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27.04.2008

Arte de belles découvertes, Art et Musique

J'ai redécouvert la chaîne ARTE depuis quelques semaines. En général, je regardais sur cette chaine, depuis qu'elle était diffusée au Québec, certains films: les Almodovar, les Altman ou les grandes fresques russes. Or, depuis que je voyage pas mal, je suis beaucoup moins en train de me mettre devant le petit écran. A part Canal Plus en décodé, le midi quand je déjeune rapidement. Je travaille chez moi et je m'oblige à quelques pauses essentielles; je me suis mise depuis mon retour de Med-allia à grignoter le magazine CHIC, 26 minutes à 13h30, l'heure à laquelle je m'astreins à sortir la tête de mon ordinateur pour une assiette de crudités-taboulé, un morceau de fromage de chêvre souligné d'un verre de Cabernet-Sauvignon australien ou américain, le tout assaisonné d'un café moka expresso fait exclusivement d'Arabica d'Éthiopie et d'un carré de chocolat noir puissant en bouche. Une pause d'Épicurienne raisonnable et je zappe de Canal Plus vers ce magazine CHIC...un peu de frivolité à l'heure du repas m'apporte ma ration de détente et de rires. De temps en temps, un reportage me passionne et ce fut le cas mardi dernier avec le reportage sur une ville chinoise dont j'ignorais l'existence, Dafen.

Présentation du reportage par ARTE sur son site Internet:
Tendances » : Les peintres de Dafen
ec5f357139213f291fece402c187842c.jpgChic vous emmène en Chine, visiter le plus grand atelier du monde. Dans le village de Dafen, on reproduit à la chaîne les chefs-d’œuvre de la peinture. Une véritable industrie, qui génère près d'un milliard de dollars par an. Au départ, le faible loyer des appartements était le seul attrait de l’endroit. Mais avec les années, le village a gagné en notoriété, grâce à une clientèle répartie dans le monde entier, qui commande toujours plus de Cézanne ou de Picasso à moindre coût. De quoi susciter des vocations, quand on sait qu’un peintre de Dafen gagne dix fois plus qu’un ouvrier agricole


Ce petit voyage dans une Chine industrieuse et globalisée est une expérience étonnante et qui vaut de regarder ce reportage avec un oeil averti: non seulement on peut être soufflé par le talent et la vitesse de réalisation d'œuvres à la chaine qui vont peupler les Wall Mart du monde entier, copies vendues Hand-Made, et qui dans certains cas ont été réalisées grâce à un procédé ingénieux de photocopie laser en toile de fond, puis retouchés à la main par le jeune artiste...mais aussi par l'audace d'un jeune français issu de l'immigration qui n'a pas eu peur de quitter la France il ya deux ans pour monter une entreprise de copies Haut-de gamme et fabrication de cadres d'une qualité remarquable à des prix très inférieurs à ceux exorbitants pratiqués en France. Ce jeune chef d'entreprise s'appelle Khaled Feki et il parle déjà le chinois avec aisance...bravo. Son entreprise Epsilon art frames me paraît une excellente idée, soutenue évidemment par l'Internet puisqu'il communique avec ses clients sur la "Toile" virtuelle.d2f550f3964b38ad13a96ebbbce457f9.jpg

Hier soir vers 23 heures, j'ai découvert un magazine musical d'une qualité extraordinaire... j'ai adoré... car pour une fois ce n'est pas de la bouillie déversée à longueur d'ondes, mais de vrais artistes avec un talent inouï, une passion pour la musique et la voix, de vraies personnalités aux parcours intenses et que je découvrais pour la première fois. Un seul m'était connu, le créateur de l'émission Manu Katché, l'excellent percussionniste classique devenu le jazz man que l'on connait, mais aussi le drummer de Peter Gabriel dans l'Album "So", une consécration internationale avec ce monstre sacré du Pop-rock.

Manu Katche sur My space


Et hier soir, la découverte d'une facette de Manu Katché qui le fait citoyen d'honneur de ma "Constellation nomade".


Écoutons-le lorsqu'il parle de sa nouvelle émission sur ARTE, One Shot More, diffusée dans 15 pays, depuis peu.

Moi qui me sens très européen – j’ai joué avec des Croates, des Italiens, des Allemands, des Polonais, etc. –, je suis fier de faire cette émission pour une chaîne européenne, diffusée dans quinze pays. Car la musique ignore les frontières.
L’idée est de faire de ce plateau un lieu de vraies rencontres. One shot not se veut d’abord un brassage de genres et d’êtres humains. Tout est filmé de A à Z. On voit aussi bien le plateau que le technicien qui n’obtient pas le retour qu’il cherche, les secrets de fabrication, les tensions… Une démarche à rebours du côté “paillettes” généralement montré à la télévision. Des images d’archives retracent les carrières des artistes invités. Nous tournons aussi des séquences en amont. Pour cette première, je vais à la rencontre de Bryan Ferry. L’intérêt : écouter et (re)découvrir ce monsieur de 62 ans, qui a marqué la pop depuis Roxy Music. Pas à travers le single de son dernier album, mais par exemple en revenant sur Slave to love. Tout est permis !


Parmi ses invités, deux femmes m'ont interpellée, Camille et Morley dans des registres très différents mais avec en commun une qualité vocale et un appétit musical doublé d'une énergie à défendre la participation mais aussi les textes...

624bb7841dcadfd2f6237eed58e7b572.jpgMorley
Sensuel et poétique, l'univers musical de cette jeune femme au teint diaphane est nourri de ses engagements de citoyenne du monde. Doucement folk.
L'album de Morley, Seen, est sorti en janvier 2008 chez Polydor.

d5c6b9664e695715936f3653b548de89.jpgCamille
Véritable ovni sur la scène musicale française, Camille a tissé en deux albums (Le sac des filles et Le fil) un univers poétique à la fois grave et ludique. Dans de drôles de comptines rythmées par des beat box, ponctuées de cris, de murmures et de choeurs, elle dit avec humour ses obsessions, ses blessures d'enfance et ses chagrins d'adulte.
Le nouvel album de Camille, Music hole, sort le 7 avril chez Virgin.



 

J'ai été séduite par un groupe Ben Brothers, par la voix rauque incroyablement modulée du chanteur qui manie les aigüs et les graves dans la plus grande tradition pop anglaise...je d399fca37218b7ab4a92627d181576ad.jpgsuis fan

Ben's Brother
Quelque part entre Sam Cooke, Elton John ou Rod Stewart, Jamie Hartman (le frère de Ben, c'est lui) possède un style et un timbre véritablement uniques.
L'album de Ben's Brother, Beta Male Fairytales, est sorti en février 2008 chez Virgin


24.04.2008

Que de chemin parcouru...Fais moi ton cinéma!

Puisque j'en suis aux constats, je vous le dis tout net...mon retour en France n'était qu'une étape sur ma route.

 Un jour quelqu'un m'avait dit, quand tu pars de France, ne fais pas la bêtise d'y revenir...ce conseil je l'avais reçu trois mois avant mon départ au Canada. Cet inconnu rencontré dans un café était un amer désillusionné...il avait vécu aux États-Unis et en était revenu cinq ans plus tard, depuis lors,  sa vie n'avait pas repris racine en France; il avait franchement l'air de végéter. Nous étions en 1993 avant l'heure d'Internet pour tous...je ne sais pas ce que cet homme est devenu, mais l'autre jour je suis allé au Café à Sartrouville tout à côté de l'ANPE...J'allais rencontrer la jeune femme qui suit mon dossier de "future créatrice" d'entreprise en France...sans indemnité...ne vous inquiétez-pas! ici, si j'étais totalement seule et compte tenu de mon PHD et encore plus de mon âge...on m'accorde 350 euros par mois, dans un pays où pour un studio comptez 450 euros minimum, à Paris 650, la place de théâtre coute 45 euros en moyenne et la bavette chez mon boucher 25 euros le kg...je ne vous parle pas de toutes mes notes de restaurant, où je ne suis même pas sure de manger quelque chose de savoureux...le thé sur Paris 4 euros...

Revenons à ce petit café propet tenu par une dame portuguaise et je voyais les mêmes têtes que 15 ans en arrière, des gens désillusionés et qui me savent pas pourquoi ils sont là...moi j'ai avalé un croissant et je suis allée rencontrée ma "personne ressource" pour lui annoncer que je mettais ma création en suspens...puisque deux jours avant mon mari m'avait déclaré tout de go...et sans préliminaires qu'il souhaitait descendre de notre train, pour poursuivre sa route dans une limousine... La tête de mon interlocutrice...Ah les hommes et voilà qu'elle me raconte sa vie...sans doute moins enviable que la mienne! Cela m'a fait du bien de voir que, Nous les Femmes, nous subissons des conjoints égoïstes, inconséquents, inconstants et bien souvent lâches...bon à part cela, pas de quoi se réjouir...Nous étions le 15 janvier 2008.

0074f047d7aebe3278c621f218310611.jpgDepuis il s'est passé tant de choses en Tunisie que le moral est revenu et je viens de prendre la grande décision de ne pas stagner en France...Non je ne vais pas retourner au Canada, j'en suis partie pour trouver mes congénères et figurez-vous, je les ai trouvés... C'est unique, mais j'ai eu la chance de rencontrer mon double, un parcours identique dans le temps et dans l'espace Tuniso-canadien...RARE...mais non pas un fantasme d'écrivain...une vraie rencontre impromptue et irréelle...à faire un film...une abstraction devenue réalité...Vouloir très fort et très haut, se déclarer dans son authenticité, et les choses désirées arrivent...au bon moment à la place comme disent les Québécois...une synchronicité...époustouflante!

Les Flux sont des aspects de la géographie qui me passionnent, surtout quand on s'intéresse aux imaginaires qui font voyager, immigrer, être dans le mouvement... et tous les transports de l'esprit font partie intégrante de cette géographie symbolique que j'aimerais saisir...cartographier si c'était possible... Le Cinéma modèle l'Imaginaire contemporain...le Cinéma est un vecteur extrêmement important de ces flux et transports de l'âme. Le cinéma est un média qui nous fait voyager dans le temps et dans l'espace, qui nous conduit aussi au plus profond de nous-mêmes dans ce voyage intérieur...dans cette rencontre avec notre identité personnelle et collective. Le Cinéma nous donne à voir notre visage social ou celui qu'on voudrait faire voir...plus encore le Cinéma d'Ailleurs, nous aide à rencontrer l'Autre, tel qu'il veut être vu et parfois, malgré le vernis, tel qu'il est vraiment. Le Cinéma est un miroir qui réfléchit nos bonheurs, nos misères, nos aspirations, nos velléités, nos appréhensions et nos victoires...les rencontres cinématographiques sont donc capitales et je les tiens en haute estime. Un pays sans cinéma n'existe pas, la culture véhiculée grâce à ce media est indissociable de ma géographie symbolique...0de40ff6b342650d0794b061293b68ec.jpg

C'est pourquoi et pour répondre à une question d'un Français ignorant la réalité tunisienne...je finirais par l'annonce de ce qui se passe actuellement à Tunis : 23 au 27 avril  à la salle 'Le Mondial' et à 'Cinémafricart': "Le cinéma tunisien des années 80" dans le cadre des Journées du Cinéma tunisien

Les journées du cinéma tunisien sont organisées par l’association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) en collaboration avec : le Ministère de la culture et de la sauvegarde du patrimoine, les cinémas Le Mondial et CinémAfricArt, la Fédération tunisienne des cinéastes amateurs (FTCA), la Fédération tunisienne des ciné-clubs (FTCC) et l’Institut français de coopération (IFC).

Je n'y suis malheureusement pas mais je suis cela de près puisque j'ai la chance de connaître deux personnes grandement impliquées dans cet évènement:  le secrétaire général de l’Association (ATPCC) Mohamed Naceur Sardi et le créateur du portail cinematunisien.com, et aussi graphiste de l'affiche, Nejib Riahi  Il n'est pas innocent de préciser que ces deux amis ont aussi un lien particulier avec ma propre route tuniso-canadienne, l'un en est revenu dix ans avant moi et l'autre y part bientôt...

Le programme commenté :

Le mondial

Mercredi 23/04 19h Soirée d’ouverture « Le fou de Kairouan » De Jean André Kreuzy

 Le Fou de Kairouan
1937, 73’, France / Tunisie, N&B
Réalisation : Jean André Kreuzy
Scénario : Paul Hug, Hassen Rachik
Avec : Mohieddine Mrad, Flifla Chamia, Abdelamajid Chabbi, Selma Ridha
Le Fou de Kairouan est une histoire d’amour comme au bon vieux temps, de celles qui ne peuvent être qu’en noir et blanc, de celles qui provoquent une émotion toute particulière, quand on va au cinéma pour y chercher les larmes d’une romance comme on n’en fait plus. Mais Le Fou de Kairouan, c’est aussi une rareté qui marque la naissance du cinéma tunisien, à l’époque coloniale, parce que le film est tiré d’un vieux conte arabe (l’amour fou de Majnun, poète fiévreux, pour sa cousine) et qu’il est parlé et chanté en arabe. Un film qui ne peut faire l’objet que d’une invitation à être vu, pour la culture du plaisir et le plaisir de la culture.

"Le Fou de Kairouan, premier film tourné en langue arabe en Tunisie, sorti sur les écrans durant l'hiver 1939, est ainsi l'occasion de réfléchir au possible développement d'une industrie cinématographique de langue arabe en Tunisie." Morgan Corriou auteur de la thèse soutenue à la Sorbonne en 2005 "Les Français et la vie culturelle en Tunisiedurant la Seconde Guerre mondiale"

Jeudi 24/04 15h30 « Halfaouine » De Férid Boughedir726bf21e4c0bda7084956bc42395103c.jpg

18h30 « Champagne amer » De Ridha Béhi

20h30 « Traversées » De Mahmoud Ben Mahmoud

Vendredi 25/04 15h00 « Les baliseurs du désert » De Nacer Khemir
17h30 « Leïla, ma raison » De Taieb Louhichi
 20h00 « L’homme de cendres » De Nouri Bouzid

Filmographie de Nouri Bouzid 

 Samedi 26/04 15h00 « Programme FTCA » Films des années 80

17h30 « Arab » De F.Jaïbi et F.Jaziri


Dimanche 27/04 10h00 « Programme Dessins Animés Tunisiens » Années 80
15h00 « La nuit de la décennie » De Brahim Babaï
17h30 « Poussière de diamant » De Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaibi

CinémAfricArt

Samedi 26/04 20h30
Première Soirée Courts Métrages Tunisiens - années 80
Dimanche
27/04 20h30
Seconde Soirée Courts Métrages Tunisiens années 80

La Maison Maghrébine de la Culture – Ibn Khaldoun

Dimanche 27/04 10h00 Table Ronde


19.04.2008

L'amour au bord du gouffre

«C'est étrange comme les choses prennent du sens lorsqu'elles finissent... c'est là que l'histoire commence.»
On parle, on parle, et les mots se succèdent, mais ce n'est que lorsque la musique de la voix prépare au point final que l'on comprend enfin vers quoi ils nous entraî­naient. On vit, on vit, et les faits s'accumulent, mais ce n'est que lorsque le temps nous permet de nous retourner sur nous-même que l'on saisit enfin vers quoi notre existence tendait. «L'émergence du sens n'est possible que parce qu'en se succédant les mots meurent les uns aux autres.» Quand l'enfance s'éteint, on en fait un récit et quand la vie se meurt, on découvre pourquoi il a fallu la vivre.
C'est le temps qui nous fait naître au sens. Je devrais dire : c'est la représentation du temps, la manière dont je rappelle mon passé pour agencer mes souvenirs et me délecter de mes rêveries qui imprègnent de sens ce que je perçois. Le récit que je me fais de ce qui m'est arrivé et le tableau que je compose du bonheur espéré introduisent en moi un monde qui n'est pas là, qui n'est pas présent et que pourtant j'éprouve intensément.
extrait de Parler d'amour au bord du gouffre, Boris Cyrulnik


9695d99c0c52a1d809cbe0ba1ee687c1.jpgPour Pâques, alors que je me trouvais à Lyon, j'ai enfin saisi le moment de m'intéresser aux livres de Boris Cyrulnik, ce neuropsychiatre qui a porté à la connaissance du public français le concept de résilience. C'est au Québec en 2000, il y a huit ans déjà, que j'avais longuement entendu parler de cet homme au parcours fascinant et révélateur de ses choix de recherche. En effet, en 1942, alors qu'il grandit à Bordeaux, ses parents, juifs russo-polonais, sont arrêtés et déportés. Abandonné à l'assistance publique, le jeune Boris devient le protégé de son institutrice. Il échappe de justesse à la déportation lors d'une rafle en janvier 1944. Orphelin il se réfugie dans l'humour et la biologie. (source Evène)

 Je viens de retrouver l'émission archivée sur le site de Télé Québec
"Ceux qui surmontent un traumatisme éprouvent souvent une impression de sursis qui démultiplie le goût du bonheur et le plaisir de vivre ce qui reste encore possible."

Pourquoi m'aura-t-il fallu autant de temps pour me plonger dans la lecture de Cyrulnik? Tout simplement parce que je vis actuellement et depuis mon retour en France des traumas successifs qui me poussent à chercher des issues positives. Et je crois que Boris Cyrulnik développe dans ses recherches et ses écrits une vision optimiste, un certain art de cultiver le bonheur malgré les traumatismes et les aléas de la vie.6eee8d8311e2c70a3911e651823d06f2.jpg

Donc, vous l'aurez compris, le couple est en question, l'amour, la notion d'attachement, c'est de tout cela que nous entretient Boris Cyrulnik dans ce livre. N'oublions pas qu'il est directeur d'enseignement à la clinique de l'attachement à l'Université de Toulon. Et j'ai eu envie de lire ma propre histoire au travers de ses commentaires et exemples racontés et expliqués dans son livre. je vous recommande vraiment le chapitre Métaphysique de l'amour, ainsi que celui intitulé L'enfer en héritage, chapitres qui se suivent dans le livre, d'ailleurs. Le chapitre Métaphysique de l'amour tire son beau titre d'une œuvre du philosophe allemand, assez méconnu en France, Arthur Schopenhauer: Métaphysique de l'amour, Métaphysique de la mort.

Alors voilà je suis dans une impasse, moi qui me croyais préservée dans ma route nomade, mon ancrage affectif me semblait stable et je me sentais à l'abri de la rupture. Je n'ai pas vu venir la déchirure du couple fusionnel 1+1=1 nous sommes passés au couple léonin, comme dit Cyrulnik, le 1+1=2+0 et la fin non annoncée arrive brutalement avec ses incompréhensions, ses chagrins, ses tourments, ses maladresses et des torrents de larmes...
c7301200206d46c1d1703aa1cfc38deb.jpgJ'ai écrit dernièrement pour me définir sur Facebook que j'aimais la ligne brisée, ce n'est pas une abstraction, c'est mon caractère artistique et ma vie qui en est le reflet. La ligne Brisée, c'est la possibilité de rebondir, de rejaillir, je l'associe au concept de résilience. Je l'associe aussi à une forme d'anti-conformisme, une vision passionnée qui ne peut se complaire dans la ligne droite.
 
Si vous aimez la revue Psychologies, vous avez peut-être lu le numéro spécial dont l'invité était Boris Cyrulnik. J'ai retrouvé sur le Web cette interview qui commence ainsi: 
 
"Psychologies : Aimer, être aimé, pourquoi est-ce si difficile de trouver un équilibre ?
 
Boris Cyrulnik : Parce qu’il n’y a pas d’équilibre possible ! Le seul équilibre dans une vie amoureuse, c’est la routine, la mort psychique et la mort sentimentale. En amour, comme dans toutes les relations affectives, les deux êtres qui se font face sont deux êtres vivants. Chacun évoluant différemment, pour son propre compte et à l’intérieur de la relation, l’équilibre ne peut qu’être instable. D’autant que la vie elle-même est constamment changeante, biologiquement, affectivement et socialement.

« Aimer, être aimé », est-ce la bonne formule ? Ce n’est pas l’un "ou" l’autre, donner "ou" recevoir, défini une fois pour toutes. C’est l’un "et" l’autre, variablement, à des moments différents, avec des intensités différentes. A un moment, on est celui qui aime, celui qui donne ; à un autre, celui qui est aimé, qui reçoit. Quand deux personnes amoureuses se parlent, se regardent, se touchent, ils "s’affectent". Et ce simple fait crée un autre monde : le monde d’un homme, le monde d’une femme, ensemble, créent un troisième monde, entre eux deux et au-delà d’eux deux. Mais cela n’est pas uniquement vrai des amoureux. Ce "monde affectif" se crée quel que soit le lien : une mère et son enfant, des amis, des collègues de travail…
Deux êtres humains créent un autre monde du simple fait d’être ensemble." (passages surlignés par moi)
 
 
Bibliographie Wikipedia de Boris Cyrulnik
citations de Boris Cyrulnik à méditer:
«Le Moyen Âge nous racontait que le malheur sur terre, dans une vallée de larmes, nous permettait d'espérer le bonheur, ailleurs. Le XIXe nous expliquait que le bonheur, ça se mérite et que les malheureux sont à leur place, puisqu'ils ont échoué dans la conquête de cette faveur. Aujourd'hui, le discours qui légitime nos prouesses techniques nous demande de croire que le malheur est une maladie due à une chute de sérotonine.» (in L'Ensorcellement du monde, cité par J.-C. Guillebaud, La refondation du monde, Seuil, 1999)

"Le repli identitaire serait donc dû à l’expansion trop brutale du «modèle» occidental?
Il y a effectivement retour à une identité forcenée, qui devient une aliénation. Comme c’est l’Occident qui a les armes, l’argent et la technologie, il y a de fortes chances pour que les mentalités occidentales se mondialisent. Soit les gens s’y plieront mais seront malheureux. Soit, à l’opposé, la haine de l’Occident grandira, comme actuellement. Des identités imaginaires, vieilles de plusieurs siècles ou même de plusieurs millénaires, continueront à resurgir. Nous avons donc le choix entre la «désidentification» et l’aliénation. (...) Pour éviter d’être aliéné par une identité, il faut que les gens sachent qu’elle est constituée d’un patchwork de différents éléments." Propos recueillis par Sophie Boukhari, journaliste au Courrier de l’UNESCO.

17.04.2008

Crise alimentaire et déraison

Vous n'êtes pas sans savoir combien les prix des céréales flambent en ce moment et que les famines induites par ces hausses de prix conduisent à la violence dans le Monde, notamment des émeutes.

Selon l’index FAO (FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation), les prix des produits alimentaires ont augmenté de 58 % en un an, de 131% pour les céréales. C,est sans doute une des crises les plus marquantes et graves depuis une vingtaine d'années.
Plusieurs facteurs explicatifs rentrent en ligne de compte:

Tout d'abord les effets du changement climatique dans plusieurs pays ont conduit à de mauvaises récoltes l’an dernier: sècheresse en Australie, Kazakhstan, inondations en Asie, ouragans en Amérique latine et pour clore le tableau déjà sombre : un hiver exceptionnellement froid en Chine.

En prime deuxième élément: un épuisement des stocks.

Troisièmement : on assiste à un accroissement de la demande dû à une augmentation de la population mondiale. Cet accroissement se double d'une consommation plus importante de produits alimentaires par l'effet bénéfique de l'amélioration du niveau de vie d'une classe moyenne dans les pays émergents qui connaissent de forts taux de croissance, comme la Chine et l’Inde,

Enfin la nouvelle demande en bioénergies, qui partait d'un sentiment écologique, conduit à des aberrations puisque des quantités importantes de céréales vont à la production des bioénergies au détriment de l'alimentation des populations pauvres. Et c'est là qu'interviennent les Fonds spéculatifs qui, eux sont dénués de soucis environnementalistes, et jouent à fond sur l'offre et la demande pour la spéculation.

en Juin à Rome aura lieu un sommet d'urgence des Chefs d'État sur la sécurité alimentaire:

"Il faut réfléchir à l’aide à apporter aux pays en voie de développement qui ont vu leur facture d’importation de produits alimentaires augmenter de 25% cette année. Comment aider également les pays qui ont été obligés de supprimer les taxes et droits de douane sur les produits importés pour ne pas répercuter la hausse des prix sur les consommateurs ? Enfin, à plus long terme, il faut réfléchir aux moyens mis en oeuvre pour relancer la production mondiale" Jacques Diouf, directeur général de la FAO

Dans les pays touchés par la crise, la révolte est en route. Les commentaires du Wall Street journal du 4 avril font froid dans le dos:

"Maintenant vous comprenez pourquoi il y a des émeutes de la faim… c’est pas intéressant de vendre de la farine aux pauvres du Sud, quand on peut s’en servir pour remplir le réservoir d’un conducteur de 4×4 dans le Nord…Les nécro-carburants sont l’illustration parfaite que le capitalisme, s’il peut en espérer un profit, vous vendra la corde avec laquelle vous le pendrez.

Comme des lemmings courant vers le précipice, les spéculateurs se jettent sur les bio - agro nécro-carburants, ne se souciant que de leur résultat quotidien, incapable de voir plus loin que la clôture de la Bourse de ce soir… et ignorant (ou faisant mine d’ignorer) la catastrophe planétaire qu’ils préparent…" (traduction du site Libertés Internet).

Quant aux pays de la zone Euro, à la montée des prix des denrées alimentaires se rajoute une inflation sans précédent soit 3,6% pour le seul mois de Mars (source Eurostat, lue dans le Wall Street journal du 16 avril). Alors la vie chère en France est un thème qui risque de durer un moment.

allez lire l'interview de Jacques Diouf donnée à France 24 en novembre 2007



12.04.2008

Quelques réflexions sur la crise des Jeux Olympiques

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit sur la politique. toute occupée que je suis par ma situation personnelle et professionnelle, je mets en veille mon désir de m'impliquer et de me battre avec les mots, cette arme si redoutable et parfois si vaine.
En ne se lançant pas à chaque moment dans la critique, on prend du recul, et on relativise probablement l'information. Je trouve cela nécessaire surtout lorsqu'on s'est beaucoup impliquée du Canada et au moins au début de la France.

Maintenant je regarde le monde et ce qui s'y passe avec scepticisme. Pourquoi? et bien parce que notre grille de lecture occidentalo-centrée, conduit bien souvent à rien de positif, elle nous rassure sur le bien-fondé de nos prises de position mais peuvent finalement aboutir, non pas à une résolution des conflits, mais à un durcissement, voire une exaltation de la haine.

Ce matin j'ai lu le billet d'une Française Carien Senft blogueuse dans le journal gratuit du Métro qui reproduit le 11 avril le post de la veille de la jeune femme.
La conclusion est sans appel pour les ressortissants étrangers venus en Chine dans l'espoir de suivre l'évènement et de pouvoir travailler:
"Mais la véritable sentence est tombée en fin de semaine dernière dans la plus grande discrétion. Plus de visa multi entrée et la durée maximale réduite de 1 an à 30 jours. Traduction : tout le monde dehors, excepté les étrangers dotés d’un contrat de travail local. Ciao les eternels voyageurs, artistes, photographes, freelance employés pour les JO… Bref, retour a la case départ pour les intermittents du spectacle venus chercher ici une place au soleil."

Ce qui se passe par rapport à la Flamme olympique, je l'ai seulement appris dans l'avion de retour de Tunisie, dimanche dernier. Volontairement coupée de la télévision et de la presse françaises pendant un long moment, mon esprit accaparé par la mise en place de mon entreprise de consulting, la participation à l'éclosion du Cercle Nature et Culture en Tunisie, la recherche de cinéastes pour un Festival du film tunisien en Belgique en lien avec l'association, les rencontres avec les potentiels clients Forum au Med-Allia, la vie locale culturelle et les relations amicales, ont eu raison de mon intérêt pour ce phénomène du boycottage démonstratif de la Flamme en France.

Une fois revenue à Paris, je comprenais en regardant quelques images à la télévision de quoi il en retournait. Mon sentiment immédiat a été de me dire que la France était égale à elle-même, première à défendre les valeurs des Droits de l'Homme et toujours de manière spectaculaire. Le panache!

Je pensais avec grande empathie aux Népalais qui souffrent dans leurs chairs et qui se défendent pacifiquement. Je pensais au Dalai Lama en exil depuis tant d'années et je me rappelais le désir de beaucoup de consciences occidentales à promouvoir le Boycott pur et simple des JO en Chine. Et, il n'est pas simple de trancher lorsque tout se mêle dans une même conjonction:

Le désir de faire connaître la Chine et ses réalisations à des centaines de millions de personnes, le souhait identitaire des Chinois à se faire reconnaître comme un peuple qui compte, l'ouverture probable par la venue des Étrangers à plus d'échanges et probablement plus de libertés, quoiqu'on pense, mais nous vulons voir le mode de façon simplisme avec notre propre prisme et Là je rejoins totalement l'analyse de Cainne:

"C’est méconnaitre la Chine que d’espérer un geste d’ouverture en réponse à une gifle. La Chine vient de perdre la face. Et ne croyez pas que c’est de la susceptibilité mal placée. Ici comme au Japon, l’honneur est placé au dessus de tout, devant la famille, l’argent, la santé. L’orgueil est une raison d’être, naturelle, intransigeante. C’est le mode de fonctionnement de la toute société chinoise. Les Jeux Olympiques, c’est la gloire d’une Nation réunie qui célèbre son pays sous le regard du monde entier. Pour la Chine ils revêtent aussi un autre caractère : la reconnaissance de son poids politique et pas seulement économique. La chute est sévère. La Chine, qui pense sincèrement être sur la bonne voie, ne comprend pas l’agitation. Encore une fois les codes de lecture sont culturellement et historiquement opposés."

Même la Dalaï Lama appelle à ne pas boycotter les JO...



10.04.2008

3ème Panorama des cinémas du Maghreb

Annonce pour tous ceux présents dans la Région parisienne

ce14384a91f5c940427f160ca878eeb7.jpgMerci à Rym Temimi du groupe LE MONDE DU CINEMA TUNISIEN SUR FACEBOOK, de m'avoir signalé cette manifestation au travers de la projection du film du cinéate tunisien Moncef Dhouib

"Talfza jaya de Moncef Dhouib, sera projeté à Paris le 13 avril à la salle l'écran (Saint-Denis) dans le cadre du Panorama des cinémas du Maghreb.

I182489a4c23d0638c5e9a0123eb809b2.jpgl sera projeté le même jour en Australie dans le cadre du Sydney Arab Film Festival.

Le 3 mars dernier la Yale University (USA) avait organisé une projection du film suivie d'un débat dirigé par le penseur Hammadi Redissi."

 

Synopsis du film (source www.cinematunisien.com

El-Malga, village tranquille dans le Sud Tunisien, vit au rythme des fêtes nationales pendant lesquelles le comité culturel propose systématiquement le même programme. Un coup de téléphone de la capitale, annonce la visite prochaine d'une équipe de télévision Allemande dans la région. Le comité culturel décide alors, de donner une image positive du village et du pays et se livre à une mise en scène qui travestit la réalité.

 

3ème Panorama des cinémas du Maghreb
Dates : du Jeudi 10 au 13 avril 2008

Lieu : cinéma l’Écran de Saint-Denis (Saint-denis 93200)
Tarif : 6 € / 5 € TR / accès gratuit à la tente nomade

À travers des productions de plus en plus importantes et une nouvelle vague de cinéastes talentueux - du Maroc, d’Algérie, Tunisie mais aussi des diasporas dans le monde - les cinématographies maghrébines font parler d’elles dans les festivals internationaux où leurs films sont régulièrement récompensés.

Le 3ème PANORAMA DES CINEMAS DU MAGHREB, c’est :

::: DES PROJECTIONS de longs-métrages (Fiction et documentaires inédits) : 7 films marocains ; 3 tunisiens ; 5 algériens (dont 1 film du patrimoine) ; 2 reprises “Vivre au Paradis” et “Le gone du chaâba” et 9 courts métrages.

::: DES RENCONTRES avec les réalisateurs, comédiens et producteurs invités

::: DEUX TABLES RONDES ouvertes au public : “En quoi les films parlent de nos racines” “Comment sauver les salles de cinéma du Maghreb ? ”

::: UNE TENTE NOMADE AVEC SALON DE THE ORIENTAL Dressée en face du Cinéma, sur la place du Caquet, elle permettra d’offrir un lieu de rencontre convivial entre les professionnels et le public et d’accueillir les tables rondes et le concert du groupe MEJJA.

::: TROIS CONCERTS EXCEPTIONNELS La chanteuse NAZIHA MEFTAH, (la Piaf orientale), le groupe MEJJA (musique sud marocaine berbère gnawa) et la grande comédienne et chanteuse FETTOUMA BOUAMARI viendront déployer tout leur talent et nous entraîner dans leurs univers.



Infos pratiques 3ème Panorama des cinémas du Maghreb :
Lieu : cinéma l’Écran de Saint-Denis
Adresse : 14, passage de l’Aqueduc
Ville : Saint-denis 93200
Métro : Basilique de Saint-Denis (L13)

Contact / Plus d'infos sur 3ème Panorama des cinémas du Maghreb :
Téléphone : 01 49 33 66 88
Mail : lecran.stdenis@club-internet.fr
Site : www.lecranstdenis.org

Source: Parisetudiant.com

06.04.2008

Dur Dur le retour...

Une nouvelle fois je me suis retrouvée dans une situation inconfortable...et oui, à peine descendue de l'avion, seule comme prévue, j'ai réussi à faire une chute dans l'escalier roulant du RER à Antony et je n'ai eu la chance de me relever que par l'intervention de femmes qui m'ont vue basculant sous le poids de mes bagages, totalement déséquilibrée...Bon pas mal d'ecchymoses et des ongles cassés...rien de malheureux mais une lassitude...et une envie de crier... Et voilà qu'arrivant à Maisons-Laffitte, le pire m'a fait pleurer...il neigeait...je venais de quitter la Tunisie sous un soleil magnifique et 25 degrés...alors la détresse de mon temps au Québec est revenue...

Il fallait encore que je monte tous mes bagages au 3ème étage sans ascenseur et cela a bien pris 20 minutes...

et puis je me suis mise à lire mes mails et à regarder les messages sur Facebook: il y avait un lien sur une chanteuse de 18 ans qu'Éric recommandait...je suis allée cliquer et me rendre sur My Space et franchement j'ai aimé, alors je vous la recommande: 

http://www.myspace.com/joycejonathan

Joyce LIVE - Ma musique
Vidéo envoyée par MyMajorCompany

Devenez producteur de Joyce sur www.mymajorcompany.com/joycejonathan !

 

 

 

 

04.04.2008

Ouled Lenine

Il y a quelques jours, j'ai présenté sur mon blog des distinctive women, une femme cinéaste franco-tunisienne Nadia El Fani qui a réalisé un film personnel sur son père et les compagnons de celui-ci, tous d'anciens militants du parti communiste tunisien.

Intriguée par le sujet et friande d'assister à une projection qui touche au passé proche et à la mémoire de ce pays où je suis né et que j'essaie de réapprivoiser, je suis allée à cette unique séance du Doc de Tunis, accompagnée de Nejib, le créateur du portail internet consacré au cinéma  tunisien et de mon ami Habib, professeur d'histoire à l'Université de la Manouba.

Un tel sujet aurait pu apparaître comme une entreprise périlleuse: faire parler des militants désillusionnés. Or, je dois dire que ce documentaire est fort riche et que j'ai littéralement absorbé les échanges de tous les protagonistes de cette histoire qu'on sent douloureuse, encore de nos jours.

Il est toujours difficile de parler du passé proche, surtout quand on est une artiste et qu'on ne cherche surtout pas à faire un catalogue historique, ni oeuvre journalistique. L'utopie communiste est effectivement, à mon avis, abordé de la meilleure façon, la plus tendre et la plus subjective, celle de l'approche familiale.

Dans ce documentaire, il est frappant de constater la relation intense Père-Fille. Ce film est littéralement un cri d'amour et d'admiration d'une fille pour son père, un homme qu'on sent pur et attachant, un intellectuel de gauche, humaniste et intègre, une figure emblématique et brillante. C'est aussi un homme vieillisant auquel la fille veut rendre hommage. Cet intellectuel est entouré de ses amis, femmes et hommes, de cette famille que fut la parti communiste tunisien.

Nadia El Fani a choisi de donner la parole à une partie des anciens compagnons de route de son père et c'est un film plein de paradoxes où les femmes sont critiques et se souviennent combien elles étaient, à la fois la cible des étudiants islamistes mais aussi celles de leurs propres amis masculins de gauche. Ces féministes qui mettaient leur cause en avant avaient donc un double fardeau à gérer, le fait d'être communiste et d'être féministe. On sent évidemment dans le film que les témoignages révèlent des blessures encore profondes.

Ce film est une réussite pour le public averti présent dans la salle lors de cette projection. Les réactions animées ponctuant le film ne laissent aucun doute sur l'impact qu'un tel documentaire peut produire sur les Tunisiens ou les spectateurs intéressés par l'histoire de la Tunisie. Au travers des déambulations de la fille et de son père dans les rues de Sousse ou de Tunis, on découvre en filigrame une autre lecture de la Tunisie, plus contemporaine, celle d'une société qui n'aurait pas réussi à diffuser l'idéal  communiste de communautés fraternelles. 

J'ai été séduite par la figure du père, celle d'un intellectuel aux remarques d'une grande acuité, à ce personnage frêle si fidèle à ses idéaux. Je suis sortie séduite face à tant de  sagesse et j'ai aimé ce film parce qu'il a su plonger le spectateur dans un univers dont on ne parle jamais.

03.04.2008

Environnement, Nature et Culture en Tunisie

Plasticage et barbelés

 

Depuis que l’homme découvrît le fer

Il fît de la terre un enfer,

Brulant les paisibles prairies,

L’herbe et les arbres aux fruits.

Et par un malin savoir faire

Il entreprît d’en faire des guerres

Et cultiva la semence

De cette éternelle violence.

Mais maintenant, Ô destiné !!

Le fer trouva un allié,

Aussi dur et aussi inique,

Cette contre nature le plastique.

Et ensemble, ils prirent d’assaut,

Par la mer, les champs et les vaux,

Les derniers îlots de vie

En ratissage lent mais suivi.

Et voila dans nos paysages,

Des êtres castrés ou en cages,

Attendant leur plasticage,

Entourés de barbelés

D’engins rouillés par l’usage

Et de forêts chauves plastiquées.

Et sur chaque arbre et arbuste

Transporté par le vent,

Des drapeaux  gonflent  leurs  bustes,

De sacs  plastique noirs et blancs.

 

Lihidheb mohsen

Eco artiste zarzis 03.04.2008

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