27.11.2009
Solitude je me rebelle
Toutefois, depuis que je suis en Tunisie, j'ai un problème avec le Temps...car ici je vis à contre temps bien souvent. Le temps des Tunisiens est spécifique ils ne vivent pas un Temps celui de Greenwich et dicté par la Géographie....ils vivent plusieurs temps sociaux et avec une intensité très différente...
Le temps religieux et des traditions dicte la culture et se surimpose à un temps que je dirai plus occidental. Cela me parait très avantageux pour les contemplatifs car finalement cela double les fêtes et surtout les jours fériés par l'accumulation d'héritages diférents...
Vous me direz c'est génial ...plus de temps sans avoir l'obligation de travailler, plus de temps pour sa famille et ses enfants...certes mais pour moi qui suis sans famille ici et qui vit seule...C'est ennuyeux et peut devenir à la longue pesant...J'en ai réellement conscience car mon ordinateur est mon meilleur ami puisque je passe tout mon temps avec lui, pour le travail comme pour le loisir. Et mon ami de coeur lui passe tout son temps avec sa famille comme il se doit dans une société traditionnelle.
Je ne suis surement pas la seule dans mon cas...mais cela est une piètre consolation...etre à contre-temps en permanence ne convient pas à la nature de l'homme...ni même à celle de l'Intellectuel. La vie moderne est un gouffre de solitude en Occident et j'en ai souffert atrocement au Québec...les relations étaient réduites à celles du travail...mais là bas j'avais un compagnon et nous comblions nos solitudes.Je ne vous dis pas que je ne souffrais pas ...loin de là...mais je partageais ma souffrance. Ici je suis exclue...et je se sens que la rébellion n'est pas loin...dois je me trouver un ami européen ou américain libre et seul?
Hormis le temps de la tradition, il y a le temps du Football...ce sport érigé en absolu dicte aussi le temps du travail car essayez d'aller dans une administration ou chez mon imprimeur s'il y a une finale importante..vous ne trouverez aucun homme à leur poste...et ma tranquillité est fortement compromise les soirs de résultat de match car sous mes fenêtres d'Ennasr c'est le concert de klaxons de hurlements chants at autres manifestations bruyantes et bon enfant...Un vrai spectacle... En tant que femme intellectuelle...je vous jure je me sens un peu exclue... mais tout de même amusée et puis avec tout ce vacarme je ne me sens pas seule!
Enfin il y a le temps de la villégiature...qui commence assez rapidement en mai et dure jusqu'en septembre voir plus s'il s'enchaîne avec celui du Ramadan, comme cette année...Les gens fuient la ville trop chaude et s'en vont dans leur cabanon à la mer...super...mais moi je n'en ai pas...et cette année j'ai trempé une seule fois mes pieds dans la mer...Horrible me direz-vous...habitez en Tunisie et ne pas vivre près de l'eau....Mais je ne suis pas touriste...et pas encore assez argentée pour me passer de travailler. D'autant que je doive faire face seule à toutes les dépenses et franchement la vie à Tunis n'est pas donnée...Je ne suis pas une expat aux fabuleux revenus et je n'ai pas de salaires fixes n'étant pas un prof universitaire en place...mais une simple consultante...
J'ai toujours la solution de fréquenter des groupes d'étrangers en Tunisie...mais dans mon esprit idéaliste, je ne suis pas revenue en Tunisie, mon pays de naissance, pour m'exclure moi même d'avoir la possibilité de rencontrer des amis tunisiens merveilleux, d'apprendre enfin tout un pan de culture que j'ignore, de recontacter avec le pays et ses habitants... Alors le problème est insoluble???
Non je ne suis totalement pessimiste, la réponse est dans le temps...Il faut du temps pour se réinstaller dans un pays nouveau...Il faut laisser le temps au temps
http://www.frmusique.ru/te
Félix Gray
IL FAUT LAISSER LE TEMPS AU TEMPS
Paroles: Didier Barbelivien, musique: Félix Gray
Il faut laisser le temps au temps
Et nos amours auraient quinze ans
Et nos pères seraient nos enfants
Lennon serait encore vivant
Il faut laisser le temps au temps
Et elle m'aurait aimé sûrement
Quand nous étions deux étudiants
Deux oiseaux sur le fil du vent.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Et renaître au soleil levant.
Il faut laisser le temps au temps
Pour que Vincent ait du talent
Que Jimmy devienne un géant
L'histoire pour faire un président
Il faut laisser le temps au temps
Et elle m'aurait vu autrement
Que ce poète indifférent
À ces yeux qui me disaient tant.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Et renaître au soleil levant.
Il faut laisser le temps parler librement
Il faut laisser les heures couler doucement
Il faut laisser nos coeurs chanter différent
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser passer les nuits les jours les années
Il faut laisser danser nos vies nos rêves nos idées
Il faut laisser tomber la pluie les matins d'été
Il faut laisser le temps au temps
14:53 Publié dans CULTURE, Femmes, IMMIGRATION, SOCIÉTÉ, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, femme, solitude, réflexion, intellectuel
16.11.2009
Tunisie tu m'inspires
Parce que je me sens toujours Ulysse en Jupons et que partie de Montréal en passant par Paris, j'ai abouti en Tunisie
Parce que dernièrement j'ai passé un week end enchanteur à Djerba...j'ai composé ce poème... et je vous l'offre
Tunisie où j’ai vu le jour,
Tu m’intrigues et me soutiens
Dans ma quête de l’éternel retour
Au pays de mes amours
Ta terre m’inspire jour après jour
Dans un regain de passion où le Bien
Lutte avec le Mal pour conquérir l’Ivresse
Du Fou rempli de sagesses.
L’olivier aux fruits rebondis caresse
Mon esprit de mille parfums
Aux effluves enivrantes, et soudain
Je repense à l’enfance perdue
Très loin aux confins
De l’absence…éperdue
Réminiscences de la France
Matins chagrins en Nouvelle France
Toujours à la recherche d’une autre France
Mythique et imaginaire
Ambiguë et altière
Un théâtre d’ombres et de lumières
Dans une chambre aux persiennes closes
Où ma mémoire enfin explose
Au soleil de Djerba, tout proche d’Ulysse
J’ai retrouvé un zeste d’intime passé
Le sentiment du connu jamais effacé
Cette lumière si forte que les yeux plissent
En admirant les flots d’une mer d’huile
Que j’aimerais au bout du monde emporter
Du bout de mon pinceau sur la toile fixer
Le bleu et le vert mêlés
A la blancheur des houchs lovés
Dans ces villages animés
Aux femmes aux voiles bigarrés
Tunisie changeante et chatoyante
Toutes tes identités attirantes
Me laissent pantelante devant ta nature
Mille fois occultée
Par un monde d’ignorance pour un futur
Oublieux de ta grâce innocente
Tunisie comme Tes enfants
M’offrent leurs doux regards
J’ai levé mes yeux sur ce ciel, espoir
D’un beau matin où je renaîtrais
Sur cette terre près du grenadier
Dans la maison du brigadier
Humant l’air jusqu’au soir
Espoir
18:51 Publié dans CULTURE, Femmes, Poésie, Souvenirs souvenirs, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, djerba, france, nouvelle france, houch, amour, souvenir
03.09.2009
Zénitude
Aujourd'hui je vous offre quelques petits poèmes japonais: ces fameux Haïkus
Matsuo Munefusa (1644-1694), dit Bashô
L'ETE
Nuit d’été
le bruit de mes socques
fait vibrer le silence
Au fond de la jarre
sous la lune d’été
une pieuvre rêve
Sous la pluie d’été
raccourcissent
les pattes du héron
Herbes folles de l’été
où frémit encore
le rêve des guerriers!
17:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.07.2009
L'été en Tunisie; tranche de vie
Depuis fin mai je suis très prise par une belle aventure éditoriale. Si en octobre dernier; j'avais exprimé le souhait de créer un magazine de décoration en Tunisie car j'en voyais l'utilité...mais qu'hélas je n'avais pas réussi à la faire...grâce à une agence de Com tunisienne Alliance, je participe tout de même à cette nouvelle route...ce nouveau défi ....Dary Magazine sachant que Dar veut dire maison et Dary la maison vous avez compris journal de la maison. Autant je pensais réaliser un trimestriel...autant là le défi est immense nous avons la tâche exaltante et périlleuse d'un mensuel.
Je suis rédactrice principale et le résultat de ce premier numéro me rend fière de ce chemin pris.
voici le contenu de mon dossier principal Thema:
Thema
C’est la rubrique clé de Dary magazine : un thème mensuel à fort intérêt pour les lecteurs est présenté sous différents angles.
Le cœur du magazine, un dossier dont j’ai la responsabilité éditoriale. Le thème de ce premier numéro est Tunisie…maisons d’été un thème qui colle à l’actualité
Composé d’
Une introduction sur la genèse de la villégiature en Tunisie
Un reportage sur une maison de vacances Design à Djerba
Une composition Couleur et Lumière dans la maison
Un article complet sur le rotin, son origine et son utilisation en décoration
Un reportage sur une maison astucieuse à Sounine
Extrait de mon article sans les illustrations
Les vacances, ce temps du repos, ce temps de rupture avec le quotidien se cristallisent dans une maison où on a le loisir de ne rien faire. Une maison qui est le repère de tous les proches, celle où on aime se réunir avec la parenté, mais également les amis intimes.
La maison de vacances est aussi dans bien des cas, la maison de famille celle de sa région natale, celle de ses origines. Le temps des vacances est un moment fort où le Tunisien retrouve ses racines.
S’il y a une tendance aux retours des valeurs identitaires, à cette nostalgie de la Terre et de ses jardins fruitiers, à ce regard vers le passé qui conduit à alimenter une vogue certaine des produits artisanaux, il y a aussi un besoin d’innovation. Cette opposition entre patrimoine et modernité, entre reproduction et innovation est un enjeu de créativité pour l’architecte et le designer d’intérieur tunisien
En effet, le dilemme est de satisfaire deux aspirations opposées, tout en utilisant un registre moderne, il y a une demande pour ne pas rompre avec le passé et son vocabulaire architectural. Mais il ya également une volonté de ne pas vivre en dehors de la modernité voire même de la devancer et d’introduire le design.
La maison de vacances se veut moderne par son confort et son équipement, mais cherche à préserver son esthétique tunisienne, alliant des matériaux locaux et les talents des artisans régionaux, même en abordant un registre volontairement design.
1-Le temps des vacances : Les Tunisiens plébiscitent la Tunisie.
Durant la période estivale, ce sont les villes côtières qui connaissent une activité intense. Touristes et estivants se ruent sur ces destinations, comme Sousse, Nabeul, Hammamet, Tabarka, Bizerte…. Hormis les touristes internationaux, les Tunisiens eux-mêmes se précipitent au bord de l’eau pour trouver la fraicheur et sortir des villes écrasées par le soleil. Les Tunisiens de la classe moyenne y vont quelques jours, louant des chambres d’Hôtel ou se réservant une villa en location. Les plus aisés des Tunisiens sont eux propriétaires de leurs maisons de vacances et y installent leur famille pendant plusieurs mois en attendant que les chaleurs cessent.
La Tunisie des vacances est rythmée par son calendrier scolaire d’une part et son calendrier religieux d’autre part. N’oublions pas que pour cette année 2009, et l’année suivante, le grand moment du ramadan tombera en pleine période estivale…il viendra se surimposer à une période qui est plus généralement une période de plaisirs extérieurs. Cette année, le dernier tiers du mois d’Août devrait probablement mettre l’emphase sur l’intérieur de la maison, en revanche le mois de juillet sera complètement réservé à l’extérieur…au plaisir de la plage et de la baignade.
Ce temps des vacances suit également une évolution historique qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les Beys, puis les notables de Tunis qui bénéficient les premiers du temps libre, de celui des loisirs où ils s’installent dans la période la plus chaude de l’année, à l’écart de la ville et de ses miasmes dans des lieux de Villégiature.
Ainsi La Marsa, dès le XVIe se transforme en villégiature princière puis résidence des Beys et des notables tunisois au XVIIIe siècle. Il faut attendre le début du XXe pour voir éclore les villas des bourgeois tunisois qui quittent durant tout l’été la Medina pour leur station privilégiée de Villégiature. Le temps des vacances et de la plage, cette saison de la Khlaâ, s’étalent dans la première moitié du XXe siècle et l’on voit fleurir les cabines de bain à l’européenne et les traditionnelles « Barrakas ». La mode du bain de mer est lancée. Le bord de mer est apprivoisé et peu à peu se diffuse dans toute la société. La corniche joue son rôle de promenade de plaisirs à la fois d’ostentation et de séduction. Ce sont les villas aux façades à vérandas et aux jardins clôturés de la Marsa qui créent la première tendance de la maison de vacances.
Après l’indépendance, lorsque la Tunisie rentre dans l’ère du Tourisme international, l’influence de ce nouveau tourisme, qui choisit le bord de mer et la création d’un littoral bétonné, laisse des traces dans le paysage, mais aussi dans le choix de l’implantation de sa maison de vacances. Un nombre croissant de Tunisiens construisent des résidences secondaires au bord de la mer qui sont, selon la chercheure Sondes Zaïer, susceptibles par la suite de devenir des résidences principales.
17:21 Publié dans CULTURE, Femmes, MEDIAS, NETWORKING, Souvenirs souvenirs, TUNISIE, USA, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : geronimi, tunisie, tunis, presse, magazine, dary mag, décoration
30.05.2009
Partir
S'il vous prenez l'envie de refaire votre vie, parce que vous voyez que le temps passe et que votre compagne ne vous accorde plus autant d'intérêt ou que votre compagnon ne partage plus vos passions et que peu à peu s'installe le ronron d'une petite vie qui ne vous exalte plus. Que feriez-vous ? Ne me dites pas que cette question ne vous a jamais effleuré ? Je suis sure que certains soirs, au fond de votre lit, vous regrettez le temps qui passe et soudain, parce que vous approchez la quarantaine ou que vous venez juste de la dépasser, vous avez du mal à vous dire que tout va rester ainsi jusqu'à votre retraite. Là l'épouvante vous saisit et cette nuit-là vous décidez de tout remettre en question.
Ce tournant décisif de votre vie va vous conduire vers les aventures les plus folles car elle va tout d'abord vous donner un second souffle, vous obligeant à vous remettre en question. Elle vous laissera une douce impression de liberté et pour certains elle vous conduira à vous retrouver rapidement le ou la nouvelle partenaire de votre vie. Pour d'autres un célibat aux aventures multiples et toutes plus insipides vous laissera dans une infinie solitude, à tel point que vous pourriez regretter l'ancienne quiétude ennuyeuse, mais si confortable.
Bien entendu, lorsqu'on choisit de quitter l'Autre, on est dans l'action et il est souvent grisant de remettre à plat ses anciennes habitudes pour s'en forger de nouvelles. Les familles reconstituées si nombreuses sont le reflet de ce constat du mitan de la vie... Comme l'homme possède un instinct grégaire, il reconstruit généralement une deuxième famille...vous êtes-vous jamais posé cette question d'adopter les enfants d'une autre ? De vivre dans un nouveau décor totalement éloigné de tout ce que vous avez connu jusque là ? Avez-vous-même songé à changer de pays et de langue...Partir...Partir...Voyage...Voyage
Peu d'entre nous n'ont assez de cran ou de folie, selon les points de vue, pour une telle échappée! D'ailleurs celui qui est tenu par des enfants, rivé à un lieu, une école ou des parents âgés se risquera moins facilement à cette dérive. Il y aura toujours les baroudeurs et les aventuriers de tout sexe qui quitteront à tout moment le port, mais ceux-là ne sont bien que dans le mouvement, dans l'ailleurs incapables d'affronter réalité et responsabilité.
Celui qui est abandonné, laissé pour compte ne comprend pas tout de suite la chance qui lui sourit car c'est même plutôt le contraire qu'il perçoit. Lui ou Elle n'avait pas envie de se remettre en question et vivait finalement bien cette quotidienneté que vous teniez pour banale et morose comme un bonheur tranquille. Une fois passé le choc de la rupture de cette séparation inenvisagée car inenvisageable, le délaissé comme l'abandonnée sont contraints de se repositionner par rapport aux autres, à réapprendre à séduire, à se retrouver dans les bras d'une autre ou d'un autre, à oser à nouveau le regard d'un étranger ou d'une étrangère. Une porte se ferme malgré vous et bien sûr une autre s'ouvre...
L'expérience prouve que la vie de nos jours ne nous contraint pas à la solitude, que les occasions de rencontres sont démultipliées par les nouveaux usages sociaux d'Internet et que des sites comme Facebook empêchent bien des gens de sombrer dans une dépression profonde après un choc affectif. Après une rupture non souhaitée, il n'est pas rare de voir celui qui a été plaqué refaire sa vie plus rapidement et avec plus de bonheur que dans sa précédente union.
Je trouve que toute rupture, même la plus poignante, nous fait progresser : dans la connaissance de soi en premier lieu, car nous n'avons plus ni d'écran ni de miroir...et dans la connaissance des autres, tous les témoins de notre chagrin. Pour se reconstruire, il faut du temps et de la patience, du courage et du sang froid pour ne pas céder à la panique première de l'inconnu, de cette incertitude dans laquelle on tombe forcément au début. Et puis la chance tourne forcément en notre faveur, un jour ou l'autre ; parce que ce jour-là on réalise que le petit vendeur de journaux vous sourie, qu'un merle est venu vous rendre visite dans votre jardin et que la nouvelle voisine est si jolie... Alors la vie reprend son cours et le monde se recompose sous vos yeux !
La clé pour retrouver le bonheur perdu, c'est de regarder autour de soi ; car la vie ne peut et ne doit pas s'arrêter à une seule personne.
Partir Partir
Même loin de quelqu'un
Ou de quelqu'une
Même pas pour aller chercher fortune
Oh partir sans rien dire
Vivre en s'en allant
Chanson de Julien Clerc
11:06 Publié dans Femmes, IMMIGRATION, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie, psychologie, couple, crise, voyage, séparation
25.05.2009
Bilan depuis ma réinstallation à Tunis fin janvier 2009
Alors que les marchés économiques sont en berne, je tente de survivre professionnellement, en pleine tourmente, dans un monde qui marche sur la tête. Tous les jours un peu plus, ma petite vie d’Ulysse en jupons m’apporte son lot de déceptions, mais aussi de moments de gentillesse, de très petits bonheurs presqu’inaperçus et qu’on pourrait croire inaccessibles. Discuter avec le vendeur de légumes m’enchantent, non pas pour le contenu de ces mots échangés, mais par le regard souriant de cet homme, né à Jendouba et qui, un soir que j’étais visiblement fatiguée et trop chargée, m’a aidée à porter mes paquets jusqu’à l’ascenseur de mon immeuble.
Car, oui j’ai quitté ce que beaucoup de personnes recherchent, la petite maisonnette au fond d’un parc à Hammamet, pour retrouver mes marques en ville et habiter dans une résidence du nord de Tunis, un immeuble de standing dans un quartier qui ne dort jamais avec ses néons et ses fêtards, un quartier jeune, branché et qui vibre aux cris des supporters des équipes de foot. Oui la Tunisie n’existerait pas sans son football… Et moi je m’amuse de voir toutes les semaines ces hordes de jeunes avec leurs fanfares, leurs hymnes et leurs maillots qui exultent sous mon balcon…La rue Hedi Nouira est sans doute la plus animée en ville, mais je l’adore…Je suis seule la plupart du temps chez moi et je m’aperçois combien cet effervescence, cette jeunesse non seulement me tient compagnie, mais me dynamise. Je suis transformée. Car c’est vrai, je ne peux le nier, je déteste la solitude et le calme qui sont pour moi les ferments de l’angoisse. Ici je passe mon temps dans mon bureau appartement ou de l’autre côté de la rue, à la Phalène, un salon de thé qui possède deux vertus essentielles, un cadre vraiment cosy et un accès Internet permanent… Il a de plus une valeur suprême, il est fortement climatisé et en ce début de saison caniculaire…vous ne vous imaginez pas combien c’est merveilleux…depuis une semaine j’en ai fait mon deuxième bureau.
Après une période un peu difficile en février, durant laquelle j’ai dû prendre en charge ma santé et me reposer car j’étais extenuée, je retrouve non seulement un appétit de vivre mais aussi le goût de créer à nouveau. L’ouverture de Castorama, non loin de chez moi, vient de me donner un grand bonheur : j’ai pu enfin me racheter un chevalet (le troisième, tout un symbole…j’entame ma troisième vie…) et des toiles. J’étais si contente que je parlais à tout le monde dans le magasin, du moins à tous les employés…et même au directeur commercial de la chaine. On m’a souvent reprochée au Québec de prendre trop de place…Combien de fois mon Directeur de Thèse ne m’a-t-il suggéré de faire low profile et bien, figurez-vous que je revendique ce côté too much de ma personnalité, parce que je suis authentiquement un personnage qui ne passe pas inaperçu. Si j’étais si mal dans ma peau au Québec, c’est que j’étouffais littéralement, je n’étais pas à ma place dans cet enfer blanc, glacial et trop ordonné. Car oui j’aime le fouillis, l’esprit souk, les odeurs, les cris et les sirènes…finalement c’est ça pour moi la VIE. D’aucuns diront, c’est le stress, c’est vrai …il me convient…Les psys qu’en pensez-vous ?
Alors ce retour au pays de mes origines, dans un moment où la Tunisie est en pleine transformation, dans une course pour se hisser au niveau des pays occidentaux me semble une grande chance. Après tout, ma situation personnelle après mon départ de Montréal il y a près de trois ans avait pris une tournure catastrophique : vol de mon déménagement, déception à l’arrivée en France, séparation de mon mari non désirée…plus de travail aucune part…plus d’horizon clair fin janvier 2008. Seize mois plus tard, je rebondis. Je négocie en douceur un nouveau virage…j’ai des projets clairs et je me sens bien dans ma tête car je me dis que j’ai beaucoup d’atouts dans mon jeu : j’ai accumulé une expérience internationale énorme, j’ai toujours vécu la tête haute, je peux me regarder dans un miroir et me dire que chaque abandon ou chaque échec ont un sens et m’aident à mieux me comprendre. Je crois à la nécessité d’affronter des épreuves et que la vie est encore plus belle quand on arrive à surmonter ces difficultés…on en ressort plus fort.
Il y a quelques jours, j’ai appris la mort accidentelle d’un collègue français du département de géographie de l’UQAM. Il allait avoir 44 ans et cela a été un vrai choc… Je me souviens encore de notre dernière discussion dans son bureau qu’il quittait alors, las de l’hostilité des personnes rencontrées au Québec. Je me souviens de son envie de retourner en France, de son incompréhension envers une société d’accueil qui l’ignorait… Et puis, il est retourné en France où il poursuivait une fort brillante carrière jamais interrompue et le destin a voulu que cette route s’achève si jeune… Je me suis souvenue qu’il avait plusieurs enfants et que ce drame est atroce pour ces jeunes orphelins. Une fois de plus, avec encore plus d’acuité, j’ai pensé qu’il fallait savourer tous les petits moments de la vie, les plus simples, les plus insignifiants…j’ai le sentiment qu’il faut dire son amour aux gens qu’on aime et que l’instant est la chose la plus précieuse et qu’il nous faut apprendre à le savourer…cet instant … avant qu’il ne soit trop tard.
Cette pensée m’accompagne depuis et je me sens sereine.
22:21 Publié dans Femmes, TUNISIE, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
16.04.2009
I Have Fantasies Of You
Pour les amoureux de la langue anglaise, pour les amoureux de l'amour...
I Have Fantasies Of You
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| I have fantasies of you |
Ce poème est dédié à un ami américain qui m'a fait connaître l'expression et du coup a aiguisé ma curiosité légendaire.
11:40 Publié dans Blog, Poésie, TUNISIE, USA, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fb, tunisie, californie, santa-monica, tunis
25.03.2009
Atef El Atifi, pionnier du Cinéma romantique en Tunisie
Atef El Atifi, pionnier du Cinéma romantique en Tunisie
Lors d'une émission culturelle en plein Tunis, j'ai fait la connaissance d'un jeune auteur-réalisateur tunisien Atef El Atifi. Dès le premier regard, on sent vibrer une âme romantique et un amour pour le cinéma, dès les premiers échanges. Atef , beau ténébreux, vit sa passion pour l'écriture cinématographique depuis quelques années et nourrit un rêve, celui de créer une voie différente, celle du cinéma romantique en Tunisie.
Sa vision du romantisme s'éloigne de l'image habituelle d'un cinéma « à l'eau de rose », où tout n'est que rêve ; il se défend également de voir dans ce romantisme une vision négative dans laquelle la passion amoureuse se transforme toujours en obstacle. Atef El Atifi , lui, veut mettre l'accent sur une conception où le romantisme est un moteur et une force qui permettent à l'individu de se forger un Destin.
Son inspiration tire sa source dans ses relectures de Fréderic Nietzsche et de Jean Paul Sartre. Il est aussi nourri des Grands noms du Cinéma italien, comme Fellini, Pasolini ... Il accorde une place particulière au cinéaste syrien récemment assassiné, Mustafa El Akad. Enfin, les personnages de ses films atteignent une épaisseur réaliste grâce à sa formation initiale en psychologie.
Dans son premier documentaire de création, TARATATA, Atef El Atifi veut montrer les paradoxes entre Orient et Occident, entre le Moi et l'Autre, entre ces deux formes d'humanités qui tantôt veulent se surpasser et se rapprocher de la divinité et tantôt retourner dans les profondeurs de l'animalité. Il propose une vision critique de la violence insidieuse exercée sur les enfants par les actes violents dont ils sont témoins lors des fêtes de « Zaouia ».
Dans Sous l'embargo, son deuxième documentaire, Atef El atifi insiste sur cette mémoire visuelle des actes violents consommés par les enfants au travers des films d'action projetés sur les chaines de télévision ainsi que l'usage des jeux vidéos dans ce monde de plus en plus virtuel. Il veut alerter la société sur les méfaits de cette mémoire puisque les enfants reproduisent cette violence au détriment de leur vie et de celle des autres.
Dans son premier court métrage de fiction intitulé Tapis Rouge, Atef El Atifi exploite pour la première fois son concept de romantisme. Dans ce film, une histoire d'amour entre deux photo-journalistes qui se rencontrent en pleine guerre, les protagonistes rêvent de réaliser un scoop et de se retrouver ensemble sur le Tapis rouge d'un festival de presse. Mais la réalité les rattrape et les bombardements achèvent le rêve sur le Tapis rouge.
Son prochain film sera « Rendez-vous au Paradis ». C'est l'histoire de Nidhal, un jeune Tunisien qui vient de se faire rejeter par sa fiancée parce qu'il est pauvre. Il décide alors, pour changer le cours de son destin et se venger de la belle, de devenir opportuniste. Au hasard des rencontres, il fait la connaissance d'une femme italienne Rosa , d'origine tunisienne qui revient dans le pays de sa naissance. Il décide alors de la séduire pour profiter de sa générosité. Mais Nidhal est pris au piège de l'amour et de la mort annoncée de Rosa. Atef El Atifi développe pleinement dans ce scénario sa vision du romantisme.
Je vous laisse découvrir ce jeune talent et vous convie à l'encourager à poursuivre sa carrière pour le grand bonheur des cinéphiles.
Martine Geronimi , PhD
10:51 Publié dans CULTURE, TUNISIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie cinéma, jeune, talent

























