28/12/2007

Une femme assassinée: Benazir Buttho

6b240928b691b39259ee12ca5b5ecb31.jpgEn cette toute fin d'année 2008, la violence et la mort règnent de plus belle. Une nouvelle fois, une femme est la cible d'une violence odieuse: Benazir Buttho. Ayant échappé à un premier attentat, il y a quelques semaines, dès son retour au pays, elle vient de succomber à un attentat suicide.

Première femme chef de gouvernement d'un pays musulman à juste 35 ans en 1988, après la victoire du PPP (parti socialiste pakistanais), parti fondé par son père. Très rapidement elle est en but à des accusations de corruption et de mauvaise gestion et deux fois chassée elle avait préféré se réfugier à l'étranger en 1999, tout en contestant le bien-fondé de ces accusations.

En exil à Londres et à Dubaï, où résident ses enfants, elle était revenue pour participer aux élections, comme opposante au Général Musharrafbd51751c9476b8a08a64ac8bbf62624b.jpg

Le 15 décembre dernier  le président Musharraf avait justement levé l'état d'urgence proclamé en novembre  et annonçait que les élections prévues le 8 janvier 2008 seraient équitables et transparentes. Ces élections sont désormais compromises.

D'après certains journaux, comme Libération, le pays est en proie à des manifestations de colère des partisans de Benazir et on peut s'attendre à des suites funestes.

La télévision pakistanaise, elle,  a indiqué que Musharraf a qualifié l'assassinat de Bhutto «d'immense tragédie nationale» et a décrété un deuil de trois jours dans le pays.

Les pays et organisations arabes et musulmans ont condamné en termes forts l’attentat qui a coûté la vie jeudi à l’ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto

Aux États-Unis, "l'assassinat de l'ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a soudainement forcé jeudi les présidentiables américains à parler terrorisme et sécurité nationale, à une semaine des premiers scrutins.

La mort de Benazir Bhutto a remis au centre de la campagne américaine la thématique de la "guerre contre le terrorisme", jusqu'alors largement éclipsée par des questions socio-économiques et des différences de style entre des candidat. Guliani, l'ex maire de New York et candidat à la Présidentielle a dit dans un communiqué : "L'assassinat de Benazir Bhutto est un événement tragique pour le Pakistan et la démocratie au Pakistan" (...) "Sa mort montre que le terrorisme est partout, à New York, Londres, Tel-Aviv ou Rawalpindi, un ennemi de la liberté"

Le quotidien libanais d'expression française, L'Orient le jour, rapporte les propos du chef de gouvernement Fouad Siniora qui s'affirme "choqué" et qualifie cet attentat mortel de« crime odieux contre une femme combattante et une leader du Pakistan et du monde islamique ».

Le Figaro en France, il y a moins d'une heure parlait de la marque d'Al Qaida:

"La marque d'al-Qaida. Le réseau terroriste a revendiqué vendredi la paternité de l'attentat suicide qui a coûté la vie à l'ex-premier ministre et chef de file de l'opposition pakistanaise Benazir Bhutto jeudi près d'Islamabad, selon la TV pakistanaise. Le gouvernement pakistanais a presque immédiatement assuré ne pas être au courant d'une telle revendication, préférant accuser les islamistes considérés comme proches d'al-Qaida d'être les auteurs de l'assassinat." Et de rajouter un compte sordide et symptomatique d'une crise dans un pays de 160 millions de personnes: "L'assassinat de Benazir Bhutto est le dernier d'une série record d'attentats suicide dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait près de 800 morts en 2007. Le plus meurtrier avait eu lieu le 18 octobre, quand deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient à Karachi le retour de l'ex-premier ministre après six années d'exil."

Les conséquences économiques d'un tel attentat sont sérieuses et ce matin La Tribune de Genève faisait le point de la situation des  marchés boursiers en Asie-Pacifique qui "ont reculé vendredi dans le sillage de Wall Street qui a enregistré de fortes pertes sur fond de craintes d'instabilité déclenchées par l'assassinat du chef de l'opposition pakistanaise Benazir Bhutto".


 

 

Commentaires

Je conseille de regarder l'émission C dans l'Air de vendredi 28.(Intégrale sur le site France 5)
Les participants tentent de remettre les pendules à l'heure sur bons nombres de points et d'idées reçues concernant le Pakistan, la bombe atomique et la personnalité de Madame BHUTTO.

Écrit par : EGRES ANILLOP | 30/12/2007

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