« Terroristes ou pas ? | Page d'accueil | Qana ou l'ultime massacre.... »
28.07.2006
Une grande Dame...et la Palestine
Voici ce que vous ne lirez pas forcément dans vos journaux car on retrouve toujours un peu les mêmes mots dans la bouche des journalistes occidentaux. C’est tiré de la page web d’une association française (OSBL pour les Québécois) dont j’ai eu connaissance hier après-midi grâce à un trackback sur mon Blog et j’en suis contente. En effet je parlais des Juifs qui ne sont pas tous pro guerre et j’ai eu des références sur ce groupe de Juifs Français.
Voilà donc l’analyse présentée hier. Ici un extrait :
« Après Gaza le Liban. Prenant prétexte d'une opération militaire du Hezbollah, le gouvernement israélien décide d'attaquer le Liban, de bombarder villes et ports, faisant de nombreuses victimes civiles, et de mettre en place un blocus du pays. Ici encore que font les alliés occidentaux ? ils déplorent. On peut alors voir la différence de traitement, toujours à propos du Liban, envers la Syrie et Israël. Lorsque la Syrie intervient au Liban, la "communauté internationale" intervient et montre qu'elle sait obliger la Syrie à obéir, mais lorsque le bastion israélien intervient au Liban, on se contente de déplorer. Aucune mesure de rétorsion contre un Etat qui, parce qu'il appartient à la famille occidentale, peut tout se permettre. Civilisation contre barbarie dit-on ! oui si l'on reconnaît que toute civilisation comporte sa part de barbarie, et la civilisation occidentale comporte sa part de barbarie, que ce soit la barbarie coloniale, la barbarie européenne au cours des deux guerres mondiales du XXème siècle, ou la barbarie à l'encontre de ceux qui ne veulent pas se plier aux exigences de l'Occident. Et l'Etat d'Israël, bastion avancé de la civilisation occidentale, participe pleinement de cette barbarie.
Comme le dit Benjamin
"Car il n'est pas de témoignage de culture qui ne soit en même temps un témoignage de barbarie."
Rudolf Bkouche
membre du Bureau National de l'UJFP. »
Si vous voulez aller voir l’article au complet, dont le titre est Israël, bastion avancé de la civilisation contre la barbarie !
Intéressée par ces visions anti-conformistes, j’ai continué à lire la page et je me suis aperçue qu’il y avait des témoignages fort captivants celui d’une femme Michèle Sibony qui tient son journal de bord depuis qu’elle se trouve en Palestine soit le 6 juillet. Elle écrit :
« La capture des soldats israéliens par le Hezbollah a dans un premier temps déclenché des flots de haine sur les grands médias israéliens. On est très loin de l'époque où ils avaient la réputation, parfois justifiée d'ailleurs, de constituer un contre-pouvoir dans ce pays, comme à l'époque de la première Intifada. Les premiers commentaires politiques et de la presse ont d’abord porté sur la nature du conflit, le définissant clairement comme un conflit de civilisation, une guerre contre la Terreur (ici c’est le mot qui est utilisé pour dire terrorisme, et c’est bien plus fort, on est tétanisé par ce ‘terror’ prononcé sur tous les tons, de préférence en hurlant. Des phrases criées plus que proférées par des politiques et des journalistes, comme :
« C'est un problème de culture, pour nous un seul homme est très important, pour eux, regardez même lors de la guerre du Liban tous ces villageois et citadins déplacés, des centaines ou des milliers de personnes, ils n’en n’ont rien à faire ».
« Nous devons leur apprendre le prix de la vie d'un seul de nos soldats, ils doivent payer très cher ce type d'action, et pas seulement le Hezbollah, mais tout le Liban, le gouvernement libanais doit être obligé par notre réaction à se débarrasser du Hezbollah ».
Une commentatrice de radio après des rockets sur Haïfa : « Mais rassurez-vous, vous allez voir ce qui va leur arriver maintenant, nos avions sont en train de monter vers le Liban ».
Nombreuses émissions radio, où les gens sont appelés à exprimer leurs sentiments, ceux du nord touchés par les rockets en priorité : « Il faut effacer le Sud Liban et Beyrouth et tout le Liban… ». Ou alors : « C'est la Syrie, rien que la Syrie, c'est là- bas qu’est la bête, il faut la traquer là-bas ».
Nous essayons avec mes amis israéliens et palestiniens de transposer ces discours à Gaza et Israël pour voir s’ils seraient audibles dans la presse internationale. Non, dans ce sens ça ne marche pas… »
Et plus tard elle raconte :
« Après l’inquiétude que j’avais perçue sur les ondes ces deux derniers jours, la hargne est revenue plus haineuse et abrupte que jamais. Les coups reçus en Israël, la peur au fond qui saisit les fauteurs de guerre lorsqu'ils réalisent que l’affaire va être plus difficile qu'un coup de balai, (effacer, écrasé, balayer, éradiquer, nettoyer, purifier, tous les titres de la presse écrite) raniment la haine des chefs et des médias. Je parle des commentateurs de presse, des politiques et des militaires et je pèse mes mots, j’écris avec la TV allumée, j’écoute depuis plusieurs heures, et j'ai envie de vomir. La rage de voir que les opérations terrestres se soldent chaque fois par des pertes humaines, que la population du nord est obligée de se terrer dans les abris ou de s’enfermer passe dans les discours. Le commentateur de la 2e chaîne, après l’atteinte d’un quartier central de Haïfa en milieu de journée, s’est exclamé : « c’est vraiment une guerre sans règles »…
Je n ‘ai pas la force ni l’envie de rapporter ces débats qui continuent à expliquer sans relâche que tous ces gens, d’ Iran de Syrie, les Palestiniens, ceux du Hezbollah, sont tous des terroristes, et reprennent en boucle l’argument américain : comment fait-on un cessez le feu avec les terroristes. »
Cette lecture m’a vraiment secouée et j’ai voulu en savoir plus sur cette femme juive qui raconte son ordinaire de l’autre côté de la frontière avec ses yeux critiques de militante pour la paix. Et par les dédales du web je suis tombée sur un Blog de littérature qui parlait d’elle et du coup j’ai tout simplement mis son nom dans Google pour combler mon ignorance et je me suis ainsi aperçue combien elle était active et impliquée dans ce mouvement dont elle est la vice présidente. L’UJPF, je ne pouvais la connaître car cette association a été créée à Paris en 1994, année où je me suis totalement installée au Québec. C’est une enseignante une prof de littérature. C’est une grande dame! Elle mérite d’être connue.
20:23 Publié dans Chroniques de France, Guerre, POLITIQUE, RACISME, SOCIÉTÉ, USA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France, Liban, Israël, Paix, Pacifisme, altermondialisme, Guerre

























Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés entre 00 h - 23 h (Europe/Paris).