26.09.2005

Dans la Série, L'AMÉRIQUE PAUVRE; le Québec!

Katrina a mis en évidence la face cachée de l’Amérique : sa pauvreté.

L'an dernier, j'ai lu un livre extraordinaire écrit par la journaliste américaine Barbara Ehrenreich intitulé L'Amérique pauvre. Comment ne pas survivre en travaillant. Je vous le recommande car il est traduit en français chez Grasset Paris. Cette enquête édifiante qui montre comment la journaliste usurpe trois petits boulots dans trois régions américaines réputées pour ne pas être les plus pauvres vient de donner l'idée à une journaliste du quotidien LA PRESSE de Montréal de réaliser le même type d'enquête ici au Québec.

Voici un extrait du premier reportage publié ce samedi 10 septembre :


« En discutant un peu à la table, à l'heure du souper, les Africains du groupe remettent les choses en perspective et nous signalent qu'au palmarès des emplois pénibles, le nôtre, aussi répétitif et frigorifiant soit-il, est loin de remporter la palme. «Écoute, ma soeur, dit le Congolais à mon amie Jamilia, moi, j'ai déjà travaillé dans une usine de poulet. Tu ne peux même pas imaginer l'odeur, c'est à devenir fou.

C'est à cause de cette odeur que t'es parti?

Non, plutôt parce qu'un jour, j'en ai eu assez d'un collègue vraiment chiant et que j'ai fait quelque chose que je n'aurais pas dû faire.

Quoi donc?

Eh bien... Je lui ai lancé un poulet à la figure! Et je ne vous dis pas, là-bas, comme ici, c'était plein de couteaux, alors je n'ai pas pris de risque: j'ai pris mes jambes à mon cou et j'ai démissionné.«

Ah! mon frère, renchérit le Sénégalais, moi, j'ai travaillé dans une usine de portes et de fenêtres, pas loin d'ici. Un travail physique, exigeant. Douze heures par jour. Je te dis, mon frère, avec de toute la journée une seule pause de 15 minutes.

Absolument contraire aux normes du travail, dis-je.

C'est bien pour cela que ces emplois là, on les donne aux immigrants, parce qu'ils savent bien que nous n'oserons jamais les dénoncer. »

Pour lire l’article au complet

La série s'annonce tout à fait intéressante pour les Québécois nantis qui ignorent les conditions des travailleurs sans formation ou pour les futurs Immigrants qui se verraient refuser les équivalences de diplôme comme certains Roumains, par exemple. Je crois que cette série, comme le livre de Barbara Ehrenreich, démystifie l'Amérique et la montre sous son vrai jour. Oui il y a les riches, les strass et les paillettes mais il y a aussi l'enfer ordinaire. Et ne vous trompez pas, si vous n'êtes pas dans la bonne case, la protection sociale même existante sur le papier n’est pas garante de son application sur le terrain.

La Série Au bas de l'échelle, commence aujourd’hui avec le reportage Entre deux steaks. Il faut reconnaître à la journaliste Louise Leduc le grand mérite d'avoir eu le courage de se mettre sur les traces de sa consoeur américaine et de nous faire découvrir ce Québec du Bas de l'échelle

 

Commentaires

J'ai beaucoup aimé votre billet et je me suis permis d'y faire pointer un lien sur mon blog.


Bisculis :)

Ecrit par : Bisculis | 03.05.2006

Merci Beaucoup Bisculis

Ecrit par : Martine | 07.05.2006

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