08.05.2008
La poésie résiste
Ne lui dites pas qu'il est anormal
Vous risquez seulement de lui faire mal
Car sait-on ce qu'est la normalité :
Force, par le nombre, contre l'unité ?
Vue de différents angles : Relativité
Ou seule et immuable, érigée VERITE ?
Dites-lui plutôt qu'il n'est que différent
Mot, il est vrai, que tout le monde comprend
Différence qui porte tantôt sur les couleurs
Pure adaptation au milieu qui nous entoure
Dont le sens ne vous cause point de douleurs
Qu'il soit trisomique qu'il soit orphelin
Soyez simple, ne faites pas le malin,
De tracas et de malheur, il a eu sa dose
Victime frappée de mucoviscidose
Ou par le fait du sort, tétraplégique
Il préfère serrer une poignée énergique
Quoique son teint ne fasse pas couleur locale
Celle des seigneurs ou des ariens
Ou celle des démunis qui ne possèdent rien
Vous verrez sa santé dans sa force mentale
Acceptez, en lui, l'être qu'il EST :
Voyez par delà ce qui vous paraît laid
Ce qui vous rebute et ce qui vous effraie,
Oyez le autrement qu'il ne vous parait
Vous verrez qu'il s'agit d'un humain
Que vous pouvez, sans crainte, lui serrer la main
Si le Sida vous fait toujours peur
Mal insidieux qui ronge de l'intérieur,
L'autre ne veut vous embarrasser,
Ni obséquieux ni trop élogieux
Déjà « vérifié », il n'est pas contagieux
Et d'autres ont même osé l'embrasser
A MEDITER !
13:57 Publié dans Chroniques de France, CULTURE, Femmes, Guerre, IMMIGRATION, MEDIAS, RACISME, SOCIÉTÉ, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poésie, poème, tunisien, Tunisie, France, Différence, résistance

























Commentaires
la poésie resiste
et
la plume est belle!
On t'attend à Tunis amiga...chui enfin rentré de Rodrigues:-))
Ecrit par : elgreco | 08.05.2008
Très vivifiant de lire dès le matin tes notes de lecture et de te savoir à Paris, en bonne santé, peut-être relative, mais enfin prenant le métro pour aller "au spectacle", et capable de lire avec intérêt des feuillets oubliés et d'en faire une nourriture à partager...Merci, Martine.
Un cadeau pour toi sorti de mon tiroir à fragments personnels:
Chapelle de la lande
Comme un bateau à fleur de peau ancrée
Comme une mère à fleur de terre, plantée,
Comme une amie à fleur de vie, blottie,
Elle attend et tend aux passants,
Aux enfants, aux amants, aux errants,
Son auvent sculpté, son portail ouvert,
Sa nef dépouillée, son clocher abrité...
Elle attend si longtemps qu'un jour dr grand vent
Elle chavire et dérive au gré des sables,
S'enfonce et disparaît.
Le passant attardé découvrira une ancre
Plantée à vif au coeur d'un croissant d'or.
Ses deux mains malhabiles caresseront le bois,
Dégageront l'auvent, ouvriront le portail.
Délivrée des ables comme au premier jour,
Elle fera retentir l'appel joyeux de ses cloches.
Qu'accourent les enfants, que viennent les amants,
Que passent les passants.
Que dans la nuit, perdus, les errants se repèrent
Et repartent en paix.
Nita
Ecrit par : Augustin Nita | 13.05.2008
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