rencontre de temps en temps sur mon passage des girouettes, des personnes de peu de parole et qui sont d’une remarquable versatilité, j’ai la chance de croiser des personnes généreuses et dignes d’admiration. Je me trompe et ne cherche jamais à tromper, mais je comprends également que je puisse décevoir : ce sera probablement que l’Autre aura posé sur moi des attentes irréalistes, ou peut être que mon individualisme le choquera. Il n’empêche que je continue stoïque ma route tout en essayant de ne pas m’égarer.
PS
Pour ceux, les plus enclins à la philosophie et qui veulent s'initier au Stoicisme et à la pensée deSénèque je vous convie à lire L'encyclopédie de l'Agora
19:50 Publié dans CULTURE, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Tunis, récit, réflexion, philosophie, constance, Stoicisme, Sénèque
























Commentaires
Tiens bon la barre, Martine, l'esprit visité par des expressions favorisant la communication et la sagesse; je ne sais si les deux peuvent aller ensemble, d'ailleurs...Je viens de fracturer mon bras gauche et le poignet : sois vigilante et en même temps détachée de ces petits ennuis. Bouliac se souvient de ton passage, même si l'orchidée a rendu l'âme...
Ecrit par : Nita | 20.06.2008
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