« Quelques réflexions sur la crise des Jeux Olympiques | Page d'accueil | L'amour au bord du gouffre »
17.04.2008
Crise alimentaire et déraison
Selon l’index FAO (FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation), les prix des produits alimentaires ont augmenté de 58 % en un an, de 131% pour les céréales. C,est sans doute une des crises les plus marquantes et graves depuis une vingtaine d'années.
Plusieurs facteurs explicatifs rentrent en ligne de compte:
Tout d'abord les effets du changement climatique dans plusieurs pays ont conduit à de
mauvaises récoltes l’an dernier: sècheresse en Australie, Kazakhstan, inondations en Asie, ouragans en Amérique latine et
pour clore le tableau déjà sombre : un hiver exceptionnellement froid en Chine.
En prime deuxième élément: un épuisement des stocks.
Troisièmement : on assiste à un accroissement de la demande dû à une
augmentation de la population mondiale. Cet accroissement se double d'une consommation plus importante de produits alimentaires par l'effet bénéfique de l'amélioration du niveau de vie d'une classe moyenne dans les pays émergents qui connaissent
de forts taux de croissance, comme la Chine et l’Inde,
Enfin la nouvelle demande en bioénergies, qui partait d'un sentiment écologique, conduit à des aberrations puisque des quantités importantes de céréales vont à la production des bioénergies au détriment de l'alimentation des populations pauvres. Et c'est là qu'interviennent les Fonds spéculatifs qui, eux sont dénués de soucis environnementalistes, et jouent à fond sur l'offre et la demande pour la spéculation.
en Juin à Rome aura lieu un sommet d'urgence des Chefs d'État sur la sécurité alimentaire:"Il faut réfléchir à l’aide à apporter aux pays en voie de développement qui ont vu leur facture d’importation de produits alimentaires augmenter de 25% cette année. Comment aider également les pays qui ont été obligés de supprimer les taxes et droits de douane sur les produits importés pour ne pas répercuter la hausse des prix sur les consommateurs ? Enfin, à plus long terme, il faut réfléchir aux moyens mis en oeuvre pour relancer la production mondiale" Jacques Diouf, directeur général de la FAO
Dans les pays touchés par la crise, la révolte est en route. Les commentaires du Wall Street journal du 4 avril font froid dans le dos:
"Maintenant vous comprenez pourquoi il y a des émeutes de la faim… c’est pas intéressant de vendre de la farine aux pauvres du Sud, quand on peut s’en servir pour remplir le réservoir d’un conducteur de 4×4 dans le Nord…Les nécro-carburants sont l’illustration parfaite que le capitalisme, s’il peut en espérer un profit, vous vendra la corde avec laquelle vous le pendrez.
Comme des lemmings courant vers le précipice, les spéculateurs se jettent sur
les bio - agro nécro-carburants, ne se
souciant que de leur résultat quotidien, incapable de voir plus loin que la clôture de la Bourse de ce soir… et ignorant (ou faisant mine d’ignorer) la
catastrophe planétaire qu’ils préparent…" (traduction du site Libertés Internet).
allez lire l'interview de Jacques Diouf donnée à France 24 en novembre 2007
10:23 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
La stratégie adoptée par les pays impérialistes, qui consiste à remplacer le pétrole "par les céréales", nous amène à la mort, c'est La fin du monde.
Je vous remercie pour cet excellent article.
Ecrit par : thoura | 19.04.2008
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés entre 00 h - 23 h (Europe/Paris).























